Bonjour
Pourriez-vous me suggérer des oeuvres ou des passages traitant du thème de l'inconstance, en amour.
Et si, possible, autres que chez Diderot, histoire d'avoir d'autres horizons sur ce sujet.
Merci pour vos pistes. 😀
L'importance d'être constant Oscar Wilde.
Pour les auteurs français…tu peux courrir! La fidélité dans l'amour? Tu plaisantes! 😂
l'inconstance dans l'amour La tirade de l'inconstance évidemment de
Dom Juan (acte 1 scène 2) de Molière. Splendide !
DON JUAN. - Quoi ? tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n'est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable ; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
L'insoutenable Légèreté de l'être, de Kundera. Mais ce n'est pas un roman français. Inconstance entre l'amour unique et l'amour "libertin". On peut voir Tomas comme une figure très particulière du Dom Juan.
L'Education sentimentale, de Flaubert. Inconstance de Frédéric entre Madame Arnoux et ses maîtresses, inconstance dans la force de ses sentiments… sur fond d'inconstance politique.
Le Lys dans la vallée, de Balzac. Un ancêtre de l'Education. L'inconstance est tardive et n'arrive qu'avec la rencontre de Félix avec Lady Dudley.
Les Fleurs du mal, de Baudelaire. Inconstance de la figure de la femme aimée, je dirais.
La Philosophie dans le boudoir, de Sade. Où l'on explique pourquoi l'inconstance est meilleure que tout dans les plaisirs érotiques, en quelque sorte.
L'Oeuvre au noir, de Yourcenar. Quasiment aucun personnage constant en amour, et même en sexualité : débauche et amours uniques, sexualités diverses…
La Dispute de Marivaux qui parle surtout de l'absence de fidélité de l'humanité entière.
Il y a la Place Royale de Corneille, qui globalement ne parle que de l'inconstance, et qui se lit très bien.
Tout l'Ancien Testament de la Bible est une histoire d'inconstance du peuple envers Dieu.
Tout l'Ancien Testament de la Bible est une histoire d'inconstance du peuple envers Dieu.
Il a suggéré des passages, là, tu lui donnes beaucoup de travail 😂
Enfin, la bible c'est surtout une histoire de l'humanité, et celle-ci est inconstante, c'est une banalité. Je crois qu'il recherche un passage plus spécifique, maintenant, s'il a le temps d'analyser cet aspect de la bible… 😐
L'Ancien Testament est une excellente proposition…
Ce n'est pas une banalité, dans un travail sur l'inconstance, que de parler de celle d'un peuple envers Dieu, alors que notre recherche se porte naturellement vers l'étude du sentiment amoureux. Cela témoigne donc d'une ouverture d'esprit, d'une certaine audace, et d'esprit d'analyse.
S'agit-il d'une recherche pour un corpus ou une anthologie que tu dois fournir ?
La Bible est un des premiers "classiques" et un texte fondateur de toutes les littératures européennes. On y trouve de nombreuses clés de compréhension et de lecture. Un extrait de l'Ancien Testament aura donc tout à fait sa place dans un travail littéraire. En ce qui concerne le Nouveau Testament, c'est plus délicat, mais je te propose quand même quelques extraits qui, s'il ne trouvent pas leur place dans ton travail, éclaireront ta compréhension de l'Ancien Testament et d'autres extraits.
Des passages de l'Ancien Testament (dans le désordre)… Noé, Moïse et le veau d'or, l'exil à Babylone, la tour de Babel, David et Bethsabée, Jonas, Sodome (avec Loth et sa femme, transformée en statue de sel)…etc.
Dans le Nouveau Testament, la trahison de Judas, le doute de Pierre (à la Passion et aussi avant, sur le lac), la femme adultère…et d'autres.
Si tu dois rendre un travail rassemblant des extraits, je te conseille ceci : commencer par un extrait de l'Ancien Testament, et clore avec le Cantique des Cantiques. Ce magnifique texte poétique chante les sentiments de deux amants qui se rencontrent et se promettent de s'aimer. Le rapport avec le thème de l'inconstance (ou de la constance…) se trouve lorsque l'on apprend que dans ce texte, le fiancé symbolise Dieu et la fiancée, le peuple, l'humanité…
Ainsi, la suite de texte aurait un sens : l'inconstance se résout dans l'amour vrai (de Dieu pour son peuple, de deux êtres l'un pour l'autre…)…
Malk92 a écrit :La Dispute de Marivaux qui parle surtout de l'absence de fidélité de l'humanité entière.
Oh non,je ne suis pas d'accord,
La dispute de Marivaux traite surtout de l'inné et de l'acquis. Deux âmes innocentes et originelles se rencontrent, peut-on alors parler de perversion alors qu'elles ne servent que la Nature? L'inconstance est seulement un prétexte, le contenu véritable est (selon moi,je le précise, je comprend très bien qu'on ne soit pas d'accord) le thème de l'originel.
Sinon, pour l'inconstance en amour, tu peux peut-être lire
On ne badine pas avec l'amour, c'est une espèce de jeu auquel se prêtent deux amoureux. Un jeu léger où un tierce personnage sera victime du poids des mots. (Je ne te dévoile rien,j'espère que ça reste assez abstrait pour ne rien te donner comme indications).