Le plus beau vers de la langue française
288 réponses · Page 6 / 15
hum, merci pour ce moment de lecture rimée 🙂
j'ajouterai l'assonance "pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?" d'Andromaque … entendu sur scène, c'est du pur bonheur !
bonjour à tous fins gourmets de la poèsie,
Avez vous jamais entendu chanter ces vers de Lamartine par un joueur de flute sur un air saharien du sud algérien? On sent couler les vers où se lubrifient les mots qui ressucitent les sentiments en caressant les maux
"Objets innanimés avez-vous donc une ame
Qui s'attache à notre ame et à la force d'aimer?"
J'ai parcouru ces jolies pages où chaque vers exhibe sa beauté,sans fard ni fanfare, atteignant le divin sans vouloir le chercher.Je propose un répertoire où seront réunis ces merveilles de vers qui ravivent le coeur et subliment l'ame.
L'héritage poètique français est aussi riche que varié ;il n'est de période où le lecteur ne vibre à la saveur du vers qu'elle imprègne de ses parfums.
Que chacun justifie son choix par ce qu'il éprouve envers le vers.
Le répertoire donnera à l'éphémère de la beauté vie et pérennité .
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel, en un moment conçu
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su ( Félix Arvers ! )
Tout suffocant et blème
Quand sonne l'heure,
Je me souviens des jours anciens
et je pleure ! ( Verlaine: Chanson d'automne! )
-
Bleus ou noirs, tous aimés tous beaux
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore
Ils dorment au fond des tombeaux
et le soleil brille encore ! (Sully Prudhomme: Les Yeux !)
-
Aux plus belles choses
Le temps se plaît à faire un affront
Il saura fâner vos roses
Comme il a ridé mon front
Le même cours des planètes
régle nos jours et nos nuits
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis ! (Corneille: Stances à la Marquise ! )
Voici quelques vers qui m'ont enchanté
"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots." Musset
"Ecoutez la chanson bien douce qui ne pleure que pour vous plaire." Verlaine
Mais deux préférés je pense 🙂
Le XIXème et le XXème siècles emportent 95% des suffrages, avec les éternels vers de Baudelaire et Rimbaud, qui accompagneraient fort bien des publicités pour une marque de café ou de chocolat chaud ! Allons, amateurs de Clément Marot, Du Bellay, Ronsard, Agrippa d'Aubigné, etc., réveillons-nous !
"France, mère des arts, des armes et des lois" (…)
Je suis persuadée que Ronsard ou Marot accompagneraient aussi bien la pub
Tiens des crèmes raffermissantes
Quand vous serez bien vieille le soir à la chandelle
La poésie est une auberge espagnole, chacun y trouve… ce qu'il y cherche
Tu as bien raison. Je me suis fait intégriste, juste histoire de rigoler un peu 😜. Et c'est vrai qu'en poésie, le vers sublime pour l'un sera le comble du ridicule pour l'autre.
Lorsque nostalgie, douleur et tristesse dans les poèmes me pèsent, je me tourne vers Charles d'Orléans
Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie
Et s'est vêtu de broderies
De soleil luisant, clair et beau.
ou bien Marot
Dedans Paris, ville jolie
Un jour passant mélancolie,
Je pris alliance nouvelle
A la plus gaie demoiselle
Qui soit d'ici en Italie
dans la vie, on a un seul soleil, une seule lune et une unique mère…
un son, un mot et quelque vers peuvent rendre une lueure de guaité
dans le coeur de nos mère.
voila, l'un de mes poèmes, écrits par moi-même, que je vous invite à lire:
L’air souffle dans ses cheveux
Fermant les yeux, elle fait un vœu :
Le retour d’un être cher ;
Le retour d’un enfant à sa mère.
Le chagrin habite son cœur,
De cette séparation à contrecoeur.
Une autre femme le retient,
Et un petit être illumine ses matins.
Il devint un homme grâce à elle ;
Sa mère, dévouée et forte, elle lui a donne des ailles.
Quittant sa maison à l’aube d’un jour,
Il a cru renier sa mère pour toujours.
Au cœur de la nuit,
L’enfant dans le bras de sa mère pleure des larmes de pluie.
Touché par cette scène d’amour,
Chez sa mère, il désira le retour.
Dans cette terre de feu
L’air souffle toujours dans ses cheveux.
Ouvrant les yeux, une larme s’échappe d’un puits heureux.
