COD, COI, COS : pas d’accord avec un corrigé dans un bouquin

Langue française

50 réponses · Page 3 / 3

Oui, à condition de préciser complément d'attribution-privation…
Ça ne me semble pas nécessaire : bien des dénominations en grammaire ne rendent pas compte de la totalité de la réalité qu'ils désignent.
Bonjour à tous
n'espérons pas une clarté parfaite pour une notion qui hérite d'une approche sémantique plutôt que formelle, et du statut de réponse en partie ad hoc à des "besoins" de la grammaire scolaire.
Cependant, n'ajoutons pas à la confusion en entretenant l'idée que le COS requerrait un COD. Il requiert un verbe ayant une double construction, pas plus.
Il parle de son excès de bile à Purgon
ne comporte pas de COD.
Cependant, n'ajoutons pas à la confusion en entretenant l'idée que le COS requerrait un COD. Il requiert un verbe ayant une double construction, pas plus.
Il parle de son excès de bile à Purgon
ne comporte pas de COD.
C'est vrai, pas de COD ici.
Et c'est bien un verbe à double construction.
La phrase comporte deux COI introduits par deux prépositions différentes.
Mais elle ne comporte pas de COS, le verbe parler n'ayant pas de COD.
Comme le précise, entre autres, Wikipedia :
Le complément d'objet second, abrégé en COS, est un type de COI qui introduit un deuxième objet, en présence simultanée d'un COD.
Voir aussi Robert & Nathan, p.115, et Riegel, dernière édition, p. 405.
Bonsoir à tous,
Je suis tombé sur ce fil un peu par hasard, mais je l'ai trouvé très instructif.
J'aimerai savoir, en complément :
- si un verbe peut admettre deux cod
- si la fonction de "de souffrir" dans la phrase "Évitons de souffrir" est bien coi.
D'avance, merci !
Bonjour,

Je ne réponds pas immédiatement à votre première question, par prudence. En revanche, pour la seconde, je dis "Non.". Il s'agit plutôt d'un C.O.D. Le verbe "éviter" est transitif direct. On aurait pu dire "Évitons la souffrance.". Oui, il y a bien "de", qui est une préposition, dans votre phrase. C'est ce que l'on appelle une "béquille de l'infinitif". Elle permet à l'infinitif d'assumer une fonction de sujet ou de C.O.D. dans la phrase sans problèmes. Mais elle ne fait pas de lien entre le verbe et le complément, à la manière d'une préposition qui introduit un C.O.I. Pourquoi dit-on "Évitons de souffrir." et non "Évitons souffrir." et "Il est utile de travailler." et non "Il est utile travailler."? Difficile question! Plus encore l'est la raison d'être du choix entre "de" et "à" dans cette phrase: "Il continue de/à travailler.". Difficile, et passionnant! Cependant, sans approfondir beaucoup, vous comprenez qu'on est plus proche de la réalité en parlant de C.O.D. (qui comporte une préposition, certes) que de C.O. lié au verbe par une préposition. Donc, préférez "C.O.D."…

Si quelque chose n'est pas clair, prévenez-moi…
Bonsoir.

Pas tout à fait d'accord, c'est bien un COI.
L'infinif complément de verbe peut être COD, donc construit sans préposition : Il veut travailler.
Quand il est construit avec les prépositions de et à, on parle d'infinitif prépositionnel à fonction de COI ou de COS.
Quelques exemples de verbes éventuellement suivis d'un infinitif COI (Grammaire Robert & Nathan) : accepter de, s'arrêter de, consentir à, encourager à, proposer de, négliger de, contribuer à, etc.
Et bien sûr éviter de figure dans la liste.
Ce verbe n'est transitif direct que si son complément est un GN.

( En revanche, dans une phrase comme "Il est utile de travailler", il s'agit bien de la béquille "de", qui permet simplement de déplacer le "sujet réel" à la fin de la phrase :
Il est utile de travailler = Travailler est utile. )

Bien sûr qu'un verbe peut avoir plusieurs COD, c'est même très courant.
Des COD juxtaposés ou coordonnés :
Je vends des pommes, des poires et des scoubidous.
Pour la question de "plusieurs C.O.D.", je me pose la question de savoir s'il s'agit vraiment de plusieurs C.O.D. ou d'un C.O.D. composé de plusieurs éléments. La différence est de l'ordre du concept. Reste à savoir quelle "finesse" de réponse attend notre interlocuteur.

