Jules Laforgue, Moralités Légendaires, Salomé

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Salut tout le monde! Bonne année à tous!
moi aussi je suis en premièreL, et en ce moment moi aussi j'étudie les réécritures des mythes
j'ai un commentaire à faire sur un extrait de "Salomé" de Laforgue, c'est une parodie de "Hérodias", de Flaubert qui s'est inspiré de Salomé, le personnage biblique (voir le Nouveau Testament, Matthieu, XIV). […]…Mais moi j'ai un petit problème, je n'arrive pas à organiser mon plan pour ensuite faire mon commentaire, donc si vous pourriez m'aider, me donner quelques conseils, je vous remercie beaucoup 🙂
Bonsoir Speak,

Quel est l'extrait précis ?
A défaut, il sera difficile de t'aider.
Tu peux trouver la version électronique ici.
Merci pour le lien, mais je ne l'ai pas trouvé, alors j'ai recopier l'extrait
Il s'agit du posthume:
Et enfin voici qu’un silence s’élargit, comme un épervier à mailles pâles jeté aux soirs de grande pêche; on se levait; il paraît que c’était Salomé.
Elle entra, descendant l’escalier tournant, raide dans son fourreau de mousseline; d’une main elle faisait signe qu’on se recouchât; une petite lyre noire pendait à son poignet; elle détacha du bout des doits un baiser vers son père.
Et elle vint se poser, en face, sur l’estrade devant le rideau tiré de l’Alcazar, attendant qu’on l’eût contemplée de tout son cœur, s’amusant par contenance à vaciller sus ses pieds exsangues aux orteils écartés.
Elle ne faisait attention à personne. - Saupoudrés de pollens inconnus, ses cheveux se défaisaient en mèches plates sur les épaules, ébouriffés au front avec des fleurs jaunes, et des pailles froissées; ses épaules nues retenaient, redressée au moyen de brassières de nacre, une roue de paon nain, en fond changeant, moire, azur, or, émeraude, halo sur lequel s’enlevait sa candide tête, tête supérieure mais cordialement insouciante de se sentir unique, le col fauché, les yeux décomposés d’expiations chatoyantes, les lèvres découvrant d’un accent circonflexe rose pâle une denture aux gencives d’un rose plus pâle encore, en un sourire des plus crucifiés.
[…] Salomé chante en s’accompagnant de sa lyre, captivant l’assemblée.
Le Tétrarque scrutait les dessins des ses coussins; c’était fini; la voix dure de Salomé vous le redressa vivement.
- Et maintenant, mon père, je désirerais que vous me fassiez monter chez moi, en un plat quelconque, la tête de Iaokanann. C’est dit. Je monte l’attendre.
(Iaokanann : Jean-Baptiste)


Merci encore 😉
Bonsoir impatient Speak,

Ce qui me gêne, c'est que l'extrait que tu as à étudier élimine une partie très significative, le chant (et non la danse lascive) de Salomé qui faisait de la jeune femme une créature décadente comme tirée des Déliquescences d'Adoré Floupette. Mais nous allons essayer de raisonner sur le texte tronqué.

Le portrait de Salomé

Un mélange subtil
d'artifice
de dérision
en somme une critique feutrée du symbolisme décadent.
Salomé n'est plus la troublante jeune femme dont la danse suggestive enflamme les sens du libidineux Hérode…
Que devient-elle sous la plume de Laforgue ? N'est-elle pas une cousine lointaine de ses pierrots tristes ?
Le final n'est-il pas surprenant ?
Quelles relations entre le Tétrarque et sa fille (lien nouveau, dans la tradition, elle n'est que sa nièce, fille de son frère et sa petite-nièce, fille de sa femme elle-même sa nièce) ?
Il faudrait relever aussi les éléments détonnant dans le texte : expressions familières, trivialités, allusions au monde du spectacle…
je ne sais pas si je suis sur la bonne voie, j'ai tendence à mal organiser mes plans…qu'en pensez-vous?
problématique: Que devient ce personnage mythique sous la plume de Laforgue?(clone de son personage qui est original et parodique)
(je ne sais pas si ma problèmatique est bonne…)

I/Portrait de Salomé
dérision et artifice

(Eléments détonnant)
1)anachronismes:
(rideau d'Alcazar, foureau de mousseline…)
2)expressions familières, triviales:
(candide tête, orteils écartés…)
3)…une femme décadente?

