Camus, L’Étranger, incipit - Aujourd’hui, maman est morte…

Entraide scolaire

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Vouloir que Meursault écrive c'est tomber dans le piège que Hugo s'est tenu à lui-même dans le Dernier jour d'un condamné. voulant pour la vraisemblance qu'il s'agisse d'un témoignage écrit, il multiplie les invraisemblances :
Ma jeunesse, ma docilité, les soins de l’aumônier de la prison, et surtout quelques mots en latin que j’adressai au concierge, qui ne les comprit pas, m’ouvrirent la promenade une fois par semaine avec les autres détenus, et firent disparaître la camisole où j’étais paralysé. Après bien des hésitations, on m’a aussi donné de l’encre, du papier, des plumes, et une lampe de nuit.
— J’ai une dernière déclaration à faire ! ai-je crié faiblement.
On m’a monté ici.
J’ai demandé qu’on me laissât écrire mes dernières volontés. Ils m’ont délié les mains, mais la corde est ici, toute prête, et le reste est en bas.
Sous prétexte de vraisemblance, Hugo atteint l'invraisemblable. Camus, un siècle plus tard, se refuse à ces contorsions ; Il nous met en prise directe avec les pensées de son personnage, point. Inutile de prendre une fausse piste en lisant l'Étranger comme un journal.
Je parlais ici de l'auteur, non de son personnage.
Je vous rappelle la question :
Salut à tous ^^, j'étudie actuellement l'incipit de l'étranger de Camus (bon je révise en fait) et je me demandais en quoi les verbes de parole prouve que l'auteur fait du narrateur un écrivain novice, merci d'avance 🙂
C'est pourquoi je réponds qu'à aucun moment l'auteur ne fait du narrateur un écrivain, même novice.
Il n'est pas novice puisqu'il se charge d'une lettre délicate à écrire pour Raymond.
Il a certainement eu un passé "intellectuel" puisqu'il dit à un moment qu'il a perdu le goût de s'analyser.
Quant à la forme journal, cela ne suppose évidemment pas que Meursault écrive effectivement. Mais en fait, il se peut que ce ne soit ni un journal ni un monologue intérieur, et que cela n'ait pas beaucoup d'importance.
Il n'est pas novice puisqu'il se charge d'une lettre délicate à écrire pour Raymond.
Dites-le au collègue auteur de cette formule.
Mais en fait, il se peut que ce ne soit ni un journal ni un monologue intérieur, et que cela n'ait pas beaucoup d'importance.
C'est mon opinion et je la partage. Au demeurant, je ne m'étais pas jusqu'ici posé la question. disons qu'aucun indice textuel ne plaide pour un Meursault scripteur, on ne relève aucune des laborieuses contorsions de Victor Hugo… et on s'en moque !
J'aimerais savoir si parler des interventions au présent ne justifieraient-ils pas sa fonction de scribe ? comme ici :
J'ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c'est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l'odeur d'essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j'étais tassé contre un militaire qui m'a souri et qui m'a demandé si je venais de loin. J'ai dit « oui » pour n'avoir plus à parler.

L'asile est à deux kilomètres du village. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il était occupé, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlé et ensuite, j'ai vu le directeur : il m'a reçu dans son bureau. C'était un petit vieux, avec la Légion d'honneur. Il m'a regardé de ses yeux clairs. Puis il m'a serré la main qu'il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m'a dit : "Mme Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien." J'ai cru qu'il me reprochait quelque chose et j'ai commencé à lui expliquer. Mais il m'a interrompu : "Vous n'avez pas à vous justifier, mon cher enfant. J'ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle était plus heureuse ici." J'ai dit : "Oui, monsieur le Directeur." Il a ajouté : "Vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont d'un autre temps. Vous êtes jeune et elle devait s'ennuyer avec vous."
Non. Autre manière de dire "L'asile étant à 2 km. du village, j'ai fait, etc."

Il parle au PC. Mais l'asile, lui est, était et sera toujours là.

Exemple : Hier, j'ai acheté des gâteaux. La pâtisserie est un magasin style 1900, bla bla bla. J'ai déboursé 5 euro(s).
Le système du présent renvoie au journal aussi bien qu'au monologue, c'est ce qu'on appelle du discours.
Cet élève veut à tout prix que le héros écrive d'une manière ou d'une autre.

Perso, je penche pour un monologue intérieur. Le fait que ce soit du discours ne va pas l'aider à trancher dans un sens ou dans l'autre.

De toute manière, Shocop, on s'en fiche un peu qu'il soit écrivain ou non, ce n'est pas le problème.

Avez-vous lu le message où Camus explicite son intention en écrivant L'Etranger ?
Merci beaucoup, vous m'avez éclairé ! J'éviterai, grâce à vous, un débat houleux le jour de mon oral avec mon examinateur 😂 !

Fan du 18 :
Cet élève veut à tout prix que le héros écrive d'une manière ou d'une autre.
😂 😂 !
Bonjour, mardi je passe un autre oral blanc sur l'incipit de l'etranger avec la question suivante : Dans quelle mesure a t- on affaire a un incipit original?

Je ne suis pas très forte pour analyser, définir les parties etc qqun pourrait-il m'aider s'il vous plait?
Si tu lis bien ce qui précède, tu trouveras des indications pour la norme et pour l'écart.
Je crois que tu trouveras des milliards de réponses un peu partout sur cet incipit…