A propos de "marcherant", JSC a écrit à Tyagin :
Pourquoi l'aimes-tu ? Les envies, plaisirs et douleurs vont-ils gouverner l'évolution d'un français correct ?
Cela dit, les réformes successives qui ont eu lieu au cours des siècles, la plupart du temps, n'ont fait que courir après le bon plaisir des usagers…
"Puisque ces changements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs." pourraient dirent les législateurs officiels en paraphrasant Cocteau.
Des statisques valides constatant que 80% de notre lexique est d'origine latine, JSC déduit :
Ça veut dire qu'un mot sur cinq (c'est considérable) ne l'est pas.
On ne peut pas dire que 20% de mots d'origine non latine, c'est considérable. A moins évidemment de considérer que 20%, c'est beaucoup plus que 80%… Disons simplement que ces 20%, que nul ici ne conteste, ne sont pas négligeables. Et il n'a jamais été question de les négliger.
A propos de l'évolution unionem →
oignon.
En fait,
u- a évolué normalement en
o- et non en
oi-. Le i fait partie de l'ancienne graphie en 3 lettres
ign du son noté actuellement gn en 2 lettres seulement.
Montaigne se prononçait
Montagne. Et o
ignon, qui est le seul mot à avoir conservé la graphie en 3 lettres du son, se prononce toujours
ognon, comme la réforme permet maintenant de l'écrire.
A propos de l'étymologie "encore plus tordue" (JSC dixit) de
oiseau.
Il convient de relire plus attentivement le Robert historique. Les formes pleines du latin
avis qu'il cite ne sont pas toutes des ancêtres directes. Deux types de diminutifs : Ceux en -cula, -culus, et les variantes en -cella, -cellus. Seule la variante en -cellus a été ici productive, de façon pas du tout tordue : aucellus → aucel→ oisel → oiseau. Les formes en-culus, -cula n'auraient pu donner une telle finale. Soliculus → soleil, apicula → abeille.
A propos de la fameuse
biroute.
Si j'en crois l'excellent Dictionnaire Hachette du français non conventionnel, le mot est attesté en 1830 en dialecte picard avec le sens initial de "verge d'animal". L'origine est incertaine, mais on note dans d'autres dialectes des termes ressemblants qui désignent tout à la fois une tarière et un pénis :
biro (Gers),
birou (Languedoc, Limousin),
biroufle (Mayenne),
biroune (Berry). Tous termes peut-être apparentés au latin populaire
°virare (→ virer).
Au sujet du participe futur, Portia a écrit :
Je ne vois pas pourquoi on devrait piocher des règles dans d'autres langues, et faire des règles imaginaires sous prétexte qu'il manque quelque chose. Une langue est une construction au fil du temps, une évolution mais pas un étalage de supermarché.
Première remarque : ce participe n'est pas une nouvelle règle, c'est simplement une formation par suffixation de mots nouveaux équivalant à diverses locutions et périphrases. D'ailleurs, pas question de l'imposer à qui que ce soit. Deuxième remarque : quand Ronsard s'est efforcé d'enrichir la langue française par des emprunts et des créations de néologismes, je ne pense pas qu'il soit allé se servir au supermarché. Et puis, si l'on n'a même plus le droit de faire un peu joujou avec le sacro-saint langage, ça devient
abracadabrantesque, comme écrivait Arthur. (Pas celui du forum, celui de Charleville…)