Ce n’est pas de rêves que / dont j’ai besoin.

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, savez-vous si je dois remplacer DONT par QUE dans cette phrase :

Ce n'est pas de rêves dont j'ai besoin.

Est-ce correct ?

Ne devrait-on pas dire :

Ce n'est pas de rêves que j'ai besoin... ?
Bonjour Polaris,

Il faut écrire : « Ce n'est pas de rêves que j'ai besoin. »

Je suis en mesure de vous répondre car je "commettais" cette faute avant qu'on m'informe, dans cette discussion.

Muriel
de n'est pas une proposition mais un partitif je pense, donc la forme "dont" d'impose pour le relatif.
"c'est de rêves dont je vais parler"
"je vais parler de rêves" # "je vais parler des (de+les) rêves"

on ne peut donc pas se dédouaner en allant chercher une préposition dans la principale qui ne s'y trouve pas….

quant à
"c'est de mes rêves que je vais vous parler", je crois qu'il ne faut pas y voir une proposition relative, mais une tournure idiomatique emphatique figée (donc agrammaticale) c'est… que, qui justifie au passage le singulier du verbe.
Oui, c'est évidemment "dont".
Je vais vous parler de quoi ? de mes rêves.
"Que" induit un COD.
Il y a d'autres cas où la préposition est renvoyée hors de la relative :
C'est à cet homme que j'ai parlé.
= C'est l'homme à qui j'ai parlé.

Et évidemment, là que n'est pas COD, mais COI.

Vous pouvez pour vérifier ce que dit Muriel, consulter la BDL
Bonsoir Anne,

Ce n'est pas moi qui le dis, moi, je me trompais… 😜

Muriel
Mais vous avez reconnu votre erreur, donc vous ne vous trompez plus !
Pas sûr ! car j'ai bien du mal à m'y faire, à cette formulation…
Anne,
Ce cas est différent.
D'ailleurs, vous l'écrivez vous-même : "l'homme à qui j'ai parlé".
C'est en raison de la tournure de la phrase (c'est à cet homme que…). Mais j'aurais effectivement dû davantage nuancer mon propos.

Par ailleurs, sans nier l'intérêt du site que vous citez, je préfère le TLF ou le Reverso (site du Littré) :

https://www.cnrtl.fr/definition/dont
https://grammaire.reverso.net/dont/
Bonsoir…

C'est bien Muriel qui a raison.
Dans cette tournure, "que" n'est pas analysable à part, et en tout cas sûrement pas comme un pronom relatif COD.

Comme le dit justement Tyagin, la tournure "c'est….que" (forme négative ce n'est pas…que) est effectivement un gallicisme, une tournure emphatique qui permet d'antéposer un complément placé normalement après, pour le mettre en relief. Ce "que" ne saurait être incompatible avec telle ou telle préposition introduisant éventuellement ledit complément, qu'il s'agisse de "de" ou d'une autre.

J'habite près d'iciC'estprès d'iciquej'habite.
Je voyage en trainC'esten train queje voyage.
J'ai parlé à cet hommeC'est à cet hommequej'ai parlé.
J'ai parlé de cet hommeC'estde cet hommeque j'ai parlé.

J'ai besoin de rêvesC'estde rêvesque j'ai besoin.
Je n'ai pas besoin de rêvesCe n'est pasde rêvesquej'ai besoin. (j'ai besoin d'autre chose que de rêves)

Ne pas confondre avec ces phrases de sens différent:

C'estle rêve dont j'ai besoin.
Ce n'est pasle rêve dont j'ai besoin. (ce rêve-là ne m'est pas nécessaire, mais peut-être un autre rêve le serait-il)

Ici, nous aurions simplement affaire au présentatif (sans que) et non à la tournure emphatique.
Merci beaucoup pour vos réponses !

Un remerciement particulier à Jehan qui m'a résumé la situation.
Bonjour…

J'ai trouvé dans Wilmet le terme exact pour définir la fameuse tournure
c'est…que. Elle a une fonction de focalisation, et le résultat constitue une phrase clivée. Cela ne change d'ailleurs rien à son fonctionnement.

"La tarte ou la glace ? Je préfère la glace.C'estla glacequeje préfère."
Focalisation sur "la glace".

Mais il y a des cas où, malgré des mots identiques, il ne s'agit pas de phrase clivée. D'où une confusion possible.

"La glace au citron ?C'estla glace que je préfère."

Plus de focalisation. Le "C'est" est présentatif, il présente "la glace que je préfère", avec une subordonnée complétant le nom "glace". Et ici, que est bien un pronom relatif COD du verbe "préfère".

Ce n'est pas le cas, répétons-le, dans :

"Ce n'est pas de rêvesquej'ai besoin… "

Nous avons bien ici une phrase clivée tout à fait correcte, et non pas le nom "rêves" complété par une hypothétique et fautive relative…
Si j'ai bien compris, on peut écrire :
"c'est le rêve dont j'ai besoin."
mais pas :
"c'est de rêves dont j'ai besoin."
C'est bien ça ? J'avoue que je suis un peu perdue !
C'est tout à fait ça…
Il faut surtout bien comprendre le fonctionnement du focalisaeur C'est…que et son sens, et le distinguer du simple présentatif "C'est", dont le rôle n'est pas le même.

