Subjonctif imparfait ou passé simple ?

Langue française

44 réponses · Page 2 / 3

Ici, il s'agit d'une principale au conditionnel présent (j'aimerais). Selon la règle, on ne devrait pas employer le subjoncif présent, mais c'est usuel.

On emploie le subjoncif présent
- Avec une principale à l'indicatif présent ou futur et l'action de la subordonnée
--- simultanée au fait principal : Je ne crois pas qu'il soit présent. Je réclamerai alors qu'il soit présent.
--- postérieure au fait principal : Il faut qu'il soit présent demain. Je réclamerai qu'il soit présent demain.
Bonjour,

J'aimerais savoir quel temps il faut utiliser dans la phrase suivante:

"[…] je serai pour vous une aussi bonne reine qu'aucun peuple en eut/eût jamais […]".
(L'auteur écrit eut)

Je pense que c'est le subjonctif imparfait eût qui s'impose du fait de la présence de jamais (et aussi… que également?).
Qu'en dites-vous?
Chon a écrit : Je serai pour vous une aussi bonne reine qu'aucun peuple en eût jamais (subjonctif imparfait).
Je serai pour vous une aussi bonne reine qu'aucun peuple en eut jamais (passé simple).
Les deux formules sont possibles, mais diffèrent l'une de l'autre. La nuance est fine, délicate, mais c'est justement là la nature superbe du subjonctif. Expliquons-nous un peu.
La première option (subjonctif) suppute une éventualité, l'idée selon laquelle on envisage cette impossibilité sans pour autant la garantir. C'est fort probable - aucune reine ne saurait être aussi bonne.
La seconde option (passé simple) n'est pas une éventualité, mais plutôt une affirmation. Aucune reine du passé n'eut jamais été aussi bonne.

Le subjonctif n'est pas tributaire de la seule mécanique grammaticale. La sémantique s'impose. Il faut savoir discerner (selon le contexte) la nuance qui l'emportera sur la règle ou le doute. Parfois, il faut même s'imposer ou respecter l'avis contraire. Personnellement, mais sans avoir lu le fameux texte (c'est une faiblesse), je préfère la première option - le subjonctif imparfait. Je suis d'accord avec toi. Objectivement, ce serait vraiment dommage de passer à côté d'une si belle occasion 🙂
"[…] je serai pour vous une aussi bonne reine qu'aucun peuple en eut/eût jamais […]".
Cette phrase me paraît bancale et difficile à comprendre parce qu'elle mêle deux éléments aucun et jamais qui peuvent être pris avec un sens positif ou avec un sens négatif et cela embrouille complètement les choses.
À mon premier avis de lecteur, il manque une négation.
Le sens présumé quand je lis la phrase est : aucun peuple n'eut jamais une aussi bonne reine que moi.
Je m'attendrais donc à lire :
je serai pour vous une aussi bonne reine qu'aucun peuple n'en eut jamais […].
Le passé simple est … parfait. Pas de subjonctif, c'est une constatation.
Cependant, j'ai eu la curiosité de voir d'où vient cette phrase. Il s'agit d'une biographie d'Elizabeth 1ere d'Angleterre et c'est une phrase attribuée à Elizabeth. L'original anglais que j'ai retrouvé est : I will be as good unto ye as ever a Queen was unto her people, littéralement je serai aussi bonne pour vous qu'une reine l'a jamais été pour son peuple, ou encore, selon la traduction de Bernard Cottret, je serai aussi bonne pour vous que reine peut l'être pour son peuple.
On voit que le sens est clair mais n'est pas tout à fait le même que celui de ma première interprétation ; on s'explique mieux que le premier traducteur n'ait pas introduit la négative dans sa phrase, mais celle-ci demeure pataude à cause de la double présence de aucun et de jamais. La seconde traduction est bien meilleure ; fidèle à l'original et immédiatement compréhensible.
C'est juste. Votre argumentation repose sur des règles indiscutables, régissant la négation, etc.
Néanmoins, comme vous le rappeliez tantôt, il ne s'agit pas d'une œuvre contemporaine, et quelque éloquence régalienne parvint encore à embellir (obscurcir) le sujet. J'eusse mieux aimé qu'on ne préférât point l'usage du passé simple. J'imaginai plutôt un conte pour enfants. C'est vraiment difficile de traduire idéalement un texte en langue étrangère. Merci pour ce pertinent complément d'information ++
Cette phrase prononcée par Élisabeth Ire d'Angleterre date du tout début de son règne, a priori le lecteur ne sait donc pas encore si Élisabeth sera effectivement une souveraine d'exception. Je pense que le subjonctif reste préférable.
Mais au moment où elle parle, elle se compare aux reines du passé . Elle se contente de dire qu'elle sera aussi bonne que les autres reines. Le subjonctif n'est nullement nécessaire ni souhaitable : elle se rapporte à un état passé supposé connu. Peu importe si son engagement sera tenu ou non.
C'est magnifique ! Voilà ce qui me plaît tant dans le subjonctif imparfait - cette incroyable capacité à moduler le propos avec rien - un simple accent circonflexe. Les arguments exposés sont infiniment justes, mais les alternatives n'en demeurent pas moins possibles, voire meilleures. Tout est question de nuances et perception propre. Après, il faut encore avoir l'humilité adéquate afin de reconnaître à l'auteur(e) le droit légitime d'imposer sa vision des choses et flux. Merci à tous pour cette captivante conversation ++
dans la phrase suivante :

