Blaise Pascal

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour / Bonsoir,

Je cultive depuis plusieurs mois déjà une véritable fascination pour Blaise Pascal. Le "personnage" et son contexte m'attiraient déjà beaucoup, mais je suis littéralement tombée sous le charme depuis que mon excellente prof de français de 1ère (L, bien sûr!) nous a fait étudier le Pari, qui m'a scotchée et qui m'a permise de me remettre énormément en question… Bref!
J'aimerais savoir d'une part si vous aviez des ouvrages biographiques à me conseiller à ce sujet, ou plus largement des ouvrages historiques sur le classicisme français et sur Port-Royal. D'autre part, s'il se trouvait par hasard des originaux capables de la même fascination que moi, je serais ravie d'engager la discussion, même si je reconnais que je manque encore de culture…

J'espère ne pas avoir commis les erreurs de base du néophyte en postant ce sujet!
Merci d'avance
Mauriac disait de lui "le plus grand humaniste", au sens propre du terme. Son pessimisme lucide en fait un grand philosophe.

Personnellement, il est le plus grand. Artiste, mystique, mondain au début, génie précoce, terrifiant comme disait Chateaubriand, une seule de ses pensées peut tuer. Voltaire y est ridicule dans sa 25e lettre anglaise, y compris Condorcet.
Pour avoir re-parcouru rapidement la 25ème lettre anglaise, je n'en pense pas moins…
Voltaire me donne le sentiment d'un acharnement pur et simple. D'ailleurs il écrivait à Jean-Baptiste-Nicolas Formont en juin 1733 au sujet de Pascal :

"Il y a déjà longtemps que j'ai envie de combattre ce géant. Il n'y a guerrier si bien armé qu'on ne puisse percer au défaut de la cuirasse; et je vous avoue que si, malgré ma faiblesse, je pouvais porter quelques coups à ce vainqueur de tant d'esprits […]"
Une des preuves pour expliquer que Voltaire ne fut jamais philosophe ;
un théologien de la fourberie si vous me permettez ce cynisme 😉
Parce que Pascal, c'est la bête noire de l'esprit des Lumières.

J'ai eu un choc similaire mais avec ses idées sur l'ennui, et les distractions..
Le Sphinx a écrit :Parce que Pascal, c'est la bête noire de l'esprit des Lumières.

J'ai eu un choc similaire mais avec ses idées sur l'ennui, et les distractions..
Sans le savoir, depuis des années j'adhérais avec la thèse développée dans le Divertissement.
Par ailleurs, ma classe (de première) a eu le privilège de suivre une initiation à la philosophie; les cours sur Pascal ont achevé de me boulverser et de me rallier à sa pensée!
Jacques Attali a écrit un Blaise Pascal ou le génie français Ed. chez Fayard.
Bonjour les-grands-mots

Moi aussi, j'ai depuis longtemps une grande familiarité avec Pascal que j'apprécie énormément. Pendant la guerre d'Algérie, c'était avec Montaigne les livres que j'avais dans mon paquetage.
Le Port Royal de Sainte Beuve, qu'on trouve en ligne est une bonne manière de connaître mieux tout ce qui tourne autour de sa vie. La biographie de Pascal n'offre pas un intérêt extraordinaire. Celle de Jacques Attali est un travail intéressant, sans plus. A mon avis, c'est surtout l'histoire des Pensées et de leur publication qui est passionnante. J'ai photocopié les manuscrits et travaillé sur les différents états du texte. Et il ne faut surtout pas oublier de lire les opuscules.
Sur Port Royal en général, il y a assez peu de chose car il était très mal porté de parler du jansénisme. Je ne vois que le livre de Bénichou sur les morales du grand siècle et les articles de l'Encyclopédie à recommander en dehors de Sainte Beuve qui reste la référence essentielle. L'ouvrage d'Adam qui me parait un peu superficiel, mais je ne le connais pas asez pour en dire plus.
La méconnaissance de Pascal est un phénomène remarquable. Dans un colloque international de philosophie à l'UNESCO, je l'ai entendu citer par des étrangers tandis que les français le découvraient avec étonnement et retraduisaient en français les traductions anglaise qu'ils présentaient.
Je suis tout prêt à discuter de Pascal avec vous. Mais en dehors de ses écrits à lire et à relire, c'est surtout Sainte Beuve que je recommande.
La méconnaissance de Pascal est un phénomène remarquable.
Tout à fait. Enfin, je pense que je connais mal aussi, mais au moins ses textes me passionnent. Nous avons peut-être une tradition plus cartésienne, en France, Pascal nous apparaissant comme à l'ombre du grand Descartes, position sans doute injuste.
Putakli a écrit :Je suis tout prêt à discuter de Pascal avec vous. Mais en dehors de ses écrits à lire et à relire, c'est surtout Sainte Beuve que je recommande.
Et bien merci pour ces conseils!
Je serais ravie également d'échanger avec vous à mon retour de vacances (la semaine prochaine), j'ai l'impression d'avoir beaucoup à apprendre à ce sujet!
Bonjour Le Sphinx

