Vos plus beaux moments de lecture
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Moi l'oeuvre que j'ai le plus aimé c'est "l'enfant bois" d'Audrey Pulvar. Cette manière de mettre en scène la violence et la souffrance qu'endurent 5 générations de femmes de la même famille est remarquable, pas trop de blabla, on est pa trop porté sur une écriture recherchée mais plutôt sur une histoire profonde et touchante.
La première fois que j'ai appris l'existence de ce livre, on m'a lu à haute voix un des passages avec cette jeune fille qui se faisait violer, déchirer le corps par une flopée de marins, et j'ai entendu les sanglots remonter dans la gorge de cette lectrice. J'ai lu cette oeuvre et j'ai été renversée. Le langage est cru, je ne cacherais pas que l'on parle beaucoup de sexe…
On ne ferme pas ce livre sans ressortir boulversé.
Je n'ai pas le livre en main et je ne peux vous faire part de certains passages captivants maintenant, mais vous n'hésitez pas à citer des passages que vous avez adoré.
En vrac, Montaigne bien sûr, et les Anciens, surtout Plutarque… Et aussi quelques vers de Chénier et de Lamartine… 🙂
wAW! ce genre de littérature est assez ancien, Montaigne, Horace… et en littérature contemporaine, ou du XIX ème siècle. n'hésitez pas à nous laisser des extraits.
Bonjour.
J'ai toujours un petit frisson devant la grande ellipse de plusieurs années dans L'Education sentimentale ("Il voyagea").
PS Dis, Didinette (pardon, c'est facile), qu'est-ce que tu as contre les textes anciens ? Les modernes ne sont pas meilleurs pour être plus récents 🙂
Dans mes plus beaux moments de lecture, il y a…
…une après-midi pluvieuse avec Le Rouge et le Noir de Stendhal,
…Un amour de Swann, de Proust,
…Anna Karénine, de Tolstoï,
…Le Guépard, de Tomasi di Lampedusa,
…Les Lettres Persanes, de Montesquieu,
…Alcools, d'Apollinaire,
…Les Chimères, de Nerval,
...L'Ecume des jours, de Vian,
…L'élégance du hérisson, de M. Barbery,
…Le Petit Prince, de St-Exupéry,
…La vie immédiate, de Eluard,
…Belle du Seigneur, de Cohen,
…et tant d'autres auxquels je ne pense pas à présent !
Difficile de faire une telle liste qui ne corresponde pas à celle de nos livres préférés :
L'idiot de Dostoïevski, qui m'a fait passer plusieurs nuits blanches
Le Temps retrouvé de Proust, terminé cet été dans un motel miteux en Alabama (inoubliable 😀)
Absalon! Absalon! et Le Bruit et la fureur de Faulkner
Les Faux-monnayeurs de Gide
Ma première lecture de Du côté de chez Swann de Proust, quatre ans avant de lire la Recherche en entier (il m'a fallu du temps pour oser y revenir…)
La Montagne magique de Thomas Mann
Les Confessions de Saint-Augustin
Le Gai savoir de Nietzsche
Les souffrances du jeune Werther de Goethe, peut-être pas mon oeuvre préférée de l'auteur, mais il a beaucoup compté à une certaine période de ma (courte) vie
Mrs Dalloway de Virginia Woolf
Oedipe-Roi, Antigone de Sophocle
Macbeth, Hamlet de Shakespeare
… et beaucoup d'autres…
Mais comment fait-on pour apprecier "lebruit et la fureur" de Faulkner, je peux comprendre pour certaines oeuvre mais laà pas du tout, alors je voudrais bien que vous me disiez ce que j'ai raté .
chris_ves a écrit :Bonjour.
J'ai toujours un petit frisson devant la grande ellipse de plusieurs années dans L'Education sentimentale ("Il voyagea").
PS Dis, Didinette (pardon, c'est facile), qu'est-ce que tu as contre les textes anciens ? Les modernes ne sont pas meilleurs pour être plus récents 🙂
Je n'ai rien contre eux au contraire.
Un beau moment de lecture…
Pas forcément envie de parler de mes livres préférés (aussi, bien sûr), mais de ceux que j'ai lus dans des moments particuliers…
Les Liaisons dangereuses, au Cap d'Agde, entre deux cuites 😉
Illuminations, de Rimbaud, à la sortie de l'adolescence, en plein doutes.
Partage de Midi, relu cet été, dans le TGV qui m'emmenait au Festival d'Avignon.
Le Soulier de Satin, de Claudel aussi, découvert par hasard en Terminale (il était au programme…).
Phèdre de Racine : " J'aime ! Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, innocente à mes yeux je m'accuse moi-même…"
et Phèdre de Sénèque, j'ai eu la chance d'en jouer une partie en latin l'année dernière. Sublime.
"C'est bien Thésée que tu aimes ?
Hippolyte, oui. C'est bien le visage de Thésée que j'aime."
(Hippolyte, sic est.)
Brrr. J'en ai des frissons partout.
Merci de m'avoir fait revivre ces beaux moments didinette, et d'avoir lancé le sujet pour profiter de ceux des autres !
