Différence entre "épilatoire" et "dépilatoire"

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, j'ai une question un peu simple, je voulais pourquoi trouve-t-on écrit sur les crèmes pour l'épilation: "crème dépilatoire" et non "crème épilatoire".
Donc je voulais savoir la différence si il y en a une?
Serai-ce parce que le mot crème se termine par "e" , une question de prononciation?
Merci d'avance pour cette question quine changera pas la face du monde!!
Tchuss!
Sans doute ça tombe dans la même logique française que "je prends un médicament pour mon rhume" où j'aurais préféré en prendre contre mon rhume. 😀
Bonsoir Kaijin,

Les deux mots sont référencés dans le TLF :
- épilatoire
- dépilatoire
Ainsi que :
- épiler
- dépiler (sens 2)

Muriel
Et le TLFI précise que quand on enlève volontairement les poils, on utilise dépiler. C'est sans doute pour cela que crème dépilatoire est plus fréquent que crème épilatoire.
Le nombre de références Google pour crème épilatoire est de 415 000, pour crème dépilatoire 192 000…..
Comme quoi il sufit d'en parler (ligne "Je pense donc je suis la conversation") pour tomber pile sur le problème empiler/dépiler.
Il est clair qu'épiler serait suffisant et qu'il y a une attraction qui n'a ren à voir avec les poils, mais seulement avec les piles!!!!.
Bonsoir, Anne.

Vous avez écrit :
Et le TLFI précise que quand on enlève volontairement les poils, on utilise dépiler.
Vous avez lu un peu vite. A l'article "dépiler", le TLF prend bien soin de préciser au contraire :

"Lorsqu'on ôte volontairement les poils, on emploie le verbeépiler."

En revanche, quand la chute des poils (humains ou animaux) n'est pas volontairement provoquée, on emploie dépiler, comme l'atteste cet exemple du même TLF:

"Cette maladie l'a complètement dépilé." (Ac. 1932).

Il semblerait donc que "crème épilatoire" soit préférable.
Nous n'avons sans doute pas le même Googgle !
J'ai 15 600 "crème épilatoire" et 115 000 "crème dépilatoire".
Quand j'ai personnalisé mon Google, je ne me suis pas restreint à seuls les sites de langue francophone, mais autrement je ne vois pas en quoi….
Épilatoire
Dépilatoire
Bonsoir,

Ah oui… mais il faut soustraire les "crème dépilatoire" des "crème épilatoire" car elles sont contenues dans la recherche.

Nous en sommes donc à 415 000 "épilatoire" moins "192 000" "dépilatoire" : ce qui nous fait un total réel de 223 000 "épilatoire" pour 192 000 "dépilatoire". La différence est moins flagrante ! 😀

Muriel
Outre la nuance de sens (j'ai rectifié la petite erreur d'Anne un peu plus haut), il y a aussi la différence d'âge.

dépiler est le plus ancien, emprunté directement et depuis longtemps au latin "depilare".
Je me demande si au temps des Romains le terme avait déjà subi l'attraction des piles chère à Putakli…)

épiler est de fabrication nettement plus récente, c'est le préfixe français é- précédant la racine du poil… euh, je veux dire, la racine du mot latin pilum.

Hélas, tout ça ne fait pas avancer le schmilblic d'un poil…

Mais vu les scores dans Google, tout ça va se terminer à un poil près, je le sens ! 😉
C'est quand même curieux Google… j'aurais juré que la logique serait inverse… Que ce serait "épilatoire" qui sortirait aussi dans une recherche "dépilatoire"…
je me demande si au temps des Romains le terme avait déjà subi l'attraction des piles chère à Putakli…)
Je crois que nous sommes ici à la racine d'un problème qui se rencontre très souvent, et qui procède de manières de penser différentes. L'une, s'attache avant tout à comprendre ce que les gens veulent dire, l'autre à comprendre ce que les gens disent.
Dans le premier cas, la recherche de l'intention personnelle conduit à considérer le conformisme comme un mal nécessaire (la règle), et la signification comme ce qui s'en écarte (le jeu). "Nul n'est sensé ignorer la loi" dit le code civil. On connait donc déjà la loi et la reconnait comme ce qui ne fait pas partie de ce que l'interlocuteur veut dire. L'attention se porte sur le jeu qu'elle permet: a-t-il dit "sans doute" ou "peut-être" ? Se déclare-t-il "désorienté" ou "déstabilisé", etc…

