Un + adverbe substantivé
25 réponses · Page 1 / 2
N'étant pas grammairien je m'interroge sur la justesse de l'emploi de
un suivi de
nulle part dans ce vers :
"sur les lignes d’un nulle part".
Qu'en penser ?
Merci pour vos réponses.
Impolitis
A priori, rien ne me choque, mais la citation est trop courte. Il faudrait au moins la phrase complète.
Le tronçonnage est toujours fautif.
Bonjour, Impolitis.
"Nulle part" est normalement une locution adverbiale.
Elle est ici employée comme nom.
Il y a certes là un effet de style, mais rien d'incorrect grammaticalement parlant.
Toutes les catégories de mots, précédées d'articles ou de déterminants,
peuvent en effet être converties en noms :
Des adjectifs : le rouge, un rapide, le vrai…
Des pronoms : le moi, le ça…
Des verbes à l'infinitif : le boire, le manger…
Des prépositions: le pour, le contre…
Des adverbes : le pourquoi, le comment, l'au-delà…
Des conjonctions : des si, des mais…
Des interjections : des oh ! et des ah !…
Et même des phrases entières : un je ne sais quoi…
Pour Putlaki, voici la citation de la strophe (sans fautes) :
je n’en discerne pas l’entrée
mes pensées pleurent et s’effarent
posées au ciment d’une allée
sur les lignes d’un nulle part
Extrait de Je sais que c'était ailleurs, de Inégale (ment), sur le site La passion des poèmes
@ Jehan
Effectivement, mais ici je ne sais pas. Malaise, peut-être voulu par l'auteur d'ailleurs.
Dirait-on un éclairer, par exemple ? Bizarre non ?
Impolitis
Bonjour Impolitis,
Je ne suis pas déconcertée par cette expression… Je lis "un nulle part" comme je lirais "un ailleurs" : je trouve cela plutôt poétique… emmenant vers quelque chose d'indéfinissable.
Muriel
Oui, vous avez raison. Après tout n'avais-je pas écrit dans un de mes poèmes ?
Les clochers de Saint-Paul, qui dansent avec art,
Haussés de mille feux enchanteurs et braillards,
S'abreuvent aux ailleurs des eaux noires qui filent.
Merci de vos réponses.
Impolitis
Vous voyez bien… c'est joli… c'est enchanteur… Purement poétique, quoi !
Bonjour Impolitis.
A part le ciment qui m'agace et qui n'a rien à faire ici, la strophe est jolie, mais qui est l'auteur ?
J'ai bien lu tous ces posts.
Dans les exemples de Jehan pour la substantification des adverbes et autres conjonctions il n'y a pas un seul nom qui me suggérerait le genre féminin.
Mais nulle part est clairement composé(e) d'un adjectif au féminin et un substantif féminin. J'aurait tiqué à lire "un nulle part". S'il n'y a pas de règle grammaticale, pourquoi pas "une nulle part"?
On ne dirait pas "un petite part" de tarte, même en la conceptualisant.
On ne dit pas (mais le cas n'est pas vraiment semblable) "au fur et au mesure".
@ Putlaki
Il s'agît d'Inégale (ment) , auteur sur La passion des poèmes. Je l'ai citée plus haut.
Bonsoir, JSC.
Pour substantiver, ou plus exactement "chosifier" (transformer en nom de chose) une séquence quelconque de mots, on utilise l'article masculin.
Certes, part est un nom féminin et l'adjectif nulle s'accorde avec lui. Mais la séquence "nulle part" est une locution adverbiale. Et que je sache, les locutions adverbiales n'ont pas de genre. Le genre originel des mots qui la composent n'a aucune importance.
*Unenulle part ? A ce compte-là, autant proposer d'écrire *uneje ne sais quoi dès que c'est une femme qui dit "Je". Une phrase non plus n'a pas de genre.
Bonsoir, Jehan.
Jehan a écrit :Pour substantiver, ou plus exactement "chosifier" (transformer en nom de chose) une séquence quelconque de mots, on utilise l'article masculin.
Grevisse?
*Unenulle part ? A ce compte-là, autant proposer d'écrire *uneje ne sais quoi dès que c'est une femme qui dit "Je".
Aucun rapport!
Une phrase non plus n'a pas de genre.
Dans ce cas on parlerait d'un phrase.
Et quid de "à nul autre pareil"? Locution……?
Les sculptures à nulle autre pareilles.
Mauger (Grammaire pratique du français d'aujourd'hui, Hachette, 1971), page 8 :
"
Sont masculins les noms :
- formés d'
adjectifs : le bleu, le rouge, le vrai, le beau.
- formés d'
infinitifs: le dîner, le souvenir.
- formés de
mots invariables (adverbes, prépositions, conjonctions, interjections) ou d'
expressions figées : le bien, le mal - le devant de l'armoire - le
"mais" que vous objectez - le
"aïe" que j'ai entendu - Je me moque du
qu'en-dira-t-on."
J'ai écrit :
Une phrase non plus n'a pas de genre.
JSC a rétorqué :
Dans ce cas on parlerait d'un phrase.
Pourquoi faire semblant de n'avoir pas compris ? Je n'ai jamais écrit que le mot "phrase" lui-même n'avait pas de genre. C'est la suite de mots appelée "phrase" qui n'en a pas.