Les Illuminations est vraiment ce que je lis sans jamais me lasser : toujours, pour moi, un exceptionnel moment de lecture.
Récemment ça a été les premières pages de Guignol's Band, les premières pages d'un style à en pleurer, à en crier.
Je suis aussi ravi des propos que je lis sur cette ligne que je suis déçu de ceux qui se rapportent aux livres "à lire", sur d'autres lignes. C'est bon et généreux d'indiquer aux autres ses bons moments de lecture.
Ce sont des moments où la lecture est réconfortante, et pour cela, encore plus agréable que d'habitude, livres relus, plutôt que livres lus.
Alors, je dirai Montaigne d'abord, et encore Montaigne, et toujours Montaigne.
Mais aussi Baudelaire, et pas seulement la poésie Quand j'étais dans des situations réellement difficiles à vivre (à Johannesburg au temps de l'apartheid), je trouvais beaucoup de réconfort à relire "La folle de Chaillot" de Giraudoux.
Au delà, à part quelques (rares) exceptions, je partage l'avis des intervenants, et en suis très heureux, car cela indique un fond, un vrai fond de références profondes communes.
Il est bien vrai que les livres auxquels nous nous attachons sont ceux qui sont liés à certaines circonstances, parfois douloureuses de notre vie. Personnellement je me souviendrai toujours de cette lecture du Rouge et le Noir, que j'ai dévoré en Terminale alors que je vivais un chagrin d'amour. Il m'a permis de mieux cicatriser… (ah, ces retrouvailles passionnées entre Mme de Rênal et Julien après son retour du séminaire…).
Je me souviens aussi d'un mois de juillet, passé seul dans une maison de campagne, où pour vaincre la déprime j'ai rejoint mes amis d'enfance les mousquetaires (je me suis envoyé tout le cycle en trois semaines… ; j'en suis sorti un peu sonné et complètement ragaillardi… le plus bel été de ma vie !).
Un mois de novembre glacial où, entre deux cours de fac, soigneusement emmitouflé, j'allais lire avec stupéfaction et émerveillement Crime et châtiment dans un jardin public désert…
didinette a écrit :Mais comment fait-on pour apprecier "lebruit et la fureur" de Faulkner, je peux comprendre pour certaines oeuvre mais laà pas du tout, alors je voudrais bien que vous me disiez ce que j'ai raté .
Lol, je serais tenté de dire "J'aimerais bien comprendre comment on peut ne pas apprécier cette œuvre".
La Débâcle d'Emile Zola … un livre épique …
Pour ma part, je crois que j'en ai plusieurs…
Mon premier choc fut Dagon, de Lovecraft… Un receuil angoissant, sombre, très torturé…
Des moments très agréables avec Orgeuil et Préjugés, notamment le moment où Lizzy rabat le clapet de la tante de Monsieur Darcy… Fameux…
Des passages du Ventre de Paris m'ont vraiment secouée,
et plus recemment, L'Elégance du hérisson, qui m'a laissée sans voix…
sigismond a écrit :didinette a écrit :Mais comment fait-on pour apprecier "lebruit et la fureur" de Faulkner, je peux comprendre pour certaines oeuvre mais laà pas du tout, alors je voudrais bien que vous me disiez ce que j'ai raté .
Lol, je serais tenté de dire "J'aimerais bien comprendre comment on peut ne pas apprécier cette œuvre".
AAAAAH!
enfin quelqu'un qui me répond mais qu'avez vous apprécié dans cette oeuvre, l'histoire, l'intrigue, le jeux avec le temps ? QUOI!!! Lol de même, je réponderais que ce n'est pas la difficulté de narration qui m'a le plus embêté, car j'ai été avertiE. Ce qui m'a le plus désemparée lors de cette lecture lc'est la fin, il y a tant de critiques favorables qui nous disent que l'auteur nous chamboulera la chronologie et la narration, qu'il faut juste s'accrocher et à la fin nous serons surpris.
La fin est sensée être, une péroraison, un moment crucial, le point culminant qui nous dévoilerait tout un drame. Mais non,elle ne le dévoile (ce drame) que par bribes et nous restons sur une fin ou un oncle poursuit sa nièce…
Je ne pense pas que ce livre soit mauvais, étant donné que bien des gens savourent chaque mots de cette oeuvre, et la relisent. J'aimerais bien partager votre avis, dites moi ce que j'ai loupé?
Qu'il y a t'il de formidable dans cette oeuvre?
" de ceux que tu rencontreras, tu n'en laisseras aucun serein ni libre. tous tu les frapperas…alors tu seras la liittérature."
aussi il y a peu de livres qui ne nous touchent pas. et s'ils ne nous touchent c'est qu'ils cachent peut-être encore une conquête.
j'ai réussi une fois, par un effort mental qui tenais plus de l'hébétude de fin de voyage que de la prouesse cérébrotechnique, à faire se percuter les univers de deux livres que je lisais en même temps. tout à coup, en un éclair pétrifiant, la tâche de Roth s'est encastrée dans la confession d'un masque de Mishima. le résulta et que pendant quelques instants j'ai lu le premier livre en "mode mental" du second.