Dans ce cas, si l'étymologie est du côté de la règle, elle n'apporte rigoureusement rien; (cf "La preuve par l'étymologie" de Paulhan). Il y avait dans mon quartier un prétentieux qu'on appelait "Patrick le con", à cause d'une altercation mémorable où il s'était entêté dans l'étymologie, ne voulant pas que "oui" procède du verbe ouïr. Il expliquait tout ce qu'on a lu dans les grammaires sur la langue d'oc et la langue d'oïl: hoc il= oui, et le soutenait moridicus, documents à l'appuis pour en tirer la conclusion que oui n'avait absolument rien à voir avec le verbe ouïr.
"Entendu !" lui avais-je répondu, simplement.

Mais on peut aussi se servir de l'étymologie pour s'écarter de l'usage courant et donner une autre résonance, alors personnelle, à certains mots comme Mallarmé ou Valéry font en poésie.

Au centre de ce problème, il y a le mot dialogue. Le Robert a carrément abandonné le dia et j'ai entendu Mr Delors dire qu'il avait participé à un trilogue.

Dans le cas de la publicité comme des salons de beauté ou des enseignes de magasins, le calembour est quasiment de règle. Et çà va très loin. Une fabrique de sièges a choisi Cinna pour marque. C'est que, dans le monde du commerce où l'argent tient lieu de langue en séparant le signifiant (l'argent) du signifié (son emploi), laissé à discrétion, la publicité bute souvent, et, ne sachant que faire d'autre, fonctionne au canon et pilonne. Quand on discute avec un publicitaire, il pense souvent en termes d'émetteur et de récepteur, et, dans ce cas, il est difficile de lui faire comprendre qu'il est un transmetteur et qu'au lieu de canarder à tout prix, il pourrait aussi se laisser porter par la vague.

Il en va de la dépilation comme des sièges Cinna. On est dans un système linguistique à part et analysé par Barthes dans "Système de la mode". Un calembour y signifie ingénieux voire spirituel, comme une aigrette signifie à-la-mode. L'attraction hors étymologie ne remonte donc pas aux romains, elle est, au contraire native et inventée par le locuteur qui fait le pître pour se faire remarquer. Le dérèglement est devenu la règle.J
Bonjour Jehan,

Vous avez écrit :
épiler est de fabrication nettement plus récente, c'est le préfixe français é- précédant la racine du poil… euh, je veux dire, la racine du mot latin pilum.
C'est désopilant ! 😂

Muriel
Je ne comprends toujours pas cette histoire de
Le Robert a carrément abandonné le dia
.
Mais je préfère que ce ne soit pas Putakli qui m'explique, je ne le comprends pas !
Bonjour.

Anne a écrit :
Je ne comprends toujours pas cette histoire de
Le Robert a carrément abandonné le dia
Mais je préfère que ce ne soit pas Putakli qui m'explique, je ne le comprends pas !
Je me dévoue donc pour essayer de traduire.

Dans le Robert, on trouve effectivement une entrée "-logue", avec renvoi à "-logie" Mais ce n'est évidemment pas un mot à part entière, comme l'indique le tiret. C'est un simple affixe, et bien d'autres affixes sont ainsi définis. Dans ces conditions, dire que le Robert a "carrément abandonné le dia" est une interprétation vraiment très personnelle. Pourquoi pas "abandonné le pro (prologue), le mono (monologue), ou l'épi (épilogue)", tant qu'on y est ?

