Shakespeare, Sonnets, 133

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Est-ce que vous auriez une analyse pour le sonnet 133 de Shakespeare? Je n'arrive même pas à trouver sur Google une version traduite en français…

Le pire, c'est que ça fait partie des lectures analytiques sur le descriptif du bac français…et que je n'ai pris absolument aucune note sur ce cours-là….

Si jamais je tombe dessus quand je passe l'oral, je ne vois vraiment pas comment je peux en faire un commentaire…

Merci d'avance.
Maudit soit le cœur qui fait gémir mon cœur de la double blessure faite à mon ami et à moi ! N’était-ce pas assez de me torturer seul, sans que mon meilleur ami fût asservi à cette servitude ?
Tes yeux cruels m’ont enlevé à moi-même ; mais, ce qui est plus dur, tu as accaparé mon autre moi-même. Je suis abandonné de lui, de moi-même et de toi, — triple tourment à subir.
Emprisonne mon cœur dans le cachot de ton cœur d’acier, mais qu’alors mon pauvre cœur serve de caution au cœur de mon ami ! Si je suis captif, que, lui, du moins mon cœur le garde ; tu ne pourras plus alors rendre ma prison si rigoureuse.
Et pourtant tu le feras toujours ; car, puisque je suis enfermé en toi, tu me possèdes forcément, moi et tout ce qui est en moi. https://fr.wikisource.org/wiki/Sonnets_de_Shakespeare/133
Beshrew that heart that makes my heart to groan
For that deep wound it gives my friend and me!
Is't not enough to torture me alone,
But slave to slavery my sweet'st friend must be ?

Me from myself thy cruel eye hath taken,
And my next self thou harder hast engrossed:
Of him, myself, and thee I am forsaken;
A tormentthrice three-fold thus to be crossed.

Prisonmy heart in thy steel bosom's ward,
But then my friend's heart let my poor heart bail;
Whoe'er keeps me, let my heart be his guard;

Thou canst not then use rigour in my jail:
And yet thou wilt; for I, being pent in thee,
Perforce am thine, and all that is in me.
Quelques indications générales:
sauf quelques rares exceptions, les sonnets de WS sont écrits en trois quatrains suivis d'un distique. Les rimes sont typiquement shakespeariens ABAB CDCD EFEF GG.
Le pied est en pentamètres iambiques.
Dans CXXXIII, taken est prononcé ta'en pour faire une seule syllabe. slavery, sla'vry pour en faire deux etc.

Les deux premiers quatrains nous disent qu'une ancien amante du narrateur s'est maintenant éprise de son ami. Il sait de son propre expérience que "l'amour" qu'elle professe a tendance à emprisionner le cœur masculin. Il demande à son ancienne maîtresse de ne pas être cruelle.
Dans le troisième quatrain, le narrateur offre son propre cœur en 'hypothèque' ou échange pour le cœur de son ami. Est-il généreux? Espère-t-il à récupérer sa maîtresse ainsi? Veut-il vraiment souffrir de nouveaux ébats?
Dans le distique, il reconnaît que c'est la volonté de la femme qui s'appliquera, mais en dernière plaidoirie il déclare qu'elle possède déjà tout de lui.

François-Victor Hugo ne semble pas avoir traduit les sonnets dans l'ordre normalement accepté! Gallica.
Jumpy, dois-tu étudier ce sonnet en traduc ou en VO ? Si c'est en traduc, il faut que tu nous copies le texte ; je ne vais pas éplucher les pages de l'exemplaire de Gallica à ta place !
Je dois l'étudier en français.

voici le texte :
Sonnet 133
Que maudit soit ce coeur qui fait gémir mon coeur,
Blessant profondément mon ami et moi-même!
N'est-ce donc pas assez de me torturer seul,
Sous ce joug faut-il subjuguer mon doux ami?
Ton oeil cruel, m'ayant à moi-même arraché,
Plus durement de mon autre moi tu t'empares,
Me privant et de lui, et de moi, et de toi-
Triple tourment d'être trois fois ainsi frustré!
Au cachot de ton sein jette mon coeur aux fers
Mais qu'il renferme alors le coeur de mon ami;
Quel que soit mon gardien, que mon coeur soit sa geôle!
Tu n'y pourrais alors cruelle le montrer.
Tu pourras pourtant l'être, car, enfermé en toi,
Par force je suis tien, et tout en moi aussi.
Ton œil cruel , m'ayant à moi-même arraché,
formulation bien dans l'air du temps, et qu'on retrouve dans les madrigaux et autres poèmes “pétrarquisants”
Plus durement de mon autre moi tu t'empares,
Me privant et de lui, et de moi, et de toi-
Triple tourment d'être trois fois ainsi frustré !
Pourquoi est-il privé de ces trois éléments ?


Au cachot de ton sein jette mon cœur aux fers
Même remarque que pour l'œil cruel