La laideur peut-elle être une source d’inspiration pour un poète au même titre que la beauté ?

Entraide scolaire

35 réponses · Page 2 / 2

Bonjour à tous,
J'ai travaillé un plan, et j'aimerais avoir votre avis.

La laideur peut-elle être une source d'inspiration pour un poète au même titre que la beauté ?

Le poète est un visionnaire. Depuis toujours, la poésie est synonyme de beau. Mais qu'est-ce que le beau ? C'est la perfection, l'harmonie d'un objet, d'une personne, d'un sujet qui le rendent attirant, comme le laid repousse, répugne, n'intéresse pas.
Et le monde est nuancé, entre le Beau, le Laid, le Bien et le Mal.
Mais, le poète au "front éclairé" ne devrait-il pas nous donner une vision totale du monde, et pas seulement une "sélection" ?
On peut alors se demander si la laideur est source d'inspiration du poète aussi bien que la beauté peut l'être.
La beauté joue-t-elle un rôle prépondérant dans la poésie ? La laideur peut-elle être inspiration ? Est-elle aussi présente que la beauté dans l'Univers Poétique ?

I- La Beauté joue un rôle prépondérant dans la poésie
A) Un thème logique et historique
Par définition, le Beau est Harmonie, et donc plus facile à exprimer sous forme de poésie.
Ronsard
B) L'écriture, un métier
Le Beau attire, est dans l'attente du lecteur. Le poème est destiné à plaire.

II- La laideur s'exprime dans la poésie
A) Une part de modernité
Rupture avec la bienséance de la littérature
"Une charogne", Baudelaire
B) L'originalité du poète
Il va trouver le laid attirant, y voir une part de Beau.
La "Beauté bizarre" de Baudelaire

Exprimer la laideur en poésie est une forme de défi pour l'auteur

III- La laideur reste moins présente que la beauté
A) Le laid devient beau
"Faire de l'or avec de la boue", Baudelaire
B) Le laid reste minoritaire
La poésie s'accroche à des thèmes phares : amour, nature…

J'accepte bien sur toutes vos critiques, mon but étant de progresser.
Merci d'avance à ceux qui me liront.

A bientôt!
Personne pour me répondre ? (:
Bonjour,
Je ne garantis pas que mes remarques seront pertinentes :
- Je t'invite pour l'essentiel à lire les pages précédant ton message.
- Ne pas mettre de majuscule au nom commun à moins que cela serve au sens. (cf Harmonie)
- Ton introduction ne me paraît pas complètement pertinente : "Le poète est un visionnaire" quel est le rapport avec le sujet ? (note que tu peux très bien le relier, mais ici c'est complètement hors-sujet compte tenu de la phrase suivante…) + la définition que tu donnes de la beauté ne couvre qu'un seul sens de celle-ci (toutes les cultures et les époques n'en ont pas la même définition) + mettre plusieurs questions en tant que problématique est à éviter.

Bonne chance pour ton bac!
Bonjour,

Je n'ai pas mieux, comme garantie à la pertinence de mes remarques.

Mais quelque chose me dit que ce plan _ où figurent nombre de remarques intéressantes et des exemples que je n'aurais pas pu mieux choisir moi même (attention le coup de l'or et de la boue ce n'est pas Baudelaire, c'est Balzac !!!^_^') ce plan ne demande qu'à être approfondi et traité de manière à décliner véritablement toutes les implications du sujet.

Tu as fort bien fait d'évoquer dans la première partie l'idée d'harmonie comme critère de référence du "beau" et du "non beau". Si elle est sujet à caution dans un débat, elle est parfaitement légitime ici et se justifie : un poème c'est un travail sur la forme, un travail d'harmonisation du discours pour susciter dans le lecteur l'impression du beau, de l'achevé c'est à dire d'une forme impérissable. Mais il n'est pas question ici de forme, mais d'inspiration. Par définition, une "source" d'inspiration est un matériau de base : elle n'entre en rien dans l'exécution technique qui constitue le travail de mise en forme du poète. Une source d'inspiration n'est donc en rien obligée au beau. Commencer par parler de forme dans un tel devoir, c'est déjà frôler l'hors sujet _ un jeu dangereux. Tandis qu'admettre d'emblée le schisme entre matières brutes, thème, motif du poème (ou je ne sais quelle expression l'éducation nationnale a décidé de trouver à la mode cette année), et son exécution finale, achevée, contrainte à certaines exigences d'harmonie et de rhétorique, te permettra de libérer le champs à une réflexion différente, dotée d'un peu plus de recul.
Car ton plan pour bon qu'il soit, colle trop à mon goût au modèle thèse anti-thèse synthèse des deux et va pour le juste milieu; tandis que tu m'as l'air doté d'assez de pertinence pour trouver mieux et pénétrer plus avant ton problème. Je ne peux naturellement pas le faire à ta place. Je ne peux que t'aider à visualiser les différentes directions de réflexion qu'ouvre un tel sujet.

