Subjonctif imparfait ou passé simple ?

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour tout le monde

"Au bout de quelques tours, content de lui, votre serviteur s’aventure jusqu’à vouloir s’inscrire en troisième dans un virage court où la seconde lui avait assez bien réussi jusque-là. Que croyez-vous qu’il arrivât ? "

Etes-vous d'accord avec le subjonctif imparfait de "arriver" ?
merci d'avance
Adele
Bonjour, Adèle.

Il ne faut pas employer ici le subjonctif imparfait, mais le passé simple, puisqu'on évoque un évènement qui est effectivement arrivé. Il convient donc d'écrire : " Que croyez-vous qu'il arriva ? "
Merci. C'est bien ce qui m'a été répondu au boulot !! je suis nulle !
Merci encore
Adele
C'est, je crois, Voltaire qui a écrit :
« L'autre jour au fond d'un vallon
Un serpent piqua Fréron ;
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva. »
C'est bien une célèbre épigramme de Voltaire.
J'ai failli faire la même citation à Adèle.
En voici le texte exact :
"L'autre jour au fond d'un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron ;
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva."
Bonsoir,

Me permettrez-vous de profiter de cette discussion pour demander quel est le bon usage actuel (dans la langue écrite tout au moins) en ce qui concerne l'emploi de l'imparfait du subjonctif après un conditionnel présent ? La concordance avec l'imparfait du subjonctif est quasiment constante aux dix-septième et dix-huitième siècles. De nos jours elle semble beaucoup plus rare.

Merci à l'avance.

Zorah
Concordance - lien de fiche sur ce site.

J'avais appris
imparfait ind => impafait subj (ou plus-que-parfait subj où il se trouva une verbe + participe passé)
passé simple indic => imparfait subj
conditionnel ind => imparfait subj
plus-que-parfait ind => imparfait subj.

Avec toutefois la tendance dans l'expression moderne à éviter l'imparfait du subj qui cède sa place au prés subj et parfait subj.

Il voulait que nous partions est préférable à il voulait que nous partissions.
Oui, préférable. En tout cas nettement plus usuel, c'est vrai. Disons que ça surprend moins et que c'est souvent plus euphonique. Et comme la compréhension n'en pâtit pas…
Merci JSC et Jehan.
Le bon sens conseille de ne pas choquer le lecteur. On emploiera donc très souvent le présent du subjonctif, c'est la tendance actuelle de la langue et le lecteur l'attend. Mais parfois c'est au contraire le présent qui choquerait, alors que l'imparfait semble aller de soi. Je pense notamment aux dictons et proverbes, mais pas seulement.

"Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît"… Qu'il te fasse me surprend un peu l'oreille… Mais c'est peut-être tout à fait personnel.
Bonsoir, Zorah.

Oui, c'est vrai que dans ce cas précis l'on peut considérer l'imparfait "fît"
plus euphonique que le présent "fasse".
En toute rigueur, on attendrait pourtant ici le présent du subjonctif,
étant donné que "voudrais" est au conditionnel présent.
Tandis que l'imparfait serait plus logique avec "ce que tu n'aurais pas voulu qu'il te fît",
puisque "aurais voulu" est au conditionnel passé.

Cela dit, même dans les dictons et proverbes, il me semble qu'on trouve assez rarement l'imparfait du subjonctif. D'autres exemples vous viennent-ils à l'esprit ?
Dans l'un des liens de JSC je trouve :
Dans la langue classique, une proposition principale au conditionnel présent demandait une subordonnée à l'imparfait ou au plus-que-parfait du subjonctif, selon l'aspect :
(Aucun autre commentaire, j'attendais "Mais actuellement…" qui ne vient pas).

Il me semble pourtant que dans cet exemple précis l'oreille s'accomoderait mieux du présent du subjonctif.

Dans cet autre exemple (personnel), même conclusion :

Je voudrais que ma plante refleurisse
. Refleurisse semble meilleur, je pense, que refleurît qui est pourtant la forme grammaticalement correcte.

Mais qu'appelle-t-on exactement aspect ici ?
Bonjour Zorah,

c'est une classique question de concordance des temps :

* Je sens que [présent de l'indicatif] je serais [présent du conditionnel] ravie [attribut] que vous me parliez [présent du subjonctif] longtemps de vous => pour quelle raison faudrait-il mettre un subjonctif passé (imparfait ou pl-q-parfait) ?

Nota : la phrase peut s'entendre aussi au futur de l'indicatif => Je sens que [présent de l'indicatif] je serai [futur de l'indicatif] ravie [attribut] que vous me parliez [présent du subjonctif] longtemps de vous. La nuance de sens est que la seconde phrase introduit une certitude (je serai) alors que la première une simple hypothèse (je serais).
D'ailleurs je pense que le sens de ce genre de phrase demande plutôt le futur => Vous me ferez plaisir en parlant de vous.

La règle est exactement la même pour ton second exemple : Je voudrais [conditionnel présent = souhait] que ma plante refleurisse [subjonctif présent]. => nul besoin de mettre ici la subordonnée au passé.

