Cohen, Le Livre de ma mère - Ô mon passé, ma petite enfance, ô chambrette…
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Pleonasme a écrit :aliciaa a écrit :bonjour! je voudrai l'avis de quelqu'un a propos du sujet de commentaire en série L su le texte d'Albert cohen. Voila celui-ci était un texte autobiographique donc, mais lors de la rédaction j'ai fait apparaitre ds mon commentaire a 3 ou 4 reprise le mot : biographie aulieu du mot autobiographie. Tout mon commenatire est basé sur l'autobiographie et ses caractéristiques mais avec la panique et le stress j'ai confondu ces 2mots pas erreur! depuis je ne sais plus quoi pensé! est-ce que l'examinateur va pensé que je ne connait pas ma definition ou, si le commentaire est logique et correcte pensez vous qu'il fera l'impasse sur ce mot maladroitement définit donc et sans cohérance aucune avec mon commentaire ? 😐 :/
merci de me donné vos avis. !!!!
Je ne pense pas que cela puisse vraiment être pénalisé si tu as bien défini le mot "biographie" comme étant autobiographie. Je pense que le correcteur peut comprendre que tu t'es trompé, et à la limite sanctionner 0.5pt/1pt, mais pas cosidérer ça comme hors sujet ou quoi ce soit.
De plus, on a légèrement vu Le Livre de ma mère en lecture cursive, et même si le passage du corpus paraît comme autobio, le livre est en fait une biographie de la mère de Cohen.
Pas trop de souci à avior je pense, si le reste deton commentaire est logique..
Le correcteur, avant d'être une machine, est surtout un être humain donc ça passera…
Séb
sa me rassure!! esperons que le correcteure sera compréhensif car je l'ai mis au moin 3 ou 4 fois le mot 😮
merci de m'avoir repondu en tout cas 🙂
vous avez trouvez des champ lexicaux dans le texte vous? moi j'ai mis celui du bonheur mais apres coup j'hesite un peu :/
J'ai étudié Le livre de ma mère avec mes L l'an dernier et, franchement, c'est assez abrupt d'abord…
Ce texte, très beau en effet, n'est pas évident… Le style est très spécial chez Cohen avec toutes ces énumérations…
On avait, sur un autre "topic", une spécialiste de Cohen. Ce serait bien qu'elle pointe le bout de son nez ici pour nous dire un peu ce qu'elle pense de ce texte et qu'elle nous éclaire sur tout ça 😉
Séb
Deceptmore a écrit :Typhanie j'ai fait la même interprétation que toi pour la dernière phrase et je suis jalouse de certains éléments chez toi comme la volonté de vouloir faire durée le souvenir ou encore les analyses de temps etc … !!
merci Deceptmore ça me rassure, je suis pas complètement spé 😉 !
MyLieMylie a écrit :vous avez trouvez des champ lexicaux dans le texte vous? moi j'ai mis celui du bonheur mais apres coup j'hesite un peu :/
Bah moi j'avais le lexique du loisirs, de l'école, du mobilier et de la nourriture…par contre le bonheur…pas vraiment, lol !
Catwalk ou d'autres "professionnels" (!), pensez-vous qu'en conclusion, on pouvait parler du complexe d'Oedipe … parce que j'ai longuement hésité…
L'oeuvre de Cohen est en effet très déroutante…Je crois que sur l'extrait proposé du Livre de ma mère, l'essentiel était de ramené le fait biographique (les souvenirs d'enfance, le lien avec la mère) à cette écriture particulière: combien d'entre vous se sont attardés sur le nombre de phrases que comporte cet extrait?
Regardons d'un peu plus près:
- on observe deux longues séquences (les deux premières phrases: introduites par l'interjection Ô. Passages très lyriques (la question du lyrisme est omniprésente dans l'oeuvre de Cohen et elle revêt dans ce passage une dimension personnelle, du sensible etc. Il fallait aussi prêter attention au procédé de l'énumération (encore une fois caractéristique de l'oeuvre de Cohen avec des effets plus ou moins différents).
- puis deux phrases très succinctes: "les rives s'éloignent. Ma mort approche".
Il y véritablement une poétique dans cet extrait: poétique du souvenir évoqué, mais poétique du style aussi, de l'écriture.
Il fallait, à mon humble avis, assister d'une part sur la transmission du souvenir, puis sur le rapport du fils (adulte mais redevenu enfant en écrivant) avec sa mère. Enfin, il aurait fallu greffer à ces deux perspectives la question de la thématique de la mort.
J'avoue que ce sont quelques idées mises en vrac…Je ne vais quand même pas construire un commentaire composé, pas 5 ans après avoir passé le bac français !
Je me demande néanmoins de quelle manière les correcteurs vont appréhender un tel sujet: l'oeuvre de Cohen est certes connue, mais très peu lue et encore moins étudiée. J'en sais quelque chose, j'ai fait ma maîtrise de lettres sur cet auteur.
