Le plus beau vers de la langue française

Littérature

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Il existe un amusant poème parodique de René de Obaldia qui s'intitule justement "Le plus beau vers de la langue française". Le voilà :
Le plus beau vers de la langue française

« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »
Voici, mes zinfints
Sans en avoir l’air
Le plus beau vers
De la langue française.
Ai, eu, ai, in
Le geai gélatineux geignait dans le jasmin…
Le poite aurait pu dire
Tout à son aise :
« Le geai volumineux picorait des pois fins »
Eh bien ! non, mes zinfints.
Le poite qui a du génie
Jusque dans son délire
D’une main moite
A écrit :
« C’était l’heure divine où, sous le ciel gamin,
LE GEAI GÉLATINEUX GEIGNAIT DANS LE JASMIN. »
Gé, gé, gé, les gé expirent dans le ji.
Là, le geai est agi
Par le génie du poite
Du poite qui s’identifie
À l’oiseau sorti de son nid
Sorti de sa ouate.
Quel galop !
Quel train dans le soupir !
Quel élan souterrain !

Quand vous serez grinds
Mes zinfints
Et que vous aurez une petite amie anglaise
Vous pourrez murmurer
À son oreille dénaturée
Ce vers, le plus beau de la langue française
Et qui vient tout droit du gallo-romain :
« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »
admirez comme
voyelles et consonnes sont étroitement liées
les zunes zappuyant les zuns de leurs zailes.
Admirez aussi, mes zinfints,
Ces gé à vif
Ces gé sans fin
Tous ces gé zingénus qui sonnent comme un glas :
Le geai géla… « Blaise ! Trois heures de retenue.
Motif :
Tape le rythme avec son soulier froid
Sur la tête nue de son voisin.
Me copierez cent fois :
Le geai gélatineux geignait dans le jasmin. »

René de Obaldia
extrait du recueil « Innocentines »
Cruauté de l'absence. Deuils, chagrins, départs sans retour, solitude, immobilité, vide. Pluies glacées, regards partant trop loin pour tenter d'apercevoir encore.
Pour nous tous, en somme, un jour passé, un jour à venir…

Paul Éluard :

Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
.
J'aime l'amour, sa tendresse et sa cruauté (R. Desnos)
"Dieu !" soupire à part soi la plaintive chimène,
qu'il est joli garçon l'assassin de Papa"
Georges Fourest, le Cid, in "la négresse blonde"
J'aime ce poème de François Villon:
Je connois bien mouches en lait,
Je connois à la robe l'homme,
Je connois le beau temps du laid,
Je connois au pommier la pomme,
Je connois l'arbre à voir la gomme,
Je connois quand tout est de mêmes,
Je connois qui besogne ou chomme,
Je connois tout, fors que moi-mêmes.

Je connois pourpoint au collet,
Je connois le moine à la gonne,
Je connois le maître au valet,
Je connois au voile la nonne,
Je connois quand pipeur jargonne,
Je connois fous nourris de crèmes,
Je connois le vin à la tonne,
Je connois tout, fors que moi-mêmes.

Je connois cheval et mulet,
Je connois leur charge et leur somme,
Je connois Biatris et Belet,
Je connois jet qui nombre et somme,
Je connois vision et somme,
Je connois la faute des Boemes,
Je connois le pouvoir de Rome,
Je connois tout, fors que moi-mêmes.

Prince, je connois tout en somme,
Je connois coulourés et blêmes,
Je connois mort qui tout consomme,
Je connois tout, fors que moi-mêmes.
Ouah je rouvre un vieux sujet!!!

Pour moi ce passage du Lac de Lamartine (nouvelle version du "Carpe Diem" ou du "Cueillez dés aujourd'hui les roses de la vie"):

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "


Haaaaaaaaa les romantiques 😀
Aaaaaaaahhhhh….
Ô temps suspends ton vol…
Le plus beau vers français pour moi:" Et les Muses, de moi, comme étranges, s'enfuient." Du Bellay.
Après Obaldia message 261), qui peut encore parler du plus beau vers de la langue française ?

le geai gélatineux geignait dans le jasmin…
Luisent à contresens des lances de l'averse
Vous avez oublié les références : Paul Verlaine, Effet de nuit.
Ce fil était en sommeil, et je vois qu'il vient d'être réveillé! J'en profite! 🙂

Ce n'est pas forcément les vers que je trouve les plus beaux, mais comme ils "collent" régulièrement à des situations concrètes, ils s'imposent alors à moi:

"Quand le ciel bas et lourd pèse comme une couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis
"… Spleen, Baudelaire.

"Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
"Le Lac, Lamartine.

"Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent." Victor Hugo.

"Pour réparer des ans l'irréparable outrage." Le songe d'Athalie, Racine
Je détourne ce dernier et l'utilise, pour rire, par saine autodérision… 😉
J'aurais écrit les mêmes, je crois, Et surtout :
Ceux qui vient, ce sont ceux qui luttent
et
Quand le ciel bas et lourd pèse comme une couvercle
Au dernier, je n'aurais pas pensé. Comme chacun sait, Laoshi ne subit pas l'outrage des ans…
Ben, quand on a un truc magique, c'est sûr… 😀

Ce sont les pierres qui se détachent des années

La nuit nul ne prend garde

C'est tout un pan de l'avenir qui se lézarde

René-Guy Cadou
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne (Apollinaire)
"Nous jouissons de tout même de nos souffrances
Notre humeur est charmante l’ardeur vient quand il faut" Apollinaire
Tout passe comme si j'étais l'oiseau immobile

Dans Poésies II, de Georges Schehadé
Mignonne allons voir si la rose

Les sanglots longs des violons de l'automne

Les cons ça ose tous c'est à ça qu'on les reconnait


"Les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît." tu es sûr que c'est un vers ? 😜
Je croyais que c'était une réplique d'Audiard…