La maison était assez grande pour accueillir tout le monde, bien qu'Amélie préféra léguer sa chambre à qui la voulait, partageant ainsi celle d'Adeline avec celle-ci et Emmanuelle.

est-ce que j'ai raison de la mettre au passé simple ? ou est-ce du subjonctif ?

devrais je mettre ainsi :

La maison était assez grande pour accueillir tout le monde, bien qu'Amélie préférât léguer sa chambre à qui la voulait, partageant ainsi celle d'Adeline avec celle-ci et Emmanuelle.

j'aurai surement plusieurs phrases de ce type introduites pas "que" et je me demande si à chaque fois c'est forcément suivi par du subjonctif ..
quelle est la règle s'il y en a une pour savoir ?

merci d'avance 😉
La locution conjonctive bien que… est toujours suivie du subjonctif.
Donc : préférât.

Quant à donner une règle valable pour toutes les subordonnées introduites par que... c'est bien difficile. N'hésite pas à proposer ici les phrases qui te posent problème.
merci je vais les proposer parce que j'en ai plusieurs 😉

je mets les phrases que j'ai parce que je ne sais plus quoi faire (je trouve ça moche au subjonctif 🙄 ) :
Pierre sursauta, bien qu'il savait déjà quel était son plan, ainsi que sa manière d'agir.

Devoir tourmenter Michel, bien que ça avait été le seul moyen de le faire revenir à lui-même, n'avait pas dû l'enchanter, en fin de compte.
je dois mettre : Devoir tourmenter Michel, bien que ce soit le seul moyen de le faire revenir à lui-même, n'avait pas dû l'enchanter, en fin de compte. ??

Elle ne sut pas si elles étaient normales ou non… jusqu'à ce qu'elle vit leur peau striée de traits.
merci de m'y faire voir plus clair svp ! 🙂
Bien que est toujours suivi du subjonctif. Donc :

bien qu'il sût déjà… (subjonctif imparfait); mais dans un registre courant, on peut admettre le subjonctif présent : bien qu'il sache déjà…

bien que ça ait été (subjonctif passé).

jusqu'à ce que est suivi du subjonctif quand il exprime une idée de but ou d'incertitude, ce qui n'est pas le cas ici.
jusqu'à ce que est suivi de l'indicatif quand il introduit un fait réellement constaté.
Donc, ici, le passé simple convient : jusqu'à ce qu'elle vit…
merci merci !! mais j'avoue que j'ai vraiment du mal avec cela ! j'ai bien compris sur ces cas vos explications mais j'ai peur de revenir vers vous pour d'autres plus tard 🙂
merci en tout cas ! vous m'avez bien aidée !!

bonjour,

j'ai encore une nouvelle phrase 😉

Ce fut le seul bruit qui attira véritablement l'attention de Nathalia.

ou

Ce fut le seul bruit qui attirât véritablement l'attention de Nathalia.