Salomé n'est plus le symbole de l'Eternel féminin, la femme fatale sensuelle et cruelle, s'illustrant dans la danse qui coûtera la vie au prophète saint Jean-Baptiste, Laforgue la "parodie"(description pejoratives, derision…)

II/Relation entre Salomé & Hérode:
1)père et fille
("détacha du bout des doigts un baiser vers son père", "et maintenant, mon père"…)
2)lien nouveau
(on parlera de la traditon…nièce==>fille)
3)fille du tétrarque célibataire
(hérodiade est supprimée du texte)

III/Fin surprenante:
1)dérision
("en un plat quelconque")
2)dure, determinée
("et maintenant", "c'est dit", "la voix dure de Salomé"…)
3)…

Laforgue parodie l'orientalisme à outrance, et notament le style et les descriptions alambiqués de Flaubert dans cette satire les personnages sont hétéroclites et le langage est encombré de fioritures ; par ex: "le col fauché, les yeux décomposés d'expiations chatoyantes, les lèvres découvrant d'un accent circonflexe rose pâle une denture aux gencives d'un rose plus pâle encore, en un sourire des plus crucifiés".


Enfin, comme pour mieux évoquer la confusion régnant, selon lui, dans les récits ornementalistes, il introduit quelques anachronismes : "foureau de mousseline" "rideau tiré de l'Alcazar", "estrade" (monde du spectacle…) il effectue une brève incursion dans la tradition celte en décrivant son héroïne :


"ses épaules nues retenaient, redressée au moyen de brassières de nacre, une roue de paon nain, en fond changeant, moire, azur, or, émeraude, halo sur lequel s'élevait sa candide tête, tête supérieure mais cordialement insouciante de se sentir unique, le col fauché, les yeux décomposés d'expiations chatoyantes, les lèvres découvrant d'un accent circonflexe rose pâle une denture aux gencives d'un rose plus pâle encore, en un sourire des plus crucifiés".

Cette description évoque sans doute la tête coupée de Iaokanann.
Bonjour Speak,

Tout ce que tu as écrit est excellent.
Je reviendrais seulement sur la fin : es-tu sûr qu'il s'agit d'allusions à la culture celte ?
Tu ne peux te livrer à une citation aussi longue, ce serait une erreur technique.
Il ne peut s'agir d'une évocation de la tête du Baptiste, mais plus subtilement d'une préfiguration de la décollation. Salomé porte la mort sur elle, laisse voir (assume) sa volonté meurtrière. Le futur supplice qu'elle va exiger comme une enfant capricieuse est vécu par avance comme une dérision blasphématoire. J'y vois pour ma part une parodie du symbolisme décadent, maniéré à l'extrême, tel que tu peux le découvrir dans A Rebours d'Huysmans…
Regarde ce lien ici.
Merci beaucoup! tout ça m'a beaucoup aider 🙂

que pensez-vous de mon plan?

I/Portrait de Salomé:
(dérision et artifice)

1)anachronismes, triviales, expressions familières
2)
3)une femme décadente:
(hétéroclites, langage incombré de fioritures…)

II/Relation entre Salomé et Hérode:

1)père et fille
2)nouveau lien
3)Hérodiade supprimée

III/Fin surprenante (parodie du symbolisme décadent):

1)assume sa volonté meutrière
2)satire, parodie du style et de la description alambiqués de Flaubert
3)dérision blasphématoire
Bonsoir Speak,

C'est bien.
Attention à l'orthographe !
I/Portrait de Salomé:
(dérision et artifice)

1)anachronismes, trivialITEs, expressions familières
2)
3)une femme décadente:
(hétéroclites, langage Encombré de fioritures…)

II/Relation entre Salomé et Hérode:

1)père et fille
2)nouveau lien
3)Hérodiade supprimée

III/Fin surprenante (parodie du symbolisme décadent):

1)assume sa volonté meutrière
2)satire, parodie du style et de la description alambiquéE de Flaubert
3)dérision blasphématoire
🙂 merci
Bonjour,

j'ai un commentaire a faire sur un extrait des moralités légendaires de Jules Laforgue.
Voici le texte :

