Dommage cependant que nous n'ayons pas d'extraits d' anciens auteurs l'employant au présent de l'indicatif ou au participe présent pour pouvoir trancher entre 2e et 3e groupe.
Les ouvrages sçavants dénichés par Muriel apportent un éclairage décisif sur la question, et ce pour deux raisons : tout d'abord parce qu'ils sont des traités d'orthographe, écrits donc par des linguistes ou des grammairiens, la seconde parce qu'ils montrent (notamment à travers son troisième lien) que la conjugaison de
partir /
partager a connu des hésitations.
Nous constatons malgré tout la prédominance de la conjugaison sur
finir.
Grevisse [§ 848, ibid.] confirme le fait, qui cite des auteurs anciens où, si la conjugaison sur
finir est la plus usitée (Ch. de Roland - fin XIe S., Mystère de la Passion - 1486, Ronsard - v. 1550), l'on trouve toutefois des formes sur
dormir (Rabelais - 1534).
Pour ce qui est de
repartir et
départir, Grevisse [§ 811, ibid.] écrit :
On constate une tendance à conjuguer repartir « répondre » (qu'on écrit parfois °répartir) et départir comme finir. Pour départir, cette tendance est très forte, même dans la langue littéraire […]
et de citer Barrès, Proust, Schlumberger, Colette, Henriot, M. du Gard, Gide, Kessel, Vercors … des auteurs souvent éduqués au XIXe, et écrivains du XXe Siècle ! Pas si anciens que ça, les textes …
Notons enfin, pour le plaisir, la fine et juste remarque de Jehan :
Un contre-exemple: ce n'est pas parce qu'il existe "perdition" que le verbe "perdre" deviendrait pour autant un verbe du 2e groupe…
C'est vrai, mais quel dommage, ce serait si simple !
P.S. Si Larousse (Éd. 1924) donne bien
mentir comme modèle de conjugaison de
départir, et
finir pour
répartir (Éd. 1925 pour le T. II), il en donne comme dérivés, pour celui-ci « répartissable, répartiteur » et pour celui-là « départiteur ».
J'eusse bien voulu que la remarque de Jehan s'appliquât ici, mais j'ai quand même un gros doute … Ne serions-nous pas en présence d'un reste de la queue des singes ?