Quelle préposition après "avoir confiance" ?

Langue française

35 réponses · Page 2 / 2

Jehan a écrit :Je rappelle que la question de ce fil porte sur le choix entre en et dansaprès "avoir confiance".

Pas de véritables règles à ce sujet. […]
C'est la Grammaire pratique du français d'aujourd'hui de G. Mauger (écrite en vue de l'apprentissage du français aux étrangers) qui est la plus diserte et la plus précise sur la question.

Elle considère que dans est une "variante plus concrète deen", mais l'on constate qu'en fait dans peut aussi introduire des compléments à valeur abstraite (voir plus loin les deux exemples de Loti).

L'hypothèse de JSC (en conceptuel, dans empirique) me semble malmenée par ces deux exemples de Pierre Loti :
"ayant confiancedansla solidité de leur bateau" peut certes suggérer une dimension empirique, la présence éprouvée, le vécu. En revanche "sa confiance naïve dans l'éternité et la rédemption" ne peut être interprété dans le sens d'une expérience vécue, d'une présence éprouvée des notions considérées !

S'échiner à trouver un critère de sens me paraît oiseux, sauf à vouloir s'embarrasser soi-même. Et c'est sans profit notable pour la compréhension des textes.
Inutile? Vain? Stérile?
Se donner beaucoup de peine?
Mais c'est ce que nous faisons tous dans l'élucidation des mystères de la langue française. 🙂 Ne serait-il pas agréable voire utilitaire de découvrir la règle ou critère de sens pour permettre le bon usage d'un mot en/par préférence à un autre?
Si l'on en trouvait pour en/dans, en toute logique on saurait plus à fortiori sur le cas spécifique confiance en/confiance dans.
Ta réaction de chercher dans les sources autoritatives n'est pas sans me plaire; les miennes ne sont malheureusement pas aussi riches.
Cependant, je ne sais pas en quoi la distinction de Mauger ne reflète pas mes propositions.
Pour moi, les citations de Loti portent du charbon à mon feu:
si on vit en pleine conscience de l'éternité et la rédemption (comme ressent le dévot chrétien), n'est-on pas plein dedans, à tout moment?

Étymologie? Bonne idée!
Le Robert Historique m'aidant:
Latin de intus (= de l'intérieur, à l'intérieur) => DANS <= Bas latin deintus (=au dedans, en dedans).
D'abord employé adverbialement, denz (1112) veut dire à l'intérieur.
Depuis 1170 on trouve son emploi de préposition, exprimant une idée de lieu, de temps ou (1667) d'une disposition physique ou morale.
Rare avant le XVI[sup]ème[/sup] s., il s'est progressivement imposé au détriment de dedans et en.
Ainsi il se généralise dans l'usage.

L'article sur EN est beaucoup plus long. Il me semble que sa multiplicité de sens et d'usage lui rend fonctionnellement passe partout!
Latin in (=dans, sur de façon temporel ou spatiale) => (851) EN.
(Temps): dans, pendant; exprime un mouvement dans le temps.
(Lieu) : sur; s'applique où on est , où l'on va. Employé aussi pour indiquer un lieu abstrait.Aussi pour indiquer la (pas "sa") position à l'intérieur de limites notionnelles. ou pour introduire un nom faisant fonction d'attribut d'objet garder en otage ou marquer un changement d'état.
En = fait de. (XVIème. s. Critiqué jusqu'à nos jours par les puristes).
En + gérondif. (XVIIIème s.).
À l'époque classique, cette préposition a eu des emplois plus larges qu'aujourd'hui!
Depuis le XVIème s. elle est souvent remplacée par DANS.

Le pluriel ès n'est plus utilisé que dans l'administration ou dans le style burlesque. Mais la remarque de Jehan est juste. On ne peut pas être docteur ès Médecine par exemple.

Conclusion: si j'avais vécu avant 1800, ma distinction aurait mieux fonctionné qu'aujourd'hui. Elle n'est pas à mon sens - subjectif- inexacte, mais la vraie réponse à la question reste les deux formes sont de plus en plus interchangeables.
Pourquoi nous ne ferions pas l'effort de maintenir cette distinction dans un intérêt tout littéraire?
C'est vrai que nous adorons tous élucider les mystères de la langue, et que c'est un passe-temps fort agréable. Mais je ne me sens nullement obligé de toujours dégager une règle ou un critère. Voici peu, un autre intervenant m'a pourtant soupçonné de toujours vouloir inventer des nouvelles règles pour satisfaire je ne sais quelle gloriole personnelle. Comme quoi sa perspicacité est parfois sujette à caution !

Il est des cas où il faut savoir reconnaître qu'un critère sémantique distinctif entre deux emplois n'est pas pertinent, et qu'on ne peut constater qu'un usage formel. Et l'on est tout aussi utile à ceux qui écrivent en leur signalant simplement cet usage.