étrange… 😂
Il y en a tellement…
Je dirai pour commencer les Jane Austen, et plus précisement Orgueil et Préjugés qui est incontestablement celui qui regorge le plus d'ironie, d'humour, et écrit merveilleusement bien. J'aime sa subtilité.
J'ai également été touché récemment par L'élégance du hérisson, fabuleux roman, un peu boulversant.
Et parmis encore tant d'autres romans et recueils, je place également ici Les contemplations d'Hugo qui me donne de très belles sensations à la lecture de chacun de ces poèmes.
Je m'arrête ici pour ce soir, j'ai peur d'écrire une liste inteminable… 😀
Je ne suis pas grand amateur de poésie, et pourtant, de toutes les formes d'écriture, c'est celle qui se relit le mieux, le plus, et à n'importe quel moment. Alors, pour n'en avoir pas lu souvent, je n'en ai pas moins apprécié le nectar. Peut-être aussi est-ce lié au genre: on en lit peu, mais on garde précieusement ce qu'on a aimé.
Donc, il y a la poésie.
Les Vers d'Exil de Claudel pour commencer. On peut ne rien entendre au théâtre de Claudel et aimer ses vers d'Exil, ses plus jeunes vers.
Quelques poèmes de Verlaine, dont Mon rève familier ou son Art poétique…
Hugo, de qui l'œuvre en prose m'attire également, et que je finirai par lire, sans doute (j'ai le souvenir d'une bataille de Waterloo mémorable, dans le premier tome des Misérables). Demain, dès l'aube…Vieille chanson pour un jeune temps… cela en regard de ses très belles encres.
Les Fables de l'excellent La Fontaine, esprit moqueur, mais bienveillant - et il faut les deux!
En dehors de la poésie, mais pourtant très proche, il y a les dernières pages des Vies Minuscules de Michon - et si je dis les dernières pages, c'est que je n'ai pas relu le milieu sans doute. Je pense à l'un d'entre vous qui a dit frémir à la relecture des ellipses à la fin de l'Education sentimentale. Michon, c'est cela, mais sur la longueur d'une vie.
Un dialogue entre Pelican et Camille, dans On ne badine pas avec l'amour (Musset) fait l'objet de nombreuses relectures. C'est néanmoins mon seul souvenir théâtral.
J'aime me reposer auprès d'Oberman de Senancour; je pense qu'il s'agit là d'une sorte de connivence un peu contemplative entre deux esprits isolés.
Les dernières pages de René, de Chateaubriand, même si elles me désolent toujours par la mesquinerie des propos, me transportent par l'autorité du style.
Certains grands moments de lecture n'ont pas été réitérés (je relis peu, mais je garde un souvenir qui, à lui seul, me charme et me pénètre de réconfort): je pense à Proust, à l'instant. Mais il y a une différence entre ce réconfort doux et profond et la puissance des émotions qu'on peut ressentir par ailleurs (par exemple dans la prose du transsibérien de Cendrars, qui, hélas, ne me fait presque plus rien).
J'aime Oblomov de Gontcharov, parce que son rêve me touche, même si (ou parce que…) il est en lui-même miné par sa contradiction. J'aime C.F Ramuz, que j'ai découvert il y a peu de temps.
J'ajoute A Rebours de Huysmans car l'humour le dispute à la décadence, et je suis, par bien des aspects, décadent. Enfin, je n'oublie pas mes premières lectures marquantes : Farenheit 451 (Bradbury), Le loup des steppes (Hesse), ou L'Homme sans qualités (Musil), mais je crains que ces moments forts ne me soient plus si chers.
J'ajoute A Rebours de Huysmans car l'humour le dispute à la décadence, et je suis, par bien des aspects, décadent.
Etrange, formidable et monstrueux… j'aurais pu deviner que tu l’avais lu. On les reconnaît de loin, les gens qui aiment
A Rebours. 🙂
Je voue un culte, entres autres, à la partie conçernant les auteurs latins, à la façon dont est écrite la décomposition de la langue latine…
Le Sphinx a écrit :J'ajoute A Rebours de Huysmans car l'humour le dispute à la décadence, et je suis, par bien des aspects, décadent.
Etrange, formidable et monstrueux… j'aurais pu deviner que tu l’avais lu. On les reconnaît de loin, les gens qui aiment A Rebours. 🙂
Je voue un culte, entres autres, à la partie conçernant les auteurs latins, à la façon dont est écrite la décomposition de la langue latine…
C'est le passage auquel je m'étais arrêté à 16 ans. Le professeur nous avait mis en garde: c'est un livre qu'on ne comprend pas avant 20, qu'on n'aime vraiment qu'à 25, etc. Mais c'est plus fort que soi, il faut braver le risque (commode) de ne rien y entendre, par orgueil de se montrer au-dessus de son âge, qui, comme chacun sait, ne veut rien dire. Finalement, je l'ai lu par ennui à 23 ans. Et je n'ai pas compris comment la galerie de Des Esseintes, dès la première page, ne m'avait pas fait rire plus tôt. J'ai un faible pour l'intoxication à cause des parfums. Mais la décomposition de la langue latine, c'est très bon aussi.