Bonjour Miss,
Tu travailles dans l'urgence absolue et tu nous imposes à ton tour des cadences infernales.
Est-ce bien raisonnable ?
Ta dissertation porte sur les fonctions du langage.
Va voir d'abord cette page
ici.
Cette problématique, "Est-il raisonnable de limiter le langage à sa seule fonction didactique ?" peut être élargie à l'efficacité de ce même langage.
Réfléchissons
Oui le langage a d'abord pour fonction essentielle de communiquer, ce qui suppose un échange d'informations dans les deux sens,
or dans l'instruction, un des flux est privilégié, celui qui va du professeur vers l'élève, la littérature semble obéir à ce modèle puisqu'un livre est fourni en l'état à son lecteur qui ne peut apparemment pas le modifier.
Pourtant le lecteur participe à sa manière à l'écriture en recomposant ce qu'il lit, en ajoutant sa culture, ses sentiments, ses réactions au point de rejeter carrément ce qui ne lui plaît pas.
De plus il existe d'autres fonctions du langage plus gratuites : évoquer, jouer, se livrer…
Ton plan demanderait à être modifié.
1 - parler et écrire permettent d'instruire (visée didactique) : de fait l'écriture et le livre ont d'abord servi à capitaliser la connaissance, à éviter qu'elle ne se perde. Les progrès de l'humanité ont été seulement possibles parce que des penseurs ont repris la recherche de la vérité à partir de là où leurs prédécesseurs l'avaient laissée, la consignation par écrit a permis l'accélération et la complexification du phénomène…
2 - pourtant cet avantage décisif ne devrait pas conduire à l'exclusion des autres fonctions du langage.
3 - il en existe une particulièrement qui fonde la littérature, la fonction poétique ou l'art de bien dire. Et même si je privilégie la fonction didactique, je peux la rendre plus efficace si je lui adjoins cette visée esthétique, cet agrément, ce plaisir. Le classicisme a tenté cette alliance entre "plaire et instruire" en mettant en oeuvre ce précepte d'Horace : « il obtient tous les suffrages celui qui unit l'utile à l'agréable, et plaît et instruit en même temps.» (Art poétique, III, 342-343). Molière, formé par le public spontané de la comédie, dont le rire reste le meilleur garant d'efficacité, a même inversé la priorité en cherchant d'abord à plaire afin de mieux instruire.
Conclusion : Il n'est pas raisonnable de limiter le langage à sa seule fonction didactique. Elargissement : l'efficacité de ma communication peut être démultipliée si je ne l'appauvris pas en lui demandant d'être purement utilitaire.