Accord de l’apposition après un collectif

Langue française

83 réponses · Page 3 / 5

Bonsoir, Giland

Très bien… Comment appelez-vous ça, alors ?
Eh bien ? jusqu'à preuve du contraire, l'apposition est une des fonctions de l'adjectif ; donc, dans mon exemple, il y a bel et bien apposition.
Je n'avais effectivement pas vu qu'il était précisé : nom mis en apposition ; mes excuses !

Et je pose la même question que Jehan : comment appelez-vous cela ?
Bonjour, Léah.

C'est vrai qu'on utilise parfois l'expression "adjectif apposé", mais en fait, l'appellation la plus rigoureuse est "épithète détachée", exprimant simplement une qualité passagère et circonstancielle du nom qualifié, comme dans : "Les enfants, attentifs, firent enfin silence."
Tandis que dans la véritable apposition, il y a équivalence d'identité, et non qualité momentanée, comme dans : Jacques, le frère de Paul, était absent." Percevez-vous la nuance ?
Décidément, je vous lis trop vite. C'est bien une apposition en effet. Excusez-moi, je dois m'absenter, mais je vous promets de répondre plus tard.
Amicalement
Merci Jehan de cette précision
Toutefois si j'écris : le ciel, noir et limpide, tel que le voient les cosmonautes… là les qualificatifs, non circonstanciels, sont bien en apposition.
Et, dans l'exemple des centenaires, la qualité est tout autant circonstancielle… "Le couple Dupont, arrivistes sans scrupules, apprécie ce genre d'invitations".
Je remonte au début. Giland, vous dites que dans ce cas l'intuition prime. Eh bien mon intuition me souffle d'écrire Le couple Dupont, arriviste -au singulier- sans scrupules ; car je considère le couple comme une entité, fonctionnant de pair et en toute complicité dans l'arrivisme. Si je veux distinguer Madame et Monsieur, j'écrirai : Le couple Dupont, des arrivistes sans scrupules (-ou : le couple des Dupont, arrivistes…comme le fait judicieusement remarquer Muriel)
le ciel, noir et limpide, tel que le voient les cosmonautes…
Il ne s'agit pas d'une apposition au sens strict, "noir et limpide" n'étant pas une façon de désigner l'entité "ciel", tandis que "le frère de Paul", dans ma phrase, désigne bien la même entité que "Jacques".

Les épithètes "noir et limpide", détachées par des virgules, mettent justement en relief le fait que ces qualités sont circonstancielles, dépendant ici de la situation particulière des cosmonautes. S'ils étaient sur terre, ils ne le qualifieraient pas ainsi.
"Le couple C., centenaire depuis cette année, a été reçu à la mairie".
L'épithète détachée signale bien que cette qualité de "centenaire" n'existait pas auparavant, puisque liée à l'échéance de la date. C'est dont bien dans la phrase une qualité circonstancielle, liée à un moment particulier.
Pour tenter de répondre à vos diverses objections :
D'abord, au sujet de l'"escouade", je propose cette phrase à Muriel :
"Une escouade surgit, pillards assoiffés de sang ; elle gravit la colline ; elle entre dans la ferme ; etc."
Pour en revenir à l'exemple de Jehan : j'admets que j'avais peut-être tendance à généraliser un peu vite, et cet exemple me donne tort.
Néanmoins, il n'enlève rien aux arguments que je développais plus haut.
Je maintiens que la phrase : "Le couple B., intégristes du minimal" est correcte. J'ajouterai que le "s" substantive, en quelque sorte, l'adjectif "intégriste" et qu'il y a bien apposition.
Quant à votre façon d'analyser la phrase des "Dupont", vous me pardonnerez, Jehan, de ne pas vous suivre. Car si un couple constitue bien une "entité" (une "abstraction" ou une "résultante"), il n'est pas toujours naturel pour autant de considérer que c'est "lui" qui agit, en particulier avec cette apposition qui, ici encore, est un adjectif substantivé.
Jehan, je reviens sur mon ciel ! Le ciel, noir et limpide, tel qu'il est toujours à partir d'une (vingtaine ?) de kilomètres de la terre ou d'une planète sans atmosphère…
Cela vous suffit-il comme non-circonstanciel ?
Pour ce qui est du centenaire, il me semble bien que Giland en fait une apposition
Pour répondre à Léah (je crois que je m'étais trompé d'interlocuteur) :
Un couple a beau constituer une entité (sur un plan administratif, religieux, commercial, etc.), il y a des cas où il serait absurde de le considérer comme origine de l'action, par, ex. dans :
"Le couple C., fringant(s) centenaire(s)".
Il est impossible ici de ne pas mettre le pluriel.
C'est la même chose avec des phrases du type : "Une dizaine de personne a (!) passé la nuit à l'aéroport", que l'on entend trop souvent.
Comme je l'ai déjà écrit plus haut, le couple fringant centenaire si chacun a 50 ans peut s'écrire. Mais si chacun est centenaire, on écrira : deux fringants centenaires. Par contre, pour Le couple C, arriviste notoire, le singulier me paraît naturel ; j'ai déjà expliqué que mon intuition n'est pas la même que la vôtre sur ce point, je n'y reviendrai pas. Avec Une dizaine de personnes, on peut mettre indifféremment singulier ou pluriel.
Une foule de pèlerins attend aujourd'hui le pape peut se dire tout comme Une foule de pèlerins attendent aujourd'hui le pape. Dans le premier cas, c'est une foule indifférenciée et réunie dans le même objectif ; dans le second, on considère que chaque individu de la foule attend.
Bonjour Léah,
Que pensez-vous de "fringants septuagénaires" ? (s'agit-il de deux fois trente-cinq ans ?)
Je connais l'usage avec "foule", "bande", etc., et il ne heurte pas mon oreille. Ce qui n'est pas le cas avec "dizaine" ou "centaine".
Je sais qu'il y a des gens pour défendre ce genre d'accords, j'en déduis que nous n'avons pas les mêmes goûts en matière musicale.
Pour en revenir au couple, vous confondez, je crois, une "entité" et une personne.
Au lieu de chipoter sur "centenaire", pourquoi n'examinez-vous pas sincèrement le problème ?
Giland a écrit :pourquoi n'examinez-vous pas sincèrement le problème ?
Bonjour, Giland.
Ne penses-tu pas que ce fil a assez duré?
Ce qui m'amusait tourne à l'ennui.

