Ça se prépare, le concours général ?
Il n'y a pas de programme il me semble (comme autrefois en français à l'ENS d'Ulm, je ne sais ce qu'il en est aujourd'hui).
On y présente des élèves d'exception. D'ailleurs ce n'est pas l'élève qui choisit, c'est le professeur qui le propose.
Précisément, il n'y a pas de programme, donc on aborde un peu de tout, dans une autre perspective que le bac : c'est dans ce sens que j'évoque une "préparation". Cela peut être utile pour un lycéen un peu paresseux (dans le sens où, n'ayant pas besoin de faire d'effort particulier dans certaines matières, ou toutes, pour le bac, il peut avoir tendance à se reposer sur ses lauriers et croire que cela suffit pour la suite) d'avoir un enseignant qui lui propose de passer une épreuve du Concours général. Cela peut donner une motivation supplémentaire. Enfin, c'était mon cas par rapport à la composition française.
Euh… C'est peut-être idiot, mais c'est quoi le concours général (qui semble plus proche de moi) ? :/
Et Ascagne parlait également du doctorat j'aimerais bien avoir des précisions…
Voir
la présentation du Concours général des lycées sur le site du ministère de l'Éducation nationale. Comme je l'ai dit, ce peut être intéressant pour les lycéens de bon et de très bon niveau. Généralement, un bon conseil selon moi est tout simplement de se cultiver davantage, de se dépasser, de prendre de l'avance, quel que soit son niveau, et d'aller le plus loin possible si l'on a de grandes facilités.
Le doctorat est, dans l'absolu, le diplôme universitaire par excellence, même si en France, étonnamment et assez tristement, il n'est généralement pas autant valorisé et reconnu qu'il devrait l'être. La durée minimale est de trois ans ; dans la plupart des cas, dans les domaines des lettres, langues et sciences humaines, elle est plus longue. Le diplôme s'obtient après la soutenance de la thèse, c'est-à-dire d'un gros mémoire portant sur les recherches faites sur un sujet précis. Dans les disciplines littéraires, pour obtenir la meilleure mention, il faut avoir produit un travail considérable ; la thèse est ensuite rendue publique et peut être publiée, après avoir été remaniée, sous forme de livre, si le jury y consent. Le doctorant est un chercheur en formation : il publie des articles, participe à des séminaires, colloques, journées d'études… Il peut enseigner à l'université, notamment s'il bénéficie d'un contrat doctoral ou d'un poste temporaire (ATER), mais les places sont rares et la concurrence rude ; en fait, la plupart des doctorants travaillent leur thèse à côté de leur emploi (par exemple enseignant du secondaire)…
@Gabiana: Il y a un programme pour Ulm. Et c'est heureux (sauf quand le plagiaire Lamartine est au programme, la génération concernée se reconnaîtra).
@ Hadrien: Juste une petite précision sur l'opinion que j'ai donnée sans plus de détails. Mon objectif n'est pas de créer de polémique (surtout si tu ne connaissais pas ce qu'était ce concours), simplement d'expliquer pourquoi ce jugement de valeur.
Pour moi le concours général est sans intérêt car c'est un exercice purement scolaire, qui ne produit rien et n'apporte rien non plus, à part du baume à l'ego quand on est lauréat. Un exercice de commentaire ou de composition, c'est bien, mais en faire un but en soi me paraît un peu bizarre. On oublie que le but est d'apprendre à lire un texte ou savoir construire un discours cohérent sur un sujet donné. Bref, la compétition pour la compétition, je ne trouve pas ça intéressant. M'est avis que les vrais concours viendront bien assez tôt, et qu'il y a plein d'autres choses chouettes à faire quand on est lycéen.
Pour la thèse, tu pourras trouver tout un tas de trucs intéressants sur
www.theses.fr.
Un exemple de thèse remaniée et à la base d'une publication est l'ouvrage de Fernand Braudel:
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_M%C3%A9diterran%C3%A9e_et_le_monde_m%C3%A9diterran%C3%A9en_%C3%A0_l'%C3%A9poque_de_Philippe_II
C'est un exemple de thèse géniale, et qui a eu des conséquences très importantes dans la conception de l'histoire à la moitié du XXè siècle, avec l'apparition du concept de <<temps long>>.
@mattlev Lorsque j'ai eu l'occasion de lire des copies primées du CG, en composition française et en philosophie, j'ai assez souvent vu, précisément, des devoirs personnels, peut-être scolaires par leur maîtrise, mais pas par leur contenu (alors que comparativement, on peut recevoir les meilleures notes au bac en restant tout à fait scolaire, je crois). On peut tout à fait aborder ce concours comme un moyen de se dépasser, sans penser à la compétition : ce fut mon cas. C'était un objectif qui me motivait précisément pour approfondir mes lectures (j'avais de surcroît une excellente professeure de français/latin/grec qui me donnait des indications et corrigeait des devoirs supplémentaires) : je me suis intéressé à des points, à des textes (d'écrivains comme de critiques) que je n'allais aborder ensuite, dans mon cursus, qu'à partir de la prépa.
Certes, le Concours général n'est pas du tout indispensable pour ce genre de chose !
Mais j'ai l'impression que les néo-étudiants en lettres, lorsqu'ils ont un bon niveau, n'ont souvent pas eu d'aiguillon les poussant à aller plus loin que ce qui est attendu pour le bac. D'où mon conseil général (cette fois-ci !) de bien profiter de ce que les années lycée peuvent proposer comme temps libre pour aller plus loin tout en se faisant plaisir.
Il m'est arrivé de lire des copies de composition française primées au concours général. C'était vraiment étonnant. Généralement moi, je n'avais pas compris le sujet. Alors, pauvre petite agrégée, je trouvais que ces enfants étaient des extraterrestres.
À mattlev
De mon temps pour Ulm , pas de programme en français, ni en philo, seulement en histoire (de la veille de la révolution à la période contemporaine).
Mais il me semble que pour Saint Cloud et Fontenay (Lyon aujourd'hui) il y en avait un ; et de la géographie aussi. Ce qui d'ailleurs m'a été fatal. 😉
De fait pour l'épreuve de français d'Ulm il y a quand même une attente de hors-programme dans les exemples cités, ce qui n'est pas le cas à Lyon.
Gabiana a écrit :C'était vraiment étonnant.
Oui, mais c'est assez logique : on trouve parmi les primés des personnes qui intègrent ensuite "facilement" ou pour mieux dire assez naturellement l'ENS, étant donné leurs profils intellectuels particuliers (en quelques mots, ils sont très forts). Je n'ai pas du tout été étonné de voir que la première admise de ma section d'agrégation était la même personne, normalienne, qui avait obtenu plusieurs premiers prix au Concours général, plusieurs années plus tôt.
Cela étant, vu le thème de ce sujet de discussion, je prend la précaution de rappeler que l'on peut, évidemment, entrer à l'ENS sans être génial ou "extrêmement" doué intellectuellement !
Et bien et bien et bien…
Tout cela m'a l'air très intéressant… 😉
Je me renseignerai davantage sur le Concours général. J'ai par ailleurs obtenu un rendez-vous avec ma professeure de Grec Ancien pour discuter de mon orientation…
Merci beaucoup,
Hadrien.