Pléthore

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Est-il plus correct de dire : "Il y a une pléthore d’argent dans ce pays" .

Ou "Il y a pléthore d’argent dans ce pays" ?

Merci pour vos réponses !
PLÉTHORE: abondance excessive.
Il me semble donc de dire qu'il y a une abondance excessive d'argent dans ce pays est, dans les faits, incorrect! 😉

Dans le doute, pourquoi pas dire que l'argent est pléthorique, qui semble d'avoir un sensplus attenué (voire un dictionnaire).

Pléthore (substantif) demande un article devant lui, dirais-je.
Une pléthore
La Pléthore
Les deux formulations sont donc acceptables et correctes ?
Bonjour.

Au lieu de dire: "L'argent est pléthorique dans ce pays", pour éviter la lourdeur de cet adjectif,
il vaut mieux dire "Il y a pléthore d'argent dans ce pays", sans article.
Contrairement à ce que semble penser JSC, ce n'est pas parce que "pléthore"
est un nom qu'il doit ici être obligatoirement précédé d'un article apparent.

Selon Denis et Sancier, on peut parler ici d' "article zéro",
"lorsque le substantif est employé dans sa plus grande virtualité, pour
évoquer l'ensemble des propriétés qu'il dénote."


Trois autres exemples de noms avec "article zéro":

"Y a-t-il bonheur plus complet ?"
"Abondance de biens ne nuit pas."
"Il y a moyen de s'en sortir."
Ah, Jehan.
Si seulement j'arraivais à faire zéro erreur.
Il semble que j'en fasse pléthore, myriade même.

Ce qui est étrange est que "pléthore" n'a pas l'universalité et surabondance de sens qu'ont "bonheur, biens et moyen". Ses sens, ne sont-ils pas limités? Une ensemble de propriétés limité à deux est quand même un peu extrême, non?
Bonsoir, JSC.

C'est vrai que parfois les nuances sont très subtiles… Et lequel d'entre nous n'a jamais commis d'erreurs ?

Tu connais cependant un peu mieux le français que je ne connais l'anglais, c'est certain.
Cependant, sache que la possible absence d'article à "pléthore" n'est pas aussi généralisable que tu pourrais penser.

Car si on peut dire "Il y a pléthore d'argent" , il ne me semble pas conforme à l'usage, en revanche de dire "Je fais pléthore de fautes"… Mais je serais bien incapable de t'expliquer clairement pourquoi !
"Myriade", quant à lui, s'emploie en général au pluriel et avec l'article :
"On voyait des myriades d'étoiles."

L'expression importante, dans la définition de Denis et Sancier, est "dans sa plus grande virtualité". Cela veut dire que le nom sans article est pris dans son sens le plus général et le plus abstrait, sans désigner un objet concret particulier et défini.

"Il y a une pléthore d'argent" = une trop grosse masse d'argent, un trop gros tas d'argent.
(on imagine l'objet: un tas, une masse…)

"Il y a pléthore d'argent" = beaucoup trop d'argent
(simple notion abstraite de quantité excessive)

"Il y a un moyen de s'en sortir" = un procédé particulier, que l'on pourrait éventuellement décrire.

"Il y a moyen de s'en sortir" = on peut ( simple notion abstraite de possibilité)
Jehan a écrit :Car si on peut dire "Il y a pléthore d'argent" , il ne me semble pas conforme à l'usage, en revanche de dire "Je fais pléthore de fautes"… Mais je serais bien incapable de t'expliquer clairement pourquoi !
J'adore! 😀
"Myriade", quant à lui, s'emploie en général au pluriel et avec l'article :
"On voyait des myriades d'étoiles."
Je le sais; tu t'en doutais.
Mais myriade (à l'origine dans l'antiquité = 10 000 = nombre considérable et "mille myriades" = innombrable) de nos jours = un nombre immense. Myriades donc = des nombres immenses. Utiliser le pluriel est l'usage, mais un non-sens quand même.
L'expression importante, dans la définition de Denis et Sancier, est "dans sa plus grande virtualité".

Pour justifier ton point de vue, ça va de soi. Mais quid de
pour
évoquer l'ensemble des propriétés qu'il dénote."

?

Chercher "zéro article" ou "suppression de l'article grammaire" par Google se révèle relativement infructueux. es-ce un concept très répandu, très défini?
Au sujet de "myriade" (étymologiquement = 10000) , tu as écrit :
Utiliser le pluriel est l'usage, mais un non-sens quand même.
Et pourquoi donc ? Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers… ( = des myriades )

Etant donné que le nom avec article zéro acquiert une tonalité plus abstraite, virtuelle, un peu comme un nom de qualité, il semble normal qu'il évoque l'ensemble des propriétés "abstraites" attachées à ce nom. Pour "pléthore", par exemple: abondance + excès .

