COD, COI, COS : pas d’accord avec un corrigé dans un bouquin

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voià, j'ai acheté un bouquin pour préparer un concours où il y aura des questions de grammaire. J'ai l'impression qu'il y a une erreur dans le corrigé…

L'exercice précise qu'il faut remplacer les groupes nominaux compléments d'objet indirectes par les pronoms personnels correspondants.

La phrase qui me pose soucis est la suivante : "Nous demanderons des renseignements à Sylvie et Béatrice."

Ma réponse est : Nous leur demanderons des renseignements.

Et leur réponse est : Nous en demanderons à Sylvie et à Béatrice.

Qu'en pensez-vous? Merci de vos réponses!
A priori vous avez raison. Peut etre une erreur du livre. Le COI est bien "a Stéphanie et à Béatrice", qui remplacé par un pronom donne "leur". Votre proposition me parait donc exacte.
Merci bien Vivie-le-bas 🙂
Je suis également d'accord avec vous deux 🙂
Bonsoir Tous,

Je ne suis d'accord avec aucun d'entre vous.

Si l'exercice précise qu'il faut remplacer les groupes nominaux compléments d'objet indirects par les pronoms personnels correspondants, la phrase, "Nous demanderons des renseignements à Sylvie et Béatrice" ne répond pas à la consigne.

En effet, Sylvie et Béatrice sont des compléments d'attribution (ou compléments d'objet seconds selon les diverses terminologies) et non des COI.

La réponse du livre est correcte à ceci près que "renseignements" est COD et donc n'aurait pas dû figurer dans cet exercice d'application.
La réponse : Nous leur demanderons des renseignements, se borne à remplacer un COS.
La confusion du COI avec le COS est souvent rencontrée chez les apprenants. Même mes professeurs réchignent à en faire la distinction, sous prétexte que ce n'est pas la peine. Je ne suis pas d'accord, bien sûr, mais ce sont eux qui me notent. 🙂

ip.
Bonsoir à tous !

J’ai bien tergiversé avant d’intervenir dans cette discussion franco-française : les grammaires belges ont toujours refusé de parler de complément d’attribution ; parmi les CO, nous avons notamment le COI, et celui-ci s’appelle COS lorsqu’il se trouve avec un COD dans un même énoncé. (Nous avons aussi la notion de complément d’objet interne.)

J’avais déjà constaté que les grammaires françaises répugnaient de plus en plus à parler de complément d’attribution, mais je pensais pas que j’aurais un jour à écrire sur cette notion.
Je voudrais, sans esprit de polémique, reproduire ce qui est écrit dans trois grammaires de France (les majuscules sont de moi). Pardonnez à un Belge de remettre vos pendules à l’heure !

1 La Grammaire Le Robert et Nathan,
2 La Grammaire d’aujourd’hui, de Arrivé et consorts,
3 La Grammaire méthodique de Riegel et consorts.

Le Robert et Nathan, n°262
Comme son nom l’indique, le complément d’attribution sert à désigner DES COS utilisés avec des verbes tels que donner, offrir, prêter, mais aussi dire, raconter… Avec des verbes du type donner, céder, offrir, prêter (quelque chose) à quelqu’un, le COI ou COS est PARFOIS appelé complément d’attribution, dans la mesure où il indique à qui s’adresse l’action ou qui elle concerne.
* Il a donné son manteau à un pauvre.
* La maîtresse raconte des histoires aux élèves.
Les compléments d’attribution sont TOUJOURS DES COS. L’inverse est faux :
* Je pense du bien de lui. (COS)

Arrivé. Rubriques : Attribution et Objet (complément d’objet)
Dans une langue comme le français, qui ignore la déclinaison, ce type de complément [d’attribution] correspond à un syntagme prépositionnel introduit par à (exemple : prêter quelque chose à quelqu’un), qui se place généralement après le complément d’objet. […]
En proposant le terme complément d’attribution, LES grammaires TRADITIONNELLES ont voulu IMPOSER L’IDEE D’UN PARALLELISME entre ces syntagmes et les constituants porteurs du cas datif dans les langues comme le latin et l’allemand ; si cette notion a quelque utilité lors de l’initiation aux exercices de thème, elle NE PEUT ETRE QUE TROMPEUSE sur le plan de la description du français : de nombreux syntagmes prépositionnels introduits par à – compléments d’un verbe qui admet également un objet direct – ne comportent pas la moindre idée d’attribution : on a confisqué le ballon aux élèves, j’ai ôté son chapeau à Paul. C’est pourquoi ON PREFERE parler dans ce cas de complément d’objet second.

On a LONGTEMPS appelé ce second complément « complément d’attribution ». Cette étiquette présente DEUX INCONVENIENTS :
- le contenant sémantique qu’elle véhicule suggère, d’une part, un rapprochement avec les compléments circonstanciels et, d’autre part, ne recouvre pas l’ensemble des significations de ce type de complément ;
- il n’y a pas la moindre attribution dans : j’ai confisqué un jouet à mon fils ; il a caché la nouvelle à son frère ; l’Etat refuse son aide aux non-résidents.
Sa SEULE JUSTIFICATION pourrait être liée à l’identification des compléments qui reçoivent l’affixe du datif DANS LES LANGUES A FLEXION […].