A ce propos, la "crème épilogatoire", pour mettre un terme aux poils, ça ne serait pas mal, non ? 😉 (Excusez-moi, Putakli, d'avoir fait mon intéressant tout déréglé pour être à la mode avec une aigrette…)

Au fait, le participe passé du verbe ouïr (du latin audire) , c'est ouï (avec un tréma). Comme l'indique le tréma, on prononce donc "ou-i"en deux syllabes. Tandis que l'adverbe oui (du latin hoc ille), qui n'a pas de tréma, se prononce pour sa part "wi" en une seule syllabe.

Et si oui ne venait pas de "hoc ille", mais de "audire" comme Putakli en semble convaincu… d'où viendrait alors son pendant "nenni" (autrefois nennil) ?

À bon entendeur…
Merci Jehan ! Finalement quand quelqu'un écrit de façon tortueuse, on a tendance à chercher des virages partout.
Alors quand j'enlève les piles de ma zapette, mes mains sont-elles épilatoires ou dépilatoires ?
Je remercie Jehan de ses bons offices, mais il y a une explication beaucoup plus simple que je suis le seul à pouvoir donner.
Ce que j'ai écrit est devenu faux.
J'ai cité le dictionnaire Robert de mémoire, et ne me suis pas trompé sur la première édition où la définition donnée du dialogue est simple: "Entretien entre deux personnes". Cela m'avait mis en colère et la page est surchargée de propos inspirés par cette colère.
Mais je vois dans une version ultérieure que cette monstruosité a été corrigée et qu'on y lit un article correct (à peu près correct).
Il faut dire que le dictionnaire Robert a d'abord été vendu par souscription et que je l'avais acheté de cette manière. Pour des raisons commerciales, on avait hâté la publication et rédigé à la hâte. C'était si nul que j'avais cessé de payer avant la fin de la publication et que mon Robert sur papier s'arrête à reco.
Sans cette information on ne pouvait évidemment pas comprendre.

Il n'y a pas besoin d'être helléniste pour comprendre que dia logos a signifié "avec le logos" ou "à travers le logos", autrement dit de façon simplifiée par écrit, et que le dialogue a d'abord désigné un entretien entre plusieurs personnes par écrit, ce qui correspond à ce forum. Ex dialogues de Platon, de Lucien, etc…

Si "dia logos" s'entend comme "par écrit", les gens qui ne savent ni lire ni écrire n'accèdent pas au dialogue. Alors pour rendre le mot compréhensible, ils transforment dia en di et lisent 2.

Ainsi le même mot désigne pour les uns un entretien écrit entre plusieurs personnes et pour les autres des échanges verbaux en tête à tête entre deux personnes, ce qui fait un casse-tête pour le rédacteur d'un dictionnaire.

On suit très facilement l'évolution de ce problème :
https://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.30:317./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/
"Monstruosité", "page surchargée"… Vous avez parfois des réactions un peu excessives, non ?

"Explication beaucoup plus simple" ? Vous trouvez ? Car il fallait d'abord comprendre que
Le Robert a carrément abandonné le dia
voulait dire en plus clair: "Le Robert a perverti le sens du préfixe "dia"."
Il fallait ensuite comprendre que vous disiez cela parce que le Robert ne mentionne que deux interlocuteurs, et que les rédacteurs avaient donc, selon votre interprétation, abusivement assimilé le dia- à un di-
Vos sous-entendus très personnels emboîtés comme des poupées russes ne facilitent pas vraiment la compréhension de vos messages.

Le premier emploi de "dialogue" a certes été "entretien philosophique entre plusieurs personnes." Dès le début, cela n'excluait nullement l'échange oral, puisque le mot grec "logos" signifie d'abord "discours, propos, parole" et n'implique en lui-même, contrairement à vos assertions, aucune idée exclusive d' écrit. Et "dia-logos" ne signifie pas du tout, même en simplifiant, "par écrit", ni même "à travers le discours" mais "discours à travers = discours de l'un à l'autre (tout comme la diagonale va d'un angle à l'autre…) = échanges langagiers verbaux ou écrits.