Balzac, sens de la dernière phrase de Rastignac ("À nous deux maintenant !")

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour j'aurai une question a propo de balzac…
je ne comprend pas le sens de la dernière phrase de Restignac…
pourriez-vous m'aider avant demain …
merci d'avance
Bonsoir,

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Dans quelle situation prononce-t-on en général cette phrase ?
A qui le héros l'adresse-t-il (où se trouve-t-il ?) ?
De quoi est le symbole cette "entité" à laquelle il s'adresse ?

Allez ! c'est plus facile que ce que tu penses !
Relis en parallèle l'incipit (le début du roman) : que fait Rastignac dans ce roman d'initiation ? A l'assaut de quoi monte-t-il ?

Bonjour,Je ne comprend pas très bien le sens de cette phrase.Est-ce une vengeance de la part de Rastignac envers le monde de Paris, ou sa propre décision pour n’obéir qu’a lui même et faire sa fortune ?Merci😁

Bonjour,La cinglante scène des funérailles au Père Lachaise suivie de la méditation, puis de la brutale et inattendue décision, constitue, dans son rythme ternaire au surplus décroissant, la véritable signature réaliste du roman à la manière d’un Flaubert. Reprenons les éléments marquants de ce final. D’abord nous sommes dans une tonalité romantique. La scène de l’inhumation est grise à souhait : « Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs… » Le pourboire à donner aux fossoyeurs introduit bien une première note de trivialité, corrigée quand même par cet « accès d’horrible tristesse » qu’il provoque chez Eugène. Lui succède un geste de piété filiale en accord avec la mélancolie de l’instant, geste dont les qualifications pompeuses signent quand même la critique des excès romantiques : « il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d’un cœur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. » La sincérité de Rastignac ne peut être suspectée, mais elle est affaiblie par l’enflure d’autant plus qu’elle est suivie d’une pose à la Chateaubriand méditant sur le cours de l’Histoire et sa destinée personnelle : « Il se croisa les bras, contempla les nuages… » À ce moment, Eugène fait le deuil de ses illusions, il expurge ses principes aristocratiques. Il renonce à la voie sans issue de la paternité pathétique et grandiose selon Goriot. Ses regards sont attirés avidement vers ce « Paris tortueusement couché » lové le long des méandres de la Seine, mais aussi avili dans son goût effréné du luxe. Voilà que ressurgit en force l’héritage du père Vautrin : l’avenir appartient aux forts sans scrupule et sans illusion. Cette conversion secrète s’exprime par le fameux « À nous deux maintenant ! » encore entaché de l’emphase romantique, mais bien vite corrigé par le réalisme de Vautrin dans cette décision terre-à-terre : « Et, pour premier acte de défi qu’il portait à la société, Rastignac alla dîner chez Mme de Nucingen ». Balzac, avec une ironie acide, fait naître contre toute attente un jeune homme à l’ambition réaliste et cyniquement lucide. https://www.etudes-litteraires.com/balzac/De vengeance, point, mais une prise de conscience froide et impitoyable.