La Grammaire Bescherelle n’en parle pas. C’est pareil pour les grammaires de Gardes-Tamine, de Denis et Sancier et de Wagner et Pinchon.

Je terminerai par Riegel, la plus récente de mes grammaires de France.
La TRADITION grammaticale appelle complément d’attribution L’OBJET SECOND introduit par à, BIEN QUE ce rapport ne caractérise pas tous les objets seconds construits avec cette préposition (certains comme ôter, confisquer, arracher, etc. sont même l’objet du procès inverse de dépossession).
PLUS INTERESSANTE est la classe des constructions dites datives, dont le second complément introduit par à se pronominalise en lui/leur et s’interprète comme le bénéficiaire ou le destinataire du reste du procès verbal.
[L’auteur distingue ensuite quatre types de datifs. Ce n’est plus le sujet. J’y reviendrai, car c’est une vision intéressante.]

En dernière minute, je lis ceci dans la grammaire Larousse de Chevalier et consorts.
Le PRETENDU [sic] complément d’attribution.
Il désigne SOUVENT la personne à qui l’on donne ou à qui l’on dit quelque chose. […] C’est ce qui a poussé certains grammairiens [à mon avis, allusion à Bonnard] à lui donner ce nom FACHEUX de complément d’attribution ET MEME A IMPOSER ce terme dans l’enseignement primaire et secondaire. Il est fréquent qu’il ait un sens exactement opposé. […] C’est au prix de difficiles subtilités que l’on parvient [dans ce cas] à justifier ce terme. L’emploi du terme COMPLEMENT D’OBJET SECOND (fondé sur une interprétation structurale) éviterait ces VAINS efforts.

Grammaticalement et cordialement vôtre,
Edy
Pour qu'on me comprenne bien, je reproduis ici un extrait de la Grammaire Le Robert et Nathan :

Le COI prend le nom de COS lorsqu'il est employé dans une phrase comportant déjà un COD ou un COI :
* Pierre a hérité une maison de son oncle. (COD + COS)

Conclusion :
Le COS est un COI, une variété de COI.
Bonsoir Edy,

Merci pour ce brillant exposé sur le COS. Je l'ai trouvé convaincant surtout dans cette partie où le à n'a pas de sens attributif. J'ai donc appris à revoir l'enseignement de mes maîtres français.

En revanche je ne suivrai pas le dernier avis de Le Robert et Nathan.

Pourquoi ?

Parce qu'en saine logique grammaticale un verbe transitif ne peut être au même moment construit directement et indirectement.

Je peux dire "aimer rêver" ou "aimer à rêver". Les deux constructions sont exclusives.
Dans "donner quelque chose à quelqu'un", "quelque chose" est COD, "à quelqu'un" est COS (mais ne peut-être une variété de COI).

Comme dirait ma grand-mère à moi (allusion aux Femmes savantes), cette définition (ou cette inclusion dans le COI) du COS est abusive.

Amicalement
Cher ami Jean-Luc,

Notre divergence semble purement terminologique.
Avant d’essayer de vous convaincre, je voudrais d’abord relever ce qui est apparemment un lapsus : lorsque vous dites qu’un verbe transitif ne peut être au même moment construit directement et indirectement. Vous n’êtes évidemment pas sans savoir qu’il existe des verbes à double complémentation : un objet direct et un objet indirect. C’est d’ailleurs le lieu de notre discussion.
* Il a hérité une maison DE SON ONCLE (COS).

Le problème est de savoir si cet objet indirect, que l’on appelle souvent COS, peut être considéré comme un COI, ou du moins comme une sous-catégorie de COI.
Selon moi, la réponse est affirmative : il suffit d’effacer le COD pour s’en apercevoir,
* Il a hérité de son oncle (COI).
mais ce n’est pas toujours possible.
* Il a fourni des plans à l’ennemi. → ° Il a fourni à l’ennemi.

Je suis allé voir mes grammaires. (Je ne reviens pas sur celle de Robert et Nathan, avec laquelle vous êtes en désaccord.) Excusez-moi de livrer en vrac le résultat de ma recherche. Je n’ai pas le temps de faire des regroupements.

