Bonjour,
je dois faire un commentaire de texte, sur un extrait de "La nouvelle Héloïse" (partie V, lettre 7) [texte ci-dessous] et un plan m'a été donné :
I importance de la fiction et effet de réel
II tableau d'une société unie et heureuse
III une réflexion sur la société.
Et dans le grand I par exemple, je dois introduire des notions comme :
discours narratif-descriptif + discours rapporté.
Comme sous partie du grand I, je pensais mettre :
a. La fiction
b. Le réel
Pour l'histoire des discours, je sais déjà où mettre le discours rapporté. Il se classe dans le b avec son impression d'authenticité → effet de réel (bien sûr je developperai plus).
Mais pour le discours narratif je ne sais pas si je dois le mettre dans la fiction ou le réel. Dans le texte le discours narratif raconte la chronologie des journées à Saint Preux… mais quel rapport y-a t-il avec le romanesque ? Où peut être y a-t-il un rapport avec l'effet de réel ?
Je dois aussi parler de la sensibilité (caractéristique du mouvement des lumières). Mais en quoi cela produit un effet de réel ?
Merci (je suis perdue !)
Ayako
Texte:
je dois faire un commentaire de texte, sur un extrait de "La nouvelle Héloïse" (partie V, lettre 7) [texte ci-dessous] et un plan m'a été donné :
I importance de la fiction et effet de réel
II tableau d'une société unie et heureuse
III une réflexion sur la société.
Et dans le grand I par exemple, je dois introduire des notions comme :
discours narratif-descriptif + discours rapporté.
Comme sous partie du grand I, je pensais mettre :
a. La fiction
b. Le réel
Pour l'histoire des discours, je sais déjà où mettre le discours rapporté. Il se classe dans le b avec son impression d'authenticité → effet de réel (bien sûr je developperai plus).
Mais pour le discours narratif je ne sais pas si je dois le mettre dans la fiction ou le réel. Dans le texte le discours narratif raconte la chronologie des journées à Saint Preux… mais quel rapport y-a t-il avec le romanesque ? Où peut être y a-t-il un rapport avec l'effet de réel ?
Je dois aussi parler de la sensibilité (caractéristique du mouvement des lumières). Mais en quoi cela produit un effet de réel ?
Merci (je suis perdue !)
Ayako
Texte:
Vous ne sauriez concevoir avec quel zele, avec quelle gaieté tout cela se fait. On chante, on rit toute la journée & le travail n'en va que mieux. Tout vit dans la plus grande familiarité; tout le monde est égal & personne ne s'oublie. Les [306] Dames sont sans airs , les paysannes sont décentes, les hommes badins & non grossiers. C'est à qui trouvera les meilleures chansons , à qui fera les meilleurs contes, à qui dira les meilleurs traits. L'union même engendre les folâtres querelles; & l'on ne s'agace mutuellement que pour montrer combien on est sûr les uns des autres. On ne revient point ensuite faire chez soi les messieurs; on passe aux vignes toute la journée: Julie y a fait une loge où l'on va se chauffer quand on a froid & dans laquelle on se réfugie en cas de pluie. On dîne avec les paysans & à leur heure , aussi bien qu'on travaille avec eux. On mange avec appétit leur soupe un peu grossiere, mais bonne, saine & chargée d'excellens légumes. On ne ricane point orgueilleusement de leur air gauche & de leurs complimens rustauds; pour les mettre à leur aise, on s'y prête sans affectation. Ces complaisances ne leur échappent pas, ils y sont sensibles; & voyant qu'on veut bien sortir pour eux de sa place, ils s'en tiennent d'autant plus volontiers dans la leur. A dîner, on amene les enfans & ils passent le reste de la journée à la vigne. Avec quelle joie ces bons villageois les voyent arriver! O bienheureux enfans! disent-ils en les pressant dans leurs bras robustes, que le bon Dieu prolonge vos jours aux dépens des nôtres! Ressemblez à vos pere & meres & soyez comme eux la bénédiction du pays! Souvent en songeant que la plupart de ces hommes ont porté les armes & savent manier l'épée & le mousquet aussi bien que la serpette & la houe, en voyant Julie au milieu d'eux si charmante & si respectée recevoir, elle & ses enfans, leurs touchantes acclamations, [307] je me rappelle l'illustre & vertueuse Agrippine montrant son fils aux troupes de Germanicus . Julie! femme incomparable! vous exercez dans la simplicité de la vie privée le despotique empire de la sagesse & des bienfaits: vous êtes pour tout le pays un dépôt cher & sacré que chacun voudroit défendre & conserver au prix de son sang; & vous vivez plus surement, plus honorablement au milieu d'un peuple entier qui vous aime, que les rois entourés de tous leurs soldats.
Le soir, on revient gaiement tous ensemble. On nourrit & loge les ouvriers tout le tems de la vendange; & même le dimanche, après le prêche du soir, on se rassemble avec eux & l'on danse jusqu'au souper. Les autres jours on ne se sépare point non plus en rentrant au logis, hors le baron qui ne soupe jamais & se couche de fort bonne heure & Julie qui monte avec ses enfans chez lui jusqu'à ce qu'il s'aille coucher. A cela pres, depuis le moment qu'on prend le métier de vendangeur jusqu'à celui qu'on le quitte, on ne mêle plus la vie citadine à la vie rustique. Ces saturnales sont bien plus agréables & plus sages que celles des Romains. Le renversement qu'ils affectoient étoit trop vain pour instruire le maître ni l'esclave; mais la douce égalité qui regne ici rétablit l'ordre de la nature, forme une instruction pour les uns, une consolation pour les autres & un lien d'amitié pour tous