Et enfin voici qu'un silence s'élargit, comme un épervier à mailles pâles jeté aux soirs de grande pêche ; on se levait ; il paraît que c'était Salomé.
Elle entra, descendant l'escalier-tournant, raide dans son fourreau de mousseline ; d'une main elle faisait signe qu'on se recouchât ; une petite lyre noire pendait à son poignet : elle détacha du bout des doigts un baiser vers son père.
Et elle vint se poser, en face, sur l'estrade devant le rideau tiré de l'Alcazar, attendant qu'on l'eût contemplée de tout son coeur, s'amusant par contenance à vaciller sur ses pieds exsangues aux orteils écartés.
Elle ne faisait attention à personne. - Saupoudrés de pollens inconnus, ses cheveux se défaisaient en mèches plates sur les épaules, ébouriffés au front avec des fleurs jaunes, et des pailles froissées ; ses épaules nues retenaient, redressée au moyen de brassières de nacre, une roue de paon nain, en fond changeant, moire, azur, or, émeraude, halo sur lequel s'enlevait sa candide tête, tête supérieure mais cordialement insouciante de se sentir unique, le col fauché, les yeux décomposés d'expiations chatoyantes, les lèvres découvrant d'un accent circonflexe rose pâle une denture aux gencives d'un rose plus pâle encore, en un sourire des plus crucifiés.
[…] Salomé chante en s'accompagnant de sa lyre, captivant l'assemblée.
Le Tétrarque scrutait les dessins de ses coussins : c'était fini ; la voix dure de Salomé vous le redressa vivement.
- Et maintenant, mon père, je désirerais que vous me fassiez monter chez moi, en un plat quelconque, la tête de Iaokanann. C'est dit. Je monte l'attendre.
Je n'ai pour le moment que des idées vagues en tête, comme par exemple la description précise de Salomé.
Le portrait de Salomé serait donc un axe d'étude. Mais pour le moment je n'ai pas d'autres idées.

Merci de votre aide, si vous en avez le courage 🙂
Bonjour Gally,

As-tu lu ce qui précède ?
Oui j'ai lu ce qui precede, le banquet que donne Tétraque (il me semble ? ) ainsi que la description de la fête…


je n'ai developpé que pour le moment qu'un axe d'étude

I/ portrait de salomé
1/ description physique (registre descriptif, …)
2/ un personnage narcissique ? ("attendant qu'on l'eut contemplée de tout son coeur" ; "elle ne faisait attention a personne" ; "c'est dit"…)

J'ai également noté que la fin de ce texte est surprenante "Et maintenant […], je désirerais que vous me fassiez monter chez moi […] la tête de Iokanann"

Mais ce texte m'emballe peu, d'où ma difficulté a réaliser mon plan :/
Pas Tétrarque, mais le tétrarque (c'est un titre, comme par ex. le ministre) et pas un nom propre. C'est Hérode (oncle de Salomé) qui était alors tétrarque en Palestine, et c'est à lui que Salomé a demandé la tête de Jean le Baptiste. (Iaokanann)
Remarque l'expression le col fauché utilisée pour décrire une attitude de Salomé, sa danse est particulièrement sensuelle et lascive, mais aussi morbide (pieds exsangues, yeux décomposés, sourire crucifié). On a le portrait d'une bacchante de la mort. Et vois la similitude avec Jean le Baptiste, qui aura le col tranché (pour sa mort on emploie le terme de décollation et pas décapitation)
speak a écrit :j'ai un commentaire à faire sur un extrait de "Salomé" de Laforgue, c'est une parodie de "Hérodias", de Flaubert qui s'est inspiré de Salomé, le personnage biblique (voir le Nouveau Testament, Matthieu, XIV).
Une petite précision: la Bible ne nous donne pas le nom de cette femme cruelle.
Bonjour JSC 🙂
Si Salomé apparaît dans les Évangiles, elle devient de ce fait un personnage biblique.