1 Grevisse-Goosse ne cite pas le COS. Il parle de complément d’objet direct ou indirect. A propos du second, il précise simplement qu’il peut accompagner un COD.
2 Le Bon usage de Grevisse : « Le COI peut accompagner un COD, que l’on appelle alors objet premier, tandis que l’objet INDIRECT est dit objet second ou secondaire. »
(Selon lui, le COS est donc un objet indirect COI.)
3 Denis-Sancier oppose le COS au COI : tous les deux ont la préposition exigée par le verbe, mais le premier implique la présence d’un COD.
4 Le Que sais-je ? « La syntaxe du français » de Soutet ABONDE DANS VOTRE SENS :
« On parlera de COS. On évitera de parler de COI, le terme étant déjà utilisé pour des complémentations prépositionnelles incompatibles avec des complémentations directes. »
5 La grammaire Bescherelle : « Le COS est UN CAS PARTICULIER DU COI. C’EST UN COI qui apparaît lorsqu’il y a déjà un COD dans la phrase. »
Et plus loin : « Le COS FAIT PARTIE DES COI. […] Dans le cas où le verbe est suivi d’un COD et d’un COI, CE DERNIER est appelé COS. »
Elle ajoute : « Certaines grammaires, pour mieux préciser, utilisent le terme de complément d’objet INDIRECT SECOND (COIS). » (Cela, c’est nouveau !)
6 La grammaire Larousse se limite à parler de construction directe ou indirecte.
7 La Nouvelle grammaire du français (Larousse) : [Avec les verbes à double complément d’objet], « le complément introduit par la préposition est appelé complément d’objet second. »
8 Riegel parle de COS à propos des verbes à deux compléments, mais, afin de souligner que ce complément second n’est pas toujours en seconde position, il rappelle que l’ordre canonique est « COD + COI ».
9 Le Dictionnaire de linguistique Larousse ne parle que de COD et de COI, sans faire un sort spécial aux énoncés à double complémentation.
10 Le Wagner et Pinchon : « Le verbe est déterminé par deux compléments : l’un de construction directe, qui est complément d’objet, l’autre de construction indirecte. » (Le second ne porte pas de nom particulier.)
11 Gardes-Tamine, parlant du COI, se borne à dire qu’il existe des verbes à double complémenttation verbale.
12 La Grammaire d’aujourd’hui parle de COI, non de COS.
13 La Syntaxe du français de Maingueneau fait de même.

En fin de compte, on peut se demander pourquoi il a fallu, selon certaines grammaires, que le COI s’appelle COS lorsqu’il voisine avec un COD. C’est sans doute pour cela que certains professeurs disent que ça ne sert à rien. Allons voir !

1 COD et COI sont des compléments essentiels (par opposition aux compléments circonstanciels) et des compléments de verbe (par opposition aux compléments de phrase).
Ils ont ceci en commun :
- ils sont à droite du verbe,
- ils sont pronominalisables,
- ils sont une valeur nominale (= ils ne peuvent être des adjectifs).
Leurs différences :
- seul le COD peut intervenir dans la passivation,
- seul le COI (et le COS) est prépositionnel, et sa préposition dépend étroitement du verbe (contrairement aux CC, dont la préposition dépend du sens de l’énoncé).

2 Finalement, je ne trouve que ceci :
- le COS exige la présence d’un COD,
- malgré son nom, le COS peut précéder le COD soit pour des raisons stylistiques (longueur des compléments, par exemple), soit parce qu’il est pronominal (dans ce dernier cas, il précède même le verbe, mais ceci également vrai pour le COI),
- le COS est « PLUS FACILEMENT DEPLAÇABLE QUE LE COI » (Bescherelle).

Effectivement :
* Il a hérité une maison de son oncle.
→ De son oncle (COS), il a hérité une maison.
* Il a hérité de son oncle.
→ ° De son oncle (COI), il a hérité.

Au terme de cette longue réflexion utile, je pense :
1 que le terme COS n’est ni généralisé ni indispensable,
2 que la différence de déplaçabilité est bien mince,
3 que le COS n’est en réalité qu’un COI attelé à un COD.

Le débat est ouvert : « C’est de la discussion que jaillit la lumière. »

Amicalement vôtre,
Edy
Bonjour Edy,

Votre travail d’analyse synchronique au travers des grammaires est passionnant.
Il montre que sur ce sujet le bataillon des linguistes avance en ordre dispersé. J’éprouve donc quelque appréhension à mêler ma voix à ce concert hautement qualifié.
Pourtant je vais débattre avec vous pour le bien et l’information de nos lecteurs.
En effet vos arguments ne m’ont pas amené à résipiscence.

A mon tour de développer ma thèse sur ce sujet qui n’est pas à mon sens simplement terminologique. Je m’en explique.

Je me suis déjà exprimé à ce sujet dans une autre discussion : le complément d'objet (direct ou indirect, complément essentiel) sert à limiter le sens d'application exprimé par le verbe.
Ainsi si je dis : "Il boit", tout le monde comprendra qu'il s'agit d'un ivrogne parce que cette personne boit de tout et n'importe quoi. En revanche si je dis : Il boit de l'eau", j'ai limité le sens d'application du verbe boire, et j'ai mis fin à l'ambiguïté.
Le complément d'objet peut donc être direct ou indirect : Quelle est la différence sémantique entre les deux constructions ?
Si j'écris "je pense ma réponse", j'ai une construction directe qui signifie mon effort de concentration et de volonté. Si j'écris "je pense à ma réponse", la construction indirecte marque au contraire un certain éloignement entre ma conscience et le sujet de ma réflexion qui, de manière plus involontaire, vient traverser mon esprit.