Albert Cohen est un auteur marginal: inutile de chercher à faire des rapprochements avec des auteurs classiques (dans l'optique d'étude du biographique-autobiographique) dans cet extrait. Albert Cohen avouait avoir peu lu. Stendhal, Tolstoï et Dostoïevski l'ont séduit: Cohen en parle d'ailleurs dans Belle du Seigneur.
Le livre de ma mère, c'est le seul roman autobiographique de Cohen. La figure de la Mère, extrêmement importante pour Albert Cohen, parcourt l'ensemble de son oeuvre. Il y a véritablement cette idée que la mère de l'auteur est l'unique femme de sa vie (ce sont les mots exacts de Cohen, prononcés lors d'un entretien avec Bernard Pivot).
Je pourrai encore en dire long mais je m'arrête là… En résumé, un véritable hommage d'un fils à sa mère…
BellaS22 a écrit :Il y véritablement une poétique dans cet extrait: poétique du souvenir évoqué, mais poétique du style aussi, de l'écriture.
Merci d'être intervenue dans le sujet car c'est à toi que je pensais…
Tout à fait d'accord avec ta remarque que j'ai insérée. A mon avis, un aspect très littéraire à développer en partie finale.
Oui, et puis, bien sûr, la thématique de la mort abordée dans le récit global d'une manière très réaliste et morbide…
Je me demandais si les "ô" ne pouvaient pas exprimer le regret aussi car les rapports entre l'auteur et sa mère sont assez spéciaux, notamment avec cette histoire de coup de téléphone passé lors d'une soirée - je n'ai plus vraiment la chose en tête - qui déclenche une dimension conflictuelle pleine de tension.
Séb
Tu as l'air de bien connaître l'auteur…
Il y a en effet un épisode conflictuel entre l'auteur et sa mère: je crois me souvenir qu'elle appelle chez des amis où doit se trouver Cohen, et l'adolescent à l'époque perçoit cet épisode comem honteux auprès de ses amis (la famille de Cohen était juive et sa mère malmemant sans doute parfois le français). Au cours de l'entretien avec B. Pivot, Cohen dit en effet qu'il s'en veut terriblement d'avoir eu ce sentiment de honte à l'égard de sa mère… Professeur monsieur Catwalk?Je vous ai envoyé un message privé. Si vous vous voulez poursuivre cet échange d'idées sur Cohen, j'en serai ravie !
le complexe d'Œdipe c'est quand on tue symboliquement son père pour épouser sa mère
Rien de tout cela dans ce passage, il ne montre pas de jalousie de souvenirs d'attachement exclusif comme par exemple Baudelaire qui ne s'est jamais remis du remariage de sa mète
le complexe d'Œdipe c'est quand on tue symboliquement son père pour épouser sa mère
Rien de tout cela dans ce passage, il ne montre pas de jalousie de souvenirs d'attachement exclusif comme par exemple Baudelaire qui ne s'est jamais remis du remariage de sa mète
Pas mieux… Je pense que c'est un "désavantage" de tomber sur un texte dont on a étudié l'oeuvre en cours car c'est la meilleure façon de transformer son commentaire en dissert' très éloignée de la finalité du commentaire…
Séb
que de nouvelles choses apprises sur Cohen ! c'est impressionnant ce que l'on peut dire sur un passage de 15 lignes. Je me suis toujours demandé si l'auteur avait conscience de pouvoir suggérer tout ça où si c'était instinctif ( sujet de philosophie non ? lol )
tiphanie2829 a écrit :que de nouvelles choses apprises sur Cohen ! c'est impressionnant ce que l'on peut dire sur un passage de 15 lignes. Je me suis toujours demandé si l'auteur avait conscience de pouvoir suggérer tout ça où si c'était instinctif ( sujet de philosophie non ? lol )
C'est un sacré sujet de débat qui pourra faire l'objet d'un autre message… Moi-même, comme prof de français, je suis subjugué de la richesse incroyable des textes de certains auteurs… On a beau les lire vingt ou trente fois et ce n'est qu'à la cinquantième lecture qu'on va décéler un "truc" unique…
Le gros intérêt des forums - fora? -, celui-ci en particulier, est de confronter tout cela et de nourrir en quelque sorte la richesse des mots de l'auteur…
Séb
J'ai aussi trouvé que la confrontation des trois textes les éclairait les uns les autres, permet de mieux les apprécier et de redécouvrir, aux côtés d'un auteur peu connu, ces deux grandes dames que sont Colette et Simone de bauvoir Catwalk !
je ne passe pas le bac, je suis une des modés du forum
😂 😂 😂
et là je faisais juste un commentaire, je ne ressens pas du tout le complexe d'Œdipe dans ce passage
Je ne l'ai pas marqué dans ma conclusion et tant mieux à ce que je vois.
