Dans l’attente de lumières sur un sujet de mémoire comparatiste

Littérature

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour !

Je suis une toute nouvelle arrivante et j'ouvre là ma première discussion (poursuivez-là s'il vous plaît : j'en ai grand besoin !!).
Je me débats actuellement avec mon sujet de mémoire de Master I de Littérature comparée. En effet, j'étais partie pour faire une étude de réception à partir du roman Peter and Wendy de J. Barrie. Or, on y trouve essentiellement des références aux oeuvres de Stevenson, F. Cooper, etc… c'est-à-dire à des écrits qui s'ancrent à peu près dans la même époque et dans la même aire culturelle que ceux de Barrie.
Mon directeur de mémoire m'a conseillé, dans un premier temps, de situer l'oeuvre dans des traditions littéraires : roman d'aventures, conte, Nonsense. Mais je me demande, l'ayant fait, si je vais bien aboutir à un mémoire de littérature comparée, et pas plutôt à un mémoire de littérature britannique avec quelques incursions dans les contes de Perrault. Qu'en pensez-vous ? Ce sujet, que j'adore, peut-il se traiter en littérature comparée, face à des travaux plus "classiques" ? Ou bien la définition de la discipline l'exclue-t-elle strictement ?

Emma
Je trouve que ton sujet pose le probléme de la légitimité, à l'heure actuelle, de la littérature comparée qui ne trouve finalement son originalité, vis à vis des études littéraires, plus que dans "l'exotisme" du corpus qu'elle mobilise.

sinon, tu entends quoi par "une étude de réception" ?

parce que je ne vois pas bien le rapport avec cela :
"situer l'œuvre dans des traditions littéraires"…
Merci de ta réponse !

Je suis, tout d'abord, entièrement d'accord avec ta remarque sur l'"exotisme" : obligatoire, il entrave plus qu'il ne libère…
Sinon je pensais à une étude de réception car je m'intéresse beaucoup à la manière dont un texte s'en approprie et en réinvente d'autres, et c'est en fonction de cet intérêt que j'ai choisi mon sujet. Je me désespère en pensant que je vais peut-être devoir l'abandonner pour comparer les réécritures d'Oedipe ou le théâtre de Müller à celui de Genet ou autre…
Quant à situer le roman de Barrie dans des traditions, il s'agissait d'un moyen pour en mettre à jour le caractère profondément hybride du point de vue générique : il mêle conte et roman d'aventures notamment, pour ensuite trouver, dans ces genres, les ouvrages qui se se prêteraient le mieux à la comparaison.
D'accord, je comprend mieux, on devrait pas plutot parler d'Intertextualité, pour ce que tu essais de définir…

Tu as fait un peu le tour des théoriciens, sinon ?
En effet, intertextualité. En fait de théoriciens, j'en ai consulté plusieurs, mais j'ignore si ce sont ceux auxquels tu penses : je consulte surtout, depuis la rentrée, les ouvrages qui tentent de définir la littérature comparée, ses outils et objets d'étude, mais aucun ne m'éclaire quant à la légitimité de mon sujet.

Merci de suivre cette discussion, c'est cool !
Cela peut-être mais il faut que tu axes ton travail autour de trois choses :

L'intertextualité : comment des traditions diverses identifiables, d'autres oeuvres importantes, etc… viennent s'inscrire au sein de l'oeuvre que tu étudies pour être transformées. En cela tu étudies, bien autre chose que la littérature uniquement britanique

Une étude générique qui se recoupe un peu avec l'intertextualité mais pas complétement : comment rentre en raisonnance, quelle unité ou disparité trouver à des oeuvres à la frontière des genres, et peut-être essayer de tenter de définir ou redéfinir un autre genre nouveau : en cela aussi, tu dépasses le cadre britannique.

enfin, une étude, pourrait-on dire, génétique combinée à une étude de l'horizon d'attente : c'est à dire comment et pourquoi, en fonction de quel public et pour quel public un tel phénomène littéraire apparait ?

Je pense qu'avec de tels pistes d'analyse, et en prenant pour base ton roman tout en élargissant à d'autres pays et auteurs afin de systématiser les réponses que tu apportes, tu rentres tout à fait dans le cadre de la littérature comparée classique.
Merci beaucoup, tu m'as aidée à éclaircir mes idées (qui s'embrouillaient à un point inimaginable… il existe donc bien ce "complexe du mémoire"…). En fait j'hésitais entre les deux premières options. Je vais creuser tout cela

Encore merci !
Je crois que ces deux approches doivent être complémentaires, et je te conseil vivement de lire Palimsestes de Genette pour toutes les questions que cela peut soulever (NB : ne pas prendre au pied de la lettre les dizaines de concepts qu'il utilise, sauf les 6 premiers… que la critique réutilise de façon récurrente)
Et pourquoi ne pas aller voir du côté des chansons de geste, le cycle d'Arthur ; dans lesquelles on trouve à la fois aventure et, certes pas vraiment du nonsense, mais une intervention du Merveilleux, les fées, les enchanteurs ?
Attention, une étude de réception n'est pas une étude sur l'intertextualité : c'est l'ensmble de la critique qui a accueilli une oeuvre à sa parution
Bonjour,

Après un long silence (mon ancien mot de passe ne me répondait plus et, après en avoir obtenu un nouveau, j'ai passé de longs mois à me lamenter sur son inefficacité - j'avais omis de l'activer au préalable), je reviens vous remercier pour vos conseils : j'ai totalement repensé mon sujet et il fonctionne bien.
Sinon, concernant l'étude de réception, mes professeurs considèrent qu'elle peut concerner n'importe quel type de lecteurs : journalistes, universitaires, auteurs, grand public…