La crainte dans la tragédie

Entraide scolaire

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Salut,
quelqu'un pourait m'expliquer ce qu'on entend exactement par la CRAINTE qu'une tragédie devrait susciter?
Je dois analyser dans quelle mésure LE MISANTHROPE de Molière suscite la crainte et la pitié. Pour la pitié c'est évident, mais j'ai beaucoup de problèmes concernant la CRAINTE. Je trouve que la piÈce n'inspire aucune crainte. Quelqu'un peut m'aider? MERCI BEAUCOUP Personne ne peut m'aider;(? En ce qui concerne la CRAINTE/TERREUR j'ai vraiment des problèmes… C'Est peut être la déscription de la société corrompue qui pourrait susciter la crainte du spectateur? JE ne sais pas…
selon la définition d'Aristote, dans la Poétique, la tragédie suscite la crainte et la pitié. C'est ce que l'on appelle la catharsis (la purgation des passions).
Le Misanthrope est l'une des comédies de Molière qui se situe entre la tragédie et la comédie.
La crainte n'est pas obligatoirement une terreur digne des plus beaux films d'horreur. C'est plutôt la crainte qu'une telle chose puisse t'arriver.
Si tu as pu t'identifier au personnage, tu peux tout à fait ressentir cette crainte, la crainte de la solitude, etc.
Je crois que c'est de ce type de crainte dont on parle : en tant que spectateur, tu dois en tous cas te sentir un peu mal à l'aise…
merci de la réponse!
Pensez-vous qu'on puisse aussi éprouver de la crainte par le fait qu'on rit de la vertu dans cette piÈce…? Le spectateur pourrait être choqué par ce fait, non?
Pourquoi pas ? mais peut-être plus par la remise en question que fait Alceste du monde des hommes, que par la claque infligée à la vertu.
Tu peux peut-être en parler, mais même le public du XVIIè n'a pu qu'être choqué, pas forcément apeuré.
Même si c'est une pièce que tu juges ancienne, essaie de la voir avec tes yeux du XXIè siècle : Molière dresse des portraits atemporels, pas besoin de s'imaginer en précieuse du XVIIè pour être touché par le Misanthrope.
Pense plutôt à la situation dans laquelle il se trouve : il est seul, et se rend compte qu'il aimait peut-être. C'aurait pu être un personnage hautement tragique : si tu vois pourquoi il peut faire pitié, tu peux voir aussi en quoi ce qu'il est, ce qu'il est devenu, la façon dont il a lui-même creusé sa propre tombe (au sens imagé du terme) est effrayant, et affolant.
Quelqu'un pourrait me donner un exemple pour un autre personnage d'une autre piÈce face auquel on éprouve de la crainte/terreur? Pensez-vous que c'est le cas dans le misanthrope?
La plupart des tragédies, c'est ce que je te disais : on parle en général de catharsis, de crainte et de pitié pour la tragédie.
avec le misanthrope, Dom Juan, Tartuffe, et dans une moindre mesure l'Avare, on peut éprouver ce genre de sentiments, et rapprocher les pièces de la tragédie, notamment quand on se place du point de vue du personnage blâmé (Tartuffe, Dom Juan, Harpagon)
pour la tragédie, tu prends n'importe quel héros tragique : tu es éprouvé par l'horreur de son destin, et par son incapacité à réagir, et tu as pitié pour ce personnage victime de la fatalité.
OEdipe a fait qqch d'horrible : il a tué son père et couché avec sa mère ; mais tu éprouves de la pitié pour ce personnage qui se crève les yeux pour ne plus voir l'horreur dans laquelle il s'est plongé.
merci bcp de tes réponses! Quelqu'un pourrait m'aider s'il-vous plaît à comprendre ce passage… je suis étranger et je ne suis pas sûr si je peux citer ca pour montrer, qu'Alceste se COMPLAÎT DANS SA MOROSITÉ CHAGRINE ET DANS LES EXPLOSIONS DE SA BILE;

"Parbleu, je ne vois pas, lorsque je m'examine
Où prendre aucun sujet d'avoir l'âme chagrine
J'ai du bien, je suis jeune, et sors d'une maison
qui se peut dire noble avec quelque raison
Et je crois oar le rang que me donne ma race
qu'il est fort peu d'emplois dont je ne sois en passe

ou pensez-vous que ce passage est plus approprié;?

Mes yeux sont trop blessées et la cour et la ville
Ne m'offrent rien qu'objets À échauffer la bile
J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond


MERCI BEAUCOUP
Bonjour,

Le 2e me paraît plus adapté. Le 1er traduit plutôt l'étonnement.
mais "complaire" signifie qu'enfin il ne déteste pas tellement sa situation, n'est-ce pas? Est-ce que vous avez d'autres idées de ce que je pourrais écrire pour décrire la "Crainte" que le spectateur peut éprouver face au misanthropè? MerCI
Je crois qu'il faudrait comprendre crainte et pitié comme répulsion et sympathie. Alceste est repoussant dans sa misanthropie, ses excès de vertu, sa défiance généralisée, son intransigeance… mais il est aussi digne de sympathie dans la solitude qu'il crée autour de lui, dans son besoin d'être apprécié comme il est… Crainte et pitié sont à réserver à l'univers tragique, tandis que répulsion et sympathie relèvent plutôt de la comédie. Enfin la grande comédie a pour vocation de corriger les moeurs par le ridicule. Castigat ridendo mores. Elle accomplit sa mission moralisatrice par la répulsion notamment, en rendant le vice ou les monomanies haïssables et risibles pour que chaque spectateur renonce à être le personnage ridiculisé sur scène. Bien entendu, dans le même mouvement, nous savons tous qu'il y a en nous une part de ressemblance avec celui qui est montré par la comédie.
Merci beaucoup de ta réponse!!!
Penses-tu que je pourrais décrire la répulsion qu'on peut éprouver comme "crainte"?
Oui, bien sûr, la répulsion est dans l'ordre de la comédie le similaire de la crainte dans celui de la tragédie.
La tragédie repose sur l'effet de distanciation alors que la comédie utilise le rapprochement, l'effet de similitude. Si le personnage tragique est un roi, un héros…, le type comique est un homme semblable à nous.
merci de ta réponse.. j'ai trouvé une autre piste, pensez-vous qu'elle soit acceptable? On peut comprendre le mot "Crainte" surtout dans le sens d'une inquiètude due à l'idée d'un mal à venir. Effectivement, les spectateur pressent, que l'amour pour Célimène, le procès et le combat contre la société sont voués à l'échec. Je pourais décrire la CRAINTE dans le sens que le spectateur craint pour Alceste et attend le rebondissement de la situation? Qu'est-ce que vous en pensez?

Mais COMMENT peut je rélativiser cet argument à la fin.
Effectivement, ce genre de CRAINTE ne correspond pas à celle qu'on éprouve pour les héros des tragédie ou on pressent également le dénouement malheureux. Mais c'est quoi la différence? MERCI BCP
Bonsoir,

Comme tu l'as déjà deviné, il ne s'agit pas de la même crainte.
Dans la tragédie, la crainte est celle de connaître le même sort que le héros aveuglé par ses passions, par la démesure et que les dieux vont punir pour ses transgressions.
Ce que tu proposes est en fait une forme de la sympathie pour Alceste qui se fourvoie, s'engage dans une voie sans issue. Cette idée pourrait donc être reprise dans la partie qui concerne la pitié.