J'ai trouvé cette notion d' "article zéro" chez Denis et Sancier, ainsi que chez Wilmet. Si tu veux trouver des liens intéressants, dans Google, tape plutôt (et entre guillemets) "article zéro" , et non pas zéro article. Je n'ai pas encore eu le temps d'éplucher tous ces liens, mais il me semble que beaucoup concernent aussi la langue anglaise…
Jehan a écrit :Et pourquoi donc ? Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers… ( = des myriades )
Les anciens ne savaient peut-être pas compter jusqu'à là! Avec nos calculatrices et vaste intelligence, nous y arrivons mieux.

Etant donné que le nom avec article zéro acquiert une tonalité plus abstraite, virtuelle, un peu comme un nom de qualité, il semble normal qu'il évoque l'ensemble des propriétés "abstraites" attachées à ce nom. Pour "pléthore", par exemple: abondance + excès .
J'avais pensé déjà refuter cet argument en posant: les deux seules qualités de "pléthore" ne valent pas les innombrables qualités de tes trois autres substantifs.
J'ai trouvé cette notion d' "article zéro" chez Denis et Sancier, ainsi que chez Wilmet. Si tu veux trouver des liens intéressants, dans Google, tape plutôt (et entre guillemets) "article zéro" , et non pas zéro article. Je n'ai pas encore eu le temps d'éplucher tous ces liens, mais il me semble que beaucoup concernent aussi la langue anglaise…
Quand j'ai un moment, j'irai voir.
Deux seules références françaises? N'est-ce pas une invention technique récente de plus?
oui mpour l'anglais. Il y a toute une difficulté à expliquer aux étrangers quand il faut mettre un article et quand il ne faut pas le mettre! Mais l'usage est bcp plus répandu en anglais dirais-je.
Jehan a écrit
ce n'est pas parce que "pléthore"
est un nom qu'il doit ici être obligatoirement précédé d'un article apparent.
Je ne suis pas sûr qe "pléthore" soit toujours un nom. On peut employer pléthore comme beaucoup au superlatif.
Non ?
Selon les dictionnaires pléthore est toujours un nom. Un exemple donné est Ce dictionnaire contient une pléthore de mots irréfragablement intéressants. Avec l'article, c'est plus flagrant que dans celui du Wiktionnaire Il y a pléthore d’argent dans ce pays !

La notion de déterminant ou d'article zéro est plus communément étudiée sous le titre d'absence de déterminant ou d'absence d'article.
Ici, plutôt que de parle de "plus grande virtualité", je citerai juste Grevisse :
Le nom qui suit il y a se construit souvent sans article.
Bonsoir,

Je n'ai aucune honte à vous révéler que j'avais complètement sorti de ma mémoire ce mot : https://www.absurditis.com/index.php?page=dico&lettre=I&mot=Irr%E9fragablement irréfragablement ! Merci Anne ! Je vais le "ressortir" dans mes dîners ! 🙂

Muriel
Bonsoir, JSC.
Les anciens ne savaient peut-être pas compter jusque là.
Encore une de tes boutades… Car le mot "myria" ( = 10 000) existait bien dans la Grèce antique, non ?

Le nombre de sens différents (ce que tu appelles à tort "qualités") d'un mot n'a rien à voir avec sa propension à être précédé de l' "article zéro". Même les mots très polysémiques, dans une phrase donnée, voient forcément l'éventail de leurs sens possibles se restreindre.

C'est vrai qu'en français contemporain, on a encore peu étudié cet article zéro si fréquent en anglais. On l'a surtout étudié, semble-t-il, en ancien français.

Denis et Sancier , à la fin du chapitre qu'elles lui consacrent, le constatent volontiers : "C'est à des tendances, plutôt qu'à des règles, qu'obéissent les cas d'emploi du nom sans article…" Après le présentatif "il y a", en tout cas, la tendance me paraît assez nette :

article zéro : abstrait, général, qualitatif, appréciatif.
autres articles : concret, précisément désigné en tant que tel.

"Il y a une anguille sous la roche." (valeur concrète: véritable anguille sous véritable roche)
"Il y a anguille sous roche" (sémantisme abstrait = secret, information cachée)

"Il y a une erreur" (concret: une erreur effective et particulière)
"Il y a erreur" (appréciation générale = quelqu'un s'est trompé)

"Il y a une urgence" (un cas concret, un événement)
"Il y a urgence" (considération appréciative et qualitative = il faut faire vite)

"Il y a du champagne." (concret, on peut toucher la bouteille.)
"Il y a champagne et champagne." (qualitatif et abstrait = Tous les champagnes n'ont pas les mêmes qualités, les mêmes propriétés.)