Trouver un distinguo sémantique généralisable à tous les cas où l'on a une alternance possible dans / en relève de la quadrature du cercle, étant donné la multiplicité de sens de ces prépositions. Il est des emplois où la différence de sens est nette, voire radicale. Ainsi, "dans une heure" et "en une heure" sont de sens très distincts. Et ces deux sens n'ont rien à voir avec la nuance sémantique que tu crois saisir entre "confiance dans" et "confianceen "

Tu dis que les exemples de Loti apportent du charbon à ton feu, autrement dit de l'eau à ton moulin. C'est un peu vite conclu. Si tu considères que le dans a une valeur empirique dans : "sa confiance naïve dans l'éternité" parce que le dévôt chrétien est "en plein dedans, à tout moment", il faudra que tu m'expliques pourquoi ce même dévôt est obligé par l'usage langagier d'avoir simplement "confiance en Dieu", et jamais "confiance dans Dieu". Pour le dévôt, Dieu ne saurait-il être que conceptuel ? Et le dévôt ne saurait-il donc, comme il le fait pour l'éternité ou la rédemption, avoir une conscience constante de sa présence ?

Et par la faute de l'usage, toujours si ton hypothèse était exacte, la confiance en une personne serait seulement conceptuelle (J'ai confianceen toi) et n'aurait jamais la possibilité d'être empiriquement constatée, puisque "J'ai confiancedanstoi" ne peut se dire…
Jehan a écrit :Voici peu, un autre intervenant m'a pourtant soupçonné de toujours vouloir inventer des nouvelles règles pour satisfaire je ne sais quelle gloriole personnelle. Comme quoi sa perspicacité est parfois sujette à caution !
Un autre mystère….son lien avec dans/en m'échappe pourtant.

Tu dis que les exemples de Loti apportent du charbon à ton feu, autrement dit de l'eau à ton moulin.
Pourquoi vouloir le dire différement si tu l'a bien compris? faut-il des images figées dans les locutions?
il faudra que tu m'expliques pourquoi ce même dévot est obligé par l'usage langagier d'avoir simplement "confiance en Dieu", et jamais "confiance dans Dieu". Pour le dévot, Dieu ne saurait-il être que conceptuel ? Et le dévot ne saurait-il donc, comme il le fait pour l'éternité ou la rédemption, avoir une conscience constante de sa présence en lui ?
Des très bonnes questions.
Tout simplement car le chrétien croit que Dieu habite toute chose puisqu'il les a créées. Nous n'habitons pas en lui, à ma connaissance, mais il habite en nous.
Et par la faute de l'usage, toujours si ton hypothèse était exacte, la confiance en une personne serait seulement conceptuelle (J'ai confianceen toi) et n'aurait jamais la possibilité d'être empiriquement constatée, puisque "J'ai confiancedanstoi" ne peut se dire…
Je place mon argent là ou je place ma confiance: sous le matelas, dans les banques, dans des actions, dans l'immobilière.

"Confiance en lui" me semble me placer par rapport aux limites notionnelles que je me fais de ses capacités et tombe ainsi non seulement dans la définition de Robert mais aussi dans ma propre conception.

P.-S. Prévôt et dévot ne sont pas analogiques d'orthographe, mais moi aussi, j'ai dû le vérifier dans un dictionnaire.
Tu m'écris :
Jehan a écrit :
Voici peu, un autre intervenant m'a pourtant soupçonné de toujours vouloir inventer des nouvelles règles pour satisfaire je ne sais quelle gloriole personnelle. Comme quoi sa perspicacité est parfois sujette à caution !
Un autre mystère….son lien avec dans/en m'échappe pourtant.
Le rapport avec en / dans ? C'est que contrairement à ce que m'a écrit l'autre jour cet intervenant, je ne suis pas un créateur forcené de nouvelles règles. Et que je juge inutile de créer une nuance artificielle de sens pour choisir entre en et dans. Il me semble que c'est clair.

Selon le Robert, on écrit tout autant :
"La personneenqui j'ai confiance" que :
"La personnedanslaquelle j'ai confiance"

Donc pour une même personne, on aurait bien ici le choix entre une confiance "conceptive" et une confiance "empirique", mais ce choix dépendrait du pronom utilisé.

Pourtant, si l'on peut écrire à propos de cette même personne et dans la même situation : "J'ai confiance en elle" (confiance "conceptive") on ne peut pas écrire "J'ai confiance dans elle". On n'a plus le choix ! Et par quel tour de passe-passe, sinon parce qu'on a encore changé de pronom ?