Par exemple les sources d'inspiration. Le terme a été laissé vague à dessein : il FAUT le creuser. Que sont-elles, d'où nous viennent elles et dans quelle mesure elles imprègnent un poème? Un poème est forcément hors du temps, hors de la vie : il ne vieillit pas, il ne se dégrade pas : la Marie de Ronsard est pour toujours immortelle et immaculée : tandis que la vraie Marie vivante, celle à qui le poète consacrait toutes ses pensées tous ses soupirs a dépéri, fané, déchu, elle était peut être dans la vie la plus insupportable raseuse qui soit. N'importe : elle a INSPIRE le joyau de l'oeuvre de la Pléiade, c'est à dire que sa triste et raseuse réalité a été transposée sur le mode beau et sous cette forme a gagné l'immortalité. La source d'inspiration c'est donc quelque chose de la vie réelle, changeante et ambigue, de la vie soumise aux interprétations, où les absolus n'existent pas; et auquel on S'ABREUVE, pour canaliser cette capacité de sublime que recèle chaque poète, pour y investir les absolus que l'on charrie en pure perte et qui sans ce réceptacle seraient aussi abstraits que les notions de beau et de non-beau.

Question : par définition, existe-t-il une réalité belle ou laide ?
Le beau, le laid, n'est ce pas la volonté du poète qui l'insuffle ?
si tu cherches de nouveaux exemples, un peu moins usités je te conseille d'aller voir du côté de DuBellay.

https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques//lesgrandsclassiques/poemes/joachim_du_bellay/comme_un_qui_veut_curer_quelque_cloaque_immonde.html

J'ai en mémoire en outre, un sonnet qui serait l'illustration parfaite : l'exquis raffinement de la forme, mis au service de la laideur la plus prononcée : un sonnet décrivant partie par parties, amoureusement le corps de la dame _ laquelle s'avère être au moins une septuagénaire, décrépite et noircissante. Si j'arrive à retrouver un lien je le mettrai. (ô ma fichue mémoire)

La différence avec la charogne de Baudelaire ? Simple. La charogne de Baudelaire, si elle est laide, ouvre une réfléxion. La laideur sert à considérer l'ensemble de la vie, et la leçon finale que l'on en tire est que finalement, la beauté avec ce qu'elle comporte de charmant et d'attractif n'est pas très supérieure à la laideur. Elles "valent" autant, et il n'y a que le point de vue qui les envisage qui en fait la distinction. Le point de vue volontairement froid et observateur de Baudelaire ne distingue pas. Beauté et laideur sont logées à la même enseigne. finalement c'est un plaidiyer pour la relativité de ces deux choses.

Avec les sonnets de DuBellay, au contraire, le contraste est accusé, mis en lumière. C'est le triomphe du schisme entre beauté et laideur. Tout est périssable en ce monde, et la beauté deviendra laideur C'EST POURQUOI IL FAUT CELEBRER LA BEAUTE TANT QU'ELLE EST, et la fixer, dans un forme immortelle, le plus beau et le plus immortel des sonnets PARCE QUE LA BEAUTE EST SUPPERIEURE A LA LAIDEUR.
C'est donc moins la beauté et la laideur qui inspirent séparément et réciproquement, comme deux rivales qui se défient, que leur réciprocité même. Elles ne sont pas rivales, elle ne se conçoivent pas séparément !!! Voilà encore un point qui pourrait constituer une partie : la beauté et la laideur sont elles séparables dans l'esprit du poète ? Evoquer l'une, n'est ce pas se permettre le droit d'appréciation sur l'autre? N'est ce pas les prendre ensemble quoiqu'il en soit ? ("Beau laideron" ! comme dit Rimbaud.)

rhâ ! j'ai retrouvé mon lien pour du Bellay :
https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques//lesgrandsclassiques/poemes/joachim_du_bellay/o_beaux_cheveux_d_argent_mignonnement_retors.html

je crois que c'est vraiment à propos avec un sujet comme celui là. Sérieusement si tu as l'occasion de l'utiliser n'hésite pas : c'est quand même plus original que la charogne et les profs aiment l'originalité.

