Je m'excuse si le sujet a déjà été traité, mais je n'ai pas eu le courage de vérifier sur plusieurs pages.
J'attaque après une prépa lettres une troisième année de licence lettres modernes,et je ne connais encore rien des options ( qui ne sont pas affichées sur le site de grenoble 3, la fac où je vais aller).
J'aime les livres, j'aime les étudier, mais je déteste ( et c'est notamment ce que j'ai vu en prépa ) ces gens qui consacrent une thèse à l'utilisation des verbes pronominaux dans l'oeuvre posthume de marguerite de navarre, c'est -à -dire son journal intime que personne ne peut lire parce qu'il n'a et ne sera jamais édité en français moderne…Enfin, je ne jette pas la pierre, mai ce que je voudrais savoir c'est:
Est-ce que, quand on aime écrire, et qu'on suit le cursus dont je vous ai parlé, on peut, par exemple, être journaliste, être utile aux gens, trouver des solutions aux problèmes qui se posent aujourd'hui dans la société, et ce à l'aide des bouquins ?
Vous avez le droit de dire que c'est une question naïve ou idiote .
Tu pourrais nous le traduire, le journal de Marguerite de Navarre !
De Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe) à Marie-France Hirigoyen (Le harcèlement moral) en passant par Gisèle Halimi (La cause des femmes), aucun doute que l'écriture soit utile dans la société moderne.
Même si les options de la licence ne sont pas encore disponible, les masters proposés en poursuite d'étude montrent les orientations possibles, par exemple le Master Information et communication spécialité professionnelle Journalisme. Car le littérature seule, c'est difficile, et les femmes que je t'ai citées avaient ou ont plusieurs cordes à leurs arcs !
Merci de ta réponse, Anne ! Ca me rassure - un peu-. La faute à la fac alors si la filière littéraire n'a pas, elle, plusieurs cordes à son arc ? Parce que quand on fait des lettres, en général, on ne fait pas autre chose … Je me trompe ?
C'est une idée très répandue que la littérature est inutile; en tous cas je l'entends souvent. Rien n'est plus éroné d'après moi. Pour une raison simple, basique, d'abord: on apprend avec des livres. Que ce soit le français, les langues ou même les maths, on a besoin de bouquins… et donc de gens qui les écrivent. Ensuite, maitriser la langue, c'est maitriser l'univers qui nous entoure; lire un maximum de bouquins permet d'acquérir du vocabulaire et de se cultiver dans n'importe quel domaine. Là aussi, basiquement, cela permet de comprendre un maximum d'interlocuteurs et de se faire comprendre par un maximum de personnes, il s'agit donc d'un facteur d'insertion et cela permet aussi de se hisser dans la société.
Ensuite il y a les écrivains engagés, qui sensibilisent l'opinion publique sur différents sujets, il y a les philosophes qui apportent une conception du monde, ou simplement une façon de pensée plus efficaces que les précédentes, plus justes, plus agréables… Les journalistes qui informent…
Et pour finir il y a le divertissement, nécessaire à tout homme. Relire ou revoir Le Schpountz de Pagnol (pas sûr pour l'orthographe, désolé…) sur le sujet.
Penser aussi au cinéma et aux téléfilms, séries, qui sont d'abord des scénarios.
Bref, rien de plus essentiel que la littérature! 😀
Je me suis posée souvent cette question au cours de cette année. Avec un sentiment de culpabilité à l'idée d'entreprendre des études "inutiles", de ne servir à rien, de passer mon temps à des élucubrations intellectuelles qui n'apporteraient rien à personne. Et puis, je me suis dit…
…N'as tu jamais eu l'impression que les écrivains, les poètes, percevaient les méandres des sentiments humains bien avant que les études scientifiques et psychologiques ne les aient mis en valeur ?
…N'as tu pas parfois ce sentiment que l'auteur a écrit tel livre pour toi, pour te parler de toi ?
…Ne penses-tu pas très fort, certains soirs, lorsque tu poses ton livre, que "tout est dit", que tout est là, logé dans une phrase comme un diamant dans un écrin ?
Là est toute l'utilité de la littérature. Avant que d'être engagée, mise au service d'une cause (qui demeure une cause hic et nunc), avant que d'être un plaidoyer ou un instrument politique, avant que d'exprimer une opinion, la littérature exprime une vérité.
Et au-delà des temps, des événements et des causes à défendre, l'honneur de la littérature et sa raison d'exister, c'est le simple fait de dire aux hommes ce qu'ils sont.
C'est à la fois futile et très beau, et si c'est inutile, cela reste infiniment valable…
Toutefois, je suis d'accord avec toi ; une thèse sur l'utilisation des verbes pronominaux dans une œuvre ne me semble faire grandir personne. Aux étudiants et aux chercheurs d'orienter leurs travaux afin de rester des "donneurs de sens", comme les auteurs qu'ils commentent.
Je pense que poser la question de l'utilité de la littérature, ou de l'utilité de faire ou d'étudier la littérature, c'est se tromper de question… Je préfère poser le problème de sa raison d'être…