C'estle rêve dont j'ai besoin, c'est celui-là.
C'estde rêveque j'ai besoin, pas d'autre chose !
Selon Grevisse, la forme correcte est
C'est d'un rêve que j'ai besoin.
Mais on rencontre aussi "plus souvent que ne le disent les grammairiens" C'est un rêve dont j'ai besoin
et, avec redondance de la préposition, c'est d'un rêve dont j'ai besoin.
Bonsoir, Anne.

Grevisse nous donne donc raison. L'article "un" rajouté ne change rien.

J'ai besoin d'un rêve"C'estd'un rêvequej'ai besoin."
J'ai besoin de rêve"C'est de rêveque j'ai besoin."

"C'estun rêve dont j'ai besoin", n'en déplaise à ce que semble dire Grevisse, n'est pas une variante équivalente. Aucune trace du focalisateur c'est…que. C'est le présentatif simple, et le sens n'est pas tout à fait le même.

"C'estd'un rêvequej'ai besoin.""J'ai besoin d'un rêve." (précisément d'un rêve, pas d'autre chose)

"C'estun rêve dont j'ai besoin"→ "J'ai besoin dece rêve." (d'autres rêves me seraient peut-être moins nécessaires que celui-ci, celui-ci est caractérisé par sa nécessité)

Certes, il affirme avoir rencontré aussi parfois : "C'est d'un rêve dont j'ai besoin.". Mais quel est le sens de cette tournure ? Celui de la tournure à focalisateur , ou celui de la tournure à simple présentatif ? En tout cas, il parle à son propos de "redondance", ce qui n'est pas un indice évident de correction grammaticale…
J'aurais mieux fait de ne pas vouloir me rapprocher de la question posée. Là la différence de sens ne m'apparait pas :
Ce n'est pas de cela que j'ai besoin
Ce n'est pas cela dont j'ai besoin
Ce n'est pas de cela dont j'ai besoin
Bonjour, Anne.
Ce n'est pas de cela que j'ai besoin
Ce n'est pas cela dont j'ai besoin
Ce n'est pas de cela dont j'ai besoin
Il serait intéressant de connaître le libellé exact de ces exemples par vous attribués à Grevisse. Le verbe est-il bien aussi "avoir besoin" ? Le complément est-il bien "cela" ?

Le fait que les deux premières phrases aient ici le même sens, au contraire de ce qui se passe quand le complément est "un rêve" tient peut-être au fait qu'avec "un rêve", on ne désigne d'abord aucun élément précis, au contraire de "cela", qui renvoie dès la première phrase à un élément précis et à un seul. Mais cela n'infirme en rien mon analyse :

"Ce n'est pas de cela que j'ai besoin." (focalisateur)
"Ce n'est pascela dont j'ai besoin", ou mieux :
"Ce n'est pasce dont j'ai besoin." (présentatif)

"Ce n'est pasdeceladontj'ai besoin"
(Tournure redondante).
Je n'attribue rien à Grevisse ! Je me suis contentée de mettre une phrase (de moi !) sous les trois formes.
456 C’est … qui ou que.

a) Le procédé le plus explicite et le plus courant pour mettre un terme en relief est de le détacher en tête de la phrase en l’introduisant par c’est … qui, s’il s’agit du sujet, ou c’est … que, s’il s’agit d’un autre terme : (…)

b) Le détachement au moyen de c’est … que entraîne certaines modifications.
(…)
3° La préposition reste normalement attachée au syntagme prépositionnel mis en relief :
(…) Elle se souvient de son enfance ? C’est de son enfance qu’elle se souvient.
(…)
On continue à trouver, moins rarement que ne le disent les grammairiens, deux constructions anciennes.
• La première consiste à rattacher la préposition au relatif, en remplaçant que soit par les pronoms qui (en principe pour des personnes, mais voir § 714), quoi (pour des animaux ou des choses) ou lequel précédés de la préposition, soit par des pronoms (dont, où) incluant en quelque sorte la préposition :
(…)
— Si c’est mon portefeuille dont il s’agit (Chat., Mém., III, II, vi, 11). — Ce n’est pas cela dont j’ai besoin (Bernanos, Sous le sol. de Satan, Pl., p. 181).
(…)
• La seconde consiste dans la présence de la préposition à la fois dans le syntagme déplacé et dans les relatifs (dont, où) qui l’incluent.
Cela est surtout fréquent avec dont : C’est de lui dont il s’agit (Gautier, Mlle de Maupin, IV). — C’est de dynamomètres dont le graveur a besoin (Bachelard, Droit de rêver, p. 72). — C’est toujours des yeux de Nicolas dont je me souviens (Duras, Vie tranquille, F°, p. 137).
Votre "selon Grevisse", m'a fait croire que les exemples étaient aussi de lui… Donner d'emblée les exemples par lui cités aurait évité cette méprise. Dont acte : les formes redondantes "anciennes" se trouvent parfois encore chez d'estimables écrivains… peut-être par goût de l'allitération "de… dont" ? N'empêche que ces tournures sont peu logiques et assez nettement minoritaires.