Relativement

Langue française

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Jane Austen est relativement accessible
est le dernier d'une récente série de posts qui insèrent "relativement" à cœur joie.
Relatif à quoi?
Estimé selon quelle échelle de critères?

Dans le TLFi on peut rapprocher "relativement" à son sens de "assez" pour le syntagme cité en exemple.
Mais "assez" pour qui? Austen n'est pas accessible et compréhensible pour un élève moyen avec un an d'expérience dans la langue anglaise.

Comment justifier cet adverbe passe partout?
Plus accessible que Shakespeare au lycée, certes ; mais en effet il serait bien de préciser selon quels critères et à quel niveau.
T'ai-je raconté qu'en classe de première nous avions traduit Macbeth (et galéré avec la prof) Quel enseignant pourrait maintenant tirer toute une classe dans un tel exercice ?
Bonjour, Léah. 🙂
Tout est relatif!
À notre époque, il n'y avait pas 87% de bacheliers!
Comment justifier cet adverbe passe partout?
Parce qu'il est passe-partout, il est chez lui partout, sans avoir besoin de justification ! Il dispense d'un effort de réflexion. Mot d'emploi aisé, dont le lecteur décrypte ou croit décrypter aisément le sens, lequel reste pourtant inébranlablement "ondoyant et divers"…

En allemand relativ a évolué comme relativement en français. Il signifie ziemlich, assez. En anglais ? James is a relatively good reader of Jane Austen. Un lecteur moyen ? Ou un peu au-dessus du niveau moyen ? Ou bien : "Bon, mais…" et on laisse au lecteur le soin d'expliciter. "Relativement" au-dessus, bien sûr ! Un lecteur assez bon. On reste dans un flou artistique, qui évite la peine de bien préciser, bien expliciter sa pensée. Un cache-misère ? Un abri pour l'insuffisance de la pensée ?

Ce mot mérite en tout cas un débat. Je pense pour ma part qu'on peut le considérer c'est une variante de langage sms, un équivalent de sms, un raccourci dont on espère qu'il sera suffisant pour amener l'autre à comprendre ce que je veux dire, sans que je l'aie dit.
Ziemlich n'est pas ganz, doch ou etwa(s) (des synonymes en quelque sorte); aussi son sens n'est pas plus précis que "relativement". Ni son équivalent en anglais d'ailleurs.

Un élève moyen obtient des notes en dessous de la moyenne! 😞

Si j'arrive à faire abolir le mot, on est laissé toutefois avec un problème: John est un ….. bon lecteur.
Est-ce que "bon" a une valeur absolue?
Ajouter "rélativement" à la place des points introduirait un doute, une hésitation dans l'évaluation.
John est un bon lecteur : par rapport à quelle échelle de lecteurs ? et… qu'est-ce qu'être un «bon» lecteur ? est-ce un dévoreur de livres ? un lecteur attentif et concentré ? car, avaler dix livres par jour et n'en rien retenir, n'est pas ce que j'appellerai être un «bon» lecteur
Peut-être bien, mais l'ajout du mot "relativement" changerait quoi?
Rien, en effet ! c'est pourtant un adverbe qui a un sens précis, et attend un complèment : relativement à. Le relatif ne saurait être absolu…
Relativement à une catégorie d'éléments comparables qu'on laisse le lecteur déterminer. Cela permet, de signifier que la qualité attribuée n'a pas une valeur absolue, de même que pour le superlatif relatif et le superlatif absolu. On utilise l'adjectif avec une sorte de remords, parce qu'on considère qu'il est un peu exagéré.

Il est relativement doué : relativement à la moyenne des gens qui lui sont comparables et qui ne sont pas des génies… Bref, il est doué mais pas tant que ça.
Jane Austen est un auteur relativement accessible : relativement à la moyenne des auteurs classiques littéraires (concept sujet à controverse), c'est-à-dire que ses livres sont hors de portée d'un débutant mais ne nécessitent pas non plus d'avoir étudié toutes les subtilités de la langue anglaise. Ou relativement à un niveau moyen supposé en anglais (l'auteur de la phrase considérant que le niveau nécessaire pour lire Austen n'a rien d'extraordinaire mais craignant que tout le monde n'ait pas le même avis que lui).
John est un relativement bon lecteur : ce n'est pas un très bon lecteur, mais par rapport à la moyenne des lecteurs, il est un peu au-dessus.

La morale de cet adverbe : au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

Par ailleurs, l'emploi abusif de relativement en fait un de ces mots qui servent à remplir et rallonger ses phrases sans rien dire de plus.
AmélieD a écrit :John est un relativement bon lecteur : ce n'est pas un très bon lecteur, mais par rapport à la moyenne des lecteurs, il est un peu au-dessus.
Dans sa classe?
De son âge?
En France?
Dans le monde?

Qui aurait établit cette "moyenne"?

