Besoin d’analyse : sujet ou COD ?

Langue française

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis correcteur sur un site de poésie et suis confronté à une petite difficulté.

Un auteur a écrit :
"Tu en respirais des maux insensés
Si forts qui restait en toi une trace"

J'ai proposé la correction suivante :
"Si forts qui restaient en toi une trace".

L'auteur m'a indiqué que le sujet de rester est "une trace".

Je le perçois comme COD. Je ne vois vraiment pas comment "une trace" peut être considérée comme sujet.

Merci par avance de votre aide.
Cette tournure me gêne et je ne la comprends pas. J'aurais écrit :
"Tu en respirais des maux insensés
Si forts que restait en toi une trace"
Effectivement cette tournure est juste. Merci.

Si l'auteur persiste dans son intention de faire de "une trace" un sujet, il y a faute de syntaxe.

La cause du problème serait plutôt l'usage fautif de qui, au lieu de que.
Bonjour Impolitis,

Tout le problème vient du pronom relatif qui : il ne peut pas être employé dans cette phrase puisqu'il n'est pas sujet de était ; donc, il n'a pas pour antécédent "maux insensés".

De plus :
- rester est intransif → impossibilité d'avoir un COD ;
- il faut retrouver tous les mots de l'expression : si fort que.

Pour que l'auteur puisse conserver trace comme sujet du verbe était, il n'a pas le choix : il faut qu'il change son vers en :

- Si forts qu'il restait en toi une trace
le pronom impersonnel "il" est sujet apparent ; "trace" devient bien le sujet réel.

ou
- Si forts que restait en toi une trace (= si forts qu'une trace restait en toi)
le sujet se contente d'être inversé, éloigné, et séparé de son verbe par un complément de lieu. C'est cette formule qui se rapproche le plus de celle d'origine (pour les sonorités et pour la syntaxe désuète ).

Voyez cette page du site sur les propositions subordonnées circonstancielles et comparez avec cet exemple qui y est cité :
Les circonstancielles consécutives (ou de conséquence) : Il a lu tant de livres qu'il s'est fatigué la vue.
Muriel
À la réflexion (ça m'arrive), je pense que par analogie avec :
_Ces expériences restent (sont) traumatisantes.
_Ces expériences restent un mauvais souvenir.
où "traumatisantes" et "un mauvais souvenir" sont des attributs du sujet, on peut considérer que les maux si forts restaient une trace ("une trace" étant attribut du sujet "les maux").
C'est l'éternel débat de la grammaire de l'écrit ou la grammaire au service de l'écrit…
Voilà !

Ce que je ressentais comme fautif, sans pour autant réussir à l'expliquer, me semble soudain très clair.

"Si forts que restait en toi une trace."
coule mieux que la version avec qu'il.

Merci.
Bonjour Gaétan,

Oui, et dans ce cas il faudrait écrire :
- si forts qu'ils restaient une trace ;
ou
- si forts qu'ils restaient trace(s), (plus poétique à mon sens).

Mais l'auteur veut trace comme sujet…