Il se trouve qu’au même moment un verbe ne peut être construit avec un COD et un COI.
Je dois choisir entre « aimer discuter » ou « aimer à discuter »….

Reprenons, cher Edy, l’exemple que vous faites servir à la cause de la confusion entre COI et COS.
* Il a hérité une maison DE SON ONCLE (COS).
Le problème est de savoir si cet objet indirect, que l’on appelle souvent COS, peut être considéré comme un COI, ou du moins comme une sous-catégorie de COI.
Selon moi, la réponse est affirmative : il suffit d’effacer le COD pour s’en apercevoir,
* Il a hérité de son oncle (COI).
mais ce n’est pas toujours possible.
* Il a fourni des plans à l’ennemi. → ° Il a fourni à l’ennemi.
Ce verbe hériter peut se construire de deux manières :
Hériter un bien, un droit,
Hériter d’un bien, d’une propriété, d’une qualité.
En revanche dans « hériter un bien de quelqu’un » ou dans « hériter de quelqu’un », le « de quelqu’un » n’est pas un COI mais plutôt un complément de provenance (donc circonstanciel), d’ailleurs je peux le passer sous silence, preuve qu’il n’est pas un complément essentiel.

A la limite je l’accepte comme un COS, pendant de l’attribution (ou destination souvent exprimée par à comme dans donner quelque chose à quelqu’un, ou la provenance – plus rare – comme dans enlever quelque chose à quelqu’un, ce qui justifie essentiellement ce changement de terminologie de complément d’attribution en COS).

Je persiste donc à soutenir que l’inclusion du COS dans le COI est une faute de logique à l’égard du génie de la langue. Le COS ne peut être un complément d’objet, c’est ce qui me gêne dans cette appellation de COS. Je lui préférerais celle de complément second tout simplement.

J’espère que ce raisonnement vous aura fait douter à défaut de vous convaincre.

Bien amicalement.
C’est toujours un plaisir de gourmet que de disputer avec vous, Edy !
C'est-à-dire que dans "il a fourni des plans à l'ennemi" l'ennemi n'est pas complèment second ; mais compl d'attribution, puisqu'il y a cette idée de donner qq chose à qq'un.Et donc comme on ne peut pas donner "rien" il s'ensuit que les deux complèments, le COD (des plans) et le compl d'attribution sont indispensables pour que la phrase ne soit pas boîteuse (on peut juste supprimer "à l'ennemi" et dans ce cas "il a donné des plans" on considère que le compl d'attribution est sous-entendu, imprécis. Il a bien donné qq chose, mais on ne sait pas à qui.
Dans "il a hérité de son oncle" son oncle n'est pas selon moi, élève de la vieille école où l'on subdivisait les compl à l'envi, un COI mais un compl de provenance comme le dit Jean-Luc.

Bravo pour vos exposés à tous deux !
Pour revenir au début, "Nous demanderons des renseignements à Sylvie et Béatrice."
on peut répondre "nous leur en demanderons" ce qui illustre bien que sans contexte une phrase ne signifie pas grand-chose
Par exemple, la phrase pourrait être "Sylvie et Béatrice, professeurs de grammaire, arrivent ; et comme nous avons besoin de renseignements, nous leur en demanderons"
:
Pardon ! je n'avais pas vu le COD indirect. Dans ce cas, c'est évidemment Sylvie et Béatrice : nous leur demanderons des renseignements. Mais peut-être est-ce une coquille de l'imprimeur, qui a mis indirect au lieu de direct ?
Toutefois, Sylvie et Béatrice peuvent être considérées comme un compl d'attribution ; d'où l'interessante discuss de nos spécialistes (eh oui Edy, le compl d'attribution est parfois un compl de dépossession 😞 :/)
Cher ami Jean-Luc,

Je savais que vous trouveriez à redire ; c’est cela aussi qui fait le charme de votre conversation. (Bravo pour votre texte intelligent et érudit relatif à Nerval !)

Le seul point sur lequel je pense vous avoir convaincu, c’est de renoncer à la notion de complément d’attribution. Depuis lors, j’ai encore trouvé cette phrase décisive et incisive dans la Grammaire Larousse : « La terminologie officielle AFFUBLE cet objet second de la dénomination INDEFENDABLE de complément d’attribution. »

Reste à démontrer que le COS est un COI (lorsque celui-ci va de pair avec un COD).

J’ai été mal inspiré de prendre hériter comme exemple. Ainsi que vous le soulignez, il peut en effet comporter diverses constructions des CO :
1 On hérite quelque chose ou DE quelque chose.
2 On hérite DE quelqu’un.
3 On hérite quelque chose DE quelqu’un.

Avant de reprendre l’argumentation, laissez-moi déjà vous dire que je dois récuser formellement la notion de CC (de provenance) dans
« hériter quelque chose DE quelqu’un ».