Mais j'ai appris la notion du complexe d'Oedipe comme étant une découverte de la psychanalyse qui définit l'ensemble des pulsions que ressent l'enfant par attirance pour sa mère…
J'étais consciente que c'était extrapoler mais j'ai regretté ensuite quand j'ai su que certains avaient étudié cete hypothèse.
Enfin c'est clair que le texte était très enrichissant et quelque soit la note j'ai pris du plaisir à l'étudier, même si j'aimerai avoir réussi !
Si on considère que tout adulte qui regrette son enfance et tient à rendre hommage à sa mère a un Œdipe persistant on n'est pas sortis de l'auberge 😂 😂
Je ne sais pas si Cohen était conscient du pouvoir de ses mots, de son écriture… En tout cas, il savait qu'il était très admiré (beaucoup d'admiratrices lui écrivaient à Genève: Cohen recevait des lettres enflammées de lectrices envoûtées par ses personnages et son écriture).
Autre trait atypique, Cohen dictait ses livres à ses femmes (il en a eu trois). Quand on pense que Belle du Seigneur, qui compte environ 1100 pages, a été dicté environ quatre fois à sa femme Bella Cohen…
Très peu d'ébauches de plans, de manuscrits chez A.Cohen (il a demandé à ce que tout soit détruit après sa mort) L'écriture se situe du côté de l'instinct, de l'oralité… Le processus de création de ses romans méritait d'être mentionné. Et puis, encore un trait déroutant de la personnalité de l'auteur, celui-ci ne considérait pas comme un écrivain: il disait "je n'ai pas de vie professionnelle d'écrivain […] Je n'ai subi aucune influence littéraire".
L'écriture cohénienne demeure un large champ de recherches et d'interprétations !
Bonjour à tous,
J'ai moi aussi choisi le commentaire mardi matin et je voudrais avoir votre avis sur mon plan…
I ) Authenticité et pluralité des souvenirs
a) Authenticité
- Cohen respecte le caractère confus et partiel de la mémoire : synecdoques, ordre chronologique non respecté (il évoque le Nouvel An avant Noël), on passe du général ("odeurs") au particulier, etc.
- L'auteur s'efface devant ses souvenirs, il les laisse parler avec spontanéïté, n'intervient pas dans leur saut sur le papier, ce qui apporte une grande anthenticité à ses souvenirs : absence du "je"
b) Pluralité
- Enormément de domaines évoqués : la famille, la maison, les rituels, l'école, les loisirs… / accumulations
- les cinq sens sont sollicités
II ) Idéalisation et infantilisation
a) Idéalisation
- oxymore "vertueuses chromos", tout ce qui touche à son enfance est magnifié
- interjection "ô", qui louange le passé
- absence de pronoms possessifs dans les GN ou GV "tisanes" : même les aliments différents de ceux qu'il a connu le font penser à son enfance, pas uniquement sa tisane mais les tisanes en général : volonté de se raccrocher à un passé idéalisé
b) Infantilisation
- utilisation de vocabulaire enfantin : "maman"
- "petits chats rassurants" ce n'est pas l'adulte écrivain mais l'enfant ingénu qui parle, l'auteur revit ce moment en se remémorant ses pensées de petit garçon
- utilisation du suffixe "ette" dans le nom "chambrette" : affection pour la pièce qui l'a vu grandir
III ) Désillusion et amertume
a) Amertume
- volonté désespérée de se rattacher à son passé : "conforts et confitures" ne sont pas propres à l'enfance mais permettent quand même à Cohen de s'y replonger
- utilisation du mot "enfance" à trois reprises : l'auteur est conscient que cette époque est révolue, elle lui échappe autant qu'elle le hante
b) Désillusion
- évolution de la structure : on passe de grandes phrases contenant des GN ou GV très varié à des GN beaucoup moins diversifiés, avec des répétitions "petites paix, petits bonheurs, les gâteaux de maman, les sourires de maman", le flot de souvenirs se tarit peu à peu
- l'auteur est rammené à la réalité très violemment, vocabulaire de la mort + les deux dernières phrases très courtes, qui contrastent avec les précédentes. Elles apparaissent alors comme une sentence sans appel.
- absence de sujet ou CO renvoyant à l'auteur dans "les rives s'éloignent" : il est impuissant
Dans ma conclusion j'ai ouvert sur W ou le souvenir d'enfance, de Georges Perecq.
En le reprenant comme ça je me dis que mon plan n'est vraiment pas très riche… 😞
"vertueuses chromos" n'est pas un oxymore ; un "chromo" est une gravure de peu de prix, de qualité médiocre. "précieuses chromos" aurait été l'oxymore. Désolée ! 🙂
(il l'emploie au féminin, ce qui est exact ; mais l'usage est d ele mettre au masculin)
J' ai pris le commentaire, pas par défaut mais parce que je pense que je m' y étais le plus préparé, mais bon ! On verra ça le 6 Juillet