Accord du participe : elle s’est senti / elle s’est sentie

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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J'ai fait plusieurs exercices sur l'accord des participes passés et j'ai eu un petit problème avec celui de "sentir" en effet j'ai trouvé:
-elle s'est sentie couler.
Et dans une autre phrase:- elle s'est senti entraîner par les flots.
Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer dans quel cas l'accorde-t-on?
Merci d'avance.
* Elle s'est sentie couler.
C'est elle qui coule.
Le pronom réfléchi S' se rattache donc au verbe conjugué ; le pp s'accorde donc avec s', et donc avec elle.
C'est comme si on écrivait :
* Elle a senti qu'elle coulait.
* ? Elle s'est sentie coulant.

* Elle s'est senti entraîner par les flots.
Ce n'est pas elle qui entraîne, c'est elle que les flots entraînent.
Le pronom réfléchi est donc complément de l'infinitif.
Donc invariabilité.
Merci beaucoup pour votre réponse.
J'avais d'ailleurs compris, juste aprés avoir posté le message, c'est un verbe de perseption comme vu, toucher etc… qui s'accorde avec le verbe qui suit si ils se rapportent tout deux au même nom, j'avais oublié.
Merci encore.
Elle s'est senti entraîner par les flots.
Un prof nous avait appris une astuce, construire la phrase avec avoir
Elle a senti entraîner (elle-même, sa personne) par les flots.

Pour la première phrase, j'ai déjà vu des avis contraires… justement parce qu'on peut dire "elle a senti elle-même qui coulait"
Quel pastis, comme on dit par chez moi !
Bonjour chers amis,

Ne serait-ce pas plutôt "Elle s'est sentie entraînée par les flots" ?
En effet ; j'y ai repensé avant de m'endormir (chacun ses moutons 😉 et avec avoir on peut aussi construire la phrase ainsi
Elle a senti elle-même entraînéeE par les flots

Las !
Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine
Chers amis,

* Elle s'est senti entraîner par les flots.
* Elle s'est sentie entraînée par les flots.

La seconde tournure aussi est grammaticale : entraînée, attribut du COD s' s'accorde avec lui.

Il y a cependant, selon moi, une nuance : celle qui tient à la valeur d'accompli et d'état du participe passé, alors que l'infinitif présent exprime la concomitance par rapport au temps du verbe conjugué.

C'est comme si :
1 dans le premier cas, l'action ne faisait que commençer : elle peut encore se libérer du flot ;
2 dans le second, elle est déjà emportée : elle est le jouet du flot.

Autrement dit, respectivement l'action et l'état.

Un autre exemple illustrera mieux :
* Elle s'est sentiE mourir.
* Elle s'est sentiE comme (déjà) morte.

Qu'en pensez-vous ? Merci !
Bonjour Edy,

Je n'accepterais pas la première tournure parce que je vois dans "par les flots" un complément d'agent et donc l'utilisation imposée du participe passé "entraînée" ou de l'infinitif passif "être entraînée".
Je peux dire ainsi
- Elle s'est sentie entraîner sa valise
- Elle a senti qu'elle entraînait sa valise
- Elle s'est sentie (être) entraînée par sa valise
- Elle a senti que sa valise l'entraînait
Bonjour, Jean-Luc !

Décidément, il y a des jours où la contradiction abonde comme les champignons.

Je ne suis pas d'accord : le complément d'agent n'est pas réservé au verbe passif ni au participe passé. Il peut complémenter un infinitif et s'appelle alors CC ou complément adverbial ; comme tel, il peut être effacé, tout autant d'ailleurs que les autres précités.

Dans la proposition infinitive complément d'objet, Grevisse donne précisément un exemple identique :
* Il se sentait envahIR PAR une tristesse mortelle.

→ Il sentait qu'une tristesse mortelle l'envahissait. (Imparfait de durée)

Par conséquent, ma question reste entière :
* … envahir par la tristesse. (Action en cours ?)
* … envahi par la tristesse. (Action accomplie ?)

Merci de bien vouloir exercer encore votre sens des nuances.

Amicalement,
Edy
En effet dans "envahir par" "entraîner par" il y a une idée d'action en cours. Le sujet peut encore résister ou réagir.
Et dans "il se sentait envahi" le PP indiquerait que l'action est finie, accomplie.
Pourquoi pas … et que vos points de vue sont interessants ! Et combien notre langue est subtile, ajoutè-je
ajoutè-je ou ajouté-je ? 😀
Bonjour Edy,

Désolé de vous avoir contredit à temps et à contretemps, n'y voyez aucune animosité.
L'expression que vous citez "Il se sentait envahIR PAR une tristesse mortelle" est tout à fait acceptable dans son contexte même si je ne l'avais jamais rencontrée ni osé l'imaginer.
Pour ma part, j'aurais écrit spontanément "Il sentait une immense tristesse l'envahir".
Pour la phrase de départ celle qui évoque les flots, je reste dubitatif.
Elle s'est senti entraîner par les flots, Hum !
Impossible de dire
Elle s'est senti avoir entraîné par les flots
Seuls, elle s'est senti avoir été entraînée par les flots ou être entraînée par les flots restent possibles…
Mais j'accepte votre objection.