Tes explications, hélas ne m'informent pas davantage sur l'échelle qui inclut "bon" et "très bon"…. 😞

En ce qui concerne rallonger des phrases sans rien dire….. 😜

Faudrait que je relève les autres occurances de "relativement" pour voir si tes idées soient universellement apprèciées. 🙂
Ces relativement tout-à-fait… relatifs laissent entendre que le lecteur est supposé savoir, ou deviner, l'échelle à laquelle on se réfère. J'attendrai toujours qu'on me précise relativement par rapport à telle ou telle échelle ; celles des lecteurs de collège n'étant pas la même que celle des lecteurs d'université ou de CP. Jane Austen est relativement accessible à des lycéens, elle l'est tout-à-fait à des étudiants en licence d'anglais (du moins je l'espère !) et elle ne l'est presque pas à des élèves de collège.
(J'ajoute que pour bien comprendre un livre tel que Pride and prejudice, il faut être un peu au courant des mœurs de l'époque victorienne…)
Cette moyenne est souvent déterminée par le contexte, qui en l'occurrence, permet de savoir ce qu'on veut dire par "bon lecteur". Si John a six ans et apprend à lire à l'école, John est un relativement bon lecteur signifie qu'il commence à savoir déchiffrer en comprenant le sens des phrases et que, sans être le premier de la classe, il se débrouille plutôt bien. Si John est étudiant en fac de lettres, John est un relativement bon lecteur signifie que ses lectures sont subtiles et pertinentes, qu'il a le sens de l'analyse littéraire, mais qu'il n'est pas le meilleur.

Sans contexte, la phrase reste pleine de sous-entendus et part du principe que celui qui parle et celui qui l'entend ont la même échelle de valeurs. John est un relativement bon lecteur : vous voyez ce que je veux dire, dans la médiocrité actuelle, on peut dire qu'il s'en sort, mais il est loin d'atteindre un bon niveau, dont vous comme moi partageons une définition plus élevée que celle de tout le monde.

Ou au contraire, il s'agit pour l'auteur de la phrase de rester prudent. Relativement à mon échelle de valeurs (que vous ne partagez peut-être pas, ce qui fait que je n'ose affirmer le terme de manière péremptoire), John est un assez bon lecteur.

La phrase est donc ambigüe hors contexte, quoique le sens fondamental reste le même : John n'est pas un très bon lecteur (la définition du "bon lecteur" est en elle-même problématique mais c'est une autre question).
Vaudrait éviter un "relativement" qui risque de porter de l'ambiguïté, non?
NB, je m'attaque à l'usage général, non pas à ton exemple en particulier.

je trouve ce bouquin relativement rébarbatif
1 "Jane Austen est relativement accessible" ne me choque pas du tout parce que la réponse à la question "relativement à quoi ?" est évidente: c'est l'appréciation de celui qui le dit, et c'est son propos tout entier qu'il relativise. Au lieu d'écrire "J'ai trouvé Jane Austen accessible", il préfère écrire sur le mode affirmatif et relativiser ensuite. Ce qui me parait justifier (puisque c'est la question) la tournure, est qu'elle indique le passage de la condition d'élève et d'auditeur à celle de participant à un forum et de locuteur, sans pour autant parler ex cathedra. Il est fastidieux de répéter le relatif comme dans les phrases en quiquiqui. Il est également fastidieux de redire systématiquement qu'on donne un avis personnel et ne prétend pas énoncer une vérité absolue.

2 Pour soutenir que çà n'ajoute rien, il faut examiner le cas où on le supprime. Voici un exemple. Madame Alliot Marie, ministre de l'intérieur, faisait un discours dans une assemblée nombreuse au cours d'une réunion des maires des grandes villes. Elle lisait son discours. Subitement une vague de rires se soulève. Elle est interloquée, a quelques instants d'hésitation, s'arrête, puis déclare "Puisque vous riez, c'est que vous m'écoutez" (ce qu'elle ne faisait pas elle-même), s'emberlificote à abréger et conclut en déclarant "J'ai été trop longue et j'ai été punie".
Qu'est-ce qui avait provoqué l'hilarité générale ? Lisant son discours, elle avait dit, en s'adressant aux maires des grandes villes: "Le président de la République vous demande de ne pas bouger tout le temps". Si elle avait inséré un "relativement" en disant, par exemple "Le président de la République vous demande de vous tenir relativement tranquilles", l'auditoire aurait automatiquement établi la relation avec des réformes en cours, ce qui aurait rendu le discours moins cocasse.
Écrire "relativement" plutôt que "moyennement" n'est pas illogique puisque la moyenne procède d'une mise en relation. Laisser le lecteur choisir la relation peut être une simple élision. Un élève relativement bon sera meilleur ou moins bon dans une autre classe. Relativement peut aussi être une sorte de formule de politesse qui, comme celles-ci, n'ajoute rien, sauf la politesse. Enfin, loin d'être une faute, cela peut aussi être une réaction contre la faute que font ceux qui, au lieu de répondre "oui", répondent "absolument".

3 Je voterais donc plutôt pour l'usage de relativement, et contre l'idée de faire dire aux gens plus qu'ils ne veulent dire. Comme nous vivons dans un pays où l'on nous demande tout le temps de donner note avis sur tout, alors qu'on n'y connait rien sauf par des ragots, on est souvent obligé de composer et de lâcher quelquechose pour se débarrasser de la question intempestive. Relativement me parait une bonne formule d'esquive et un usage fréquent me parait s'expliquer et même se justifier pour cette raison.