Quel est ce procédé littéraire ?

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je pause cette question un peu tard mais je voudrait savoir comment s'appelle le procédé où l'auteur choisit de donner le même nom au personnage principal et au roman ? Merci de me répondre et bonne chance
par exemple: Candide J'ai trouver c'est "éponyme"
Est-ce réellement un procédé cependant ? C'est surtout un adjectif utilisé pour éviter les répétitions à mon avis.

ex:
Dans Andromaque de Jean Racine, le personnage éponyme essaie tant bien que mal de rester fidèle à Hector alors que Pyrrhus…
Comment celà s'appelle-t-il lorsqu'une phrase se termine au vers suivant dans un poème (ou lorsqu'elle commence au vers précédent ?)

"Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
A se refermer dans la fraîcheur des latrines :"
Bonjour.

Cela s'appelle un enjambement
Oui ça n'est peut être pas un procédé, je sais que mon professeur nous avait donné le terme mais je le cherchais, je crois que c'est ça merci beaucoup Jehan !
Cytrus a écrit :Comment celà s'appelle-t-il lorsqu'une phrase se termine au vers suivant dans un poème (ou lorsqu'elle commence au vers précédent ?)

"Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
A se refermer dans la fraîcheur des latrines"
Dans l'exemple, il s'agit d'un enjambement, ou rejet externe. Cependant, il existe des rejets et contre-rejets internes, et des contre-rejets externes.
Je ne trouve pas le nom de ce procédé :

"Je prends le sel de table et le piment de la vie."

Sel et piments sont des condiments, employés au propre pour l'un, et au figuré pour l'autre.
Ce rapprochement doit bien porter un nom, mais lequel ?
Il me semble que cela peut s'apparenter à un zeugme sémantique. Cependant, je crois que pour qu'il y ait zeugme (strictement), il faut que les termes abstrait et concret complètent la même expression.
Exemple :Vêtu de probité candide et de lain blanc
"Le piment de la vie", c'est suffisamment abstrait je trouve.
C'est vrai.
Et le terme concret et le terme abstrait complètent tous deux le verbe "prend".

Cependant, si "prendre le sel de table" se comprend, "prendre le piment de la vie" ne se dit pas vraiment.

Pour avoir un véritable zeugme, changeons le verbe :

Je goûte le sel de table et le piment de la vie.

Car on peut goûter le sel de table (pour savoir son goût)
et aussi goûter (apprécier) le piment de la vie.
ElisaSudre a écrit :
Exemple :Vêtu de probité candide et de lain blanc
Certains verraient une erreur dans lain mis pour lin. Mais on peut y voir aussi lain mis pour lapin: "Vêtu de probité candide et de lapin blanc". Voir là : [Lien invalide.]
L'ami Putakli est en roue libre, ce soir. 😉
Et la tendresse, bordel ? Vous connaissez peut-être ce film, ou du moins, le titre.

Mais comment nommer cette contradiction apparente entre le signifiant et le signifié ?
On est proche de l'oxymore non ?

Des avis ?
Effectivement, il semble bien y avoir de l'oxymore là-dedans…
Je pencherais également pour un oxymore.
L'oxymore est un procédé stylistique souvent mal compris, il obéit à deux contraintes simples, contraintes cependant méconnues, ce qui explique qu'on sorte de l'oxymore à tort ou a raison alors mêmes que les vrais oxymores, eux, sont rares. Ces contraintes sont les suivantes :
- l'oxymore réunit deux mots étroitement liés sur le plan de la syntaxe (c'est-à-dire grossomodo : épithète et coordination),
- les mots ainsi liés ne doivent pas seulement détonner, ils doivent être d'exacts opposés, sans quoi, on parlera de paradoxe ou de caractérisation impertinente, et non d'oxymore.

