Un Flaubert, sinon rien.

Littérature

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Si on me dit Flaubert, je pense tout de suite à Monsieur Bovary. Mais je pense aussi à un étudiant que j'ai connu et qui portait le même jugement - sévère et impitoyable - qu'Aurele54. Pourquoi passer des heures à suivre des personnages avec qui on n'aurait pas envie de passer plus de cinq minutes dans la vie réelle? se demandait-il, dans les pas d'Oscar Wilde.
Et avec cette question, c'est toute une vision de la lecture qui émergeait. Barbey d'Aurevilly, lorsqu'il écrivait la critique acerbe de Madame Bovary, en savait quelque chose. Des personnages tristement communs équivalent alors à un petit roman, sans envergure, dans une équation selon moi douteuse.
Mais quand on juge les personnages, que juge-t-on vraiment? Leur épaisseur littéraire et dramatique ou simplement leur mentalité? Est-on d'ailleurs capable de séparer les deux et le faut-il? Selon moi, l'intérêt qu'on trouve à un personnage, même du point de vue de l'action, dépend aussi de l'opinion qu'on a de lui moralement. Monsieur Bovary, d'une certaine manière, me plaisait, donc j'ai lu son histoire avec intérêt. Mais j'ai un peu oublié Madame Bovary par contre.
@Alph : Moi, c'est l'inverse! Bien que Charles était un personnage intéressant, c'est l'opposition entre sa vie banale et le romantisme passionné d'Emma qui m'a fascinée. Plus encore, l'ironie amère de Flaubert m'a poussée à continuer tout le long du roman. J'étais curieuse de savoir jusqu'où il pouvait encore aller comme ça… Je n'ai pas été déçue, c'est le moins que l'on puisse dire.
@leica : Je préfère le tome 1 des Correspondances. L'adolescence de Flaubert me semble importante pour comprendre son évolution.