Blaise Cendrars, Les Pâques à New York

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Que pouvez vous me dire sur cette fin de poème?
Que signifie "Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
Je n'arrive pas à l'analyser…

L'aube tarde à venir, et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois.
C'est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l'on voit trembloter en rouge sur du noir.
La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.
Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.
Des reflets insolites palpitent sur les vitres …
J'ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d'être si triste.
"Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
- La lumière frissonner, humble dans le matin.
"Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
- Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.
"Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
- L'augure du printemps tressaillir dans mon sein.
Seigneur, l'aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.
Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.
Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.
La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.
Une foule enfiévrée par les sueurs de l'or
Se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors.
Trouble, dans le fouillis empanaché de toits,
Le soleil, c'est votre Face souillée par les crachats.
Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne …
Ma chambre est nue comme un tombeau …
Seigneur, je suis tout seul et j'ai la fièvre …
Mon lit est froid comme un cercueil …
Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents …
Je suis trop seul. J'ai froid. Je vous appelle …
Cent mille toupies tournoient devant me yeux …
Non, cent mille femmes … Non, cent mille violoncelles …
Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses …
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées …
Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.
Ces mots latins signifient
Dis-nous, Marie (-Madeleine), qu'as-tu vu en chemin ?
Ils sont repris d'une hymne du temps pascal dans l'office catholique.
Marie-Madeleine s'est rendue au tombeau du Christ après la Passion au matin du dimanche de Pâques pour découvrir avec bonheur la résurrection du crucifié.
Quel est le sentiment de Cendrars dans ce poeme?
Salut à tous,

Je prépare mes fiches pour mes textes complémentaires.
Parmi eux, j'ai du mal à comprendre le sens du poème de Cendrars, Les Pâques à New-York :
Seigneur, c'est aujourd'hui le jour de votre Nom,
J'ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans un livre, doucement monotones.

Un moine d'un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d'or[…]
Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée, tassée, comme du bétail, dans les hospices
D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.

Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongoles.
Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.

C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance […]

J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église;
Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.

Je pense aux cloches tues: — où sont les cloches anciennes?
Où sont les litanies et les douces antiennes? […]

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.[…]

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne…
Ma chambre est nue comme un tombeau…

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre…
Mon lit est froid comme un cercueil…

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents…
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle…

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux…
Non, cent mille femmes… Non, cent mille violoncelles…

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses…
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées…

Je ne pense plus à vous. Je ne pense plus à vous.
Selon moi, il s'agit d'une découverte de la modernité de la ville, qui dépasse alors l'homme, allant jusqu’à lui faire perdre ses propres croyance "je ne pense plus à vous".
Il s'agirait alors, d'une critique et d'une prière contre le capitalisme et la puissance de l'argent naissant faisant alors des homme, des "bêtes" immoral …

Merci d'avance 🙂
Une prière à Dieu

La situation des immigrants et le mythe de New York

Un voyage artistique du vieux contient vers le nouveau monde
Merci de ta réponse 🙂

Mais, dans ce cas pourquoi prie-t-il ?
Et qu'est-ce que le mythe de New-York ?
Il prie parce que c'est Pâques, parce qu'il se souvient à cette occasion de l'enseignement reçu dans l'enfance et parce que ce départ pour le Nouveau monde constituait un formidable espoir : passer de la mort sociale à l'espoir d'une vie meilleure, sorte de résurrection.
(Les marqueurs de la prière sont nombreux comme le destinataire "Seigneur" en anaphore et en récurrence, comme le champ lexical religieux et les allusions à l'enseignement biblique ou à la tradition catholique)
Aah, d'accord…Je comprend beaucoup mieux le sens de ce poème !
Merci beaucoup, floreale, tes explications étaient très claires 🙂