Le tableau du Caravage, où Salomé reçoit la tête de Jean le Baptiste
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/48/CaravaggioSalomeMadrid.jpg
Bonjour, Léah. 🙂

Elle et sa danse lascive y sont. Son nom pas.
En effet, mais c'est quand même un personnage biblique, car elle est citée en tant que la fille d'Hérodiade
Lorsqu’arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa devant tout le monde, et elle plut à Hérode. Aussi s’engagea-t-il par serment à lui donner tout ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié, mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère.
Pas Tétrarque, mais le tétrarque (c'est un titre, comme par ex. le ministre) et pas un nom propre. C'est Hérode (oncle de Salomé) qui était alors tétrarque en Palestine, et c'est à lui que Salomé a demandé la tête de Jean le Baptiste. (Iaokanann)
Oui je ne l'ai compris que ensuite qu'il s'agissait d'Hérode, mais qu'après avoir étudié un texte de Flaubert portant sur le même sujet.



J'ai avancé dans mon plan, le côté morbide de la danse Salomé m'est venu a l'esprit ce matin (fourreau ; sourire des plus crucifiés, s'enlevait sa candide tête ; pieds exsangues…)

j'ai aussi choisi mes deux axes d'étude qui me paraissent corrects, mais je ne les ai pas encore structurés ni développés.

I/ L'art du récit
1) Une danse aérienne → présence de beaucoup de figures de style, exotisme, …
2) La présence de la mort → lexique morbide, le contexte (Salomé exigeant la tête d'Iaokanann)…

II/ Portrait de Salomé
1) Physique → registre descriptif, une description précise de Salomé
2) Aspect psychologique → personnage narcissique et cruel (?)
Et enfin voici qu’un silence s’élargit, comme un épervier à maillespâles jeté aux soirs de grande pêche; on se levait; il paraît que c’était Salomé.
Elle entra, descendant l’escalier tournant, raidedans son fourreau de mousseline; d’une main elle faisait signe qu’on se recouchât; une petite lyre noire pendait à son poignet; elle détacha du bout des doits un baiser vers son père.
Et elle vint se poser, en face, sur l’estrade devant le rideau tiré de l’Alcazar, attendant qu’on l’eût contemplée de tout son cœur, s’amusant par contenance à vaciller sus ses pieds exsangue(s) aux orteils écartés.
Elle ne faisait attention à personne. - Saupoudrés de pollens inconnus, ses cheveux se défaisaient en mèches plates sur les épaules, ébouriffés au front avec des fleurs jaunes, et des pailles froissées; ses épaules nues retenaient, redressée au moyen de brassières de nacre, une roue de paon nain, en fond changeant, moire, azur, or, émeraude, halo sur lequel s’enlevait sa candide tête, tête supérieure mais cordialement insouciante de se sentir unique, le col fauché, les yeux décomposés d’expiations chatoyantes, les lèvres découvrant d’un accent circonflexe rose pâle une denture aux gencives d’un rose plus pâle encore, en un sourire des plus crucifiés.
[…] Salomé chante en s’accompagnant de sa lyre, captivant l’assemblée.
Le Tétrarque scrutait les dessins des ses coussins; c’était fini; la voix dure de Salomé vous le redressa vivement.
- Et maintenant, mon père, je désirerais que vous me fassiez monter chez moi, en un plat quelconque, la tête de Iaokanann. C’est dit. Je monte l’attendre.
Salomé n'est peut-être pas cruelle : c'est sous l'influence de sa mère Hérodias (ou Hérodiade) qu'elle réclame la tête du Baptiste. Hérodiade (si je me souviens bien) avait tenté de séduire Jean et celui-ci avait repoussé ses avances ; dépitée Hérodias demande sa tête par l'intermédiaire de Salomé.
Le parallèle entre le futur mort et la jeune fille est saisissant, essaie de la mettre en valeur ; surtout l'image du col fauché ; et aussi celle du filet à mailles (souligné par JSC) qui signifie la mort des poissons -le christianisme est placé sous le signe des Poissons, et le mot latin Ichtus se traduit par Christ https://fr.wikipedia.org/wiki/Ichtus- et le sourire crucifié
Salomé n'est peut-être pas cruelle : c'est sous l'influence de sa mère Hérodias (ou Hérodiade) qu'elle réclame la tête du Baptiste.
Il ne m'est pas évident (surtout dans cet extrait, ou Hérodiade n'est pas mentionnée) qu'elle fait tout sans déplaisir!

Il me semble que Jean avait prêché en public contre les mœurs de la cour et l'alliance interdite du Tétraque et Hérodias.https://www.insecula.com/oeuvre/O0016956.html Tête
L'inceste n'est pas loin des motivations dans cette histoire.