Pour plusieurs raisons :
1 La principale est que la PREPOSITION DE est tellement liée au verbe que vous est êtes dans l’impossibilité de la remplacer par une autre, comme vous pourriez le faire s’il s’agissait d’un CC (circonstant).
Vous allez m’objecter la double construction du point 1. Je vous répondrai qu’il existe d’autres verbes dont le CO peut se construire - parfois avec une différence de signification - directement (COD) ou indirectement (COI) : persuader (à) quelqu’un, répugner (à) quelqu’un, préjuger (de) quelque chose, abuser (de) quelqu’un, vitupérer (contre) quelqu’un / quelque chose, etc.

2 Le complément peut être remplacé par un PRONOM PERSONNEL (conjoint) complément.
* J’ai hérité une maison de mon oncle. → J’EN ai hérité une maison.
A l’inverse, le CC ne peut être pronominalisé, au seul moyen de EN ou de Y, que s’il s’agit d’un complément de lieu.
* Il travaille à Paris. → Il Y travaille.
On observera que la préposition du CC peut être commutée :
* Il travaille près de / loin de / dans / hors de Paris. (Cfr. point 1.)

3 Il est exact que le CC se caractérise notamment par la possibilité d’être SUPPRIME sans que la phrase cesse d’être grammaticale.
(Encore faudrait-il faire un sort aux CC qui sont essentiels soit parce que la préposition est étroitement liée au verbe – aller à Paris -, soit parce qu’ils expriment la mesure – coûter cent euros. A l’égard du premier groupe, certains grammairiens vont jusqu’à voir un COI dans le complément. Mais ça, c’est une autre histoire !)

Je vous rappelle cependant que le COS non plus n’est pas essentiel.
* Il enseigne le ski aux Sénégalais. → Il enseigne le ski.

Vous me direz que le COD ne l’est pas non plus, puisque nous pouvons l’effacer, sans toucher au COS (qui devient alors COI ; ça commence à chauffer…). C’est exact, mais la phrase reste grammaticale :
* J’ai hérité une maison de mon oncle. → J’ai hérité de mon oncle.
Ainsi que je l’ai dit, cet effacement n’est pas toujours possible :
* Je vais offrir des fleurs à ma femme. → ° Je vais offrir à ma femme.

Je vais plus loin : même le CO isolé peut être effacé purement et simplement. Dans cette situation, soit l’énoncé perd une grande partie de son contenu sémantique (* J’ai hérité), soit le verbe prend une signification extensive, voire péjorative (* Il boit). Dans les deux cas, on parle de construction ABSOLUE.

J’ai déjà rencontré une partie de vos objections, mais il faut en venir à la vraie question : le COS est-il un COI ?
Je pose la question autrement : s’il est vrai que le COI s’appelle COS lorsqu’il va de pair avec un COD (les duettistes !), est-ce un changement substantiel ?

* Je pense ma réponse. * Je pense à ma réponse.
Il est évident que vous devez choisir pour exprimer les nuances que vous énoncez.
1 Dans le premier énoncé, vous faites de votre réponse l’objet de votre pensée, en la pesant (sens étymologique de penser). Parce qu’il PEUT avoir (et a ici) un COD, le verbe est TRANSITIF DIRECT.

2 Dans le second, vous évoquez cette réponse par la mémoire soit pour ne pas oublier de la faire, soit pour vous souvenir de ce que vous avez envoyé. Parce qu’il PEUT avoir (et a ici) un COI, le verbe est TRANSITIF INDIRECT.

Dans les deux situations :
1 Ce sont des compléments DE VERBE :
- l’un direct, c’est-à-dire non prépositionnel : second actant,
- l’autre indirect, c’est-à-dire prépositionnel : tiers actant.
Ils font partie du SYNTAGME VERBAL (SV). Et dans l’arborescence de visualisation, ils dépendent de la phrase (P) par l’intermédiaire de SV.

2 Ils peuvent être remplacés par des PRONOMS PERSONNELS conjoints : LA et Y.
* Je la pense. * J’y pense.
La pronominalisation du COI se fait avec EN lorsque la préposition est DE :
* J’en rêve.

3 Ils ont une PLACE FIXE, à droite du verbe, et ne peuvent être déplacés que dans le cadre d’une manipulation syntaxique, notamment d’une emphase :
→ ° Ma réponse je pense. → ° A ma réponse je pense.
→ C’est ma réponse que je pense. → C’est à ma réponse que je pense.
C’est aussi cela qui les distingue des compléments de phrase.
* Je lis le soir (CC). → Le soir, je lis.

4 Ils ne peuvent pas être disloqués.
→ ° Je pense, et cela ma réponse. → ° Je pense, et cela à ma réponse.

5 Ils sont essentiels (sauf dans une construction absolue).
→ Je pense. * Je distribue (les cartes).

6 Ils ne peuvent pas être remplacés par un adjectif. (Alors que c’est le cas pour l’attribut, qui fait également partie du SV.)

7 Ils sont déterminés. (Dans la locution verbale « prendre peur », le nom n’a pas de fonction propre.)

Le CO ne se limite pas au syntagme nominal et à ses substituts pronominaux ; il peut d’agir aussi :
- d’un infinitif : * Nous aimons chanter.
- d’une proposition complétive : * Je pense qu’il fera beau.
- d’une proposition infinitive : * J’ai vu Paul s’en aller.
- d’une relative sans antécédent : * Choisissez qui vous plaira.
- d’une interrogation indirecte : * Je me demande comment tu as fait.