Les nuances de sens n'ont donc rien à voir ici dans le choix entre en ou dans… Ne restent que des contraintes formelles consacrées par l'usage.
Ne vois-tu donc pas, maître des mots, que le paragraphe sur ton mystérieux (pour la plupart des membres) interlocuteur n'a pas sa place ici?
(J'ose dire) il nous est complètement égal ce que tu ressens à son égard, et cela nous concerne pas. Pourquoi donc mettre les formes:
soupçonne
je ne sais
gloriole
perspicacité* sujet à caution
qui sont encore des attributs tendant à donner une mauvaise réputation au membre une fois que les curieux dévoile son identité?

(*utilisation ironique?)

Pour le reste, je trouve que tu te répètes.
Puisque Robert permet le choix, je crois que je choisirais la préposition en fonction du sens que je donne à sa suite, non pas au prénom en question.

Un usage changeant ne peut consacrer que de façon temporaire.
Il y a des "usages changeants" qui durent tout de même depuis des siècles… C'est mieux que rien.

Je préfère ça à une règle personnelle créant un sens perçu par toi seul.

En fait, le Robert laisse le choix entre "en qui" et dans laquelle".
Les pronoms lequel, laquelle, lesquels, lesquelles doiivent être précédés de dans.
En relisant le fil, j'ai l'impression qu'il y a quelquechose d'erroné dans la question même. Le mot confiance ne joue pas un rôle déterminant dans le choix de la préposition, mais plutôt le mot qu'elle introduit. On dira plutôt en ceci ou dans cela.
On ne dira pas dans Dieu ni dans vous, mais on dira dans le pied ou dans l'estomac.
Mais pour quelle raison ? La différence entre "en l'air" et "dans l'air" pourrait laisser supposer que "en" convient mieux quand il y a du mouvement, de la vie, de l'inconnu, mais aussi de la globalisation. Mais pas dans tous les cas: "En direction de" me parait équivalent à "dans la direction de".
Je ne pense pas que ce soient ici les noms introduits ou la présence /absence de mouvement qui aient de l'importance pour choisir entre en et dans , mais les articles précédant ces noms.
Il y a mouvement dans ces deux phrases suivantes, malgré les prépositions différentes :
Je lance mon chapeauen l'air.
Je lance mon chapeaudansles airs… (car "en les airs" ne se dit ni ne s'écrit)

En semble surtout allergique aux articles définis le et les, et un peu moins à l' (locutions figées : en l'état, en l'occurrence, en l'air…)

Cette "allergie" a peut-être un rapport avec le fait qu'en vieux français, "en les" s'était contracté en "ès", de nos jours d'emploi très restreint, et que "en le" s'était contracté en "el, ou, on", formes abandonnées pour cause de confusions possibles.

"En direction de" est en effet tout à fait équivalent à "dans la direction de".
De fait, et sans nuance sémantique appréciable dans les cas ou l'on a le choix, en, au contraire de dans, s'emploie fréquemment sans article.
🙂 Empirique ou conceptuel ? ce me semble une bonne approche.
Moi je veux juste savoir si je dois écrire " celui qui m'a fait perdre ma foi AU Père Noël" ou "… DANS le Père Noël " ! ??
Et cette approche ne répond pas à ma question
Moi, j'opterais pour DANS.
Merci de trancher la question. :/ 😉
CloSteph a écrit :Moi je veux juste savoir si je dois écrire " celui qui m'a fait perdre ma foi AU Père Noël" ou "… DANS le Père Noël " ! ??
De fait, il faut éliminer "au" ici, ça ne va pas. On pourrait hésiter sur un éventuel "en le père Noël". Mais "dans" est certainement le mieux.
Cela dit, c'est "foi" qui me paraît un peu exagéré. Il s'agit plutôt de "croyance". Dans ce cas, "au" peut aussi avoir sa place.

Bonjour,

Dans quelles circonstances dit-on

confiance en

et

confiance dans

?

Nos grammairiens te donneront une réponse argumentée et précise.On a confiance en quelqu’un. =&gt; J’ai confiance en Jehan et lamaneur. Mais je dirais : J’ai confiance dans ta réussite. (donc, plutôt une chose)Un site : . Confiance : &quot;dans&quot; ou &quot;en&quot; - Françoise Nore (francoisenore.com)

Il est très bien, cet article !

Grevisse indique que la préposition est ordinairement "en" (obligatoire devant un pronom personnel) , mais en pratique souvent "dans" (surtout si le nom qui suit est précédé d’un article) ;-) Nous voilà bien avancés ! Il mentionne aussi, et c’est là plus amusant, l’usage de "à" avec quelques exemples d’auteurs bien cotés. Un exemple avec "sur".

Voir aussi sur le même thème une question précédente d’Hippocampe et les réponses :

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/comment/419162/#Comment_419162

Vu, mille mercis.