Voltaire, L’Ingénu, chapitre 10 - M. Gordon était un vieillard frais et serein…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voilà, je fais les commentaires de plusieurs chapitre de "L'ingénu" de Voltaire (on a eu de gros retard pour le bac) depuis quelque jours.

Si quelqu'un a une étude (faite en classe ou trouvée sur internet) de ce passage du chapitre 10 ça pourrait m'aider car pour cette extrait j'ai de grosses difficultés :
« M. Gordon était un vieillard frais et serein, qui savait deux grandes choses: supporter l'adversité, et consoler les malheureux. Il s'avança d'un air ouvert et compatissant vers son compagnon, et lui dit en l'embrassant: Qui que vous soyez, qui venez partager mon tombeau, soyez sûr que je m'oublierai toujours moi?même pour adoucir vos tourments dans l'abîme infernal où nous sommes plongés. Adorons la Providence qui nous y a conduits, souffrons en paix, et espérons. Ces paroles firent sur l'âme de l'Ingénu l'effet des gouttes d'Angleterre, qui rappellent un mourant à la vie, et lui font entrouvrir des yeux étonnés. Après les premiers compliments, Gordon, sans le presser de lui apprendre la cause de son malheur, lui inspira, par la douceur de son entretien, et par cet intérêt que prennent deux malheureux l'un à l'autre, le désir d'ouvrir son coeur et de déposer le fardeau qui l'accablait; mais il ne pouvait deviner le sujet de son malheur; cela lui paraissait un effet sans cause; et le bonhomme Gordon était aussi étonné que lui?même.Il faut, dit le janséniste au Huron, que Dieu ait de grands desseins sur vous, puisqu'il vous a conduit du lac Ontario en Angleterre et en France, qu'il vous a fait baptiser en Basse?Bretagne, et qu'il vous a mis ici pour votre salut. Ma foi, répondit l'Ingénu, je crois que le diable s'est mêlé seul de ma destinée. Mes compatriotes d'Amérique ne m'auraient jamais traité avec la barbarie que j'éprouve; ils n'en ont pas d'idée. On les appelle sauvages; ce sont des gens de bien grossiers, et les hommes de ce pays?ci sont des coquins raffinés. Je suis, à la vérité, bien surpris d'être venu d'un autre monde pour être enfermé dans celui?ci sous quatre verrous avec un prêtre; mais je fais réflexion au nombre prodigieux d'hommes qui partent d'un hémisphère pour aller se faire tuer dans l'autre, ou qui font naufrage en chemin, et qui sont mangés des poissons: je ne vois pas les gracieux desseins de Dieu sur tous ces gens?là.
On leur apporta à dîner par un guichet. La conversation roula sur la Providence, sur les lettres de cachet, et sur l'art de ne pas succomber aux disgrâces auxquelles tout homme est exposé dans ce monde. Il y a deux ans que je suis ici, dit le vieillard, sans autre consolation que moi?même et des livres; je n'ai pas eu un moment de mauvaise humeur.
Ah! M. Gordon, s'écria l'Ingénu, vous n'aimez donc pas votre marraine? Si vous connaissiez comme moi mademoiselle de Saint Yves, vous seriez au désespoir. A ces mots il ne put retenir ses larmes, et il se sentit alors un peu moins oppressé. Mais, dit?il, pourquoi donc les larmes soulagent?elles? Il me semble qu'elles devraient faire un effet contraire.Mon fils, tout est physique en nous, dit le bon vieillard; toute sécrétion fait du bien au corps; et tout ce qui le soulage l'âme: nous sommes les machines de la Providence.
L'Ingénu, qui, comme nous l'avons dit plusieurs fois, avait un grand fonds d'esprit, fit de profondes réflexions sur cette idée, dont il semblait qu'il avait la semence en lui?même. Après quoi il demanda à son compagnon pourquoi sa machine était depuis deux ans sous quatre verrous. Par la grâce efficace, répondit Gordon: je passe pour janséniste; j'ai connu Arnauld et Nicole; les jésuites nous ont persécutés. Nous croyons que le pape n'est qu'un évêque comme un autre; et c'est pour cela que le P. de La Chaise a obtenu du roi, son pénitent, un ordre de me ravir, sans aucune formalité de justice, le bien le plus précieux des hommes, la liberté. Voilà qui est bien étrange, dit l'Ingénu; tous les malheureux que j'ai rencontrés ne le sont qu'à cause du pape. A l'égard de votre grâce efficace, je vous avoue que je n'y entends rien; mais je regarde comme une grande grâce que Dieu m'ait fait trouver dans mon malheur un homme comme vous, qui verse dans mon coeur des consolations dont je me croyais incapable. Chaque jour la conversation devenait plus intéressante et plus instructive. »
D'ailleurs si c'est un éléve qui vient à mon secours, pour l'aider à mon tour je peux lui donner des études de texte sur d'autres chapitres(1,3,4,8,16) ou des extraits de "René" de Chateaubriand.