Pour le reste :
1 Seul le premier énoncé peut être l’objet d’une transformation PASSIVE.
* Ma réponse est pensée par moi. (Solution malencontreuse : on doit éviter d’avoir un pronom personnel comme agent du verbe passif, sauf dans une opposition.)

2 Dans le second, la PREPOSITION est celle qu’exige le verbe.
Si vous écrivez, par exemple, « penser en dehors du sujet » , vous aurez affaire à un CC.
Il va de soi que la préposition disparaît en surface dans la pronominalisation, mais qu’on la retrouve en profondeur dans les
« cas » : de lui, à lui, en, y, etc.

Et alors, me direz-vous ?

Je prends un exemple qui ne suscitera pas une pluralité de tournures :
* Pierre prête un livre à Paul.
(Les deux compléments restreignent en effet l’application sémantique du verbe.)
→ Pierre prête un livre (COD).
→ Pierre prête à Paul (COI).
→ Pierre prête un livre (COD) à Paul (COS).

Pourquoi ne pas considérer le COS comme un COI ? Alors que :
1 Sur le plan SEMANTIQUE, je n’ai fait qu’additionner les deux premiers énoncés.
Par parenthèse, l’interprétation sémantique du CO est pauvre :
« l’action du sujet, exprimée par le verbe, passe sur le complément d’objet ». Parce que l’éventail des applications est si vaste qu’il défie la définition même.

2 Sur le plan SYNTAXIQUE, le COS a les caractères du COI : complément de verbe, pronominalisation, à droite du verbe, sauf :
- qu’il peut être supprimé (le COD suffisant à la grammaticalité),
- que la dislocation devient possible (à cause du COD)
- et qu’il est plus mobile que le COI pur et dur.

Je ne vois aucune faute de logique à considérer le COS comme un COI et, plus précisément, à voir dans le COS un complément d’objet ; substantiellement, ils sont pareils, à peu de choses près.
Pour le surplus, je me réfère aux extraits de grammaires déjà donnés ; c’est mon dernier argument : l’argument d’autorité, le mal nommé.

A l’intention DE NOS LECTEURS, je précise que la distinction entre COD et COI n’est pas purement académique ; elle débouche :
- sur l’accord du participe passé (le fameux COD antéposé)
- et sur le bon emploi des pronoms personnels (exemple : opposition entre le et lui),
- des pronoms relatifs (exemple : opposition entre que et dont)
- et des pronoms interrogatifs (exemple : opposition entre que et à qui).
C’est aussi pour eux que j’ai développé les points que vous connaissez.

Si vous aviez matière à contredire, je serais intéressé à vous lire.

Vous m’avez fait suer, mais c’est vital pour les neurones et pour le moral.

Amicalement vôtre,
Edy

P.S. Trop tard pour répondre à Léah. Mes moutons attendent…
Pas de problèmes Edy ! très interessantes vos réponses.
Mais je vous préviens que ce ne sont pas les diktats de grammairiens qui me feront renoncer au complèment d'attribution et à toute la kyrielle qui subdivisait si bien la phrase.
Aujourd'hui on va vers le simple, et je comprends : la plupart de nos chères têtes blondes ont déjà du mal à comprendre la structure sujet verbe complèment ! Alors, pensez, les joyeusetés sans fin de l'apposition, de l'attribut, de l'agent et de la provenance… Permettez-moi de rester avec mon compliqué, qui avait le mérite de faire, aussi, travailler les neurones 😉 😀 🙂
Bonjour Edy et chers (chères) ami(e)s grammairien(ne)s,

Vous m'obligez à affuter mes arguments et ce travail a considérablement fait monter la température du processeur intérieur. Mais ainsi que vous le faites remarquer, nous combattons l'Alzheimer et la neurasthénie. Il se peut aussi que nos joutes inteéressent un public motivé et cultivé.
Reprenons le débat là où la nuit nous a obligés à le laisser. Vous, avec vos moutons ; moi, en bas de mon clocher en train de chercher comment mettre le point sur le i de ma démonstration…

Je l'avoue, j'appartiens à l'ancienne école et je suis assez réticent aux grammaires modernes (en particulier la structuraliste).
Ce COS/COI ne me paraît pas plus satisfaisant que le défunt complément d'attribution.

Revenons à votre première argumentation concernant le refus de voir un CC (de provenance) dans
« hériter quelque chose DE quelqu’un ».
Vos raisons sont :
1 que la PREPOSITION DE est tellement liée au verbe que je serais dans l’impossibilité de la remplacer par une autre. Pourtant je pourrais dire "j'ai hérité cette propriété par mon oncle, ou en droite ligne de mon oncle"… Accepteriez-vous ces équivalences ?
2 que le complément peut être remplacé par un PRONOM PERSONNEL (conjoint) complément.
* J’ai hérité une maison de mon oncle. → J’EN ai hérité une maison.
A l’inverse, le CC ne peut être pronominalisé, au seul moyen de EN ou de Y, que s’il s’agit d’un complément de lieu. Mais justement, la provenance est une variation sémantique du CC de lieu….