L'antinomie entre Pascal et Descartes est fondamentale ("Descartes, inutile et incertain" Pensées), mais quand vous voyez Pascal "à l'ombre du grand Descartes", c'est par suite d'une mise en perspective bien postérieure. C'est bien après sa mort que Descartes a ét mis sur un piédestal, et surtout pour donner à l'enseignement une orientation générale sur une ligne de pensée qu'on appelle le cartésianisme, et qui n'est pas seulement le fait de Descartes, mais aussi de son interprétation. C'est pourquoi le "Discours de la méthode" occupe une si grande place.
A ce propos, quel regard Pascal porte-t-il (porte-il ?) sur Descartes ?
Je ne crois pas qu'il s'y soit particulièrement interessé
Mais si, Léah. Avec deux références négatives (dont une est explicitée) dans Les Pensées et une rencontre des deux en 1647 au sujet scientifique du vide et la pression atmosphérique!
À cette époque on était beaucoup mons cloisonné qu'actuellement…. 😐
Deux réf, ce n'est pas grand chose ! beaucoup moins que Baudelaire n'en a fait envers Hugo 😉
Mais tellement plus mémorable le lapidaire
Inutile et incertain
à cause du principe de doute inséré par Descartes dans sa Méthode.
L'autre in extenso (= dans sa forme épanouie) traite la façon de faire rentrer Dieu dans la Philosophie: passionnant! 😀

