D'accord, on arrête…
Ce sont… pardon, c'est nous les plus raisonnables ! 😉
Proust écrit : "maintenant on y trouve toutes les personnes qu'on a passé sa vie à éviter, sous prétexte qu'elles sont contre Dreyfus, et d'autres dont on n'a pas idée qui c'est ". ( A la recherche… II Pléiade page 238) .
On s'attendait plutôt à "dont on n'a pas idée qui elles sont " mais Proust a préféré " dont on n'a pas idée qui c'est" , dans la bouche de la duchesse de Guermantes.
Bonjour
Voici une partie de 'Les Frères Karamazov'.
« Alors, comme ça, Dmitri Fiodorovitch, vous voici de nouveau parmi nous ?
— Un instant, Tryphon Borissytch ! D’abord, où est-elle ?
— Agraféna Alexandrovna ? devina aussitôt le patron en lui jetant un regard pénétrant. Elle est ici…
— Avec qui ? Avec qui ?
— Avec des voyageurs… Il y a un fonctionnaire, qui doit être Polonais, d’après sa façon de parler, c’est lui qui l’a envoyé chercher ; puis un autre, son camarade ou son compagnon de route, qui sait ? Ils sont en civil…
— Et ils font bombance ? Ce sontdes richards ?
— Bombance ! C’estdes pas grand-chose, Dmitri Fiodorovitch.
— Des pas grand-chose ? Et les autres ?
— Deux messieurs de la ville qui se sont arrêtés en revenant de Tchernaïa. Le plus jeune est un parent de M. Mioussov, j’ai oublié son nom… Vous devez connaître l’autre, M. Maximov, ce propriétaire qui est allé en pèlerinage à votre monastère.
Ma question concerne toujours le pronom
'ce' et son verbe.
Je pense que la deuxième phrase soulignée est grammaticalement incorrecte.
Mais, est-ce bien tolérés en usage ?
Ce est difficile, en français. 🙄
Amicalement.
Comme le rappelle le début de ce fil, les deux formes
c'est/ce sont sont possibles devant un pluriel (autre que
nous et
vous, qui appelle nécessairement
c'est : c'est nous, c'est vous).
"Ce sont" est censé être plus soutenu, plus distingué,
"c'est" est censé être plus familier. Dans l'usage réel, dans la conversation quotidienne,
"c'est" est évidemment beaucoup plus courant que
"ce sont" qui semblerait très prétentieux en maintes circonstances.
Dans l'extrait que tu nous montres, ce qui est curieux, c'est de faire coexister, à une ligne de distance, les deux usages : l'usage distingué et l'usage familier. On pourrait y voir une intention de distinguer le niveau de langue des deux interlocuteurs si l'ouvrage avait été écrit en français, mais là, dans une traduction du russe, c’est plus difficile à vérifier.*** Pour moi, il est clair qu'on pourrait aussi bien avoir :
— Et ils font bombance ? Ce sont des richards ?
— Bombance ! Ce sont des pas grand-chose, Dmitri Fiodorovitch.
ou
— Et ils font bombance ? C'est des richards ?
— Bombance ! C’est des pas grand-chose, Dmitri Fiodorovitch.
voire
— Et ils font bombance ? C'est des richards ?
— Bombance ! Ce sont des pas grand-chose, Dmitri Fiodorovitch.
Si je devais chercher des justifications à "c'est des pas grand-chose", je dirais que la formule substantive "pas grand-chose" est en elle-même assez familière, et qu'on est donc plutôt enclin à utiliser la forme familière "c'est" plutôt que "ce sont", d'autant qu'à ce moment c'est le patron de l'auberge qui s'exprime.
***Nos membres russophones pourraient peut-être regarder le texte russe correspondant pour vérifier s'il y a une raison de distinguer deux niveaux de langue dans l'original.
— Что же, кутят? Богачи?
— Какое кутят! Небольшая величина, Дмитрий Федорович.