Au moins, pour la question de C.O.D. ou C.O.I., il aura eu une thèse et une antithèse. Mais je maintiens ma position (ça fait trois ans que je réfléchis sur la question). On arrête, propose, néglige, continue, … [pas tous les verbes que vous citez, en effet, certains se construisant bien avec un C.O.I.], quelque-chose. Le régime entre directement en relation avec le verbe. On peut reporter cette analyse sur le plan sémantique: l'action s'effectue en quelques sortes directement sur ce quelque-chose.

En gros:

J'illustrerai la construction de type "C.O.D." ainsi: "verbe + complément",
et la construction de type "C.O.I." ainsi: "verbe + préposition + complément".

Dans les cas comme "Évitons de souffrir.", je ne vois pas un schéma "verbe + de + complément", mais "verbe + complément", où "complément" = "de + infinitif". Très conceptuel, comme différence, certes. Mais le plus logique à mon sens. C'est en effet cohérent avec la construction qui a lieu lorsque le C.O., pour ces mêmes verbes, est un groupe nominal. De plus, pour ma petite histoire de schémas juste ci-dessus, je justifierai ainsi: Pourquoi le schéma "verbe + {préposition + infinitif}" et pas le schéma "verbe + préposition + infinitif"? Parce-que la préposition n'est pas nécessitée par le verbe de la proposition principale. Ce n'est pas parce-qu'on vient de dire "Évitons" qu'on sait qu'on va dire "de + qqch". La préposition nous apparaît comme nécessité dans la construction uniquement une fois que l'on a choisi d'employer "souffrir" comme complément. En effet, on se rend compte que, pour une raison ou pour une autre (intéressante à déterminer!), si on dit *"Évitons souffrir.", ça coince. Donc, dans notre phrase structurée de la manière "verbe + C.O.D." on vient rajouter à l'intérieur même du C.O.D. un "de" qui lui permet, en quelques sortes, de tenir debout, de bien assurer son rôle. Mais c'est, à mon sens, s'arrêter aux apparences les plus immédiates, qu'y voir un C.O.I. Attention aux grammaires normatives, elles ne sont que des outils pour faire moins de fautes d'orthographes et satisfaire à des examens de… grammaire normative… Pas des ouvrages permettant de réfléchir utilement sur la langue. En revanche, vous pouvez trouver en ligne des articles de linguistes sur cette épineuse question de l'infinitif et de la préposition…
Au temps pour moi, effectivement. …
Pris d'un remords tardif, je m'apprêtais justement à rajouter un mea culpa à mon message précédent !

La grammaire Robert & Nathan, en l'occurrence, s'est montrée trop normative et formelle, et je lui ai emboîté allégrement le pas…
La construction de ces infinitifs est bien formellement indirecte…
Mais il ne faut pas s'y fier, c'est vrai. J'ai consulté la Grammaire Denis-Sancier, plus pointue, qui met en garde contre la confusion que j'ai commise. Il s'agit bien, en l'occurrence, d'un simple "de" béquille introduisant un infinitif COD.
Pour distinguer le vrai COI du faux, Denis-Sancier propose le test de la pronominalisation.
Un infinitif réellement COI introduit par de est pronominalisable par en :
Garde-toi de venir. = Garde-t'en
Un infinitif COD introduit par la béquille "de" est pronominalisable par le :
Évitons de venir. = Évitons-le.

Pour ce qui est des COD multiples, je me vois mal considérer des COD coordonnés et juxtaposés comme un seul COD… Si c'était avéré, il ne pourrait à la rigueur y avoir plusieurs COD que dans les cas de zeugmes : Il a pris une gifle et la porte, par exemple… Et encore.

Quoi qu'il en soit, merci de toutes vos précisions. =)
Bonjour à Jehan et à tous les intervenants sur ces questions,

Comment résumer la situation avec des élèves de CM2 de bon niveau ?

Merci, Jivago.