Dans l'effet inverse je te recommande celui ci :
https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques//lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/mes_petites_amoureuses.html
antithèse du premier : où ici Arthur Rimbaud s'empare de toutes ces jolies mignonnes auxquelles, s'il était de la Pleiade il devrait rendre hommage, et qu'il traite de laiderons, de mochetées, qu'il enlaidit par la rudesse de sa langue et de sa forme. Ici la source d'inspiration est belle, et la forme la rend monstrueuse.


Enfin pour la question de la sublimation, je te recommande vivement un poème issu de la légende des siècles de Victor Hugo


dans lequel il est illustré que la perfection de l'industrie poétique transforme le vulgaire en objet de pur rayonnement, tandis que l'inverse… enfin,, rien que pour la culture, lit-le :
[Lien invalide.]

voilà quelques refléxions qui peuvent t'aider à orienter différemment ta pensée. Le reste t'appartient bien sûr. Ce ne sont que des pistes et je te fais confiance pour les approfondir à ta manière. Par ailleurs je suis fatigué d'écrire. ^_^ tsssssst Pas sérieux tout ça !

il ne me reste encore qu' à te préciser que du temps de ma scolarité le plan en trois parties trois sous parties était apprécié et même requis. Je le crois un assez bon canevas, et je te recommanderai assez de ne pas t'en éloigner. Deux sous parties font un peu pauvre….

Bon courage !
Bonjour,
Je suis en 1ère et j'ai une dissertation à finir pour Mardi. La question posé est:
"La laideur peut-elle être une source d'inspiration pour un poète au même titre que la beauté?"
Ma prof de français nous a fourni le plan, il nous fallait le remplir avec des sous partie et des exemples et faire notre dissertation pour Mardi. Les sous partie de mes deux premières parties étant validés par mon professeur je suis à la recherche de sous parties pertinente pour ma troisième partie. Le plan:
I. La poésie des origines : venue des Dieux.
a)Poésie Antique. (Exemple: Homer, Archiloque, Ovide.)
b)Poésie classique. (Exemple: Pétrarquiste -Du bellay, Ronsard. Classiciste -Racine, Richelieu. Romantique - V. Hugo, A. De Musset.)
II. La laideur, un sujet de poésie.
a)Éloge d'une chose commune (Exemple: "Le peigne", Germain Nouveau.)
b)Prendre un sujet effrayant pour le rendre attachant. (Exemple: "J'aime l'araignée", Victor Hugo. "Le crapaud", Tristan Corbière.)
III. La laideur transfigurée par le style.
Pour cette troisième partie, j'avais penser à :
a)L'art de l'écriture. avec un exemple de Baudelaire et un exemple d'Apollinaire
b)Concept oxymorique. avec un exemple de Raimbaud.
Si vous pouvez m'aider s'il vous plait. 😞
Baudelaire :

Voir le titre : Les Fleurs du mal.
Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence,

Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or.
salut ! moi perso j'ai une dissertation d'à peu près le même genre mais j'ai un plan différent mais qui reste à peu près du même style:
I) La poésie est beauté
1) La poésie inspirée ( inspiration divine, légende d'Orphée, poésie = beau)
2) La poésie lyrique, la beauté des sentiments
3)Le travail sur la forme(=> poème)
II) La laideur a sa place en poésie
1) La laideur dans la forme
2)Un sujet laid
3)La laideur morale du poète
III) Le poète transforme la laideur en beauté
1)La laideur pour célébrer la beauté, la vie…
Les objets mis en lumière
3)L'alchimie du poète ( aide: Baudelaire)

Perso c'est pour mardi et je m'en sort pas du tout et pourtant ça fait une semaine que j'y travaille dessus alors SVP sauvez moi !!! 😞

Bonjour, pour le sujet "La laideur peut elle être une source d’inspiration au même titre que la beauté" J’ai du mal à trouver une problématique, avec ce plan:

I- La laideur peut être une source d’inspiration poétique

II- Cependant, la beauté peut suffire comme outil d’inspiration

III- La poésie ne peut-elle pas s’inspirer d’autre chose que du jugement subjectif?

Merci d’avance

Bonsoir,

Je crois que tu prends le problème à l’envers. Il faut d’abord définir une problématique. De plus le sujet tel que tu le cites n’est pas limité à la poésie.

Personnellement je garderai la question comme problématique.

J’examinerai d’abord ce qu’est la laideur (pas seulement esthétique, mais aussi morale, psychologique, la bassesse des comportements) en opposition à la beauté (notions subjectives et culturelles).

