Vos plus beaux moments de lecture

Littérature

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Les plus allègres écrits que j'ai pu lire sont tous comprit dans une seule oeuvre: Les chants de maldoror

Après, il y a Germinal, Anna Karénine, Du côté de chez Swann, Les fleurs du mal, La maison Nucingen… Mais, rien n'égale les chants de Maldoror selon moi.
Pour ma part, incontestablement, ce sera Le Maître et Marguerite de Boulgakov ("Y pensez-vous, reine? grinça le chat. Est-ce que je me permettrais de verser de la vodka à une dame? C'est de l'alcool pur!")
J'admire aussi Dostoïevski et tous ses chefs-d'oeuvre (Crime et châtiment surtout, les Frères Karamazov, l'Idiot, le Joueur un peu moins et lVétchny mouj qui est pourtant peu connu), Pouchkine et son Eugène Onéguine, Gogol et ses nouvelles…

Il y a ce petit rien de l'âme russe, cette capacité inouïe à retranscrire tout aussi bien la violence la plus sauvage que la pesanteur dans la grâce qui m'aura toujours émerveillée. Je préfèrerai toujours une Anna Karénine à une Emma Bovary, un Eugène Onéguine à un Julien Sorel… Il y a chez eux comme une candeur toute violente, que je n'arrive pas à m'expliquer.
Peut-être suis-je aussi légèrement influencée par le fait que mes parents ont fait leurs études en Russie.

"A la dialectique s'était substituée la vie, et quelque chose de tout différent devait s'élaborer dans sa conscience." (Crime et Châtiment)
Cher Metropolis ( dont le pseudonyme a un nom identique a mon film préféré 😉 )

Je suis également un fanatique de Dostoïevski, notamment de la conception du mal qui se dégage des frères Karamazov, tout comme j'adore Crime et châtiment. Mais n'êtes vous pas d'accord que L'éternel mari était tout simplement cousu de fil blanc ? Et n'êtes vous pas lassé de l'ostentation à le croyance que dégage Dostoïevski dans ses écrits ?

Je vous dit cela car ce sont les deux seuls reproches que je ferais à Dostoïevski
Non, c'est certain, moi-même étant philosophiquement agnostique et en pratique athée, le souci de la rédemption et de l'exaltation dans la foi pèse lourd à mes yeux sur son oeuvre (surtout dans Crime et Châtiment et les Frères Karamazov où la foi entre considérablement dans les mobiles de ses personnages).
Cependant, je trouve que cela n'enlève rien au formidable talent de Dostoïevski à faire de la psychologie. (Je vous encourage d'ailleurs vivement à lire la Deuxième dissertation dela Généalogie de la morale de Nietzsche, au chapitre 15 (https://fr.wikisource.org/wiki/La_G%C3%A9n%C3%A9alogie_de_la_morale), qui, à mon avis, donne une dimension purgée de la crainte divine à la construction psychologique de Raskolnikov).

Finalement, je préfère encore Dostoïevski taraudé par l'angoisse chrétienne qu'athée convaincu - j'apprécie en réalité le vernis mystique qui pare son oeuvre et contribue à la rendre si "puissamment imaginaire".
Mais n'êtes vous pas d'accord que L'éternel mari était tout simplement cousu de fil blanc ?
Autant qu'une oeuvre de Voltaire 😜.
( dont le pseudonyme a un nom identique a mon film préféré )
En effet, mon pseudonyme provient d'un film de Fritz Lang qui avait photographiquement impressionné mon enfance. 😉
Mes romans préférés ..
" Au bonheur des Dames " de Zola , ainsi que bien d'autres du cycle des Rougon macquart 😉

Les trois Mousquetaires , de Dumas ( toute la trilogie , qui comprend également " Vingt ans après " et " le Vicomte de bragelonne ) . En fait , je ne sais pas pourquoi je vous cite cete trilogie en particulier , j'ai adoré tout ce que j'ai lu de Dumas : le Comte de Monte-Christo , La dame de Monsoreau , etc !
Un livre que j'ai lu plus jeune et que je relis souvent pour mon plaisir, L'enfant qui savait tuer de M. Wyman et sinon C'est comment l'Amérique de Franck McCourt que je peux relire également sans me lasser…
Mes plus belles lectures de ces 10 dernières années, qui m'ont marquée autant que Proust, Flaubert, Stendhal, Perec, Yourcenar, Montaigne, etc. (que j'ai lus à l'adolescence et dont la découverte demeure difficilement égalable car fondatrice) :

