doit-on faire accorder le verbe avec le cod dans cette phrase
des fleurs tu as donne
LA phrase n'est pas syntaxiquement correcte. Mais si on la maintient telle que (dans quel contexte l'écris-tu ?) oui, il faut accorder.
cette phrase a été écrite de cette façon pour une question de rime dans un poème
merci de ta réponse mais les divergences persistent
Hum… tu devrais essayer de structurer autrement. La rime n'excuse pas les entorses syntaxiques de ce genre.
Et les licences poétiques, alors ?
On doit pouvoir trouver des exemples…
Du Bellay parlant de la nuit qui…
" Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait."
Certes Jehan ! mais la langue était alors plus souple… on était encore assez proche de l'époque médiévale qui autorisait des fluctuations pour la place du COD, le régime étant alors décliné.
Dans le cas présenté, la licence n'est pas poétique, elle est choquante
Certes, la liberté de construction était peut-être plus grande. Mais je ne suis pas sûr qu'on ne puisse pas trouver d'illustres exemples à une époque beaucoup plus récente. Je vais fouiner un peu…
N'oublions pas que la rime est une contrainte créatrice, et que c'est tout à fait normal, et non "choquant", qu'elle puisse "obliger" à cette construction.
En poésie rimée, le respect de la contrainte ( contrainte prosodique cette fois) peut conduire à écrire "encor" au lieu de "encore","avecque" à lieu de "avec". Trouvez-vous également choquantes ces licences ?
La contrainte (vraiment très contraignante !) du lipogramme en e a obligé Perec à écrire "scrivain" au lieu de "écrivain"… Cela vous choque aussi ?
Il me semble qu'à l'occasion, "création" peut rimer avec "transgression"… Pourquoi tout interdire ?
Je ne veux pas tout interdire. Mais je conseille vivement à un poète débutant de chercher les “rimages” les plus naturels possibles. La rime amenée artificiellement (ce qui me paraît être le cas dans l'exemple donné) est toujours choquante et nuit à la fluidité du poème, dans lequel on ne doit jamais ressentir le travail (souvent laborieux !) fait pour amener la rime.
Cependant, si Negro veut bien envoyer la strophe entière, il sera plus facile de donner un avis.
On ne peut pas vraiment juger de la fluidité globale du poème de Negro au vu d'un seul vers.
Il serait bon d'avoir le texte entier…
Cela dit, il paraît plus normal et naturel que les apprentis poètes n'accèdent pas d'emblée à la fluidité des plus grands. Et je trouve pour ma part plus "touchante" que "choquante" une éventuelle maladresse, si l'on sent que la sincérité l'accompagne. C'est un peu comme un bébé mal assuré qui commence à marcher, très occupé à bien poser ses petits pieds pour ne pas tomber…
Voilà ! tout dépend en effet du reste du poème
J'espère que Negro va nous l'envoyer…
En attendant, deux vers d'Aragon.
La syntaxe disloquée du premier vers ne nuit guère à sa fluidité.
Mais il est vrai qu'Aragon, lui, n'avait rien d'un débutant:
"A cette eau lessivez qu'un doigt de lune berce
Le linge des soucis souillé de tant d'averses"