P.-S. pour Putakli: Oui, bien sûr : "(une) pléthore de"= "beaucoup trop de" = "une trop grosse quantité de". Mais grammaticalement parlant, c'est bien un nom !
Moi, j'avoue que je ne le connaissais même pas !
Jehan a écrit :"Il y a une anguille sous la roche." (valeur concrète: véritable anguille sous véritable roche)
"Il y a anguille sous roche" (sémantisme abstrait = secret, information cachée)
il y a l'anguille qui se sert délicieusement cuisinée en Bordelais.
"Il y a une erreur" (concret: une erreur effective et particulière)
"Il y a erreur" (appréciation générale = quelqu'un s'est trompé)
Il y a l'erreur et la faute.
"Il y a une urgence" (un cas concret, un événement)
"Il y a urgence" (considération appréciative et qualitative = il faut Iaire vite)
il y a l'urgence qui se contraste avec la nécessité.
"Il y a du champagne." (concret, on peut toucher la bouteille.)
"Il y a champagne et champagne." (qualitatif et abstrait = Tous les champagnes n'ont pas les mêmes qualités, les mêmes propriétés.)
Il y a le champagne, puis il y a des crémants.

il y a la pléthore d'exemples, mais qui en soi ne contiennent pas de preuve.
Très pratiques, tes pirouettes, pour éviter de réfuter logiquement mes analyses… Je n'ai pas inventé les nuances sémantiques de ces phrases rien que pour ma démonstration, et c'est bien dommage que tu ne les perçoives pas. Alors, pourquoi affirmer que je n'apporte pas de preuves ? Je ne me permettrais pas de t'en dire autant si tu me donnais à comparer le sémantisme de phrases anglaises.

Au fait, à partir de quel nombre commence une pléthore ? 😉
Putakli a écrit :Je ne suis pas sûr qe "pléthore" soit toujours un nom. On peut employer pléthore comme beaucoup au superlatif.
Non ?
Non ! pléthore est toujours un nom.
Débat intéressant, JSC et Jehan ! Décidément, j'en apprend de jour en jour !
Anne345 a écrit :je citerai juste Grevisse :
Le nom qui suit il y a se construit souvent sans article.
Pour participer à un spectacle, je vais souvent à l'opéra, mais la plupart du temps je vais au cinéma.
Juste pour dire que le mot "souvent" n'est pas très clair chez Grevisse.
De toute façon il ne porte pas l'obligation de ce faire.
Titigoth a écrit :Décidément, j'en apprend de jour en jour !
Tu m'en vois ravi, Titi. Sinon, quelle sera ta motivation pour faire des posts ici?
Jehan a écrit :Au fait, à partir de quel nombre commence une pléthore ?
Pour certaines tribues africaines (comptant sur le bout des doigts et ignorant leur pieds) "beaucoup" arrive après 10. Je n'imagine pas qu'elles font la disstinction entre les degrés d'innombrable.

Je ne réfute (et essaie de ne parler) qu'en cas de nécessité….
Bonjour.
Le nom qui suit il y a se construit souvent sans article.
Là, je suis d'accord avec JSC, il faut reconnaître que cette remarque de
maître Grevisse n'est pas d'une précision remarquable. Il serait intéressant de connaître les exemples qu'il cite (s'il en cite !) .

Je trouve de toute manière que le "souvent" de Grevisse est un peu abusif. En fait, l'absence d'article après "il y a" ne me semble pas si commune que ça. Et comme le dit JSC avec sa syntaxe très personnelle , dans les cas où elle est possible, on a souvent le choix, puisque effectivement
"il ne porte pas l'obligation de ce faire".
Personnellement, j'ai cru remarquer que l'absence d'article était surtout
possible quand le "il y a" est suivi d'une appréciation, d'une estimation, d'une évaluation qualitative ou quantitative… La tournure est alors souvent transposable en utilisant un attribut.

Il y a urgence. → C'est urgent.
Il y a moyen de réussir → Réussir, c'est possible.
Il y a erreur. → C'est erroné.
Il y a pléthore d'argent. → L'argent est surabondant.

La présence d'un article "actualise" et concrétise, on sort des généralités, du simple jugement.

Il y a une urgence dans la rue voisine, appelez le SAMU !
Il y a un moyen de réussir, il n'y en a pas trente-six.
Il y a une erreur de syntaxe dans cette phrase.


Absence d'article dans les expressions figées, ce qui signale qu'il ne faut pas les prendre au sens propre (constat objectif), mais au sens figuré (appréciation d'une situation).

Il y a anguille sous roche ? Il y a une anguille sous la roche.
Il n'y a pas photo ? Il n'y a pas de photo.

JSC a aussi écrit :
Je ne réfute (et essaie de ne parler) qu'en cas de nécessité….
Et aussi un peu quelquefois pour le seul plaisir de taquiner, non ? 😜