Venons-en pour finir à votre deuxième démonstration et son exemple subséquent
* Pierre prête un livre à Paul.
→ Pierre prête un livre (COD).
→ Pierre prête à Paul (COI).
→ Pierre prête un livre (COD) à Paul (COS).
Dans cette phrase "à Paul" n'est pas pour moi un COI.
Je m'en explique :
Le verbe prêter à deux constructions,
- l'une directe : Prêter qqc. à qqn., au sens de mettre une chose à la disposition de quelqu'un à condition qu'il la rendra…
- l'autre indirecte : Prêter à qqc. au sens de Donner lieu, donner matière à,
de ce fait il n'y a pas d'équivalence syntaxique entre prêter à Paul et prêter à rire. Le génie de la langue réserve bien une différence de sens là où la forme pourrait créer la confusion ; "à Paul" garde une nuance de destination que l'on ne retrouve pas dans le COI.

Alors restez-vous COI ou continuez-vous à soutenir la COS ?

Bien amicalement malgré nos divergences de façade !
Ce n'est pas un COI parce que Paul n'est pas l'objet de l'action ; et encore moins objet second ! L'objet de l'action, c'est le livre. Paul est me semble-t-il autant "sujet" que Pierre ; même si le rôle de Paul est plus "passif"
Cher ami Jean-Luc,

Il faut aussi vous décoder : je présume que votre clocher et votre i sont une allusion à Musset.
* C’était dans la nuit brune, / Sur le clocher jauni, / La lune / Comme un point sur un i. (ALFRED DE MUSSET. BALLADE A LA LUNE)

Je note que vous avez fait votre deuil du complément d’attribution, mais que vous restez allergique au COS, à tout le moins à son intégration dans le COI.

Je vais tenter de jouter encore.

1 Je ne pense pas que « j’ai hérité cette propriété PAR mon oncle » soit une construction normale.
Le verbe hériter ne peut introduire son complément d’objet indirect ou prépositionnel (hériter de quelque chose, hériter de quelqu’un) qu’au moyen de la préposition DE ; je n’ai aucune attestation en sens contraire.

Néanmoins, dans un esprit d’ouverture, je concède que PAR serait admissible à titre de CC, afin d’exprimer un chemin intermédiaire, une voie médiate.
* J’ai hérité cette maladie de mon grand-père PAR (= via) mon père.
Successivement, un COD, un COI/COS et un CC.
Le CC ne pourrait être pronominalisé qu’au moyen d’un pronom personnel disjoint :
* J’ai hérité cette maladie de mon grand-père PAR LUI. (Ambigu sans autre contexte.)

Par contre, dans votre « j’ai hérité cette propriété en droite ligne de mon oncle », j’analyse « en droite ligne » comme une locution adverbiale. Puisque par définition, elle est effaçable, nous en revenons à l’énoncé : J’ai hérité cette propriété de mon oncle.

Je saisis l’occasion pour souligner (je me réfère à Wilmet) qu’il y a eu une véritable inflation de CC. Grevisse lui-même en avait collationné vingt-neuf, avant que son successeur et gendre les ramène à huit : temps, lieu, manière, mesure, opposition, but, cause et condition. La Grammaire Larousse se moque d’ailleurs de cette prolifération (généralisée) en citant « traduire en latin » ; après avoir récusé le lieu (absurde) et la manière (trop vague), elle ironise en suggérant le ridicule complément de traduction…

Les nouvelles grammaires privilégient les critères syntaxiques par rapport aux critères sémantiques : la définition sémantique de l’objet est très malaisée. C’est cela qui a jeté le discrédit sur le complément d’attribution.

Où j’hésite encore, c’est lorsque je vois que, dans « aller à Paris », le complément est considéré comme un COI, alors que traditionnellement c’est un CC (de lieu et, plus précisément, de mouvement). Dans la logique du système, c’est cependant un COI, alors que, dans
« travailler à Paris », il s’agit d’un CC. Il est vrai que ces deux énoncés ne se comportent pas de la même manière en syntaxe : le complément ne peut être supprimé, déplacé ou disloqué que dans le second. Par contre, s’agissant de lieu, la pronominalisation en Y est la même de part et d’autre.
* Il y va. Il y travaille.

2 Bon ! avec prêter, j’ai encore mal choisi. Néanmoins, je crois pouvoir vous dire que, dans « prêter à quelqu’un » et dans « prêter à rire », mes grammaires voient des COI. En dépit de la différence sémantique (et non syntaxique, comme vous l’écrivez, car la classe du complément importe peu), c’est toujours la même préposition et celle-ci ne peut pas être commutée : elle est voulue par le verbe. Ce critère suffit ici à considérer que les compléments font partie du syntagme verbal.

