Questions sur le verbe connaître

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous!
J' ai deux questions sur le verbe "connaître" .
1.Pourquoi ce verbe ne peut pas être suivi d' une proposition subordonnée introduite par"que","si ", "quel", "où", "ce que", "ce qui"?
2.Pourquoi "connaître" ne peut pas être introduit d' un infinitif?
Merci,
Aura
Bonjour Aura
1.Pourquoi ce verbe ne peut pas être suivi d' une proposition subordonnée introduite par"que","si ", "quel", "où", "ce que", "ce qui"?
Ce verbe peut être suivi d'une subordonnée commençant par «ce que» ou «ce qui» ; par ex : je connais ce que j'ai appris ; je connais ce qui m'a été appris. Il peut aussi être suivi de «si» : je le connaîtrais, si je l'avais appris
2.Pourquoi "connaître" ne peut pas être introduit d' un infinitif?
Cette question ne signifie rien ; c'est «introduit par un infinitif» qui serait grammaticalement correct ; mais un infinitif n'a jamais rien introduit. Es-tu sûre d'avoir bien compris la question ?
Bonjour, Aura. 🙂

Ta question est intéressante.

Je pense que tes interrogations sur connaître viennent de la comparaison avec le verbe savoir.

Car si l'on peut bien dire :
"Je sais que… Je ne sais pas si… Je sais quel… Je sais où…"
On ne peut effectivement pas dire :
Je connais que… Je connais si… Je connais quel… Je connais où

(Pour "si", l'exemple de Léah n'est pas valable; elle a utilisé le "si" conditionnel et non le "si" interrogatif)

Cela dit, Léah a raison pour ceci :
On peut dire "Je sais ce qui… Je sais ce que…" aussi bien que "Je connais ce qui… Je connais ce que…"

Le verbe savoir peut introduire un infinitif : "Je sais lire, je sais nager…"
Mais il est exact que c'est impossible avec le verbe connaître : "Je connais lire, je connais nager."

Tu nous demandes pourquoi… Au risque de te décevoir, je pense qu'il n'y a pas vraiment d'explication. La langue française est faite ainsi, c'est tout ce que l'on peut dire.
(Pour "si", l'exemple de Léah n'est pas valable; elle a utilisé le "si" conditionnel et non le "si" interrogatif)
Il n'est pas précisé dans la question la nature de ce «si» ; mais seulement que ce «si» introduit une subordonnée ; il me semble Jehan que le si (conditionnel ou interrogatif) est bien un subordonnant ?
Dans les tournures anciennes, on écrivait «connaître que»
l'expérience nous fait connaître que tout ce qui est incroyable n'est pas faux. "
(Cardinal de Retz ; Mémoires (1717).)
; bien sûr cela ne concerne pas Aura qui nous questionne sur la langue actuelle. ; mais on peut aussi la trouver dans des questions ; ainsi, ce sujet de bac
: La conscience me fait-elle connaître que je suis libre ?
ou dans les tournures négatives : il
ne connaît que son devoir.
La formulation «connaître que» pour «savoir que» est assez courante
Eh oui Aura, nous n'avons pas vraiment d'explications à donner sur ces constructions.. Par ex, on ne dira pas «je connais que je suis coupable» ; mais on peut dire «je reconnais que je suis coupable»
Au XIXe, connaître pouvait se construire avec que :

Il [François] connut qu'elle [Jeannette] avait pleuré, et il en fut tracassé dans son esprit (G. SAND, François le Champi, 1850)

et encore aujourd'hui avec faire :
Je viens vous faire connaître que j'accepte votre proposition. Je refusais de faire connaître aux familles intéressées l'état de ma fortune (MAURIAC, Le Nœud de vipères, 1932)
L'assemblée fit connaître avec éclat que, pour elle, le général de Gaulle représentait la France en guerre et que son gouvernement était celui de la République.DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956)
Bonsoir, Léah.

C'est vrai qu'Aura ne nous a pas précisé la nature de la subordonnée.
Mais une subordonnée de condition telle que vous l'avez construite n'est pas complément du verbe connaître, mais complément de phrase.

Quand Aura parle de la possibilité ou de l'impossibilité de faire suivre le verbe connaître de telle ou telle subordonnée, elle nous interroge au sujet des subordonnées susceptibles d'être compléments du verbe connaître, comme le sont les subordonnées interrogatives (et non conditionnelles) introduites par si.

Il est exact que la construction connaître que est possible, mais le TLF considère ce tour vieux et littéraire, ou emphatique comme synonyme de "savoir". Comme vous dites, cela ne concerne pas Aura. Ce tour me semble bien moins courant que vous ne le considérez.

Contrairement à ce que vous suggérez, pas de subordonnée complément du verbe dans la phrase :
"Il ne connaît que son devoir."
C'est un cas tout différent.
Ici, le seul complément du verbe connaît, c'est "son devoir".
Et ne… que est une locution adverbiale de négation équivalant à "seulement" : " Il connaît seulement son devoir."