Si quelqu'un veut se lancer, ne redigez pas : sous forme de notes s’il vous plaît. Il n'y a pas de sujet, c'est une étude linéaire du texte(recheerches de figures de styles, idée implicites…).

merci d'avance.
J'ai fait un commentaire en cours, donc fait par la prof en gros… Si sa peut t'être utile!

L’ingénu : chapitre 10 et 11
Voltaire



I- Un huit clos propice

1. L’action : dialogue, lecture puis écriture
• « La lecture agrandit l’âme et un ami éclaire la console »
• « Il se forma une bibliothèque choisie »

2. Le lieu
• La prison = source de richesse grâce à Gordon et à l’appétit de savoir de l’Ingénu

3. Les personnages
• Mm bonté et mm compassion pour les autres : Gordon aide l’I. et « le bon naturelle de l’I. »
• Penser aux autres les empêchent de s’apitoyer sur leur sort et les aide à supporter l’adversité.
• Pour chacun, l’épreuve est une initiation qui les fait progresser et les modifie
• Gordon : -excellent pédagogue car il guide l’I. sans imposer ses propres points de vues.
-Partage la souffrance de l’I qui va lui apprendre ce que signifie l’amour !
• L’ingénu : -élève idéale ? ignorant mais intelligent et sans préjugé
-devient petit à petit un homme de culture
• « Son confrère étonné qu’un jeune homme ignorant fit cette réflexion qui n’appartient qu’aux âmes exercées, conçut une grande idée de son esprit et s’attacha à lui d’avantage. »
• cf roman de formation
• « Le jeune ingénu ressemblait à un de ces arbres vigoureux qui, né dans un sol ingrat, étendent en peu de temps leurs racines et leurs branches quand ils sont transplantés dans un terrain favorable et il était bien extraordinaire qu’une prison fut ce terrain. »

II- Fonction du dialogue

1. Rendre le récit plus vivant, personnages plus réalistes et présents
2. Faire progresser l’action
3. Permettre le débat d’idées
4. Inscrire le lecteur dans une dynamique de réflexion
5. De nombreux sujets touchant à de multiples aspects de la pensée sont abordés : l’Encyclopédie, le Providence, la métaphysique, l’Histoire, les Sciences, les rapports entre nature et culture, la critique littéraire…

III- L’occasion pour Voltaire de faire réfléchir le lecteur et de lui transmettre ses idées

1. La Providence
• Gordon : janséniste croit en la prédestination ; l’arrivée de l’Ingénu serait un signe de l’élection.
• L’ingénu : Pas de grâce ds ses déboires et ds le mal qui règne sur terre ; conteste la grâce efficace
• Gordon : ds un bourbier face à l’I. et son raisonnement

2. La métaphysique (partie de la philo qui s’intéresse à l’existence de Dieu)
• L’ingénu est le porte parole de Voltaire ? action mesurable de dieu pour l’homme par l’organisation admirable de l’univers ; homme fait parti de cette machine / organisation.
• Pour Voltaire, métaphysique comme construction gratuite de l’imagination ne reposant sur aucun fait d’expérience.

3. L’histoire
• Gordon + l’I. pensent comme une tragédie : perversion, petitesse mais admiration pr l’histoire de la république romaine (1 modèle pour les philosophes des lumières)
• Confusion de l’histoire avec l’histoire de la mythologie ? éloigne de la vérité
• Occasion pour Voltaire de glisser un apologue sur un souverain éclairé

4. Nature et culture
• La vraie culture c’est la tolérance et le respect de l’autre.
• Il faut avoir une bonne capacité de jugement sans a priori
• « J’ai consumé cinquante ans à m’instruire et je crains de ne pouvoir atteindre au bon sens naturel de cet enfant presque sauvage. Je tremble d’avoir laborieusement fortifié des préjugés ; il n’écoute que la simple nature » ? MAIS l’état de nature ne suffit pas, il doit être complété par la culture
Bonjour à tous =)
J'aurai bien voulu pouvoir t'aider mais j'ai laissé toutes mes études de texte de l'ingénu dans mon cassier au lycée et quand j'ai appelé ils m'ont dit avoir tout mit à la poubelle… Je suis à 10jours de passé mon oral de Français, je cherche quelque études sur le net mais tout reste payant.. Je n'ai plus qu'à retravailler mon texte et espérer ne pas tomber dessus! Lol

Bon courage à vous tous =)
Jade.