Puis Pascal n'était pas critique littéraire pour étaler ses mots longuement pour si peu dire. 😜
Jérémy a écrit
A ce propos, quel regard Pascal porte-t-il (porte-il ?) sur Descartes ?
1 - Porte-t-il.
2 - Les premiers développements sur cette ligne ont évoqué Voltaire qui est un esprit batailleur. Elève et admirateur des jésuites (tout en étant ennemi de la religion), il cherche à canarder, donc une guerre où se mettre. Or les jésuites sont la première cible de la réaction contre le règle de Louis XIV, dés la Régence. Ils vont être expulsés sous Louis XV par le ministère de Choiseul, et Pascal est la bête noire des jésuites à cause des Provinciales.
Un esprit batailleur a besoin de gagner, mais il a aussi besoin d'un adversaire qui lui tienne tête sous peine d'être privé de bataille. Et au XVIIIème siècle, on joue beaucoup à la bataille en réaction contre le XVIIème siècle où la monarchie absolue jouait plutôt à l'anéantissement qui est un tout autre jeu.
Face à ces tentatives d'anéantissement, Pascal et Descartes ont des attitudes radicalement différentes. Descartes s'en va et refuse de revenir, tandis que Pascal reste sur place et résiste. Bien plus, il se fait l'avocat de Port-Royal et sabre la Sorbonne et les jésuites sur le mode de l'anéantissement en les faisant s'écrouler sous le ridicule. Il ne peut pas s'intéresser beaucoup à Descartes parce qu'il joue un tout autre jeu que lui.
Par exemple, Pascal s'en prend à ceux qu'il appelle les "demi habiles", tandis que Descartes, en écrivant le Discours de la Méthode et en l'écrivant en français propose un ersatz de la connaissance, bon pour les indigènes auxquels il ne se mêle pas. Tandis que Pascal aide à résister à la domestication, ne fut-ce qu'intellectuellement, Descartes aide à y contribuer, ne fut-ce que superficiellement, en trouvant un terrain d'accord.
Ils sont contemporains, mais rien n'attire l'un vers l'autre.
Par contre, je ne comprends pas bien pourquoi Flaubert et Mérimée n'avaient pas plus d'affinité l'un pour l'autre. J'ai été à des colloques, interrogé des spécialistes, mais cela m'étonne toujours. Quelquechose m'échappe. Ce n'est pas de l'ordre de l'information, mais de celui du feeling.
Bonjour, Putakli.
Te rends-tu compte jusqu'à quel degré ton admirable propos sera perdu sur les jeunes personnes qui n'ont pas encore acqui une grande culture générale. J'imagine qu'il y a un tas de termes sur lesquels ils doivent se renseigner. Alors que l'autonomie d'études et de travail leur est loin d'être acquis…
Putakli a écrit :2 - Les premiers développements sur cette ligne ont évoqué Voltaire qui est un esprit batailleur. Elève et admirateur des jésuites (tout en étant ennemi de la religion), il cherche à canarder, donc une guerre où se mettre. Or les jésuites sont la première cible de la réaction contre le règle de Louis XIV, dés la Régence. Ils vont être expulsés sous Louis XV par le ministère de Choiseul, et Pascal est la bête noire des jésuites à cause des Provinciales.
Un esprit batailleur a besoin de gagner*, mais il a aussi besoin d'un adversaire qui lui tienne tête sous peine d'être privé de bataille. Et au XVIIIème siècle, on joue beaucoup à la bataille en réaction contre le XVIIème sièclela monarchie absolue jouait plutôt à l'anéantissement qui est un tout autre jeu.
Face à ces tentatives d'anéantissement, Pascal et Descartes ont des attitudes radicalement différentes. Descartes s'en va et refuse de revenir, tandis que Pascal reste sur place et résiste. Bien plus, il se fait l'avocat de Port-Royal et sabre la Sorbonne et les jésuites sur le mode de l'anéantissement en les faisant s'écrouler sous le ridicule**. Il ne peut pas s'intéresser beaucoup à Descartes parce qu'il joue un tout autre jeu que lui.Par exemple, Pascal s'en prend à ceux qu'il appelle les "demi habiles", tandis que Descartes, en écrivant le Discours de la Méthode et en l'écrivant en français propose un ersatz de la connaissance, bon pour les indigènes auxquels il ne se mêle pas. Tandis que Pascal aide à résister à la domestication, ne fut-ce qu'intellectuellement, Descartes aide à y contribuer, ne fut-ce que superficiellement, en trouvant un terrain d'accord.
Ils sont contemporains, mais rien n'attire l'un vers l'autre.***


Par contre, je ne comprends pas bien pourquoi Flaubert et Mérimée n'avaient pas plus d'affinité l'un pour l'autre. J'ai été à des colloques, interrogé des spécialistes, mais cela m'étonne toujours. Quelquechose m'échappe. Ce n'est pas de l'ordre de l'information, mais de celui du feeling.
* Là-dessus, je ne suis pas d'accord. L'esprit vainqueur ou "je sais tout" veut gagner, le batailleur aime la bataille pour elle-même, quitte à "pinailler" 😀!
Le ridicule est une arme souvent utilisée par un enseignant; ce n'est pas pour autant qu'elle est un bon outil didactique. 😜
***J'ai déjà dit qu'ils partagent un intérêt pour le vide. 😂

Introduire une comparison de figures littéraires dans une discussion sur Pascal peut sembler digne d'un nouveau fil.
Néanmoins, puisque tu poses la question
pourquoi Flaubert et Mérimée n'avaient pas plus d'affinité l'un pour l'autre
1. Pourquoi le devraient-ils?
2. Quelle affinité attendre entre un Sagittaire et un Balance? :/
3. Flaubert est surtout contemporain de Baudelaire, Mérimée est plus âgé de 18 ans….assez âgé pour être son père.
4. Flaubert est provincial et entreprend ses études de droit sans conviction (Cf. L'Éducation Sentimentale). Mérimée se fait avocat.
5. Flaubert, influencé par Balzac écrit la France provinciale de façon réaliste. Mérimée, influencé par Walter Scott et Alexandre Pouchkine écrit des nouvelles avec l'action romantique qui déroule dans des différents pays.
6. Mérimée est bon enfant de la République. Fonctionnaire il catalogue les monuments historiques et les protègent et restaurent. Flaubert expérimente la Révolution de 1848 avec l'œil critique. Élu à l'Académie, il est comblé d'honneurs. Flaubert suscite la désapprobation morale d'une société de plus en plus hypocritement conservatrice.
7. Flaubert souffre la mort de son père et sa sœur adorée en 1846. Sa correspondance volumineuse avec George Sand devrait nous donner plus de renseignements sur lui.
8. Pour les styles, Scott/Pouchkine => MÉRIMÉE => Henry James.
Balzac => FLAUBERT => Guy de Maupassant.