Prenez donc plutôt :
* Je vends des sottises à Jean-Luc. (Vous me direz que c’est aussi du vent !)
→ Je vends des sottises (COD).
→ Je vends à Jean-Luc (COI).
→ Je vends des sottises (COD) à Jean-Luc (COS).
Pourquoi voulez-vous que, substantiellement, « à Jean-Luc », qui est COI en seconde position, ne le soit plus en troisième position ? Je n’ai fait qu’imbriquer les deux énoncés. S’il porte habituellement le nom de COS, c’est uniquement pour indiquer qu’il y a un objet premier (COD).
C’est sans doute pour cela que des enseignants disent qu’il ne sert à rien. Mais, dans ce cas, on ne peut plus l’appeler que COI. Sûrement pas CC !
Provisoirement, je conserve la notion de COS : elle trop en usage pour être évacuée.

Fondamentalement, c’est donc un COI, un complément introduit par la préposition voulue par le verbe. Dans l’arborescence, il dépendra directement de V ; et non de P, comme c’est le cas pour les CC.

Que dans « Pierre prête un livre à Paul », le complément indirect indique sémantiquement la DESTINATION est une observation purement sémantique ; le COD peut aussi indiquer la destination (poursuivre le gibier) ; c’est pareil pour le CC (marcher vers la ville). D’ailleurs, à y regarder de plus près, c’est le verbe qui contient l’idée de destination, non le complément.
C’est parce que le critère sémantique est impuissant à rendre compte de la structure grammaticale de la phrase, que les grammaires recourent à des critères syntaxiques ; je me répète… Ce sont ces critères qui permettent de distinguer le COD, le COI et le CC. Non le sens.

J’ai déjà parlé de complément de verbe : COD, COI.
Je dirai quelques mots à propos du COMPLEMENT DE PHRASE.
* Je l’ai regardée [avec insistance].
1 Effacement possible. → Je l’ai regardée.
2 Déplacement possible. → Avec insistance, je l’ai regardée.
3 Dislocation possible. → Je l’ai regardée, et cela avec insistance.
4 Passivation impossible.
Donc : complément de phrase, plus spécialement CC, alors que sémantiquement c’est mon regard qui est insistant.

Pour terminer, je voudrais donner ici (mais sans l’arborescence) un exemple d’analyse des compléments.

1 DEPLACEMENT ET DISLOCATION IMPOSSIBLES ; PRONOMINALISATION POSSIBLE.

11 PAS DE PREPOSITION
111 Effacement possible : Je lis le journal. → Je lis. (Construction absolue)

112 Pas d’effacement
1121 passivation possible : Pierre détruit le texte. → Le texte est détruit par Pierre.
1122 passivation impossible : Pierre a un vélo.

12 AVEC PREPOSITION (PASSIVATION IMPOSSIBLE)
1 effacement possible : Pierre parle à Paul. → Pierre parle.
2 effacement impossible : Pierre s’adresse à Paul. → ° Pierre s’adresse.
(De même : Pierre va à Paris.)

2 DEPLACEMENT, DISLOCATION ET EFFACEMENT POSSIBLES ; PASSIVATION IMPOSSIBLE.
21 Pas de pronominalisation : Pierre écrit (pendant) la nuit.
22 Pronominalisation possible (lieu : y / en) : Pierre travaille à Paris.

Sous 1 : les compléments de verbe.
Sous 11 : les COD.
Sous 12 : les COI.
Sous 2 : les compléments de phrase : les CC.
(Ceux-ci soit énoncent une circonstance (type : lundi), soit modalisent l’énoncé (type : selon les apparences).

Voici des énoncés aboutissant à deux analyses de l’adverbe.
* Je vais vous parler franchement. (Complément de verbe)
* Franchement, vous exagérez. (Complément de phrase)
L’ADVERBE est voisin du CC puisque, en syntaxe du moins, on les groupe parfois sous le nom de compléments adverbiaux.

Allez, assez pour aujourd’hui ! Je vais prendre un pastis à notre santé commune.
Et pardon à ceux que j’ai pu ennuyer… ou perturber dans leurs certitudes.
Pardon aussi pour les fautes éventuelles : c’est la fatigue, non le pastis.

Cordialement à tous !
Edy
Chère Léah,

Vous voyez où conduisent les critères sémantiques ?
Pour vous, Pierre et Paul sont des sujets, à quelque différence près, et seul le livre est l'objet de l'action.

En réalité, dans cette optique, selon Tesnière, on devrait plutôt parler d'actants : il y a trois acteurs dans l'énoncé, Pierre, Paul et le livre.

Quand j'ai fait ma reconversion grammaticale, je me suis heurté à de singulières difficultés, parce que je raisonnais selon le sens.

A mon avis, les grammaires nouvelles ont eu raison de privilégier les critères syntaxiques. L'utilisation de ceux-ci est d'ailleurs un exercice très profitable. C'est ce qu'on enseigne dans les écoles, et c'est pour cela que les parents sont désorientés, alors qu'une arborescence de visualisation de la phrase est toute simple. Bien plus simple que Word !

Amicalement vôtre,
Edy