J'admets donc aussi votre analyse pertinente sur le procès en cours (dans la forme à l'infinitif) et sur son accomplissement (dans le mode participial).

Je ne rentrerai pas dans le débat sur le complément d'agent avec la voix active, pour ma part je le dénommerai alors complément circonstanciel de cause… mais nous nous épuiserions à nouveau dans cette Querelle des Anciens et des Modernes.

Je tiens à préciser que malgré mes divergences d'appréciation avec vos analyses, vous continuez à faire mon admiration pour votre enthousiasme, votre rigueur et par-dessus tout votre capacité à évoluer.

Je reste fidèle à ma grammaire traditionnelle, même imparfaite, parce que ses analyses fondées sur le sens favorisent l'approche des textes littéraires et leur commentaire.
J'admets aussi l'utilité de ces grammaires transformationnelles, linguistiques et consort pour mieux expliciter les théories du langage, et pour leur application dans les logiciels de traduction ou de correction syntaxique…

Le débat est donc loin d'être clos…

Bien amicalement !
Cher Jean-Luc,

Loin de moi l'idée qu'il ait pu y avoir de l'animosité dans vos contradictions ! Quand on "dispute" sur des sujets pointus, il faut qu'il y ait quelquefois des opinions contraires.

Vous n'avez pas remarqué que, pour moi aussi, le complément d'agent de l'infinitif est un CC.

Amicalement,
Edy
Bonjour à tous,

Permettez, s'il vous plaît, à ce jeune de 17 printemps de vous formuler mon avis sur l'accord des verbes pronominaux, quel casse-tête pour nous autres non natifs.

Effectivement, la phrase "Elle s'est sentie entraînER par des flots" est tout à fait correcte et bien attestée. J'en ai trouvé un autre: Elle s'est sentie inondER par des remords. Et comme l'a spécifié fort juste notre Edy, on y met l'accent sur l'action, et non sur le résultat de l'action, incarné plutôt donc par le participe passé.

Cela dit, ma préférence porte sur le choix de Jean-Luc: Elle s'est sentiE envahiE / entraînéE par…. Pour nous ce serait plus compréhensible et pour ainsi dire plus logique.

Sous toutes réserves. Et mille excuses si ce bête apprenant a dit des bêtises.

ip.
Bonjour Ipseite,

Pour être tout à fait complet, voilà ce que j'ai recommandé :
Elle s'est sentie inondER par des remords > Elle a senti les remords l'inonder ou elle s'est sentie inondée par des remords.
La première insiste sur l'action en train de se faire ; la seconde, sur son accomplissement ou la passivité du sujet.
Toutes ces formules me semblent plus logiques et mieux correspondre aux schémas de pensée du français.

Tes remarques sont judicieuses : les enseignants seraient bien inspirés de différencier le possible du souhaitable.
J'essaierai pour ma part dans mes interventions futures de revenir à des conseils traditionnels.
Je dirais aussi: Elle s'est sentie inondée de remords. Est-ce accepté ?

Merci.

ip.
Oui, c'est accepté.
Le complément d'agent peut être introduit par "par" ou "de".
Ta formule est plus fluide.
Voici une autre question:

Que pensez-vous de ces phrases? Que signifient-elles?

a) Elle s'est senti attaquer par derrière.
b) Elle s'est sentie attaquée par derrière.

Encore merci! Bonjour,
Des réponses sont ci-dessus.
Il s'est laissé envahir par la joie ! L'action ici semble bien parachevée non ?
Me trompé-je ?
Bonsoir, chère Hela !

* Elle s'est senti attaquer par derrière.
Ce n'est pas elle qui attaque ; le participe doit donc rester invariable.
Ce serait différent dans : Elle s'est sentie tomber. (C'est elle qui tombe.)
L'infinitif indique une action en cours : une attaque par assauts successifs…

* Elle s'est sentie attaquée par derrière.
Le participe passé a valeur d'accompli et indique donc une situation, un état, si j'ose dire.
Le S' est COD du verbe et "attaquée" est l'attribut du COD.
→ ° Elle a senti elle attaquée par derrière.
→ Elle a senti qu'elle était attaquée par derrière.
L'accord est donc correct.

Pour la différence de sens entre l'infinitif et le participe passé, reportez-vous aux discussions qui vous ont été indiquées.
Il y en a même eu une autre, récente, à propos de Rousseau :
* Infinitif dans "Je me sentais troubler de ses transports"

Cordialement,
Edy