Pour quelle raison donc y a-t-il à supposer une affinité entre les deux?
Bonjour JSC

Pour ce qui les rapproche, je pense à la ciselure des phrases, avec le souci d'y mettre quelque chose de physique, mais aussi à des analogies de montage, par exemple entre la Chronique du règne de Charles IX et l'Education sentimentale, une façon d'introduire le charivari ou plutôt d'en parler de manière à rester en dehors et à le regarder de côté, comme un accessoire qui se greffe sur une autre intrigue. Mais aussi, une manière analogue de s'informer avant d'écrire en allant voir sur place, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons.
Bien sûr que Flaubert a lu Balzac, mais il n'en parle pas beaucoup et je ne vois pas beaucoup de désir de faire "du Balzac", mais plutôt de faire autre chose.
Au contraire, l'idée de faire quelque chose des gens de la province, dont Flaubert et Mérimée se sentent, par ailleurs, radicalement séparés, et n'éprouvent aucune sympathie permet d'en faire quelque peu des pantins d'une manière qui leur est particulière et que je ne retrouve pas chez d'autres en France.
Quant au lien que vous faites entre Pouchkine et Mérimée, il me parait correspondre au lien Tourgueneff Flaubert, c'est à dire un lien avec la littérature russe très dirigée et typée de cette époque, et c'est encore un point de rapprochement.

Des divergences politiques peuvent expliquer la distance, mais Flaubert allait quand même chez la princesse Mathilde et même était reçu à Compiègne.
C'est là qu'en faisant le lien Balzac-Flaubert, vous m'avez fait trouver quelque chose qui rend cette hypothèse plus vraisemblable. Flaubert en colère contre les éditeurs qui corrigent les manuscrits, écrivait à Charles Edmond en Aout 1874: "Il est certain que Chateaubriand aurait gâté un
manuscrit de Voltaire et que Mérimée n'aurait pu
corriger Balzac" D'abord, je ne suis pas du tout sûr que ce soit vrai, ni que Flaubert le pense vraiment. Je pense au contraire que c'est lui, Flaubert, qui va trop loin quand il corrige Louise Colet. Mais dans une lettre d'humeur il ne s'agit pas de propos réfléchis. Je ne me les explique que par une arrière-pensée religieuse pour les deux premiers exemples. Y aurait-il une arrière pensée politique pour les deux autres? Comment l'amant de Mme Delessert se transforme-t-il en amoureux transi de l'impératrice Eugénie ? L'opportunisme politique pourrait être mêlé à cela et Flaubert répugner à l'opportunisme de Mérimée.
C'est peut-être la bonne piste: Mérimée vu par Flaubert comme un censeur capable de faire faire une dictée pour le plaisir de prendre les gens en faute, d'autant plus suspect de zèle qu'il a à se faire pardonner ses liens avec le régime précédent, une posture de faux jeton qui fait pendant à l'exil de Hugo. C'est assez conforme à cette manière de Mérimée d'aller confisquer aux gens de province leurs biens, puis de leur rendre un bout d'âme en les faisant entrer dans une nouvelle, et en même temps d'écrire à son ministre que l'existence à Caen d'une revue de qualité est attentatoire à la suprématie parisienne et qu'il faut la faire supprimer.

Cela faisait plus de 10 ans que je m'étonnais que Mérimée et Flaubert ne soient pas rapprochés, sans y trouver de réponse, et j'en concluais forcément que je les avais mal compris. Comme cela, je vais, grâce à vous, être délivré d'une inquiétude obsédante.
Bonjour,
J'aurais une question qui me tracasse à vous poser…
Qu'est-ce qui fait que Pascal est un humaniste ?
j'ai cherche un peu partout mais je n'ai rien trouvé. Aussi, j'ai essayé d'en déduire quelque chose par moi même mais encore rien.



Si ça serais possible de me répondre… je vous remercie d'avance.