Doit-on écrire Icône ou Icone ?
Voici ce que mon dictionnaire (Petit Robert 2006) me dit :
Icone: nom masculin. 1.Signe qui ressemble à ce qu'il désigne, à son référent. Informatique, Symbole graphique affiché sur un écran d'ordinateur, qui représente et permet d'activer une fonction du logiciel.
Icône: nom féminin. 1. Dans l'Église d'Orient, Peinture religieuse exécuté sur un panneau de bois. 2. Figure incarnant un stéréotype socioculturel.
Pourtant
Druide et
Wikipedia disent qu'il y à seulement le féminin qui existe ! Est-ce qu'"icone" est une déformation populaire qui tente de s'insurger ou simplement une alternative ?
Merci!
Bonjour Ti-ron,
Mon dictionnaire Larousse ne donne que le féminin pour les deux sens.
En revanche, cette page https://jargonf.org/wiki/ic%C3%B4ne ici conforte ce que dit ton Petit Robert.
Cependant dans tous les cas, il est recommandé d'orthographier icône avec un accent circonflexe.
Bonjour à tous !
Quelques précisions supplémentaires extraites du Petit Robert 2007 :
1 Icone (masculin) vient de l'anglais icon (icône).
2 Deux significations :
- Signe qui ressemble à ce qu'il désigne, à son référent. Datation : 1970.
- Symbole graphique affiché sur un écran d'ordinateur, qui permet d'activer une fonction du logiciel. Datation : 1989.
Recommandation officielle : UNE icône.
3 Icône (féminin). Homonyme. Datation :1838. Vient du grec byzantin, par le russe.
4 A part icône, aucun des mots de la série n'a cet accent : iconicité, iconique, iconoclaste (1557), iconographie, etc.
Une icône a toujours désigné une image pieuse ; particulièrement vénérées chez les orthodoxes. Les iconoclastes sont des destructeurs d'icônes.*
Un (ou une ?) icone est un mot moderne désignant la petite image sur laquelle on clique pour ouvrir par ex un fichier.
Il faut dire aussi que ce mot a une histoire assez tordue. 🙂
Comme le dit Robert, le français aurait "importé" ce mot du russe vers 1838 pour désigner les icônes religieuses orthodoxes. Pendant près de 150 ans, le mot n'a eu que cet unique sens.
L'anglais, pour sa part, semble avoir commencé à utiliser le mot "icon" dès le XVIe siècle pour signifier "semblable à", pour lui adjoindre vers la même époque que le français le sens plus spécialisé désignant les peintures religieuses orthodoxe.
Mais comme le mot anglais a un sens plus large à la base en anglais, c'est plus facilement qu'il a pris d'autres sens spécialisés, linguistique au XIXe siècle et informatique au XXe.
Et v'là t-y pas que le français importe ces sens-là de l'anglais!
La question est donc:
- faut-il utiliser "un icone" pour marquer l'origine d'importation différente du mot et parce que "icône" a jusqu'ici eu un sens très spécifique en français?
- ou bien "une icône" puisque le français possédait déjà le mot et qu'il s'agit de la même racine à l'origine, alors pourquoi commencer à se compliquer la vie?
Il est probable que l'usage le plus "sûr" soit d'utiliser "une icône" en toute circonstances. Mais l'usage d' "un icone" étant attesté, on peut tout autant l'utiliser sans crainte, par principe ou pour faire réagir 😉
Et une fois que chacun aura fait son choix, il sera temps de poser la question de savoir s'il faut dire "une icône" ou "un icone" de la mode/du cinéma/etc. puisqu'on importe aussi cet usage de l'anglais 😀
UN icone désigne le signe informatique (les raccourcis sur le Bureau par exemple)
Hallyday dit l'idole des jeunes, c'est UNE icône de la chanson (le mot masculin n'était pas encore entré dans les dicos à l'époque !)
Léah a écrit: "Hallyday dit l'idole des jeunes, c'est UNE icône de la chanson…".
Quand Jean-Philippe en était à ses débuts, une bande d'iconoclastes l'adulait.
Aujourd'hui son public est plus large et beaucoup plus respectueux de son image.
Notre cher Johnny national voudrait devenir enfin belge.
Ce bon monsieur Smet reste bien le dernier iconoclaste de sa propre image.
C'est au moins pour cette raison qu'il faut écrire: il était UNE icône de la chanson.
En utilisant l'imparfait, l'idole d'hier entre parfaitement et en douceur dans l'iconographie des chanteurs du passé.
Avec tout le respect dû à notre vedette «yéyé», à la star consacrée.
8-)
Je pense qu'il n'est plus idole (des jeunes), mais qu'il restera icône pour tout un public. Justement, s'il rentre dans l'iconographie, on ne peut pas le mettre au passé. Sinon, Piaf et Montand cessent d'être éternels.
Piaf et Montand sont au moins restés français.
L'iconoclaste en question veut maintenant être suisse.
Adieu l'idole, les icônes et l'iconographie.
Il me semble que le suisse est de nationalité belge 🙄