Quant à fit connaître proposé par Anne, ce n'est plus le verbe "connaître". C'est une locution verbale équivalant ici au verbe proclama. La subordonnée est complément de "faire connaître" et non de "connaître".
Bonsoir,

Oui, comme le disent Anne et Jehan, il faut bien repérer le verbe faire qui précède connaître :
Anne a écrit :
et encore aujourd'hui avec faire :
Je viens vous faire connaître que j'accepte votre proposition. Je refusais de faire connaître aux familles intéressées l'état de ma fortune (MAURIAC, Le Nœud de vipères, 1932)
L'assemblée fit connaître avec éclat que, pour elle, le général de Gaulle représentait la France en guerre et que son gouvernement était celui de la République.DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956)
Muriel
Bonsoir!
j' ai posé ce question sur le verbe"connaître" en comparant avec le verbe "savoir", j' en ai oublié préciser, mais aussi j'ai cru que c' est valable dans toutes les situations…
Je sais qu' il viendra.//je connais qu' il viendra.
Je sais dessiner.//Je connais dessiner
quel est l' élément, la structure, la motivation de choissir "savoir" dans ces exemples, et no le verbe"savoir"? Merci de votre explications.
Aura
quel est l' élément, la structure, la motivation de choisir "savoir" dans ces exemples, et no le verbe"savoir"? Merci de votre explications.
Simplement l'usage et la connaissance de la langue française, Aura. (ou d'une autre langue pour d'autres mots, chacune a ses manières)
Je ne suis pas encore arrivé à l'explication demandée, mais elle est dans la ligne de pensée qu'Anne indique avec le verbe faire.
Connaître n'a rien à voir avec le verbe faire, l'idée de connaître expulse ce verbe, car si on connaît, la chose est faite, mais on on peut savoir faire.
"Je sais dessiner", "je connais le dessin". Je sais dessiner = je sais faire. Je connais = j'ai déjà fait.
Savoir reste extérieur, en rapport avec l'avoir, connaître est plus intérieur, en rapport avec l'être.
Mais on devrait pouvoir formuler la règle mieux que cela.
Savoir est en fait souvent employé comme verbe de modalité, dans le sens de pouvoir : je sais nager, correspondant à l'anglais I can swim. L'emploi n'est d'ailleurs pas tout à fait le même en Belgique et en France. Là où un Français dit : je ne peux pas ouvrir, c'est bloqué, un Wallon dira : je ne sais pas ouvrir, c'est bloqué.

La connaissance est plus vague que le savoir : je sais ce poème signifie que je peux le réciter par cœur, je connais ce poème signifie que j'en ai entendu parler, que je sais de quoi il parle. Cela peut-il permettre d'expliquer la construction des complétives ? En effet, je sais que veut bien dire que j'ai une connaissance précise. Par exemple Je connais cet homme, je sais qu'il ne viendra pas.

Tout cela n'est pas forcément très clair…
(Petit aparté - je serais bien incapable de donner une explication plus claire ; en tout cas, c'est intéressant d'essayer de préciser le plus possible les nuances entre "connaître" et "savoir". N'y a-t-il pas des professeurs ou des étudiants de FLE, sur ce site ? Peut-être apprend-on, dans cette filière, à expliquer le pourquoi des différences d'emploi entre les termes au sens très proche, comme ces deux-là…)

Quelques liens vers des sites français ou étrangers expliquant tant bien que mal la nuance :
Tex's French Grammar
Français facile
Banque de dépannage linguistique
Les exemples donnés par Anne dans la littérature actuelle, plus les nombreux plus anciens, montrent bien qu'on peut utiliser connaître pour savoir. D'où l'impossibilité de donner une règle (ce que je crois cherche Aura) La perception fine du choix d'un verbe (ou d'un mot) pour un autre tient quand même à la connaissance intime d'une langue, qui est le fait, qu'on le veuille ou non, des natifs d'un pays.

Pour connaître, Grévisse dit que connaître suivi d'une proposition est un archaïsme qui subsiste dans la langue littéraire et dans les usages régionaux. On voit mal d'ailleurs comment ce verbe, qui acceptait d'être suivi d'une subordonnée sous la plume de nos classiques, a cessé de se comporter si aimablement ; était-ce pour apporter une distinction avec savoir ?
L'appréciation des différences entre connaître et savoir est plus personnelle qu'il ne semble ; si je connais un poème par cœur je n'aurais pas l'idée d'exprimer cela par «je le sais» ; on ne sait pas un poème, on le connaît, par cœur ou pas. Il me semble que pour tirer une règle il faudrait compulser des tas d'exemples et les recouper ; énorme travail !
Les liens d'Anne-Lise me semblent bien illustrer la nuance qui distinguent ces deux verbes.

En tant qu'étranger, débutant en français on m'a dit (de façon assez simpliste)
savoir une chose
connaître une personne.