Water music de T.C. Boyle que je conseille absolument. Je l'ai souvent conseillé, et tous les lecteurs ont été enthousiastes.
Dalva de Jim Harrison et l'ensemble d'ailleurs de son oeuvre
Le comte de Monte-Cristo que j'ai découvert étrangement assez tard et dont la lecture demeure un des plus beaux et essentiels moments de ma vie (d'ailleurs, mon plus jeune fils s'appelle Edmond…)
La Montagne magique de Mann
astrance a écrit :La Montagne magique de Mann
Bien d'accord, c'est un livre magnifique 😉
J'ai récemment été violemment atteint par un livre unique. Son auteur est en effet le premier auteur de littérature fantastique moderne (de tous ceux que j'aie lus, en tout cas) à mêler un univers imaginaire à une littérature d'une extraordinaire qualité, en plus de raconter une histoire très bien construite et très emballante. Il s'appelle Alain Damasio, et a écrit La Horde Du Contrevent comme on compose une œuvre : il y a le rythme latent de l'écriture, les jeux de sonorités et de tempo, il y a les différents mouvements, qui construisent le récit, il y a les différents instruments (23 personnages à la première personne, dont 8 sont magnifiquement différenciés, non par le timbre, mais par l'expression et le style)), et il y a le trame de fond, profonde et sourde.
Plus qu'un moment de lecture, c'est un bijou à ressasser sans cesse.
Les Hauts de Hurlevent, même si c'est hors-sujet dans cette partie du forum.
J'ai pleuré (si, si) en lisant le splendide monologue de Lorenzo dans Lorenzaccio de Musset. Mon dieu, des frissons tout partout …
J'ai également adoré Du côté de chez Swann, notamment quand Proust décrit la manière dont les défauts d'Odette rendent Swann encore plus épris d'elle.
Et Crime et châtiment, et Le Joueur, et toutes les oeuvres de Dostoïevski.
Ainsi que La bête humaine de Zola.
Et le poème L'isolement de Lamartine "si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !" non seulement pour la beauté du poème, mais également à cause de la personne qui le lisait. M'enfin, là on touche au 3615mylife …
Et … "Malika" de Valérie Valère.
Voilà, il y en a beaucoup d'autres, mais je me maîtrise
Juno a écrit :J'ai pleuré (si, si) en lisant le splendide monologue de Lorenzo dans Lorenzaccio de Musset. Mon dieu, des frissons tout partout …
Je te comprends, ce passage m'a aussi particulièrement émue, surtout lorsque je suis allée le voir en représentation!
Wahou, la chance … J'adorerais assister à une représentation de cette pièce.
J'ai eu la chance de tomber sur ce monologue à l'oral du bac de français =D En le lisant, c'était purement jouissif. Et mes difficultés à m'exprimer à l'oral ont été presque entièrement effacées par le plaisir que j'ai eu à en parler. Bref, j'aurais jamais cru avoir 18 dans ma vie en parlant à un examinateur, et pourtant …

Sinon, j'aime bien les monologues d'Antigone de Jean Anouillh, découverte en 3ème et souvent relue depuis. Et les tirades de Racine, notamment Phèdre, et Bérénice "que le jour recommence et que le jour finisse sans que jamais titus puisse voir bérénice", "ah, seigneur, songez vous en vous même, combien ce mot cruel est affreux quand on aime". Et le Spleen de Baudelaire "Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir."
son avis au lecteur "hypocrite lecteur, mon ami, mon frère"
Oui, j'adore Baudelaire.
Et de nombreux vers de Hugo
"Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S'il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s'il n'en reste qu'un, je serais celui-là !" Ultima verba
Demain, dès l'aube me tire toujours la larmichette, surtout lu à voix haute. Et Le Poulpe d'Appollinaire "ce monstre inhumain c'est moi même".