Le "problème", ne réside-t-il pas dans la formulation choisie? Pourquoi insister?
Sa résolution se trouvera dans une réformulation, telle
Monsieur et Madame B. , intégristes du minimal,
ou
Monsieur et Madame B. forme un couple d'intégristes du minimal. Il/Ils…
À titre personnel, je trouve l'expression "intégristes du minimal" particulièrement laide. "Intégristes" a des connotations péjoratives que le mot ne devrait pas générer en son sens propre. "Du minimal" : je ne suis pas sûr que l'on puisse fabriquer un nom de l'adjectif "minimal". Le substantif est habituellement "minimalisme".
Entièrement d'accord avec JSC, ça tourne à l'ennui. Je n'allongerai donc pas plus la sauce.
Bonjour JSC,
L'expression en question n'est pas de moi. Il s'agit simplement d'un titre pour lequel la question de l'accord a été posée.
Personnellement, je n'ai pas eu à réfléchir à sa pertinence ou à sa beauté, mais sur le fond je suis plutôt d'accord avec toi.
Quant à la durée de ce fil, je n'insisterai pas.
Cordialement,

Giland
J'ajouterai juste que Mr et Mme B, ce n'est pas du tout la même chose que le couple B. Mr et Mme, chacun garde son identité ; le couple uni dans une démarche arriviste (ou autre, ce pourrait être une démarche spirituelle ou artistique) devient un tout.
Giland a écrit :Bonjour JSC,
L'expression en question n'est pas de moi. Il s'agit simplement d'un titre pour lequel la question de l'accord a été posée.
Personnellement, je n'ai pas eu à réfléchir à sa pertinence ou à sa beauté, mais sur le fond je suis plutôt d'accord avec toi.
Quant à la durée de ce fil, je n'insisterai pas.
Cordialement,

Giland
Bonjour Giland,
Quant à la durée de ce fil, je n'insisterai pas.
Personne n'a à décider de la durée de ce fil… Pour l'instant, nous n'arrivons pas à mettre exactement le doigt sur ce qui ne va pas dans vos propositions. Nous continuons à chercher… Il n'est d'ailleurs pas exclu que nous trouvions quelque chose qui vous donne raison, pourquoi pas ?…

Muriel
Muriel H. a écrit :[Pour l'instant, nous n'arrivons pas à mettre exactement le doigt sur ce qui ne va pas dans vos propositions. Muriel
17 mn après que Giland a demandé nos réflexions, vous lui donniez la réponse, diversement commentée ensuite. Il va de soi qu'un accord ne peut se faire qu'avec un nom exprimé. Il n'y a plus à chercher, simplement que Giland nous entende.
Bonjour Muriel,
Au risque de me rendre odieux à certains, je me permets tout de même de revenir sur cette question, loin d'avoir été tranchée.
Grévisse dit, en effet (338 b de la 13e édition), au sujet de l'"Accord" du nom en apposition :
"Le nombre étant déterminé par la réalité désignée, il est normal que l'apposition et son support aient le même nombre, puisque, par définition, ces termes désignent la même réalité".
Ce qui apparemment me donne tort.
Néanmoins, il cite plusieurs exemples de "non-coïncidences", dont celui-ci :
"L'homme de guerre ne se privait pas d'adopter […] l'air discrètement glorieux d'un amant satisfait, MALADROITES GRIMACES dont chacun sait ce qu'elles valent" (Yourcenar).
Ou l'on s'aperçoit que la théorie de l'accord avec le "nom exprimé" ne tient pas.
Dans un registre beaucoup plus trivial, je vous propose un autre (et ultime) exemple, plus proche de la question :
"Le couple Durand, escrocs notoires, a été interpellé à Lyon."
Tout cela est lassant, j'en conviens, cher JSC, et me donnerait envie de rester célibataire…
Cordialement,

Giland
Alors, écrivez comme vous préférez, finalement… Que risquez-vous, à écrire comme Yourcenar ?
Bonjour.
Je suis soucieux que ma question ne conforme au sujet.
Mais, je me permets de vous poser une question ici.
[…]
Ils plaignent la famille des oiseaux, la bergeronnette qui n'a que son aile pour
abriter sa couvée, et le rouge-gorge dont la rose, ses amours, s'effeuille au vent.
[…]
Je pense que 'ses amours' et l'apposition de 'la rose'.
Mais je ne comprends pas pourquoi l'accord de nombre n'est pas réalisé.
Pourquoi 'ses amours' au lieu de 'son amour' ?
Qu'est-ce qui m'échappe ?
Aidez-moi, s'il vous plait.
Merci, d'avance.