Bonjour,
j'aimerais avoir vos avis sur ce que sont exactement pour vous les acteurs et les funambules cités dans ce chapitre du livre.
En fait c'est le sujet d'une dissertation pour un cour de philo.
Merci
Chapitre52:
"Il y a deux sortes de gens.
Il y a ceux qui vivent jouent et meurent.
Et il y a ceux qui ne font jamais rien d’autre que se tenir en équilibre sur l’arête de la vie.
Il y a les acteurs.
Et il y a les funambules."
Ohé, il y a quelqu'un? Pouvez-vous m'aider?
Bonjour Kikou,
J'aurais tendance à l'interpréter comme cela :
- Il y a des gens qui s'engagent (jusqu'au bout de leurs convictions), au risque de leur vie. Ce seraient les acteurs, ceux qui font des actes, les actifs.
- Et ceux qui sont sur le "fil", les funanbules. Ce seraient ceux qui ne vont pas jusqu'au bout de leurs convictions. Ceux qui "rectifient" sans cesse, qui composent, qui négocient, qui ne s'engagent pas, qui font "avec", qui ne penchent d'aucun côté…
Muriel
C'est ce que je pensais aussi, mais il y a cet extrait dans le livre qui me perturbe:
« - Pourquoi ? En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier se soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à sa hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serais-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe. »
Effectivement, avec un contexte particulier, c'est très différent…
Il faudrait alors voir l'art du poète (ou de l'écrivain) comme une capacité à n'être distrait par rien d'autre que son écriture… Rester en état d'élevation, d'inspiré…
Il y a d'ailleurs un joli "lapsus" à lire éventuellement ici :
Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier (d)e soie.
Cela aurait pu être :
un papier de
soi…
Muriel
Merci pour le "lapsus" 😉
En fait je dois disserter sur qui sont réellement les acteurs et les funambules, et si je sais par le livre que le poète est un funambule, cela ne me dit pas ce que funambule signifie comme personne dans la vie.
Si tu as une idée 🙂
Cela va m'être difficile, je ne connais pas ce livre…
ok, merci pour ton aide en tout cas
Le problème avec ton sujet, c'est, qu'appuyé sur ton texte, il se prête plus à un traitement littéraire que philosophique…
Bonsoir, Kikou.
Tu rends difficile notre appréciation de ton problème dans la mesure qoù nous ne savons pas si tu as lu tout le livre, ni si cette dissertation philosophique tombe dans un contexte thématique particulier.
Il y a trois sortes d'équilibre dans la physique: stable, métastable et instable. C'est-à-dire respectivement difficile à déloger (comme un fauteuil), on déménage l'objet mais il retrouve son équilibre (comme une balle de tennis par terre), et en déplaçant l'objet de si peu, il perd complètement son équilibre.
La funambuliste française, Neige, dans le livre de ce nom essaie de franchir le parcours entre deux cîmes de montagne sur un fil dressé entre elles par Soseki, aveugle (!), amoureux de Neige et maître de la poésie. Elle est courageuse, mais ne réussit pas cette épreuve, tombe et son corps n'est jamais retrouvé. Elle était en équilibre instable.
Le funambuliste (figuratif) de la vie, est-il celui qui ose risquer l'inconnu, comme Neige, ou est-il plutôt celui qui reste là où il ne devrait rien décider? Être sur l'arête semble provoquer les deux possibilités.
"Vivent, jouent et meurent" m'évoque un certain degré d'activité; mais après réflexion, je me demande si "métro, boulot, dodo" ne décrit pas aussi une vie similaire (mais monotone?) Peut-être le mot "jouent" change l'intensité de la sensation de vie. Jouer a plusieurs sens et inclut 'parier' (comme Neige?) ainsi que 's'amuser'…..
Ma conclusion est qu'il n'est pas facile de catégoriser les gens; en plus il est encore plus difficile de les mettre dans les deux seuls moules proposés dans la citation.
Bonjour à tous,
Je vous remercie de vos réponses (mieux vaut tard que jamais 😉 )
Bonne journée