Bonjour,
Je dois faire un commentaire composé sur ce poème de Du Bellay et je peine à comprendre le dernier vers: "Ce vieil enfant, aveugle archer, et nu."
J'ai l'impression que "aveugle archer" renferme une signification importante mais je ne trouve rien là dessus…
Merci beaucoup!
La nuit m’est courte, et le jour trop me dure,
Je fuis l’amour, et le suis à la trace,
Cruel me suis, et requiers votre grâce,
Je prends plaisir au tourment, que j’endure.
Je vois mon bien, et mon mal je procure,
Désir m’enflamme, et crainte me rend glace,
Je veux courir, et jamais ne déplace,
L’obscur m’est clair, et la lumière obscure.
Vôtre je suis et ne puis être mien,
Mon corps est libre, et d’un étroit lien
Je sens mon cœur en prison retenu.
Obtenir veux, et ne puis requérir,
Ainsi me blesse, et ne me veut guérir
Ce vieil enfant, aveugle archer, et nu.
Il s'agit d'Eros, le dieu de l'amour, représenté les yeux bandés et tenant un arc.
ah merci! En fait je cherchais trop compliqué!
Merci beaucoup!
Bonjours j'aimerais bien avoir un petit coup de pouce dans mon plan détaillé voila comment j'ai organisé mon travail:
I)- Le désordre amoureux
a)- L’incohérence à travers les figures de construction
- parallélismes et chiasmes
b)- Un « je » dans tous les sens
- Sujet, coi, pronom
- Saturation du texte
c) Abolition de toute temporalité
Le présent de description/ vérité générale
II)- la force des contrastes
Ils illustrent la complexité du sentiment amoureux
a) Entre douleur et plaisir
b) Les conséquences de l’amour
c) Une femme idéalisée mais une incarnation du sentiment
- champ lexical et métaphore finale.
Merci pour votre réponse si possible j'aimerais beaucoup avoir des indications pour continuer à renforcer mon plan détaillé.
Merci
Il me semble que tes deux axes se recoupent.
En introduction : présenter le recueil et le titre L'Olive// Mlle Viole
Un thème universel revisité façon Pétrarque abordé comme avec élégance et finesse même s'il faut se défier de prendre ce sonnet pour un élan de sincérité. Exercice de style …
I. L'amour et la confusion des sentiments
Je et les affres de l'amour (dans les deux quatrains)
Le registre élégiaque
Deux états ambivalents, dualité des sentiments (jeu des oppositions, chiasme)
II. L'amant ou l'aimée ?
Votre, vôtre : la destinatrice idéalisée et lointaine
L'influence "moderne" de Pétrarque qui chantait Laure
La flèche meurtrière et Eros et la référence à la mythologie
oki merci je dois faire une sous partie sur Pétrarque car du Bellay c'est inspiré de lui?
Tu n'es pas obligé d'en faire une sous-partie mais regarde et documente-toi sur l'influence pétrarquiste.
d'accord je vais m'informer et je te remercie pour l'aide à une prochaine fois
Bonjour,
Il est intéressant, ce sonnet, même si nous sommes habitués au thème de l'amour dévastateur.
Il repose bien sûr tout entier sur le paradoxe et l'antithèse, le poète y évoque avec virtuosité et avec force images (certes, c'est un bel exercice de style) dans quel état le met l'amour, Amour que l'on pourrait écrire avec un A puisqu'il s'incarne au dernier vers en la personne du dieu qui décoche les flèches.
C'est un thème qui n'est pas nouveau, comme te l'indique floréale. (cf; Pétrarque), et je trouve aussi comme elle que tes deux parties se recoupent. Il est vrai que ce n'est pas facile (contradiction filée de bout en bout)
*Un poème lyrique qui chante les souffrances et les bouleversements engendrés par un amour qui semble impossible :
-Un je omniprésent (je, je je…me…au moins dix occurrences), sauf au dernier vers où le sujet devient l'objet d'Eros ou du moins sa victime.
-Un je en proie à la souffrance, qui naît de ses contradictions. (ici analyser toutes les images de l'amour -maladie, depuis l'insomnie du départ, jusqu'au sentiment d'étouffement en passant par la confusion entre le jour et la nuit, et la fièvre et les frissons. toutes les figures de style qui traduisent le désordre de l'être amoureux)
-Un je masochiste (Je prends plaisir au tourment, que j'endure.)
*La cause de cet état, l'aimée, est quasiment absente du poème tout en en étant à l'origine.
-Le poète la cite trois fois tout au plus.
- Elle n'apparaît que très peu de façon directe. (votre grâce, mon bien), et toujours comme cause de souffrance. Jamais décrite dans sa splendeur…
- Bien que le je du poème en soit pour ainsi dire paralysé, tout comme il en est prisonnier (image des liens ou de la geôle qui le rendent incapable d'agir.)
-Peut-être le but est-il, par la pirouette des deux derniers vers, de respecter les règles du genre et de placer le sonnet sous le signe de l'antiquité, et sous la haute responsabilité du dieu de l'amour, dont l'évocation appuyée clôt le poème. Les être humains sont soumis à des lois qui les dépassent. Je ne crois pas non plus qu'il soit nécessaire d'écrire une partie sur Pétrarque. Le commentaire de texte, c'est avant tout le commentaire de ce texte.
Mais mentionner Pétrarque en introduction ne nuira pas.