Jehan a écrit :Je rappelle que la question de ce fil porte sur le choix entre en et dansaprès "avoir confiance".Inutile? Vain? Stérile?
Pas de véritables règles à ce sujet. […]
C'est la Grammaire pratique du français d'aujourd'hui de G. Mauger (écrite en vue de l'apprentissage du français aux étrangers) qui est la plus diserte et la plus précise sur la question.
Elle considère que dans est une "variante plus concrète deen", mais l'on constate qu'en fait dans peut aussi introduire des compléments à valeur abstraite (voir plus loin les deux exemples de Loti).
L'hypothèse de JSC (en conceptuel, dans empirique) me semble malmenée par ces deux exemples de Pierre Loti :
"ayant confiancedansla solidité de leur bateau" peut certes suggérer une dimension empirique, la présence éprouvée, le vécu. En revanche "sa confiance naïve dans l'éternité et la rédemption" ne peut être interprété dans le sens d'une expérience vécue, d'une présence éprouvée des notions considérées !
S'échiner à trouver un critère de sens me paraît oiseux, sauf à vouloir s'embarrasser soi-même. Et c'est sans profit notable pour la compréhension des textes.
Se donner beaucoup de peine?
Mais c'est ce que nous faisons tous dans l'élucidation des mystères de la langue française. 🙂 Ne serait-il pas agréable voire utilitaire de découvrir la règle ou critère de sens pour permettre le bon usage d'un mot en/par préférence à un autre?
Si l'on en trouvait pour en/dans, en toute logique on saurait plus à fortiori sur le cas spécifique confiance en/confiance dans.
Ta réaction de chercher dans les sources autoritatives n'est pas sans me plaire; les miennes ne sont malheureusement pas aussi riches.
Cependant, je ne sais pas en quoi la distinction de Mauger ne reflète pas mes propositions.
Pour moi, les citations de Loti portent du charbon à mon feu:
si on vit en pleine conscience de l'éternité et la rédemption (comme ressent le dévot chrétien), n'est-on pas plein dedans, à tout moment?
Étymologie? Bonne idée!
Le Robert Historique m'aidant:
Latin de intus (= de l'intérieur, à l'intérieur) => DANS <= Bas latin deintus (=au dedans, en dedans).
D'abord employé adverbialement, denz (1112) veut dire à l'intérieur.
Depuis 1170 on trouve son emploi de préposition, exprimant une idée de lieu, de temps ou (1667) d'une disposition physique ou morale.
Rare avant le XVI[sup]ème[/sup] s., il s'est progressivement imposé au détriment de dedans et en.
Ainsi il se généralise dans l'usage.
L'article sur EN est beaucoup plus long. Il me semble que sa multiplicité de sens et d'usage lui rend fonctionnellement passe partout!
Latin in (=dans, sur de façon temporel ou spatiale) => (851) EN.
(Temps): dans, pendant; exprime un mouvement dans le temps.
(Lieu) : sur; s'applique où on est , où l'on va. Employé aussi pour indiquer un lieu abstrait.Aussi pour indiquer la (pas "sa") position à l'intérieur de limites notionnelles. ou pour introduire un nom faisant fonction d'attribut d'objet garder en otage ou marquer un changement d'état.
En = fait de. (XVIème. s. Critiqué jusqu'à nos jours par les puristes).
En + gérondif. (XVIIIème s.).
À l'époque classique, cette préposition a eu des emplois plus larges qu'aujourd'hui!
Depuis le XVIème s. elle est souvent remplacée par DANS.
Le pluriel ès n'est plus utilisé que dans l'administration ou dans le style burlesque. Mais la remarque de Jehan est juste. On ne peut pas être docteur ès Médecine par exemple.
Conclusion: si j'avais vécu avant 1800, ma distinction aurait mieux fonctionné qu'aujourd'hui. Elle n'est pas à mon sens - subjectif- inexacte, mais la vraie réponse à la question reste les deux formes sont de plus en plus interchangeables.
Pourquoi nous ne ferions pas l'effort de maintenir cette distinction dans un intérêt tout littéraire?