"Je ne sais quoi." ou
"Qu'en dira-t-on ?" ne peuvent avoir de genre, tant que ce sont des phrases employées comme telles. Mais ces phrases, employées comme
noms, deviennent bien des noms
masculins :
un je ne sais quoi,lequ'en-dira-t-on…"à nul(le) autre pareil(le)", à la différence de
"nulle part" n'a rien d'une locution adverbiale. Il est normal que
nul y varie, en tant qu'adjectif indéfini.
En revanche, si on peut dire
"Je ne le trouve nulle part", on ne peut sûrement pas dire : *
"Je ne le trouve nul endroit". Ce qui montre bien que
"nulle part" forme un bloc, une locution adverbiale invariable. Dans beaucoup de langues, elle se traduit d'ailleurs par un mot unique. Par un adverbe… qui n'a évidemment pas de genre.
Bonjour, Jehan.
Je te demande un Grevisse, tu m'envoies un Mauger.
C'est un pas si mal. 🙂
Est-ce que ça veut dire qu'avant 1971 on aurait pu voir écrit "la nulle part"?
Quand je vois le nom d'un restaurant ou un blog "le nulle part" je n'ai aucune difficulté d'accepter le masculinité du genre.
Une locution adverbiale, peut-elle être composée autrement que par
- préposition + nom (parfois accompagnés d'un article ou un adjectif)
- préposition + adjectif
- préposition + verbe + COD
- préposition + adverbe
Je note la présence constante de "préposition".
Est-ce que les phrasse suivante est correcte:
La Fontaine a écrit un nulle offense comme seul syntagme;
l'avocat à plaidé un nulle peine sans loi?
Les adverbes et locutions substantivés n'ont pas attendu 1971 pour être du genre masculin, ça va de soi.
Les locutions adverbiales commencent le plus souvent par une préposition, c'est vrai, mais il y a d'autres cas de figure : sens dessus dessous, nulle part, quelque part, tant soit peu… Et plusieurs adverbes écrits en seul mot sont d"anciennes locutions adverbiales dont les termes se sont soudés : aussitôt, beaucoup, longtemps, naguère, autrefois, quelquefois…
Oui, les phrases que tu proposes sont correctes. A ceci près que les séquences de mots étant non des locutions adverbiales, mais des citations non encore lexicalisées, il convient de les écrire entre guillemets :
La Fontaine a écrit un "nulle offense" dans la fable "Les animaux malades de la peste."
L'avocat a plaidé le "nulle peine sans loi".
"Ça va de soi" est la réponse de celui qui ne veut rien démontrer/justifier.
citations non encore lexicalisées
n'ai-je pas trouvé dans mes références habituelles.
Les locutions nulle offense et nulle peine sans loi, si.
"Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui." (Mallarmé, avant 1971)
"Nulle offense !" et "Nulle peine sans loi." ne sont pas des locutions, mais des phrases averbales, et ne font pas à ma connaissance l'objet d'une définition sémantique dans le dictionnaire, ce qui fait qu'on ne peut les dire "lexicalisées".
Autre exemples de phrases averbales : "Non mais sans blague !" et aussi "Assez de pinaillage !"
AUJOURD'HUI nom masculin dit mon Petit Robert!
Tu n'y démontres rien.
LEXICALISÉ (merci Petit Robert) se dit d'une expression fonctionnant comme une unité de lexique, c-à-d employée comme un mot.
NUL […] (merci Petit Robert)
"Que m'avaient-ils fait? Nulle offense" (La Fontaine).
(dans des adages) Nul ne plaide par procureur. Nulle peine sans loi (nulla pœna sine lege).
L'adverbe comment est attesté en 1080, le substantif lecomment est attesté vers 1500.
La locution adverbiale à peu près est attestée en 1487, le substantif unà-peu-près est daté de 1888.
Bien sûr, aucune démonstration… Ce sont simplement des constats du Robert historique, qui je pense fait suffisamment autorité en la matière… Quand tu pourras vraiment me démontrer que j'ai tort par une démonstration digne de ce nom, tu seras également en droit d'exiger une démonstration de ma part… Mais je ne vois toujours rien venir.
"Nulle offense !", etc. Il faut vraiment être de mauvaise foi pour confondre citation et définition en consultant son Robert. Il n'y est pas écrit que ces citations sont employées comme des mots, mots qui devraient donc être assortis d'une définition spécifique, ce qui n'est pas le cas. Comme tu m'as déjà si aimablement dit : tu ne crois pas que tu deviens un peu lourd ? 😜 Ça en devient presque rigolo… Tiens, je viens de trouver ça dans Wikipedia…
Le Grand Nulle part ( The Big Nowhere) est un roman de James Ellroy paru en 1987.
Jehan a écrit :Toutes les catégories de mots, précédées d'articles ou de déterminants,
peuvent en effet être converties en noms :
Des adverbes : le pourquoi, le comment, l'au-delà…
Je reviens sur cette question en relisant un ancien texte que j'ai écrit.
Je me cite :
"Et dans celui-ci
s’insinue tout le cortège
de tes autres
ouis".
(Oui, l'adverbe d'acceptation).
A la lumière de ce que dit Jehan, ce pluriel serait donc justifié.
Qu'en pensez-vous ?