Le procédé le plus évident dans cette phrase, c'est précisément le paradoxe, qui vient servir un procédé de plus large ampleur (un procédé "macrostructural") : l'ironie. Si l'on y regarde de plus près, il ne s'agit pas dans cette phrase d'associer les mots "tendresse" et "bordel", l'humour procède d'une distanciation volontaire entre l'injonction du locuteur (soyons tendres) et le ton sur lequel est formulée cette injonction. Ce qui est mis en opposition finalement, c'est le fond et la forme.
J'avais pris des précautions en indiquant que cette expression pouvait "se rapprocher" de l'oxymore, mais sans pouvoir mettre un mot plus juste.

Il s'agit donc bien d'un décalage entre le signifiant et le signifié.

Merci pour ces éclaircissements ! =)
Pas entre le signifiant et le signifié non, attention. Le binôme signifiant / signifié n'est pas l'exact équivalent du binôme forme / fond. Le signifiant, c'est un assemblage de graphèmes et de phonèmes, la forme c'est plus généralement la manière de dire ; le signifié, c'est l'ensemble des dénotations et des conotations d'un mot, le fond c'est - avec une imprécision un peu gênante - ce qui est dit.

Si je choisis, pour appuyer mon appel à la tendresse (appelons ça le "fond"), d'employer le lexique de l'injure ("bordel"), aussi bien pour sa valeur rythmique que pour ses diverses significations possibles, alors il s'agit-là purement d'un choix formel. Ce choix est paradoxal, par là même, très certainement ironique : il traduit une volonté de "déniaiser" la rhétorique du bon sentiment.

Prenons un autre exemple : "Il a oublié ses clés de voiture : comme c'est malin !". Il s'agit ici d'une antiphrase : en disant "comme c'est malin" je veux en vérité que mon interlocuteur comprenne "ce n'est pas très malin". La signifié du mot "malin" non seulement ne correspond pas à ce que je veux dire, au "fond", mais il en est l'exact opposé.
Ah ! d'accord !

J'ai toujours cru que les termes étaient équivalents.

Du moins, j'ai dû surgénéralisé le cas où ils sont pu se confondre.

J'avais entendu une fois, lors d'un numéro ancien de l'émission "Déshabillons-les" sur Public Sénat (https://replay.publicsenat.fr/emissions/deshabillons-les/) un intervenant expliciter le décalage entre le signifiant et le signifié d'une déclaration d'Edouard Balladur.

Sur un ton monocorde, sans conviction, sans enthousiasme, il appelait son auditoire à la liesse des futures victoires électorales !


Donc, dans le cas de l'interjection "Et la tendresse, bordel ?", la qualification qui convient est le paradoxe, mais il n'y a pas à proprement parlé de figure de style, mais un simple registre ironique, c'est bien ça ?
Analyser le décalage entre le sigifiant et le signifié dans un texte, ça ne veut pas dire grand chose, pour la simple raison que le signifiant et le signifié d'un mot sont régis par des rapports arbitraires, conventionnels : je pense que l'intervenant en question ne savait pas trop ce qu'il racontait.

Le paradoxe et l'ironie sont deux figures de style. Ce qui peut éventuellement t'inciter à en douter, c'est que le "paradoxe" est une figure assez imprécise qui peut s'appliquer dans un grand nombre de cas différents. Quant à l'ironie, c'est un procédé stylistique particulier, que l'on qualifie de "macrostructural" parce qu'il ne peut pas être clairement délimité dans la phrase, on ne peut pas le cibler précisément, il s'agit plutôt d'un effet de sens général.

Si je reprends mon précédent exemple : "Il a oublié ses clés : c'est malin !". L'ironie (procédé macrostructural) s'exprime dans cette phrase au moyen d'une antiphrase (procédé microstructural) : en employant un mot pour son contraire, j'insuffle à mon propos une charge ironique. L'ironie n'est pas vraiment une tonalité, les tonalités de phrase forment d'ailleurs une liste fermée : didactique, lyrique, etc…