Situation d’énonciation de trois textes

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !

J'aurais besoin de vous demandez quelque chose, à propos de la situation d'énonciation de trois texte d'un corpus de texte pour un sujet de type BAC. Parce que je ne sais vraiment pas comment la définir, car soit il n'y a pas de lieu, soit il n'y a pas de destinataire, soit il n'y a pas de locuteur ! Donc voici les trois textes, et j'espère que vous pourrez m'aider !

Texte A :
LES EFFARES

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond…

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
Chaud comme un sein.

Et quand pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain ;

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
Et les grillons ;

Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits plein de givre,
- Qu'ils sont là, tous,

Collant leur petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,

Mais bien bas, - comme une prière….
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,

- Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
- Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d'hiver…..

20 septembre 1870

Arthur Rimbaud (1854-1891), Poésies.
Texte B :
Annie Ernaux, devenue professeur, décrit dans son autobiographie La Place son enfance et sa jeunesse dans un milieu modeste.
Comment décrire la vision d'un monde où tout coûte cher. Il y a l'odeur de linge frais d'un matin d'octobre, la dernière chanson du poste qui bruit dans la tête. Soudain, ma robe s'accroche par la poche à la poignée du vélo, se déchire. Le drame, les cris, la journée est finie. "Cette gosse ne compte rien !"
Sacralisation obligée des choses. Et sous toutes les paroles, des uns et des autres, les miennes, soupçonner des envies et des comparaisons. Quand je disais, "Il y a une fille qui a visité les châteaux de la Loire", aussitôt, fâchés, "Tu as bien le temps d'y aller. Sois heureuse avec ce que tu as." Un manque continuel, sans fond.
Mais désirer pour désirer, car ne pas savoir au fond ce qui est beau, ce qu'il faudrait aimer. Mon père s'en est toujours remis aux conseils du peintre, du menuisier, pour les couleurs et les formes, ce qui se fait. Ignorer jusqu'à l'idée qu'on puisse s'entourer d'objets choisis un par un. Dans leur chambre, aucune décoration, juste des photos encadrées, des napperons fabriqués pour la fête des mères, et sur la cheminée, un grand buste d'enfant en céramique, que le marchand de meubles avait joint en prime pour l'achat d'un cosy-corner.
Leit-motiv, il ne faut pas péter plus haut qu'on l'a.
.
Annie Ernaux, La Place (née en 1940)
Texte C :
La misère n'est pas un état transitoire : elle coïncide avec la certitude que, quoi qu'il arrive, vous n'aurez jamais rien, que vous êtes né en deçà du circuit des biens, que vous devez combattre pour respirer, qu'il faut conquérir jusqu'à l'air, jusqu'à l'espoir, jusqu'au sommeil, et que, lors même que la société disparaîtrait, la nature ne serait pas moins inclémente, ni moins pervertie. Aucun principe paternel ne veilla à la Création : partout des trésors enfouis : voilà Harpagon démiurge, le Très-Haut pingre et cachottier. C'est Lui qui implanta en vous la terreur du lendemain : point ne faut s'étonner que la religion elle-même soit une forme de terreur.
Pour les indigents de toujours, la misère est comme un excitant qu'ils auraient pris une fois pour toutes, sans possibilité d'en annuler l'effet ; ou comme une science infuse qui, avant toute connaissance de la vie, en aurait pu décrire l'enfer…

[E. M. Cioran (1911- 1995), Précis de décomposition ]
Donc si quelqu'un pourrait m'aider, ça serait gentil !
Merci !
Bonjour Gally,

A l'aide du lien suivant, essaie de déterminer quels textes sont ancrés et quels textes sont coupés. Attention, l'un d'eux présente les deux caractéristiques.
D'accord, merci pour le lien !

Je vais regarder ça, et te dire ce que j'en pense plus tard !
Alors, je pense que le texte A est coupé de la situation d'énonciation, le texte B présente les deux caractéristique et que le C est ancré…

C'est ça, ou bien je me trompe ?

Il y a ensuite une autre question : Quelle thèse commune expose les textes B et C ?

J'ai répondu que chacun d'entre eux décrivent la misère comme une fatalité, dont personne ne peut y réchapper.

Mais je ne suis pas sûr…

Merci pour l'aide ! =)
Bonjour Gally,

Tu as répondu correctement aux situations d'énonciation.

Pour la 2e question je verrais plutôt le conditionnement de la misère que sa fatalité.

Si tu veux garder ta réponse, corrige-la :
J'ai répondu que chacun d'entre eux décrivent la misère comme une fatalité, dont personne ne peut y réchapper.
D'accord, merci pour l'aide !

Je vous dirais mes résultats une fois que ça sera corrigé !

Bisous ! Le conditionnement de la misère, c'est-à-dire ?

En fait je dis quelles sont les conséquences de la misère, les causes… ?
Et que ces deux textes traitent de différentes façons le sujet, l'un de façon pathétique et l'autre de façon polémique ? Ils ont des moyens différents pour convaincre le lecteur ?

Si c'est bien ce que je pense, merci de me faire signe ! =)
Bonsoir Gally,

La misère conditionne nos réactions. Il existe un mode de vie de la misère qui conduit à une absence de culture et de goût. Pris dans la recherche de la satisfaction de ses besoins primaires, dans sa survie, le miséreux ne peut accéder aux biens culturels…

Tu définis le texte de Cioran (je suppose) comme pathétique, axé donc sur la souffrance. J'y verrais plutôt une réflexion sur la fatalité, l'enfermement, donc le registre tragique.
Il y a aussi que Rimbaud fait le peintre, qu'Annie Ernaux intériorise, et que Cioran fait le philosophe. Le premier regarde et rend compte de sa vision, la seconde sent et rend compte de ses sensations, le troisième se place dans une situation de maitre à penser.
Merci pour toutes vos réponses ! =)

Une chance que ma prof n'ait pas été là ce matin,je vais pouvoir modifier !

Merci pour tout !
Bonsoir à tous,
Je dois rendre un D.M de français pour Mardi et je n'arrive pas à trouver la différence entre une situation d'énonciation ancré ou coupés dans le texte. Si quelqu'un pouvais m'aidai sa serai super sympa. =D
Bonsoir.
la différence entre une situation d'énonciation ancrée ou coupée dans le texte. Si quelqu'un pouvait m'aiderça serait super sympa
Consulte les liens donnés plus haut, dans le message n°2 de ce fil.
Cela devrait pouvoir t'aider.