Les sources de la poésie sont-elles le plus souvent dans la souffrance ?

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Merci d'avance si des courageux veulent bien m'aider 🙂
Les sources de la poésie à les identifier toutes
sont-elles le plus souvent sur combien de poèmes? 10, 100? de quels auteurs?
dans la souffrance ? la souffrance du poète? la souffrance du sujet du poète? la souffrance dans le monde?
Bonjour Woman 🙂

III) La poésie, bien plus qu'une simple expression des sentiments
Donc bien plus que la poésie lyrique (expression des sentiments) : tu peux aborder les autres genres de poésie. La poésie ludique est à développer, par ex. (ou expérimentale, avec l'OULIPO) Et effectivement, son impact sur le lecteur, sous toutes ses formes.
Bonjour.

Voila quelques éléments pour ton I et II.

I : beaucoup de poèmes sont faits de souffrance et l'exprime. On peut par exemple penser à la poésie ovidienne de l'exil avec Les Tristes ou bien le poème bucolique et nostalgique de Ronsard "Quand je suis vingt ou trente mois…".
Aussi, la poésie romantique (qui n'est pas que souffrance heureusement) avec "Le Voyage" de Baudelaire :

VIII
"Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !"
Toujours pour les romantiques, on peut penser à "Demain dès l'aube…" de Victor Hugo qui fait suite à la mort de sa fille :
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur."
II : on peut penser à la poésie satirique d'Ovide dans Les Produits de beauté pour le visage de la femme. Toujours avec un auteur comme Ovide, on peut penser à la poésie officielle avec Les Métamorphoses.
On peut penser aussi à la poésie érotique, par exemple le "Sonnet du trou du cul" de Rimbaud :
"Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
A travers de petits caillots de marne rousse
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée, et la flûte caline,
C'est le tube où descend la céleste praline:
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !"
Enfin, on peut penser à la poésie des choses avec un auteur comme Francis Ponge et "Le Pain" :
"La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…

Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation."
Pour ton III, tu peux parler d'une poésie joyeuse au premier abord mais qui est une réaction à des événements tragiques : la poésie bucolique de la Renaissance en réaction aux guerres de religion.

Voila. Bonne chance.