— Небольшая? Ну, а другие?
https://ilibrary.ru/text/1199/p.52/index.htmlJ'avais mal choisi le titre : "Cette phrase est-elle correcte ?".
J'aurais dû chercher partout pour trouver des réponses déjà faites ; c'est vraiment une réserve inépuisable de connaissaces, ce forum-ci.
Mais, en même temps, j'ai bien fait de poser la question.
Sinon, je n'aurais pas pu obtenir tes explications si précieuses.
Merci toujours de ta patience et de ton amabilite. 🙂
D'accord, on arrête…
Ce sont… pardon, c'est nous les plus raisonnables ! wink
Tant qu'à conjuguer le verbe en fonction du sujet sémantique : ce
sommes nous les plus raisonnables…
J'ai toujours soupçonné que "ce sont" était une de ces formes peu justifiables mais qui permet de distinguer celui qui sait de celui qui parle simplement la langue comme elle lui vient.
Ça devient un marqueur et même ceux qui sont peu convaincus sont forcés de l'utiliser pour ne pas paraître des ploucs aux yeux des ploucs.
On ne dit pas "il pleuvent des cordes", mais "il pleut des cordes", et il me semble que c'est pareil pour "c'est".
Bonsoir !
Je viens d'entendre une phrase qui m'a un peu perturbé, la phrase est la suivante : ''C'est des vraies scènes''
Non seulement je trouve que ça sonne un peu bizarre…mais vu qu'elle a été dite dans une émission de divertissement et que celui qui l'a dite n'a pas été moufté par l'un des chroniqueurs, je me dis qu'elle est probablement correcte.
Merci d'avance.
Et plus précisément, qu'est-ce qui te perturbe ?
L'emploi de "c'est" au lieu de "ce sont" ?
C'est correct, bien que d'un style un peu moins soutenu.
Oui, exactement.
Un style moins soutenu, ça veut dire quoi ici ?
Merci pour la rapidité de la réponse Jehan !
Un style moins soutenu est un style plus familier, souvent utilisé davantage à l'oral.
Mais je répète que ce n'est pas incorrect.
Tu peux parcourir les pages précédentes de la discussion, pour plus de détails.
Merci !
Déjà fait.
Bonne soirée
Bonjour tout le monde,
La tournure "c'est…que/qui" est un gallicisme. Cette notion est-elle synonyme d'invariabilité ? Je ne trouve pas vraiment de réponses. En clair, dans une langue soignée, doit-on préférer "Ce sont les enfants que je protège" à "C'est les enfants que je protège" ?
Merci pour votre aide !
Bonsoir,
Il me semble que dans ce cas, le verbe s’accorde avec le sujet réel (les enfants). Donc: "Ce sont les enfants que je protège".
Oui, ici : ce sont, puisque la question est posée pour la langue soignée.
Pronom neutre ce sujet (ou senti ainsi en français moderne). Accord du verbe subséquent.
Dans la langue soignée, la règle est la suivante : Le verbe suivi d’un nom pluriel s’accorde généralement avec celui-ci.
Le singulier (par ex. : C'est les enfants…) est l’usage ordinaire de la langue parlée non soignée.
Il n’est portant pas rare à l’écrit.
Dans la langue soignée, la règle est la suivante : Le verbe suivi d’un nom pluriel s’accorde généralement avec celui-ci.
Ce "généralement" laisse la porte ouverte aux exceptions, sans sortir de la langue soignée !
On peut concevoir des règles sans exceptions, même si elles ne sont pas nombreuses en grammaire !
Il m'intéresserait de connaître ces règles absolues, qui ne souffrent donc aucune exception.
Pouvez-vous me les indiquer ?
Merci.
Peut-être:
Il y a ……
Il y a des personnes qui pensent que c'est du temps perdu de lire tous les soirs.
Il y a une fleur qui pousse dans ce pot.
On accorde toujours avec le sujet apparent "il" le verbe "avoir" et non avec le sujet réel (contrairement à l'anglais There is/are)