Comment l’information et les livres circulaient-ils au XVIIIe siècle ?

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour!
Alors voila, je dois faire un court exposé sur le sujet suivant:
Comment l'information et les livres circulaient-ils alors que sévissait la censure d'Etat au XVIIIème siècle ?

Si la partie concernant les livres ne me posent pas de problème, j'ai beaucoup de mal à trouver de la matière pour l'information.
Je sais qu'à cette époque, l'information était diffusée dans une gazette. Mais je sèche pour après…

Et une autre question: au XVIII ème, la censure d'Etat c'est la censure religieuse ou alors la censure du gouvernement par le biais des censeurs ( ou alors c'est équivalent ce que je viens de dire ? )

Merci beaucoup! 🙂
Bonjour Klr,

Pense aussi aux colporteurs.
Par ailleurs il existe effectivement deux formes de censure : la censure d'Etat qui cherche à garantir la stabilité de l'institution monarchique et la censure religieuse qui veille à l'intégrité de la foi catholique. Voltaire dénonce leur collusion, mais qu'en est-il vraiment ?
Ces deux formes de censure étaient présente au XVIII siècle alors? 🙂

Merci pour les colporteurs, je vais me renseigner. Je n'y aurais jamais penser!
Bon, euh… Je fais vous posez une question ( même si je suis pas sur d'avoir une réponse ) est-ce que l'information circulait vraiment dans les gazettes au XVIII siècle ou alors la censure était tellement présente, que les informations importantes étaient dissimilés?

Existait-il un autre moyen de connaitre les info. importantes pendant ce siècle?
Histoire de la censure.
https://lire.ish-lyon.cnrs.fr/IMG/pdf/1PresseGazettes.pdf Bibliographie 'Gazettes'.

Les informations, en absence de téléphone, radio, télévision et autres internets, circulèrent forcément par les personnes qui se déplaçaient, qui faisaient voyage.
De maison à maison, de rue en rue, de quartier en quartier, les informations se répandent de bouche à l'oreille.
De ville en ville, hors les dépêches officielles de l'administration (parfois secrètes) et les voyageurs en coche et carrosse (forcément aisés), les lettres (entre personnes lettrées) les nouvelles se répandent par les dires de 'commis-voyageurs', des cochers, des gens de voyage (gitans), les hommes qui portaient le courrier (le mot est toujours utilisé en désignant le nom des journaux dans plusieurs pays), des gens qui déménagent pour chercher un travail ailleurs….
De pays en pays les voies de communication furent : les routes et la mer.
C'est ainsi que l'Europe a connu des nouvelles le tremblement de terre à Lisbonne (1755), disséminées d'abord, je crois, dans un journal allemand.
Il me semble aussi qu'il n'était pas interdit aux curés de construire leur homélie de dimanche autour d'un événement d'importance locale ou nationale, pourvu qu'il y avait citation de textes bibliques. L'Église a été le lieu le plus fréquenté et c'est là que les grands rassemblements ont souvent eu lieu. Les cloches sonnèrent aussi pour les victoires de l'armée, le deuil national etc.
DAns les Cévennes où on se déplaçait très peu (les passages d'une vallée à l'autre sont toujours difficiles et longs, malgré les routes) les colporteurs étaient en effet attendus pour avoir des nouvelles des villages voisins. Et toute personne qui allait à la ville (Alès) pour une foire, etc… rapportait des nouvelles des grands événements.
Bonjour Klr,

Ta question montre que tu confonds les faits et leur interprétation. La censure n'a jamais caché les faits, elle se contentait de poursuivre les idées subversives.
Comme te l'a fait remarquer JSC, il te faut faire une citation particulière pour la poste, le courrier, la correspondance : Voltaire, Diderot ont entretenu une correspondance de plusieurs milliers de lettres avec toute l'Europe. Les commerçants en particulier, pour les besoins de leurs affaires, ont eux aussi beaucoup envoyé de messages.
Regarde ici.
Il y a aussi les explorateurs : cherche Bernier, Anquetil du Perron, Tavernier.
Il y a enfin la diplomatie mais l'information qu'elle transmet est pour un cercle limité. Des fuites par le cercle nobiliaire existent cependant.
En complément de ce que dit l'article indiqué par JSC (et surtout de ce qu'il ne dit pas), il a existé une censure catholique, elle existe encore même si elle ne s'exerce que pour sa propre production. Cherche avec imprimatur et nihil obstat, ces autorisations (ou plutôt certifications) préalables de l'évêque du lieu avant toute publication théologique.
Il ne faut pas imaginer la censure au XVIIIème siècle comme une administration, et encore moins à part de la production intellectuelle. Les censeurs fonctionnaient un peu comme des avocats et un peu comme des éditeurs. Ils étaient agréés et inscrits sur une liste. Quiconque voulait publier choisissait son censeur, qui lui faisait des observations, suggérait des corrections, puis donnait le droit d'imprimer.
Il faut rappeler que l'idée qu'une œuvre est la production individuelle d'un auteur n'est pas seulement récente, mais aussi qu'elle est rétroprojetée sur des "auteurs" d'autrefois qui n'avaient pas une idée aussi individualisée ni personnalisée de leur travail.
La censure, qui est habituellement critiquée aujourd'hui, suscitait, certes, des critiques, comme tout pouvoir, mais pas du tout dans l'optique d'aujourd'hui. La censure était un des organes du cycle de production. Et si on peut, dans une certaine mesure, extraire une œuvre de ce cycle de production et ne considérer que ce qu'elle contient, par contre, si l'on examine un problème comme la censure, il faut s'imaginer qu'on vit dans l'époque.
On peut même imaginer ce que l'on dira des usages d'aujourd'hui quand les problèmes de DNS seront résolus sur internet (ils le seront forcément un jour), et que l'usage de la toile échappera au risque de censure. Je dois rappeler qu'un jour tous les messages portant l'adresse .ip (désignant l'Irak) ont été dirigés vers la CIA par une simple décision administrative américaine. On voit bien là comment, dans un premier temps, internet est compris comme une extension des possibilités de communication, et que dans un deuxième temps, on verra ce même usage, dans la dépendance de l'organisation DNS, comme bridé par le censure. Peu de gens pensent à cela aujourd'hui, parce qu'on est encore sous l'empire des nouvelles possibilités qu'ouvre internet, et quand on considère la censure sous l'ancien régime, il faut se mettre dans la même perspective.
C'est d'ailleurs vrai de tous les services publics: ils sont d'abord crées pour mettre en route un fonctionnement parce qu'il manque. Et puis ensuite, ils font obstacle à son émancipation.