Quel est-il, selon vous ? Pour moi, c'est celui-ci de V. Hugo :
Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière.
288 réponses · Page 1 / 15
Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière.
Valse mélancolique et langoureux vertige !Baudelaire (Hugo, Baudelaire… On donne dans le classique de chez classique 😀)
sabrina_02 a écrit :"J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal" d'A. RimbaudJ'ai une passion pour l'Ennemi,
ou "oh Douleur! Oh Douleur! Le temps mange la vie" de Baudelaire.
Un poids pèse sur les épaules de Guillaume, un poids dont il affirme s'être délivré, mais seulement en juin 1908 : "On ne peut transporter partout avec soi le cadavre de son père. On l'abandonne en compagnie des autres morts…" Quelle révélation ! Un cadavre encombre l'existence du poète (n'est-ce pas celui qui pourrit dans l'Enchanteur… ? ) : COMMENT S'EN DEBARRASSER ?Et en note :
Quel est-il donc ? - "Du père on ne savait rien et elle ne voulait pas le dire". Qui parle ainsi, le conteur ou Angelica de Kostrowtzky ? Le fils naît à Rome, mais n'est pas un vrai fils : "J'ai été à Rome par d'autres chemins que tous ceux qui y mènent", par des chemisn illégitimes, parce que son père l'a abandonné, a été un coupable, voire un hérétique. Double poids sur les épaules du jeune homme : celui d'un père indigne, celui d'une religion bafouée par ce père. Un cadavre pourrissant, une religion pourrissante, -dernier trait nettement exprimé dans un brouillon des "Fiançailles" :
Les cadavres de mes jours […]
Les uns pourrissent dans les églises italiennes.
(R. Couffignal, L'Inspiration biblique dans l'oeuvre de Guillaume Apollinaire)
Il serait tentant d'aller plus loin, de prendre au mot Apollinaire quei, tout au long de sa vie, laissait "complaisamment d'accréditer la légende d'une paternité épiscopale", selon M. Adéma. L'hypothèse d'une paternité ecclésiastique donnerait à une partie de l'oeuvre apollinarienne (des premiers contes à "Zone" inclusivement) l'unité secrète, mais profonde, d'un ressentiment de fils de prêtre (un peu comme ce fut le cas pour Baudelaire […] ). Cette paternité a pour elle des témoignages variés, nés surtout à Monaco, parmi les condisciples de Wilhelm à Saint-Charles, ou les vieux monégasques.Fin de la digression sur les paternités ecclésiastiques.
La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.Mallarmé, dans "Brise marine", de qui on pourrait aussi citer :
Vous mentez, ô fleur nue
De mes lèvres.
Krystyna a écrit :De Baudelaire il y a aussi : "Ton souvenir en moi luit comme un encensoir." D'aucuns prétendent que cela fait allusion au souvenir de son père, qui était prêtre non jureur, donc défroqué.Ce vers de Baudelaire serait en effet superbe s'il était cité correctement.
poet7 a écrit :Ah voui, c'est vrai ! Le pire , c'est que je sais ce que c'est : l'encensoir sert à encenser l'autel et l'ostensoir c'est l'objet dans lequel on expose l'hostie à l'adoration des fidèles ! Et j'avais dans la tête l'ostensoir et j'ai écrit l'encensoir. 🙄Krystyna a écrit :De Baudelaire il y a aussi : "Ton souvenir en moi luit comme un encensoir." D'aucuns prétendent que cela fait allusion au souvenir de son père, qui était prêtre non jureur, donc défroqué.Ce vers de Baudelaire serait en effet superbe s'il était cité correctement.
Baudelaire n'a pas écrit "comme un encensoir", ce qui n'aurait guère de signification, mais "comme un ostensoir". Encore faut-il savoir ce qu'est un ostensoir! Cet objet liturgique était sans doute beaucoup plus en usage du temps de Baudelaire qu'il ne l'est aujourd'hui. Sans compter la misère culturelle à laquelle on assiste aujourd'hui en ce qui concerne le religieux…