Évidemment on dira au passé : J'aurais voulu [condit. passé] que ma plante refleurît [subj. imparfait].
pierrot11 a écrit :* Je sens que [présent de l'indicatif] je serais [présent du conditionnel] ravie [attribut] que vous me parliez [présent du subjonctif] longtemps de vous => pour quelle raison faudrait-il mettre un subjonctif passé (imparfait ou pl-q-parfait) ?
Je suis bien d'accord, mais c'est ce qui est dit ici.

Vous me répondez en fonction de l'usage actuel, et je vous en remercie. C'était l'objet de ma question : le bon usage actuel.

Zorah
Bonjour, Zorah.

Rassurez-vous, le bon usage actuel ne considérera pas comme une faute
le non-usage de l'imparfait du subjonctif dans les cas évoqués.

Certes, Trenet a écrit tout a fait correctement :
"Franc' dimanche de province
En dépit d'mon air moqueur
Il fallait que tu devinsses
La chanson de mon cœur"
Ainsi que Brassens :
"Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât,
Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre, on y serait déjà…"
Mais cela aurait été tout aussi correct s'ils avaient écrit deviennes et s'arrange… Inconvénient tout de même : nous aurions été privés de deux bien belles rimes !
Bonjour
Excusez-moi d'intervenir tardivement dans cette discussion.
J'ai parcouru un certain nombre d'ouvrages écrits avant la Révolution française, et il m'a semblé que les auteurs classiques utilisaient très rarement le subjonctif présent ou le subjonctif passé composé dans une subordonnée dépendant d'une proposition principale au plus-que-parfait ou au passé antérieur. La seule phrase apparentée que j'aie trouvée est la suivante, dans les mémoires de Louis-Philippe (édition Plon, 1974, page 65 du tome 2):
"Je me serais plutôt attendu à ce que, si le ministre trompé par de faux rapports, avait ordonné la retraite de l'armée, M. le maréchal eût appelé en Conseil de guerre tous les officiers généraux, afin qu'ils PUISSENT ajouter leurs remontrances à celles qu'il eût été de son devoir de faire contre un tel ordre".
Je me suis demandé s'il n'y aurait pas là une faute d'impression, et s'il ne vaudrait pas mieux lire "PUSSENT".
Qu'en pensez-vous, et avez-vous des exemples contredisant mon impression initiale?
Pour de plus amples informations, je vous renvoie à mon fichier : Grammaire et orthographe.

Merci de vos éclaircissements
Bonjour Michel,

Très intéressant ! Effectivement c'est surprenant. Louis-Philippe n'a rien d'un écrivain (au contraire de Napoléon et de Louis XIV) mais il s'exprimait selon l'usage du XVIIIè siècle, qui exigeait scrupuleusement la concordance des temps telle qu'elle état comprise à l'époque : le subjonctif imparfait était nécessaire dans tous ls cas après un verbe principal au conditionnel passé (et même présent, soit dit en passant). On se gaussait de sa prononciation à l'ancienne : françoès, disoèt, roè, pour français, disait, roi. Je suis le roè des Françoès. C'était un personnage d'avant la Révolution.

Maintenant, d'autres considérations peuvent devoir être prises en compte. S'il faut lire pussent au lieu de puissent, je suis incapable d'en décider. Par exemple, la bienséance n'exigeait-elle pas le bannissement d'un mot malsonnant ? J'imagine le sourire sur les lèvres du secrétaire à qui le roi dictait ses Mémoires…

Le manuscrit en est-il perdu ?
Bonjour Zorah
Le manuscrit des mémoires de Louis-Philippe a été confié aux Archives de France par le défunt comte de Paris.
Je trouve que Louis-Philippe est un bon écrivain et un grand historien. Son analyse de la Révolution française me semble pénétrante.
Ceci dit, je n'exclus nullement qu'il y ait ici une faute d'impression.
Après un conditionnel, les classiques ne mettaient pas toujours un subjonctif imparfait ou plus-que-parfait dans la subordonnée. Vous vous en convaincrez en vous reportant au fichier que vous trouverez en tapant "Contribution grammaire et orthographe" sur le moteur de recherche du forum, et en vous reportant aux paragraphes intitulés "subjonctif présent" et "subjonctif passé composé".
Cordialement et respectueusement.
La phrase suivante est-elle correcte ?

"Personne ne porte plus d'uniforme aujourd'hui, mais j'aimerais que l'uniforme scolaire devînt la norme."

Pourquoi le subjonctif imparfait au lieu du subjonctif présent ?

Merci d'avance !
Oui, cette phrase est correcte : avec une prinipale au conditionnel présent, l'imparfait du subjonctif est utilisé pour exprimer la simulanéité avec la principale.
Mais dans la langue courante, on répugne à employer l'imparfait du subjonctif, on utilise souvent le présent.
Merci de votre réponse.
Je croyais qu'on n'utilisait le subjonctif imparfait seulement dans le cas d'une principale au passé.
Je ne comprends pas bien cette règle de simultanéité… Comment peut-on savoir dans quels cas employer le subjonctif présent ?
Merci…