Merci beaucoup 😉


je suis désolée j'ai encore cette phrase que je ne sais pas si c'est passé simple ou subjonctif merci 😉

L'union de leurs mains fut la seule chose qui parvint à les réchauffer.

ou
L'union de leurs mains fut la seule chose qui parvînt à les réchauffer.
Quand l'antécédent exprime un choix restrictif du genre de "la seule chose", "le seul bruit", le subjonctif est souvent utilisé dans la relative.
Il exprime alors l'ensemble des possibilités, possibilités parmi lesquelles s'opère le choix restrictif exprimé par l'antécédent.
Mais il n'est pas forcément le mode le plus approprié si l'on veut exprimer un simple constat d'une action passée effective, comme c'est le cas ici. Et l'indicatif ici n'a rien d'incorrect.
encore une fois merci beaucoup Jehan 🙂
Bonjour,

un ami m'a demandé de relire son roman. Or, la façon dont sont conjugués les verbes dans une de ses phrases me pose problème :
"Nous ne savons ni où il est né, ni même quand. Nous ignorons qui furent ses parents, ni même si jamais il en eût. Nous ne connaissons ni sa profession, ni s’il en exerçât une de toute sa vie, ni même s’il aimât quelqu’un, ou si quelqu’un l’aimât."

Sauf erreur de ma part, il emploie le subjonctif imparfait à quatre reprises. Or, partout où il utilise le subjonctif imparfait, j'aurais utilisé le passé simple. Étant donné que mon ami est prof de philo et moi prof de maths, il y a une forte probabilité pour que ce soit moi qui soit dans l'erreur, mais j'aimerais que les experts que vous êtes tous puissent m'aider à trancher. 🙂

Vermillon
Effectivement, c'est le passé simple qui convient.
Si les faits sur lesquels on s'interroge dans les interrogatives indirectes concernaient le présent, les verbes seraient à l'indicatif, pas au subjonctif.

Nous ignorons s'il a des parents… Nous ignorons s'il en eut.

De plus, la construction de la fin du texte me semble bancale.
On n'emploie pas d'interrogative indirecte après "ne pas connaître"…
Seulement après "ne pas savoir" :

Nous ne connaissons pas sa profession, d'accord…
Mais Nous ne connaissons pas s'il aima quelqu'un, c'est douteux !
On écrit correctement en revanche : Nous ne savons pas s'il aima quelqu'un.

Il aurait donc fallu : Nous ne savons pas quelle était sa profession, (…) ni s'il aima quelqu'un.
C'est parfaitement clair, merci !
Et merci également d'avoir précédé ce qui allait être ma seconde question, sentant bien que les propositions suivantes ne collaient pas avec le verbe "connaître".
Bonjour,
j'ai quelques interrogations et celles-ci concernent le subjonctif imparfait.


Ces phrases sont-elles correctes pour vous :

- Elle le regardait dépérir, sans qu'elle pût faire quoi que ce fût.

- Elle s'en irait s'ils ne lui laissaient guère d'autre choix. Mais elle ne pouvait s'empêcher de songer à sa famille qui ne comprendrait pas pourquoi elle ne respectât pas la tradition.

Je lis pour l'emploi du subjonctif imparfait : "Pour que le verbe de la subordonnée soit à l'imparfait du subjonctif, il faut que le verbe de la principale soit au passé, au conditionnel ou à l'imparfait. "

alors je m'intérroge sur ces deux phrases. :/

merci d'avance.
Faut-il encore que la construction exige le subjonctif. Alors oui pour la première, mais non pour la seconde. Un imparfait ou un plus-que parfait de l'indicatif suffisent :
.. elle ne pouvait s'empêcher de songer à sa famille qui ne comprendrait pas pourquoi elle ne {respectait / n'avait pas respecté} pas la tradition.