Ensuite je me demanderai pourquoi la laideur peut attirer (vue du côté de l’auteur et du lecteur).

Enfin je créerai un dépassement avec la force de ce qui sort de l’ordinaire, de la routine, des conventions.

Bonsoir,

je dois moi aussi faire une dissertation sur cette problématique et j’ai trouvé mes axes et sous-parties. Mais je galère pour une de mes sous parties et voilà mon axe :

I.la laideur ne peut pas remplacer la beauté

a)la beauté source d’inspiration traditionnelle

b)la simplicité de la beauté antique

Pour ma seconde sous partie je n’arrive pas à trouver d exemples.

Pouriez vous me conseillé sur cela. S’il vous plaît.

Bonsoir,

Tu pourrais t’inspirer du Parnasse. Regarde le poème "la Beauté" de Baudelaire (qui n’appartient pas au Parnasse) mais qui en reprend ici l’idéal esthétique. Il utilise pour ce faire l’exemple de la statuaire antique.

Tu peux aussi t’appuyer sur une scène bucolique "Les Bergers" tirée des Trophées de Hérédia.

Merci

pour cette recommandation et cette réponse rapide.

Bonjour,je réfléchis sur ce sujet de dissertation qui irait avec le parcours "alchimie poétique : la boue et l’or" en lien avec l’œuvre intégrale "Les fleurs du mal".J’ai un début de plan:I) La beauté : objectif final de la poésieII) Mais la beauté est parfois issue de la laideurIII) L’inspiration de l’auteur ne limite pas à la beauté ou la laideurCependant je n’arrive pas à trouver des sous parties et des bon exemples, donc est-ce que vous pouvez m’aidez?

Ce plan ne me parait pas adapté au sujet donné.

De plus, l’axe I me semble reposer sur une conception simpliste et péremptoire de la poésie.

Une erreur dans votre sujet : "AU même titre que…" et non "OU même titre que…".

Une remarque sur la définition du beau : vous collez ensemble deux définitions à vrai dire, qui sont toutes deux valables et pertinentes, mais en ne semblant pas apercevoir qu’elles s’opposent. Il faudrait peut-être dialectiser, plutôt qu’additionner. Je m’explique : le beau peut-être saisi à travers l’idée de perfection. Vous dîtes "harmonie", c’est la même chose et cela convient (encore une fois, vos définitions sont bonnes, je ne les discute pas chacune prise à part). Ce qui est beau, c’est le bien proportionné, l’harmonieux, l’accord des moyens et des fins, etc. C’est l’homme de Vitruve, si vous voulez. Une conception finalement assez intellectuelle - cela dépend de mesure, de choses que l’on peut nombrer, mathématiser, à la rigueur. Mais par ailleurs, l’idée qu’est beau ce qui nous plaît, ce qui nous est agréable, nous renvoie à la sensibilité plutôt qu’au calcul et à l’affect plus qu’à la réflexion. On parle maintenant de plaisir, de jouissance, et non plus d’admiration, ou de la saisie intellectuelle d’un ordre, et par là à l’idée de l’idéal, de la perfection. Si vous avez un peu de temps, vous avez un texte de Kant, le paragraphe 15 de la Critique de la faculté de juger, intitulé "le jugement de goût (1) est entièrement indépendant du concept de perfection", qui marque cette rupture, qui est essentielle. Dorénavant, on mesure le beau aux sentiments éprouvés par le spectateur de l’oeuvre, ce qui a de grandes conséquences, en particulier que l’on va pouvoir parler de "subjectivité" du beau (et par suite on va relativiser, etc.).Je vous cite Kant, mais n’allez pas en faire de même dans votre devoir, ceci sert uniquement, en préparation, à essayer de comprendre ce qui se passe ici, et qui n’est pas un simple rajout, mais un bouleversement copernicien : la question du beau ne va plus tourner autour de l’astre de l’Etre, de la perfection, ou de l’idéal, le seul astre, c’est moi et mes sentiments. On va désormais parler "d’esthétique" - le mot est inventé, au 18ème siècle par un philosophe qui s’appelle Baumgarten, et qui indique explicitement que le beau est surtout une question de sensibilité, de sensation. Aïsthesis, en grec, c’est la sensation. (1) Kant appelle "jugement de goût" celui qui émet qu’une chose est belle ou laide. Cela ne nous dit rien sur la nature de la chose (jugement théorique), ni si c’est bien ou mal (jugement moral), c’est encore une troisième manière de juger, assez spécifique pour que Kant ait cru bon de lui consacrer une troisième Critique, dont certains pensent que c’est la plus géniale des trois.