A ses pieds, il pleure comme un enfant
Reconnaissant son péché, il implore le pardon
De toute son âme, elle l’étreint
Et de son cœur est chassé le chagrin.
Nos mères sont pareilles à une mer,
Qui laisse les saumons la quitter pour une rivière
Mais ils reviennent tous à leur mère,
Car Dieu exauce toujours le vœu de cet être cher.
Et le vent soufflera à jamais dans ses cheveux
Ne laissant échapper les larmes du malheur de ses yeux.
Il y a aussi ce célèbre vers de Corneille (je parle surtout du deuxième, bien entendu, et de sa sonorité délicieusement équivoque pour nous - mais impeccable pour une prononciation classique) :
« Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule. » (Polyeucte, I, 1)
Bonsoir Ens,
Oui, oui… mais là, vous êtes très coquin ! 😉
Muriel
Très connu mais tellement vrai :
"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" (Lamartine)
Et puis une petite phrase qui n'est pas un vers mais que je trouve très belle…alors je l'ajoute !
"Partout où il n'y a rien, lisez que je vous aime" (Diderot à Sophie Volland)
Il y en a tellement !
"Rien, cette écume, vierge vers" comment est-ce donc … ah oui , abyssus abyssum invocat. le vocatif , l'invocatoire , pour un tas d'absolu …"aboli bibelot d'inanité sonore"…
célèbre , et célèbrant le sublime ; l'appolinien :
"Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté."
sinon , quand on aime se ballader en ville la nuit , "la ville est colossale et luit comme une mer " à quelque chose qui tient de l'invocatoire , du religieux , qui me bouleverse à chaque fois …
sinon d'autres vers bouleversants … " l'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable […] Il dort. C'est étonnant comme les pas de femme, / résonnent aux cerveaux des pauvres malheureux."…
OU encore : " ¿Qué es la vida? Un frenesí.
¿Qué es la vida? Una ilusión,
una sombra, una ficción,
y el mayor bien es pequeño;
que toda la vida es sueño,
y los sueños, sueños son."
ou bien aussi : "Kein werden kann zu Nichts zerfallen"
zut, c'est pas français, ça … Oh , et j'allais oublier , si vous voulez un "orfèvre du vers" , la jouissance de la forme à chaque instant , il me semble que Heredia…
Le Cydnus
Sous l’azur triomphal, au soleil qui flamboie,
La trirème d’argent blanchit le fleuve noir
Et son sillage y laisse un parfum d’encensoir
Avec des sons de flûte et des frissons de soie.
À la proue éclatante où l’épervier s’éploie,
Hors de son dais royal se penchant pour mieux voir,
Cléopâtre debout en la splendeur du soir
Semble un grand oiseau d’or qui guette au loin sa proie.
Voici Tarse, où l’attend le guerrier désarmé ;
Et la brune Lagide ouvre dans l’air charmé
Ses bras d’ambre où la pourpre a mis des reflets roses.
Et ses yeux n’ont pas vu, présage de son sort,
Auprès d’elle, effeuillant sur l’eau sombre des roses,
Les deux enfants divins, le Désir et la Mort.
Sois sage, oh ma douleur et tiens-toi plus tranquille…
"L'autre jour, au fond d'un vallon, Un serpent mordit Jean Fréron: Que pensez-vous qu'il arriva? Ce fut le serpent qui creva." Voltaire.
Je trouve ça magnifique, et dans son contexte, c'est encore plus beau. Voltaire s'y prend vraiment bien pour descendre son opposant.
" Le paradis terrestre est où je suis." Le Mondain - Voltaire
Une vision du bonheur comme une autre 🙂
« Il était important que je souffre pour connaître ensuite cette rage de dire les choses » Claire Castillon.
ooof très forte cette phrase! Jean Genet a lui aussi dit quelque chose qui ressemble à ça : " et qu'elle soit bénie cette misère qui me conseille de tels choix" il parlait de ses mots et expressions
Oui en effet, la phrase de Claire Castillon est magnifique 🙂 En même temps c'est Claire Castillon elle-même qui l'a dîtes !!
Ta citation aussi est pas mal 🙂
"Le corps est effrayant. Il meurt. les mots ne meurent jamais."
Oui, je suis amoureuse des mots 😀
La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l'âme chercher le chagrin qui nous dévore. Stendhal
De Racine :
Si je la haissais, je ne la fuirais pas.
--
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachées :
C'est Vénus toute entière à sa prois attachée.
--
Et la mort, à mes yeux déroabant la clarté
Rend au jour qu'ils souillaient toute sa pureté.