Le plus beau vers de la langue française

Littérature

288 réponses · Page 5 / 15

Merci Leah pour la correction. pourriez vous me donner une explication plus claire "qu'est ce_qu'un alexandrin?" merci en avance
Chère Noura
Un alexandrin est un vers de douze syllabes répondant de plus à des règles complexes (sinon c'est un dodécasyllabe)
Le TLF dit que les deux mots sont synonymes, mais pour les poètes ils ne le sont pas. Disons qu'un alexandrin c'est un dodécasyllabe de style classique
Compter les syllabes:
comment savoir si conversation est con-ver-sa-tion ou con-ver-sa-ti-on?

Et les e muets?
Les e muets se comptent toujours en poèsie classique ; les dièréses comptent ou ne comptent pas selon les vers. Avec l'habitude on y arrive très bien !
Le e muet en poésie contemporaine est par fois élidé en ' ; ou bien on fait aussi confiance au lecteur pour les lire ou pas. Ça fonctionne très bien !
" Et c'était un esprit avant d'être une femme"
V.Hugo. Elle avait pris ce pli. ( Contemplations)
Poéme pour sa fille décédée Léopoldine.
"Les lumières changeaient pas ton obscurité" de Roubaud.

Ah… quel beau travail sur le blanc typographique!
"J'ai de mon rêve épars connu la nudité". Mallarmé
Et regardant mes pieds qui calmeraient la mer
(Mallarmé, même poème –Hérodiade–)
Bonjour,
" Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."
Signé: V.Hugo.
Peut-on citer du théatre ? 🙂

" Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m'accable,
Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable."
PhèdreI , 3

Je trouve ce vers magnifique avec la toute puissance du tragique.
Du même; la magnifique ellipse dans Andromaque
Je t'aimais inconstant ; qu'aurais-je fait fidèle ?
Ah làlà quelle beauté dans les vers de Racine

Ibid donc
Seigneur, vous entendez.
Gardez de négliger une amante en fureur qui cherche à se venger
"Et toi mon coeur pourquoi bats-tu ?" Je pense plutot que c'est de Guillaume Appolinaire
C'est le titre que Jean d'Ormesson a donné à son antho de poésie 🙂
Ah ! Vaste sujet !
On pourrait penser à Queneau, avec l'émouvant :
"L'oiseau cru fait cui cui
L'oiseau cuit
Ne le fait plus"

Ou à Mallarmé, évoquant
"Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui"

Ou encore Laforgue, dont le personnage insomniaque dit :
"Bah! Couchons-nous… Minuit… Une heure… Ah ! Chacun dort"

Mais au fond, cette question a été réglée une fois pour toutes et de façon définitive par René de Obaldia, dans ses Innocentines :
""Le geai gélatineux geignait dans le jasmin"
Voici, mes zinfints
Sans en avoir l'air
Le plus beau vers
De la langue française.

Ai, eu, ai, in
Le geai gélatineux geignait dans le jasmin…

Le poite aurait pu dire
Tout à son aise:
"Le geai volumineux picorait des pois fins"
Eh bien! non, mes zinfints.
Le poite qui a du génie
Jusque dans son délire
D'une main moite
A écrit:

"C'était l'heure divine où, sous le ciel gamin,
LE GEAI GÉLATINEUX GEIGNAIT DANS LE JASMIN."

Gé, gé, gé, les gé expirent dans le ji.
Là, le geai est agi
Par le génie du poite
Du poite qui s'identifie
Á l'oiseau sorti de son nid
Sorti de sa ouate.

Quel galop!
Quel train dans le soupir!
Quel élan souterrain!

Quand vous serez grinds
Mes zinfints
Et que vous aurez une petite amie anglaise
Vous pourrez murmurer
À son oreille dénaturée
Ce vers, le plus beau de la langue française
Et qui vient tout droit du gallo-romain:

"Le geai gélatineux geignait dans le jasmin."

Admirez comme
Voyelles et consonnes sont étroitement liées
Les zunes zappuyant les zuns de leurs zailes.
Admirez aussi, mes zinfints,
Ces gé à vif
Ces gé sans fin
Tous ces gé zingénus qui sonnent comme un glas:
Le geai géla… "Blaise! Trois heures de retenue.
Motif:
Tape le rythme avec son soulier froid
Sur la tête nue de son voisin.
Me copierez cent fois:
Le geai gélatineux geignait dans le jasmin."

Bonne nuit !
Christophe
Du vent dans les branches de sassafras 🙂 ……………..
"Oisive jeunesse a tout asservie,
par délicatesse j'ai perdu ma vie."


Arthur Rimbaud,Chanson de la plus haute tour
"Mon verre s' est brisé comme un éclat de rire."
ou
"Et l' unique cordeau des trompettes marines."

De Guillaume Apollinaire …

Mais aussi de Baudelaire …

"Un éclair(…) Puis la nuit !
Fugitive beauté, ne te reverrais-je donc que dans l' éternité ?"

Pardonnez mes fautes, je n' ai plus le vers en tête ( plutôt hors 🙂 )
Pour ma part, j'adore ce vers tout en monosyllabes, mais si expressif :

« Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur. »

(Racine, Phèdre, IV, 2)
Très beaux tous ces vers… 😉

J'aime bien celui-ci, simple mais si touchant…

"Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."

Victor Hugo… 🙂