Les deux verbes étant actionnaires de l'esprit (voir les définitions dans un dictionnaire), on pouvait davantage examiner leurs étymologie et histoire. (Merci, Robert Historique).

Sapere (latin verbe intransitif => savoir) = avoir du goût, exhaler une odeur, sentir par le sens du goôt, avoir de l'intelligence ou du jugement, être sage. L'histoire semble avoir favoirisé les deux derniers sens en => savoir.
En verbe transitif, sapere = se connaître en quelque chose ou comprendre quelque chose.
(Le latin scire ne se retrouve pas en français sinon dans l'orthographe ancienne. Les graphies scavoir et avoir se trouvant à côté de savoir à partir du XV[sup]ème[/sup] s. Le mot science (ce que je sais) s'oppose aussi à connaissance.)

Cognoscere (latin) => conoscere en roumain et conoistre en vieux français => connaître.
Le sens "ap-prendre" ou "com-prendre" s'associe avec une sorte de familiarité avec l'objet ou la personne connus: "avoir un commerce charnel avec".

Ce qui me mène à proposer, pour distinguer les deux:
savoir - avoir une connaissance plutôt intellectuelle voire détaillée de
connaître - avoir une certaine familiarité avec.

Il sait l'histoire de la bataille de Waterloo (dans tous les détails, presque par cœur).
Il connaît l'histoire de la bataille de Waterloo (il en a entendu parler et la situe vaguement dans le premier quart du XIX[sup]ème[/sup] s. il sait probablement que les français y étaient vaincus par les autres nations alliées.
Il est intéressant de voir que pour le TLF (reprise du dico de l'Académie Française) le savoir littéraire est défini ainsi
Littér. [Substitué à connaître, à valeur expressive] Je sais des chants de tous les pays. J'en sais qui sont doux comme le bruit des sources, d'autres qui sont terribles comme l'approche du tonnerre (Pierre Louÿs)
Un peu le pendant du «connaître que» archaïque -mais encore utilisé- qui signifie «savoir que» (voir plus haut)

L'académie, en toutes lettres
SAVOIR. (Je sais, tu sais, il sait; nous savons, vous savez, ils savent. Je savais. Je sus. J'ai su. Je saurai. Je saurais. Sache, sache. Que je sache. Que je susse. Sachant. Su.) v. tr. Connaître, avoir connaissance de.

On tourne un peu en rond, me semble-t-il…

Quant à Littré, il met en tête de liste
Savoir : Avoir connaissance de.
Je connais la différence entre Savoir et Connaitre, mais je ne l'ai jamais sue!
😂 😂 😂
Je sais la différence entre connaître et savoir, mais je ne l'ai jamais connue
Il est clair que l'usage des deux verbes diffère, mais qu'il est à peu près impossible de rationaliser la chose… C'est hélas assez fréquent en français, et si ce n'était pas ma langue maternelle, je ne sais pas comment il me serait possible de m'y retrouver !

Néanmoins, l'emploi modal de je sais nager reste vraiment typique de savoir. Jamais on n'emploie connaître avec un infinitif. Et souvent, connaître reste plus vague.
On pourrait en effet établir une intéressante distinction entre savoir nager, savoir lire… et connaître la nage, connaître la lecture
savoir nager : avoir la possibilité physique de nager, après un apprentissage
connaître la nage : si l'expression est possible, il est malaisé de la définir ; est-ce connaître la technique de la nage ?
connaître la lecture, c'est encore plus difficile ; ça se confond avec savoir lire
Il y a une disjonction qui se situe dans le temps, ou dans l'espace ou entre l'espace et le temps qui pourrait bien postuler une certaine idée de mouvement et de disjonction dans le mouvement, notamment dans le cas d'un dialogue..
"Je sais connaître" ne passe pas à cause de la tautologie, alors que "je sais reconnaître" est d'usage courant. On ne dira pas "Je connais que je sais" (ou que je ne sais pas), mais je reconnais que je ne sais pas ou que je le savais.
Je sais se développe dans le futur à partir de maintenant, sous la forme de conséquences, tandis que je connais oriente le propos vers un passé dont la connaissance est la conclusion. J'ai fait connaissance et ensuite je reconnais. "Je connais déjà" implique que je reconnaisse."Je connais" est aussi définitif que "je sais" et pourtant je précise qu'il y a eu un passé, soit en disant déjà, soit en reconnaissant. L'étymologie claudélienne (connaître=naître avec) est fausse parce qu'il pousse l'idée de passé jusqu'à dater, mais dans le verbe connaître, il y a une vague idée de passé, comme dans le verbe savoir, il y a une vague idée de futur. Je connais est la conclusion d'un mouvement qui se termine; je sais est le point de départ d'un mouvement qui s'amorce.
J'ai su, implique que j'ai oublié. J'ai connu ne l'implique pas, mais implique cependant qu'il y a eu rupture, cette fois-ci dans l'espace.

Je suis sûr qu'il y a une manière de formuler la différence, mais je n'y arrive pas.