La longueur du genre romanesque ne sied ni à l’obscurité de mes yeux ni à la brièveté de la vie huma

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Borgès a dit "La longueur du genre romanesque ne sied ni à l'obscurité de mes yeux, ni à la brièveté de la vie humaine"

je comprends bien ce qu'il veut dire par "brièveté de la vie humaine" mais je n'arrive pas à comprendre ce qu'il entend par "obscurité de mes yeux"

si quelqu'un a une idée, je suis prenneuse !!

merci, Elsa
Bonjour Elea,

Sa vue est sans doute faible ou fatigable.
et vous pensez que c'est à cause de la longueur des romans que ses yeux sont fatigables ? ou alors qu'il n'y a pas de rapport entre les deux ?

en tout cas merci beaucoup de votre réponse !!

Elsa
"à l'obscurité des mes yeux"

Qu'il ne sait ni ne peut avoir une vue à longue portée.
Bonsoir Elsa,

Il est certain que la fatigue oculaire est proportionnelle à la longueur du texte.
Tu peux l'entendre aussi au sens figuré comme son intelligence limitée.
Je n'ai pas pensé à t'en parler tout à l'heure.
merci à tous,

en fait, je suis en licence de lettres modernes et je dois mettre en relation cette citation avec plusieurs nouvelles fantastiques, mon problème est, malgré vos différentes réponses, que je ne parviens pas à faire le lien entre "l'obscurité de ses yeux" et le format de la nouvelle.
Pensez vous que c'est à cause de la longueur du récit, que ses yeux sont défaillants ou bien comme vous me l'avez suggéré, faut-il comprendre cette citation au sens figuré ?

sinon, vos idées sont les bienvenues pour l'élaboration de mon plan,

bonne soirée

Elsa
La défaillance occulaire peut être une explication, mais une nouvelle fantastique a pour principale caractéristique de faire hésiter le lecteur entre une version rationnelle (ici, le fait que sa vue soit faible), et une surnaturelle. Ton plan pourrait être composé d'une partie où tu traiterais du principe de la nouvelle fantastique et l'appliquerais ici. Tu donnerais une explication rationnelle et terre à terre de cette citation, en précisant bien que ce n'est pas la seule explication possible, ce qui constituerait ta transition. Puis tu développerais l'explication moins évidente, plus subtile, de cette citation qui serait sinon surnaturelle, du moins employée au sens fuguré ( je ne vois pas vraiment le surnaturel, mais peut être que le mot "obscurité" renvoie à une image plus sombre, presque fantastique… appuyé par l'idée de briéveté de la vie, et donc de mort… mais je ne suis sûre de rien). Aurais-tu des nouvelles précises avec lesquelles la citation doit être comparée? Si oui, la liste de ces oeuvres serait, je pense, utile pour t'aider…
Voila, j'ai fais ce que j'ai pu… -_-'
mes nouvelles sont les suivantes :

"L'homme au sable", Hoffmann
le recueil Visistes de fantômes, James
"L'étrange histoire de Benjamin Button" et "La coupe de cristal taillé", Fitzgerald.

Je te remercie pour ta réponse mais je ne comprends pas pourquoi tu rapproches "l'obscurité des yeux" au réel (opp. au surnaturel) ?

Ne crois tu pas non plus qu'il faudrait faire une partie où montrer que Borgès, puisqu'il il établit un lien entre brièveté et vie humaine, sous entend qu'il y a un rapport entre format de la nouvelle et fugacité de l'existence ? (La nouvelle étant le moyen le plus efficace d'en rendre compte).

et merci encore de faire avancer mon travail…
"Réel" n'est sûrement pas le mot exact, mais j'entendais utiliser "l'obscurité de mes yeux" comme une interprétation au sens propre de l'expression, c'est à dire une faiblesse oculaire certaine, pour ensuite donner une explication différente qui serait l'emploi au figuré. Cela correspond au but premier de la nouvelle fantastique: instaurer le doute entre deux explications possibles.
Mais tu as bien raison, et c'est très bien vu: la brièveté de la vie est mise en relation directe avec "la longueur du genre romanesque", et par extension au format de l'oeuvre lue. Il établit donc une relation entre le format court, concis qui est celui de la nouvelle, et - comme tu l'as si bien dis- la "fugacité de l'existence". Mais que pourrait signifier ce lien? Peut être le fait qu'il ne faut simplement pas perdre de temps. Cette citation reflète la réflexion de Borgès à propos du temps qui passe, et il utilise implicitement la nouvelle pour appuyer cela.
Bonjour a tous,

Il me semble que Borges a la fin de sa vie etait aveugle et qu'il avait des lecteurs et peut-etre egalement des scribes. Je ne connais pas la chronologie exacte mais il est possible que cette situation ne soit que l'expression de sa reconnaissance pour les auteurs de nouvelles et de son amertume due au fait que ce medium pour acceder a la litterature (lecture a voix haute) ne lui permettait plus autant d'apprecier ce genre.

Apres je suis tout a fait d'accord, il y a surement de la magie ou du fantastique dans cette citation. Et cela se situe certainement au niveau de "l'obscurite". Pour ma part voila comment j'interpreterais la citation: c'est un peu un resume de l'approche Borgesienne de la litterature. Pour moi Borges est un auteur conceptuel, et la facon dont je comprends la citation c'est que les auteurs de nouvelles sont des auteurs conceptuels par opposition a des auteurs materiels qui vont alors avoir recours au genre romanesque. Le genre romanesque est un genre pour les auteurs qui ont de bons yeux, qui observent et qui sont capables de vous dire la couleur des habits que vous portiez tel ou tel jour. Alors que l'auteur de nouvelles, bien qu'observateur egalement, fera moins attention a ces details materiels, et ne sera par consequent pas arme pour les longues descriptions romanesques. D'ailleurs il me semble que les descriptions de Borges, bien que precises parfois, ont toujours une dimension fantastique, esoterique et servent a des fins similaires. D'apres moi elles sont la consequence d'un regard interieur ou conceptuel, un examen du monde… sans yeux.

Pour finir car je n'ai plus de batterie, une nouvelle de Borges traite un peu de ce sujet je crois c'est Funes ou la memoire dans Fictions.