Je m'arrête là, parce que je pourrais passer toute la nuit que je n'aurais pas fini d'en parler
Je trouve ce Spleen de Baudelaire en effet magnifique, et le dernier quatrain d'une intensité rare; j'ai d'ailleurs eu la chance de l'étudier de plus près cette année pour le bac (ainsi que le monologue de Lorenzo d'ailleurs!). En général, je ne compte pas vraiment la poésie parmi mes "plus beaux moments de lecture", mais il s'avère que l'analyse des poèmes de Baudelaire m'a relativement fait changer d'avis. Et je ne peux que renchérir aux sujets des vers de Racine (enfin pour Phèdre, je n'ai pas encore lu Bérénice) : "Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; /Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ; / Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;/ Je sentis tout mon corps et transir et brûler ;" tout semble être parfaitement "dosé", et si justement exprimé! Bref, c'est sans nul doute ma pièce préférée. 😉
Demain, dès l'aube me tire toujours la larmichette, surtout lu à voix haute.
Oui, Demain dès l'aube est magnifique. Pour moi c'est toute la richesse du cœur concentrée en mots humbles; c'est simple sans être pauvre, comme si, à chaque lecture, le mot le plus anodin (mais il n'y a pas de mot anodin dans un poème réduit à son plus sobre appareil) devenait une chose, un sentiment, un esprit. C'est un beau recueil je trouve.

Les Hauts de Hurle-Vent constitue aussi pour moi un grand moment de lecture, et j'ajoute à cela des livres anglais lus récemment, comme Le Moulin sur la Floss (G.Eliot) ou Les grandes espérances (Dickens) et même, dans une mesure un peu moindre, Jude l'obscur (T.Hardy). J'ai de l'attachement également pour Le Vent dans les saules, un conte pour enfant de K.Grahame, autre très bon livre britannique.
Pour Racine, je préfère de loin Andromaque, que j'ai lu six fois sans me lasser. Par contre, je ne trouve pas chez Baudelaire cet aspect tant fascinant que décrit tout le monde; il est fascinant à la première lecture, mais après… En poésie, mon préféré est Nerval et son "Desdichado", à propos duquel je pourrais dire : "Il est un poème pour qui je donnerais/ Tout Hugo, tout Musset et tout Baudelaire…"

En prose, Bouvard et Pécuchet, Sylvie, Les Nuits d'octobre, Proust, Zweig, McCarthy…
La Métamorphose de Kafka.
Les fleurs du mal de Baudelaire.
Mariage entre le ciel et l'enfer de William Blake.
Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche.

des moments vraiments uniques!
Je dois dire que la fin du premier acte d'En attendant Godot m'a arraché un frisson.

Le garçon qui repart en courant, la nuit qui tombe d'un coup… Ouah !
Sarrazine de Balzac m'a hanté pendant une semaine complète après l'avoir lu (il y a longtemps…). Les Souffrances du jeune Werther est l'un de mes plus intenses moments de lecture. Et puis la Confession d'un enfant du siècle de Musset, un moment divin. Au théâtre, Bérénice et Lorenzaccio. Par ailleurs, Le bateau ivre de Rimbaud me donne envie de planer.
Du côté de chez Swann de Proust qui m'a vraiment hantée à moitié pendant que je le lisais. Les tribulations d'âme de Swann, je les partageais, je les aimais et je me disais que quand l'aventure de Swann et d'Odette s'arreterai, de mon côté ce serait à l'identique. En fait, j'avais l'impression de lire le miroir de ma vie, parfois, c'était assez intriguant et plaisant.
Sinon, dernièrement, un réel plaisir de boire les vers d'Andromaque de Racine mais aussi de L'Ecole des femmes de Molière.
C'est vieux et je n'avais peut être pas le même regard sur ce qui m'entourait, mais il y a eu Des souris et des hommes de Steinbeck. Je me rappelle être tombé dessus par inadvertance un soir chez les grands parents et il m'a marqué un bon moment.
Ensuite Pierre et jean de Maupassant, la fougue d'un personne qui se sent lésée dans un décors maritime, qui découvrira pourquoi son frère a reçu l'héritage (d'un notaire?) et pas lui. C'est bizarre, je l'ai lu en seconde et je l'ai relu avec un plaisir encore plus grand quelques années après.
Rho plein d'autre auteurs encore,