Blaise Cendrars, Moravagine - Nous remontions l’Orénoque sans parler…

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
J'ai un commentaire sur un extrait du texte de Cendrars "Moravagine" à faire prochainement, j'ai déjà trouvé quelques pistes mais j'aimerais profiter de quelques-unes de vos lumières si ca ne vous gêne pas.
Voici mon texte :
Nous remontions l'Orénoque sans parler. Cela dura des semaines, des mois. Il faisait une chaleur d'étuve. Deux d'entre nous étaient toujours en train de ramer, le troisième s'occupait de pêche et de chasse. A l'aide de quelques branchages et des palmes, nous avions transformé notre chaloupe en carbet'. Nous étions donc à l'ombre. Malgré cela, nous pelions, la peau nous tombait de partout et nos visages étaient tellement racornis que chacun de nous avait l'air de porter un masque. Et ce masque nouveau qui nous collait au visage, qui se rétrécissait, nous comprimait le crâne, nous meurtrissait, nous déformait le cerveau. Coincées, à l'étroit, nos pensées s'atrophiaient. Vie mystérieuse de l'oeil. Agrandissement. Milliards d'éphémères, d'infusoires, de bacilles, d'algues, de levures, regards, ferments du cerveau. Silence. Tout devenait monstrueux dans cette solitude aquatique, dans cette profondeur sylvestre, la chaloupe, nos ustensiles, nos gestes, nos mets, ce fleuve sans courant que nous remontions et qui allait s'élargissant, ces arbres barbus, ces taillis élastiques, ces fourres secrets, ces frondaisons séculaires, les lianes, toutes ces herbes sans nom, cette sève débordante, ce soleil prisonnier comme une nymphe et qui tissait, tissait son cocon, cette buée de chaleur que nous remorquions, ces nuages en formation, ces vapeurs molles, cette route ondoyante, cet océan de feuilles, de coton, d'étoupe, de lichens, de mousses, ce grouillement d'étoiles, ce ciel de velours, cette lune qui coulait comme un sirop, nos avirons feutrés, les remous, le silence. Nous étions entourés de fougères arborescentes, de fleurs velues, de parfums charnus, d'humus glauque. Écoulement. Devenir. Compénétration. Tumescence. Boursouflure d'un bourgeon, éclosion d'une feuille, écorce poisseuse, fruit baveux, racine qui suce, graine qui distille. Germination. Champignonnage. Phosphorescence. Pourriture. Vie. Vie, vie, vie, vie, vie, vie, vie, vie. Mystérieuse présence pour laquelle éclatent à heure fixe les spectacles les plus grandioses de la nature. Misère de l'impuissance humaine, comment ne pas en être épouvanté, c'était tous les jours la même chose !
Voici les deux axes d'études que je pense les plus pertinents.

I L'exbubérance de la nature equatoriale.
II L'impuissance et la souffrance des humains.
Bonjour Silk,

Une relation de voyage au cœur de l'Amazonie

Ce qui me semble caractéristique pour la détermination des axes est la disposition typographique (que tu ne rends pas) : trois paragraphes longs séparés par des phrases courtes. Texte descriptif et lyrique. Un poème en prose.

1. Un voyage hors du temps
Un lieu fermé, torride et humide
Abrutissant
Les hallucinations

2. Un bouillon de culture : accumulation

3. Une végétation luxuriante : accumulation
Vie et mort
Absorption, dissolution, échanges
La phrase se défait en une succession de formules nominales puis par la répétition du mot vie.

En conclusion : un monde effrayant et monstrueux par sa vitalité. L'homme y perd ses repères spatio-temporels et jusqu'au sentiment de son individualité.
Merci beaucoup Jean-Luc pour ta reponse rapide.
Tu m'as donné quelques pistes tres interessantes dont je n'avais meme pas entrevu les prémices. mais pourrais tu, s'il te plait préciser ton deuxième axe que tu nommes : Un bouillon de culture.
C'est par rapport à ces phrases ?
"Vie mystérieuse de l'oeil. Agrandissement. Milliards d'éphémères, d'infusoires, de bacilles, d'algues, de levures, regards, ferments du cerveau."
Oui bien sûr ! avec ce grossissement du microscope de l'imagination hallucinée, cette confusion possible avec le dehors (le paysage) et le dedans (images mentales)
Merci beaucoup pour tes precisions.